Sfrfre (ibirro), Mener, pois agent de polie
La cour romaine ne fit quirriter le roi sans pouvoir lui nuire. Le parlement de Provence cita le pape , et fit saisir le comtat d'Avignon. Dans d^autres temps les excommunications de Rome auraient suivi ces outrages; mais c'étaient des armes usées : il fallut que le pape pliât ; il fut forcé d'exiler de Rome son propre frère, d'envoyer son neveu , le cardinal Chigi, en qualité de légat a latere^^ faire satisfaction au roi; de casser la garde corse, et d*élever dans Rome une pyramide avec une inscription qui contenait l'inj-ure et la réparation. Le cardinal Chigi fut le premier légat de la cour romaine qui ftit jamais envoyé pour demander pardon. Les légats auparavant venaient donner des lois et imposer des décimes. Le roi ne s'en tint pas à faire réparer un outrage par des cérémonies passagères et par des monuments qui le sont aussi (car il permit, quelques années après, la destruction de la pyramide) ; mais il força la cour de Rome à promettre de rendre Castro et Ronciglione au duc de Parme, à dédommager le duc de Modène de ses droits sur Comacchio; et il tira ainsi d'une insulte Thonueur solide d'être le protecteur des princes d'Italie.
En soutenant sa dignité, il n'oubliait pas d'augmenter son pouvoir. (27 octobre 4662) Ses finances, bien administrées par Colbert, le mirent en état d'acheter Dunkerque et Mardick du roi d'Angleterre, pour cinq millions de livres, à vingt-six livres dix sous le marc. Charles II, prodigue et pauvre, eut la honte de vendre le prix du sang des Anglais *. Son chancelier Hyde, accusé d'avoir ou conseillé ou soufl'ert cette faiblesse , fu^ banni depuis par le parlement d'Angleterre, qui punit souvent les fautes des favoris, et qui quelquefois même juge ses rois.
1. Dans les derniers temps de VEmpire romain, on appelait legati on missi a laiere les délégués de la cour impériale qu*on envoyait dans les provinces. Au moyen âge, dans les pays catholiques, on donna le même nom aux cardinaux romains , ambassadeurs emtraordinaires du saintrsiége.
2. L'enthousiasme naUonal qui avait accueilli le retour de la dynastie des Stuarts avait bien vite disparu : Charles II , élevé comme toute sa fa^ mille dans les idées du pouvoir absolu, voulut gouverner sans consulter son parlement, et il le convoquait le moins souvent qu'il pouvait. Pour trouver l'argent nécessaire à la marché des affaires et aussi à ses plaisirs, il vmdit, comme on le dit ici, h prico du sang des Anglais à un rival enrichi par Colbert. Nous pouvons ajouter déjà que pendant tout son règne ii «e laissa pensionner par Louis XIV. eC fut, pour ainsi dire, à la solde de It fiance. Cette vénalité honteuse, révélée pour la première fois par l'auteur du Siècle de Louis XIV et longtemps niée par les historiens antîlais, a été mise datfs tout son jour par la publication des Négociationê relatives à la svccession d'Espagne.