‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 8 sur 168 · Lettre an comte d'Argcntal , 1\ août · texte numérisé non relu

Lettre an comte d'Argcntal , 1\ août

2. Ha fonnent aujourd'hui !a seconde oartie de la ColUction Petitot,

1. Dans la Liste des écrivains français^ Voltaire a consacré un article an

P. Lambert et du P. Desmolets, etc., etc. 11 a>'ait été lui-môme en Hollande pour lire les histoires satiriques que la censure ne laissait point entrer dans le royaume*; et, pendant son séjour en Prusse, il avait étudié les livres étrangers qui avaient paru sur Louis XIV : il avait voulu chercher la vérité jusque dans les pamphlets des réfugiés calvinistes et des ennemis de la France.

Mais ces ouvrages écrits déjà et publiés ne sont pas la seule source historique où il ait puisé. Plus d'une grande famille lui confia de précieux manuscrits: il put connaître les Mémoires alors inédits de Viilars , du maréchal de Berwick, de Torcy, de M™* de Caylus, du marquis de Dangeau, et même, dit-on, mais sans preuves bien décisives, du duc de Saint-Simon'; il obtint du maréchal de Noailles, à force d'instances, quelques pages curieuses des Mémoires de Louis XIV; il put pénétrer dans les archives secrètes des ministères, et quelques-uns de ces dépôts, fermés au public, lui furent ouverts, mais avec une discrétion qu'expliquent assez le siècle et le moment où il écrivait : c*est lui-même qui nous apprend^ « qu'il travailla six mois sans relâche dans les bureaux des ministres, tandis qu'il était historiographe de France. »

Enfin il ne pouvait négliger la tradition orale à une époque où les souvenirs du dernier règne étaient encore vivants dans la mémoire des contemporains et de leurs familles. H reçut les confidences inappréciables des Viilars, des Villeroi, des Richelieu, des Bouillon, desChoiseul, des Vendôme, des Noailles, des d'Argenson, des

P.Niccronybarniibiie, auteur des Mémoires sur les hommes illustres dans les lettres,

i. « Les cérémonies par lescjuellcs on passe en France avant de pouvoir avoir dans sa bibliothèque un livre de Hollande, sont terribles : il est aussi difficile de faire venir certains bons livres que d'airêter Tinondalion des mauvais qu^on imprime à Paris avec approbation et privilège, m (Lettre de Voltaire eu marquisd'Argens. 21 juin i739. )

3. Tous ces Mémoires ont été publics depuis celte époque, excepté ceu> ou marquis de Dangeau. Le Journal de la cour de Louis XI V^ manuscrit de cinouanie-huii volumes in-4*>, n^est encore conna que par quelques extraits de Voltaire , de M** de Geulis et de Lcmontey. Voy. plus loin une noU de la page 344 sur ces Mémoires.

i. Supplément au Siècle de Louis XI V^ partie L

NOTICE SDR LE SIECLE DE LOUIS XIY. Xî

d'Argental, dés La Feuillade ; et on voit dans ses lettres qu'il les importunait sans cesse par des demandes de renseignements. Fleury, le cardinal premier ministre, sachant qu'il travaillait à Fliistoire de Louis XIV et au tableau de son siècle , ne dédaigna pas de le faire venir quelquefois dans sa retraite d*lssy, « pour lui apprendre des anecdotes *. » Voltaire s'adressa encore à des personnages moins importants, mais également instruits, Tabbé Morellet, l'abbé Dubos, l'abbé d'Olivet, le président Hesnault, MM. Foncemagne et de Burigny, membres de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; le libraire Berger, le savant Secousse, continuateur du Recueil des Ordonnances des rois de France ; et tant d'autres. II écrivait à Tabbé d'Oliyet* : « J'ai bien dcsanecdptes sur Corneille et sur Racine et sur la littérature du beau siècle passé : vous devriez augmenter mon magasin, >» A l'abbé Dubos*: « A qui daignerez-vous communiquer vos lumières, si ce n'est à un homme qui aime sa patrie et la vérité, et qui ne cherche à écrire l'histoire ni en flatteur, ni en panégyriste, ni en gazetier, mais en philosophe? » Au président Hesnault* : u Oserais-je vous supplier de m'honorer de vos remarques sur ce volume ? ce serait un nouveau bienfait. Vous qui avez bâti un si beau palais , mettez quelques pierres à ma maisonnette. >»

Voilà quelques-uns des matériaux qu'il dut employer. Ils auraient lassé la patience d'un écrivain moins laborieux. On ne siiit pas assez avec quelle énergie cet iiomme chétif et malade, «< qui demandait seulement de la santé au ciel , comme Ajax demandait du jour', »» se donnait aux études qui l'occupaient; il répète plus d'une fois, dans ses lettres, ce proverbe qu'il s'appliquait à lui-même * : « Qui emploie sa journée fait bien

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