CHAPITRE VINGT-TROISIEME
Victoires du maréchal de Villars à Dénain. Rétabliffement des affaires. Paix générale.
Es négociations, qu'on entama enfin ouvertement à Londres , furent plus falutaires. La reine envoya le comte de Strafford, ambafTadeur en Hollande , communiquer les propofitions de Louis XIV. Ce n'était plus alors à fvïarlboroug qu'on demandait grâce. Le comte de S 'trafford obligea les Hollan is à nommer des plénipotentiaires , & à recevoir ceux de la France.
Trois particuliers s'oppofaient toujours à cette paix. Marlboroug , le prince Eugène , & Heinfius , perfiftaient à vouloir accabler Louis XIV. Mais quand le général Anglais retourna dans Londres à lafindei7ii, en lui ôta tous fes emplois. Il trouva une nouvelle chambre - baffe , & n'eut pas pour lui la pluralité de la haute. La reine , en créant de nouveaux pairs , avait affaibli le parti du duc , & fortifié celui de la couronne. Il fut aceufé , comme Scipion , d'avoir malverfé ; mais il fe tira d'affaire, à-peu-près de même, par fa gloire & par la retraite. Il était encor puiffant dans fa difgrace. Le prince Eugène n'héfita pas à pafTer à Londres pour féconder fa faction. Ce prince reçut l'accueil qu'on devait à fon nom & à fa renommée, & les refus qu'on devait à (es propofitions. La cour prévalut ; le prince Eugène retourna feul achever la guerre ; & c'était encor un nouvel aiguillon pour lui, d'efpérer de nouvelles victoires , fans compagnon qui en partageât l'honneur.
Tandis qu'on s'afTemblait à Utrecht, tandis que les miniftres de France , tant maltraités à Gertrudenberg ,