‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 160 sur 189 · Chapitre XXV. 501 Ç · texte numérisé non relu

Chapitre XXV. 501 Ç

non -feulement il y eut toujours un banc pour l'académie , qui poffédait plufieurs eccléfiaftiques dans Ton corps , mais qu'il y en eut un particulier pour les évêques.

Le cardinal Malaria , en 1646 & en 1654, ^ repréfenter fur le théâtre du palais royal & du petit Bourbon près du louvre , des opéras italiens , exécutés par des voix qu'il fit venir d'Italie. Ce fpe&acle nouveau était né depuis peu à Florence , contrée aîors favorifée de la fortune comme de la nature , & à laquelle on doit la reproduction de plufieurs arts anéantis pendant des fiècies, & la création de quelques-uns. C'était en France un refte de l'ancienne barbarie, de s'oppofer à l'établifTement de ces arts.

Les janféniftes , que les cardinaux de Bicfielieu & dd Malaria voulurent réprimer , s'en vengèrent contre les plaifirs.que ces deux minières procuraient à la nation.' Les luthériens & les calvinifres en avaient ufé ainfi & du tems du pape Léon X. Il fuffit d'ailleurs d'être no- ^ vateur , pour être auftère. Les mêmes efprits , qui bouieverferaient un état pour établir une opinion fouvent abfurde , anathématifent les plaiiirs innocens nécerTaires à une grande ville , & des arts qui contribuent à la fplendeur d'une nation. L'abolition des fpectacles ferait une idée plus digne du Çècle $ Attila , que du fiècle de Louis XIV,

La danfe qui peut encor fe compter parmi les arts , ( 1 ) parce qu'elle eiî affervie à des règles & qu'elle donne de la grâce au corps , était un des plus grands amufemens de la cour. Louis XIÎL n'avait danfé qu'une fois dans un ballet en 162,5 • & ce ballet était d'un goût grouier , qui n'annonçait pas ce que les arts furent

(1) Le cardinal de Richelieu avait déjà donné des ballets , mais ils

étaient fans goût , comme tout ce qu'on avait eu de fpe&acles avant

lui. Les Français qui ont aujourd'hni porté la danfe à la perfection ,

n'avaient dans la jeuneffe de Louis XIV, que des danfes efpagnoles ,

i- comme la farabande » la courante ? la pavanne , ôcc.

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en France trente ans après, Louis XIV. excellait dans les danfes graves , qui convenaient à la majefté de fa figure, & qui ne bleffaient pas ceile de fon rang. Les courfes de bagues , qu'on faifak quelquefois , & où l'on étalait déjà une grande magnificence , faifaient paraître avec éclat fon adrefTe à tous les exercices. Tout refpirait les plaifirs & la magnificence qu'on connaiffait alors. C était peu de chofe en comparaifon de ce qu'on vit quand le roi régna par lui-même ; mais c'était de quoi étonner , après les horreurs d'une guerre civile , & après la triireife de la vie fombre & retirée de Louis XIII. Ce prince, malade & chagrin , n'avait été ni fervi, ni logé , ni meublé en roi. Il n'y avait pas pour cent mille écus de pierreries appartenantes à la couronne. Le cardinal Ma^arin n'en lahTa que pour douze cent mille ; & aujourd'hui il y en a pour environ vingt millions de livres.

Tout prit , au mariage de Louis XIV. un caraclère plus grand de magnificence & de goût , qui augmenta toujours depuis. Quand il fit fon entrée avec la reine fon époufe , Paris vit avec une admiration refpeclueufe & tendre, cette jeune reine qui avait de la beauté, portée dans un char fuperbe d'une invention nouvelle ; le roi à cheval à côté d'elle, paré de tout ce que l'art avait pu ajouter à fa beauté mâle & héroïque , qui arrêtait tous les regards.

On prépara au bout des allées de Vincennes , un arc de triomphe dont la bafe était de pierre; mais le tems qui preifaic , ne permit pas qu'on l'achevât d'une matière durable : il ne fut élevé qu'en plâtre ; & il a été depuis totalement démoli. Claude Perrault en avait donné le deiïin. La porte St. Antoine fut rebâtie pour la même cérémonie ; monument d'un goût moins noble , mais orné d'affez beaux morceaux de fçuîpture. Tous ceux qui avaient vu, le jour de la bataille de St. Antoine, rapporter à Paris ? par cette porte alors garnie d'une

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