‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 184 sur 189 · Chapitre XXVIII · texte numérisé non relu

Chapitre XXVIII

» Effayez de remettre vos finances ; veillez aux Indes » & à vos flottes ; penfei aux commerce ; vivez dans » une grande union avec la France ; rien n'étant fi » bon pour nos deux puiflances , que cette union à la- » quelle rien ne pourra réfuter. (1)

» Si vous êtes contraint de faire la guerre, mettez- » vous à la tête de vos armées.

» Songez à rétablir vos troupes par-tout , & com- » mencez par celles de Flandres.

» Ne quittez jamais vos affaires pour votre plaifir ; » mais faites-vous une forte de règle qui vous donne » des tems de liberté & de divertiflement.

» II. n'y en a guère de plus innocens que la chaffe » & le goût de quelque maifon de campagne, pourvu » que vous n'y fafîiez pas trop de dépenfe.

» Donnez une grande attention aux affaires quand » on vous en parle ; écoutez beaucoup dans le commen- <j » cernent , fans rien décider.

» Quand vous aurez plus de connaiffance , fouvenez- » vous que c'eft à vous à décider : mais quelque expé- » rience que vous ayez , écoutez toujours tous les avis » & tous les raifonnemens de votre confeil , avant que » de faire cette décifion.

» Faites tout ce qui vous fera poîîîble pour bien » connaître les gens les plus importans, afin de vous » en fervir à propos.

» Tâchez que vos vice-rois & gouverneurs foient » toujours Efpagnols.

» Traitez bien tout le monde ; ne dites jamais rien » de fâcheux à perfonne ; mais difHnguez les gens de » qualité & de mérite,

» Témoignez de la reconnaiffance pour le feu roi , » & pour tous ceux qui ont été d'avis de voua choifir » pour lui fuccéder.

(1) On voit qu'il fe trompa dans cette conjon&ure.

Page 1