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5> Ayez une grande confiance au cardinal Porto- » Carrero , & lui marquez le gré que vous lui favez » de la conduite qu'il a tenue.
» Je crois que vous devez faire quelque chofe de » considérable pour i'ambaffadeur qui a été affez heureux » pour vous demander & pour vous faluer le premier » en qualité de fujet.
» N'oubliez pas Bedmar, qui a du mérite , & qui » eft capable de vous fervir.
» Ayez une entière croyance au duc tfHarcoiirt\ il » eft habile homme , & honnête homme , & ne vous » donnera des confeils que par rapport à vous.
» Tenez tous les Français dans l'ordre.
» Traitez bien vos domeftiques , mais ne leur donnez » pas trop de familiarité, & encor moins de croyance. » Servez-vous d'eux tant qu'ils feront fages : renvoyez- % » les à la moindre faute qu'ils feront , & ne les fou- » tenez jamais contre les Efpagnols.
» N'ayez de commerce avec la reine douairière que » celui dont vous ne pouvez vous difpenfer. Faites en » forte qu'elle quitte Madrid , & qu'elle ne forte pas » d'Efpagne. En quelque lieu qu'elle foit , obfervez fa » conduire , & empêchez qu'elle ne fe mêle d'aucune » affaire. Ayez pour fufpecls ceux qui auront trop de » commerce avec elle.
» Aimez toujours vos parens. Souvenez-vous de la » peine qu'ils ont eu à vous quitter. Confervez un » grand commerce avec eux dans les grandes choies » & dans les petites. Demandez-nous ce que vous auriez » befoin ou envie d'avoir qui ne fe trouve pas chez » vous ; nous en uferons de même avec vous.
» N'oubliez jamais que vous êtes Français, & ce qui
» peut vous arriver. Quand vous aurez affuré la fuc-
» ceffion d'Efpagne par des enfans , vifitez vos royau-
» mes , allez à Napîes & en Sicile, parlez à Milan &
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