‹ Siècle de Louis XIV (volume 3)Chapitre 40 sur 189 · Chapitre IV. an · texte numérisé non relu

Chapitre IV. an

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leurs troubles civils un acharnement mélancolique & une fureur raifonnée : ils donnaient de fànglantes batailles ; le fer décidait tout ; les échaffauts étaient drefTés pour les vaincus : leur roi pris en combattant fut amené devant une cour de juftice , interrogé fur l'abus qu'on lui reprochait d'avoir fait de fon pouvoir, condamné à perdre la tête , & exécuté devant tout fon peuple , avec autant d'ordre & avec les mêmes formalités de juflice, que fi on avait condamné un citoyen criminel ; fans que dans le cours de ces troubles horribles , Londres fe fût reflentie un moment des calamités attachées aux guerres civiles.

Les Français au contraire fe précipitaient dans les féditions , par caprice & en riant ; les femmes étaient à la tête des factions , l'amour faifait & rompait les cabales. La ducheffe de Longiuville ^engagea Turenne , à peine maréchal de France, à faire révolter l'armée qu'il commandait pour le roi. S

C'était la même armée que le célèbre duc de Saxe- Veimar avait raflemblée. Elle était commandée après la mort du duc de Veimar par le comte cPErlach , d'une ancienne maifon du canton de Berne. Ce fut ce comte d'Erlack qui donna cette armée à la France , & qui lui valut la pofTeflion de l'Alface. Le vicomte de Turbine voulut le féduire ; l'Alface eûr été perdue peur Louis XIV* mais il fut inébranlable ; il contint les troupes Veimariennes dans la fidélité qu'elles devaient à leur ferment. Il fut même chargé par le cardinal Ma^arin d'arrêter le vicomte. Ce grand homme infidèle alors par faiblelTe fut obligé de quitter en fugitif l'armée dont il était général , pour plaire à une femme qui fe moqu.it de fa pafîïon : il devint de général du roi de France , lieutenant de Dom Eftevan de Gamarre , avec lequel il fut battu à Rétel par le maréchal du Pleffis-Pralin. On connoît ce billet du maréchal 8 Hocquincourt à la duchefle de Montba{on , Peronne efiàla belle des belles. P O a

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& 4ii Siècle de Louis XIV.

On fait ces vers du duc de la Rochefoucault pour la duchefîe de Làngueville , lorfqu'il reçut au combat de St. Antoine un coup de moufquet , qui lui fit perdre quelque tems la vue.

Pour mériter fon cœur , pour plaire à fes beaux yeux , J'ai fait la guerre aux rois ; je l'aurais faite aux dieux.

On voit dans les mémoires àe MademoifeWe une lettre de Gaflon duc d'Orléans fon père , dont l'adrefTe eft , à mefdames les comtejfes maréchales de camp dans V armée de ma fille contre le Ma{arin.

La guerre finit & recommença à plufieurs reprifés; il n'y eut perfonne qui ne changeât fouvent de parti. Le prince de Condé, ayant ramené dans Paris la cour triomphante , fe livra au plaifir de la méprifer après l'avoir défendue ; & ne trouvant pas qu'on lui donnât wl des récompenfes proportionnées à fa gloire & à fes fer- H vices , il fut le premier à tourner Malaria en ridicule , à braver la reine , & à infulter le gouvernement qu'il dédaignait. Il écrivit, à ce qu'on prétend, au cardinal , alV illuflriffimo fignor fachino. Il lui dit un jour , adieu Mars. Il encouragea un marquis de Jarfal à faire une déclaration d'amour à la reine , & trouva mauvais qu'elle osât s'en ofrenfer. Il fe ligua avec le prince de Conti fon frère , & le duc de Longueville , qui abandonnèrent le parti de la fronde. On avait appelle la cabale du duc de Beau fort au commencement de la régence, celle des importans ; on appeilait celle de Condé , le parti des petits-maîtres , parce qu'ils voulaient être les maîtres de l'état. Il n'eft reiîé de tous ces troubles d'autres traces que ce nom de petit-maître , qu'on applique aujourd'hui à la jeuneffe avantageufe & mal élevée , & le nom de frondeurs qu'on donne aux cenfeurs du gouvernement.

On employa de tous côtés des moyens auiîi bas qu'odieux. Joly confeiller au châtelet , depuis fecretaire du cardinal de Ret{ , imagina de fe faire une incifion au

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