Chapitre VIII
fur le dos. Le roi en donnait l'exemple : il alla ainfi à la tranchée devant Douai & devant Lille. Cette conduite fage conferva plus d'un grand homme. Elle a été trop négligée depuis par des jeunes gens peu robuites , pleins de valeur , mais de mollefle, & qui femblent plus craindre la fatigue que le danger.
La rapidité de ces conquêtes remplit d'alarmes Bruxelles ; les citoyens tranfportaient déjà leurs effets dans Anvers. La conquête de la Flandre entière pouvait être l'ouvrage d'une campagne. Il ne manquait au roi que des troupes afîez nombreufes , pour garder les places , prêtes à s'ouvrir à fes armes. Louvois lui confeilla de mettre de grolTes gàrmfons dans les villes prifes , & de les fortifier. Vauban, l'un de ces grands hommes & de ces génies qui parurent dans ce fiècle pour le fervice de Louis XIV. fut chargé de ces fortifications. Il les fit fuivant fa méthode nouvelle, devenue aujourd'hui la règle de tous les bons ingénieurs. On fut étonné de ne «^ plus voir les places revêtues que d'ouvr3ges prefque au niveau de la campagne. Les fortifications hautes & menaçantes n'en écaient que plus expofées à être foudroyées par l'artillerie : plus il les rendit rafantes , moins elles étaient en prife. il conftruifit la citadelle de Lille fur ces principes. On n'avait point encor en France détaché le gouvernement d'une ville de celui de la fortereiïe. L'exemple commença en faveur de Vauban ; il fut le premier gouverneur d'une citadelle. On peut encor obferver , que le premier de ces plans en-relief qu'on voit dans la galerie du iouvre, fut celui des fortifications de Lille.
Le roi fe hâta. de venir jouir des acclamations des peuples , des adorations de fes courtifans & de fes maîtreiles, & des fêtes qu'il donna à fa cour.
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