‹ Siècle de Louis XIVChapitre 120 sur 266 · CHAPITRE XVI 1G · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI 1G

rochers. Il prit la ville en huit jours (juin 1692), et les châteaux en vingt-deux , pendant que le duc de Luxembourg empêchait le roi Guillaume de passer la Méhaigne à la tète de quatre -vingt mille hommes, et de venir faire lever le siège. Louis retourna encore à Versailles après cette conquête; et Luxembourg tint encore tête à toutes les forces des ennemis. Ce fut alors que se donna la bataille de Steinkerque*, célèbre par l'artifice et par la valeur. Un espion que le général français avait auprès du roi Guillaume est découvert. On le force, avant de le fiiire mourir, d'écrire un taux avis au maréchal de Luxembourg. Sur ce faux avis , Luxembourg prend avec raison des mesures qui le devaient faire battre. Son armée endormie est attaquée à la pointe du jour : une brigade est déjà mise en fuite, et le général le sait à peine. Sans un excès de diligence et de bravoure, tout était perdu.

Ce n'était pas assez d'être grand général pour n'èlre pas mis en déroute ; il fallait avoir des troupes aguerries, capables de se rallier, des officiers généraux assez habiles pour rétablir le désordre, et qui eussent la bonne volonté de le faire ; car un seul officier supérieur qui eût voulu profiter de la confusion pour faire battre son général, le pouvait aisément sans se compromettre.

Luxembourg était malade , circonstance funeste dans un moment qui demande une activité nouvelle (3 août 1692) : le danger lui rendit ses forces ; il fallait des prodiges pour n'être pas vaincu, et il en fit. Changer de terrain, donner un champ de bataille à son armée qui n'en avait point, rétablir la droite tout en désordre, rallier trois fois ses troupes, charger trois fois à la tête de la maison du roi, fut l'ouvrage de moins de deux heures. Il avait dans son armée Philippe, duc d'Orléans, alors duc de Chartres, depuis régent du royaume, petit-hls [de France, qui n'avait pas alors quinze ans -. Il ne pouvait être utile pour un coup décisif ; mais c'était beaucoup, pour animer les soldats, qu'un petit-fils de France encore enfant, chargeant avec la maison du roi, blessé dans le combat, et revenant encore à la charge malgré sa blessure.

Un petit-fils et un petit-neveu du grand Condé servaient

1. Sleiukorque, daas le Hainaut, au plus de dix-huit aus. Il était uô au nord de Mons. mois d'aoùl IGTi.

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