‹ Siècle de Louis XIVChapitre 130 sur 266 · Innocent XII (Pignatelli), 1C91- quatre articles · texte numérisé non relu

Innocent XII (Pignatelli), 1C91- quatre articles

roi de Suède, Charles XI, fui le médiateur. — (Septembre, octobre 1697.) Enfin la paix se fît, non plus avec cette hauteur et ces conditions avantatçcuses qui avaient signalé la g-randeuir de Louis XIV, mais avec une facilité et un relâchement de ses droits qui étonnèrent également les Français et les alliés. Or> a cru longtemps que cette paix avait été préparée par la plus profonde politique.

On prétendait que le grand projet du roi de France étaii et devait être de ne pas laisser tomber toute la succession de la vaste monarchie espagnole dans l'autre branche de la maison d'Autriche. Il espérait, disait-on, que la maison de Bourbon en arracherait au moins quelque démembrement, et que peut-être un jour elle l'aurait tout entière. Les renonciations authentiques de la femme et de la mère de Louis XIY ne paraissaient que de vaines signatures, que des conjonctures nouvelles devaient anéantir. Dans ce dessein, qui agrandissait ou la France ou la maison de Bourbon, il était nécessaire de montrer quelque modération à l'Europe, pour ne pas effaroucher tant de puissances toujours soupçonneuses. La paix donnait le temps de se faire de nouveaux alliés, de rétablir les finances, de gagner ceux dont on aurait besoin, et délaisser former dans l'Etat de nouvelles milices. Il fallait céder quelque chose, dans l'espérance d'obtenir beaucoup plus.

On pensa que c'étaient là les motifs secrets de cette paix de Rysvick, qui en effet procura par l'événement le trône d'Espagne au petit-fils de Louis XIY. Cette idée, si vraisemblable, n'est pas vraie : ni Louis XIY ni son conseil n'eurent ces vues qui semblaient devoir se présenter à eux'. C'est un grand exemple de cet enchaînement des révolutions de ce monde, qui entraînent les hommes par lesquels elles semblent conduites. L'intérêt visible de posséder bientôt l'Espagne, ou une partie de cette monarchie, n'influa en rien dans la paix de Rysvick. Le marquis de Torci en fait l'aveu dans ses Mémoires ^ manuscrits. On fit la paix par lassitude de la guerre ; et cette guerre avait été presque sans objet : du moins elle

1. La perspective do la mort du roi Dipping, Correspondance adminis-

d'Espague Charles II et de l'ouver- trativc.

tiir.' do sa siicccssioa ne fut pas étran- 2. Voltaire dit lui-même dans un»?

gère à la conclusion de la paix; tous note que ces Mémoires de Torci ont

les faits le démontrent. Mais il y avait été inii)rimés depuis, et confirmant

aussi un grand épuisement en France; coml)ieu l'auteur du Siècle de Loiiiy

cow^iûivv Us Rapports des intendants; XIl' était instruit de tout ce qu'il

Bonlainvilliers, ï:tat de la France; avance.

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