‹ Siècle de Louis XIVChapitre 158 sur 266 · Voir le livre IV de l'Histoire de allusion · texte numérisé non relu

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journée. Les fuyards se dispersèrent; près de cent lieues de pays furent perdues en moins d'un mois. La Bavière entière, passée sous le joug de l'Empereur, éprouva tout ce que le gouvernement autrichien irrité avait de rigueur, et ce que le soldat vainqueur a de rapacité et de barbarie. L'électeur, se réfugiant à Bruxelles, rencontra sur le chemin son frère l'électeur de Cologne, chassé comme lui de ses États; ils s'embrassèrent en versant des larmes. L'étonnement et la consternation saisirent la cour de Versailles, accoutumée à la prospérité* La nouvelle de la défaite vint au milieu des réjouissances pour la naissance d'un arrière-petit-fils de Louis XIV. Personne n'osait apprendre au roi une vérité si cruelle. Il fallut que madame de Maintenon se chargeât de lui dire qu'il n'était plus invincible.

On a dit et on a écrit, et toutes les histoires ont répété, que l'Empereur fît ériger dans les plaines de Blenheim un monument de cette défaite, avec une inscription flétrissante pour le roi de France*; mais ce monument n'exista jamais. Il n'y a eu que l'Angleterre qui en ait érigé un à la gloire du duc de Marlborough. La reine et le parlement lui ont fait bâtir dans sa principale terre un palais immense qui porte le nom de Blenheim. Cette bataille y est représentée dans les tableaux et sur les tapisseries. Les remerciements des chambres du parlement, ceux des villes et des bourgades, les acclamations de l'Angleterre, furent le premier prix qu'il reçut de sa victoire. Le poème du célèbre Addison, monument plus durable que le palais de Blenheim, est compté par cette nation guerrière et savante parmi les récompenses les plus honorables du duc de Marlborough. L'empereur le fît prince de l'Empire, en lui donnant la principauté de Mindelheim, qui fut depuis échangée contre une autre; mais il n'a jamais été connu sous ce titre,

1. «Reboulet, ajoute Voltaire, assure core aujourd'hui, de donner ses imaque l'empereur Léopold fit ériger ginations ou des contes populaires cette pyramide : on le crut en effet pour des vérités certaines. Autrefois en France ; le maréchal de Villars, en les mémoires manquaient à l'histoire ; 1707, envoya cinquante maîtres pour aujourd'hui la multiplicité des mêla détruire ; on ne trouva rien. Le moires lui nuit. Le vrai est noyé dans continuateur de Thoyras, qui n'a écrit un océan de brochures. » que d'après les journaux de la Haye, L'inscription fut proposée : elle suppose cette inscription, et propose était conçue en ces termes : Ag^noscat xnème de la changer en faveur des tandem Ludovicus XIV neinincm ante Anglais. Elle fut imaginée en effet obitnm dcbere, aut feliccm, aut mapar des Français réfugiés oisifs. Il gnum vocari, était très commun alors, et il l'est en-

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