CHAPITRE XXVIII
lions ignorées de lui, et qui ne sont que l'ouvrage de la bassesse de quelques gens de lettres.
Le roi avait destiné les bâtiments de cette place pour sa bibliothèque publique. La place était plus vaste ; elle avait d'abord trois faces, qui étaient celles d'un palais immense, dont les murs étaient déjà élevés, lorsque le malheur des temps, en 1701, força la ville de bâtir des maisons de particuliers sur les ruines de ce palais commencé. Ainsi le Louvre n'a point été fini ; ainsi la fontaine et l'obélisque que Colbert voulait faire élever vis-à-vis le portail de Perrault n'ont paru que dans les dessins ; ainsi le beau portail de Saint-Gervais est demeuré offusqué ^ ; et la plupart des monuments de Paris laissent des regrets.
La nation désirait que Louis XIV eût préféré son Louvre et sa capitale au palais de Versailles-, que le duc de Créqui appelait un favori sans mérite. La postérité admire avec reconnaisspnce ce qu'on a fait de grand pour le public ; mais la critique se joint à l'admiration, quand on voit ce que Louis XIV a fait de superbe et de défectueux pour sa maison de campagne.
Il résulte de tout ce qu'on vient de rapporter, que ce monarque aimait en tout la grandeur et la gloire. Un prince qui, ayant fait d'aussi grandes choses que lui, serait encore simple et modeste, serait le premier des rois, et Louis XIV le second.
S'il se repentit en mourant d'avoir entrepris légèrement des guerres, il faut convenir qu'il ne jugeait pas par les événements : car de toutes ces guerres la plus juste et la plus indispensable, celle de 1701, fut la seule malheureuse.
Tant de détails pourraient rebuter un philosophe; mais la curiosité, cette faiblesse si commune aux hommes, cesse presque d'en être une, quand elle a pour objet des temps et des hommes qui attirent les regards de la postérité.
1. Il est aujourd'hui démasqué. C'est sailles : « Louis XIV se plut à tyranl'œuvre de Jacques Debrosse. uiser la nature, à la dompter à force