‹ Siècle de Louis XIVChapitre 5 sur 266 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

1res. Il y en a vingt environ destinés à l'histoire générale; ce sont vingt tableaux des grands événements du temps. Les principaux personnages sont sur le devant de la toile. La foule est dans renfoncement. Malheur aux détails. La postérité les néglige tous : c'est une vermine qui tue les grands ouvrages. Ce qui caractérise le siècle, ce qui a causé des révolutions, ce qui sera important dans cent années, c'est là ce que je veux écrire aujourd'hui. Il y a un chapitre pour la vie privée de Louis XIV, deux pour les grands changements faits dans la police du royaume, dans le commerce, dans les finances; deux pour le gouvernement ecclésiastique, dans lequel la révocation de l'édit de Nantes et l'affaire de la régale sont comprises : cinq ou six pour l'histoire des arts, à commencer par Descartes et à finir par Rameau.

^'ollaire n'a pas craint de juger lui-même son œuvre. 11 est au moins curieux de savoir ce qu'il en pense. « On sait assez, dit-il, que l'histoire ne doit être ni un panégyrique, ni une satire, ni une œuvre départi, ni un roman. J'ai eu cette règle devant les yeux quand j'ai osé jeter un coup d'œil philosophique sur la terre entière. J'envisage encore le siècle de Louis XIV comme celui du génie, et le siècle présent comme celui qui raisonne sur le génie. » Il se fait le juge des souverains, des hommes d'Etat et des hommes de guerre, des parlements, de l'Eglise, des sectes qui la divisent, mais le plus souvent avec respect. Il dit lui-même à propos de Louis XIV qu'il en a écrit « avec le respect qu'on doit aux têtes couronnées qui viennent de mourir et avec le respect qu'on doit à la vérité qui ne mourra jamais ». Il ne s'écarte pas souvent de cette règle quand il s'agit de ceux qui ont honoré leur pays. « J'ai travaillé soixante ans, a-t-il pu dire, à rendre exacte justice aux grands hommes de ma patrie. » Et il a ajouté avec raison : « Tout impartial qu'est ce livre, il est consacré à la

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