‹ Siècle de Louis XIVChapitre 7 sur 266 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

La première édilion du Siècle de Louis XIV {ni enlevée en quelques jours. Eu huit mois, outre deux traductions allemandes, huit réimpressions parurent à la Haye, à Dresde, à Leipsick, à Edimbourg. Elles étaient assez fautives, et Voltaire d'ailleurs remaniait toujours son œuvre, « Une première édition, écrivait-il au duc de Richelieu, le 16 juin 1757, n'est qu'un essai. » C'est pourquoi il sollicitait toutes les observations et profitait de celles qu'on lui faisait. Muni de tant de secours, il fit une édition nouvelle en 1752 à Leipsick, une troisième à Dresde en 1753, une quatrième en 1756, une cinquième en 1757, une sixième en 1761. Les deux dernières éditions données du vivant de Voltaire et corrigées par lui datent de 1769 et de 1775. Des éditions parues après la mort de Voltaire, la meilleure est celle de Kehi, donnée par Condorcet et Beaumarchais (1785-1789). C'est son texte que nous avons adopté pour cette édition classique.

Nous avons conservé à peu près pour cette édition, destinée à la jeunesse de nos écoles, le contexte établi par M. Dauban, à qui notre éditeur avait confié avant nous ce travail. Nous nous sommes attaché, pour éclaircir le texte, à augmenter ou à rectifier les notes, très précieuses d'ailleurs, dont il l'avait déjà enrichie.

On a fait souvent à Voltaire le reproche de n'avoir pas donné à la fin de son ouvrage une sorte de conclusion qui en eût été comme le résumé. On la trouve, bien placée d'ailleurs, au commencement du Précis du siècle de Louis XV qui en est la suite naturelle. « Nous avons donné avec quelque étendue, dit-il, une idée du siècle de Louis XIV, siècle des grands hommes, des beaux-arts et de la politesse. Il fut marqué, il est vrai, comme tous les autres, par des calamités publiques et particulières, inséparables de la nature humaine; mais tout ce qui peut consoler les

Page 1