‹ Siècle de Louis XIVChapitre 8 sur 266 · CHAPITRE PREMIERE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIERE

Ce n'est pas seulement la vie de Louis XIV qu'on prétend écrire ; ou se propose un plus grand objet. On veut essayer de peindre à la postérité, non les actions d'un seul homme, mais l'esprit des hommes dans le siècle le plus éclairé qui fut jamais.

Tous les temps ont produit des héros et des politiques ; tous les peuples ont éprouvé des révolutions ; toutes les histoires sont presque égales pour qui ne veut mettre que des faits dans sa mémoire. Mais quiconque pense, et, ce qui est encore plus rare, quiconque a du goût, ne compte que quatre siècles dans l'histoire du monde; ces quatre âges heureux sont ceux où les arts ont été perfectionnés, et qui, servant d'époque à la grandeur de l'esprit humain, sont l'exemple de la postérité.

Le premier de ces siècles, à qui la véritable gloire est attachée, est celui de Philippe et d'Alexandre, ou celui des Périples, des Démosthène, des Aristote, des Apelle, des Phidias, des Praxitèle; et cet honneur a été renfermé dans les limites •de la Grèce ^.

Le second âge est celui de César et dAugusle, désigné

1. Ce premier chapitre, qui parut, justement le siècle de Périclès. C'est ^vec le second, dès 1739, sous le nom à labri du pouvoir de ce grand d'Essais sur le siècle de Louis XIV, homme, à Athènes, que brillent EspourtâterTopinion publique, contient chyle, Sophocle, Euripide, Aristoau milieu de vues générales élevées phane, Hérodote, Thucydide, Socrate, et justes, qui expliquent alors son Phidias ; et ce sont des génies formés succès , un certain nombre d'asser- ensuite dans l'atmosphère dAlhènes, tions exagérées ou d'erreurs que Vol- Démosthène, Platon, Aristote, Xénoiaire a reconnues plus tard. phon, Apelle, que Philippe et Alexan-

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