‹ Siècle de Louis XIVChapitre 89 sur 266 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Suisses, nalion aussi redoutable que pauvre, loujoui's armée^ toujours jalouse à l'excès de sa liberté , invincible sur ses frontières, murmurant déjà et s'eliarouchaut de voir Louis XIV une seconde fois dans leur voisinage. L'Empereur et l'Espagne sollicitaient les treize cantons de permettre au moins un passage libre à leurs troupes pour secourir la Fi-anche- Comté, demeurée sans défense par la négligence du ministre espagnol. Le roi , de son côté, pressait les Suisses de refuser ce passage ; mais l'Empire et l'Espagne ne prodiguaient que des raisons et des prières ; le roi, avec de l'argent comptant, détermina les Suisses à ce qu'il voulut ; et le passage fut refusé. Louis , accompagné de son frère et du lils du grand Condé^, assiégea Besançon. Il aimait la guerre de sièges , et pouvait croire l'entendre aussi bien que les Condé et les Turenne ; mais, tout jaloux qu'il était de sa gloire, il avouait que ces deux grands hommes entendaient mieux que lui la guerre de campagne. D'ailleurs, il n'assiégea jamais une ville sans être moralement sûr de la prendre. Louvois faisait si bien les préparatifs, les troupes étaient si bien fournies , Yauban , qui conduisit presque tous les sièges, était un si grand maître dans l'art de prendre les villes, que la gloire du roi était en sûreté. Yauban dirigea les attaques de Besançon : elle fut prise en neuf jours (15 mai 1674), et au bout de six semaines toute la Franche-Comté fut soumise au roi. Elle est restée à la France , et semble y être pour jamais annexée : monument de la faiblesse du ministère autrichienespagnol . et de la force de celui de Louis XI Y -.

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