‹ Siècles de Louis XIV, et de Louis XV (volume 2)Chapitre 39 sur 41 · ARTISTES CELEBRES · texte numérisé non relu

ARTISTES CELEBRES

succès dans le dix-septieme siècle , et qni commence aiasi ;

Sunt brèves mundi rosœ , Sunt f ugitivi flores , Frondes veluti anuos3B> Suât labiles lionores.

Il faut bien observer que dan-s cette musique de pure déclamation, qui est la mélopée des anciens, c'est piincipalemeut la beauté naturelle des paroles qui produit la beauté du cbaiit : on ne peut bien déclamer que ce qui mérite de l'être. C'est à quoi on se méprit beaucoup du temps de Quiuaultet fie I.ulli. Les poètes étaient jaloux du poète , et ne l'étaient pas du musicien. Boileau reproche à Qninanlt

. . . ces lieux communs de morale lubrique. Que Lulli récliauffa des sons de sa musique.

Les passions tendres, qne Quinault exprimait*! bien, étaient sous sa plume la peinture vraie du cœur humain bien plus qu'une morale lubrique. Quinault , par sa diction , échauffait encore plus la musique que l'art de Lulli n'echauf.ait ses paroles. Il fallait ces deux hommes et des acteurs , pour faire de quelques sceneStà\Jtis ^A' Armidcct Ae Roland , un specîacle tel que ni Tanti'juité ni aucun peuple contemporain n'en connut. Les airs détachés, les ariettes, ne répondirent pas à la pcrfectiou de ces grandes scènes. Ces airs, ces petites char.sous, étaient dans le i^oùt de nos noëis ; ils ressemblaient aux. barcaroles de Venise : c'était tout ce qu'on voulait alors. Plus cette musique était faible, plus ou la retenait aisément : mais le récitatif est si beau , que Rameau n'a jamais pu l'égaler. Il me faut di-s chanteurs, disait-il, et à Lulli des acteurs. Rameau a enchanté les oreilles', Lulli enchantait l'ame ; c'est

an des grands avantages du siècle de Louis XIV que LuUi ait rencontré un Quinault.

Après Lnlli tous les musiciens, comme Celasse , Campra , Destonches , et les autres , ont été ses imitateurs , jusqii'i ce qu'enfin Rameau est venu, qui s'est élevé au-dessus d'eux par la profondeur de son. harmonie, et qui a fait de la musique un art nouveau.

A l'é^'ard des musiciens de chapelle , quoiqu'il t en ait plusieurs célèbres en France, leurs ouvrages n'ont point encore été exécutés ailleurs.

PEINTPlES.

. Il n'en est pas de la peinture comme de la musique. Une nation peut avoir un chaut qui ne plaise qu'à elle, parceque le génie de sa langue n'en admettra pas d autres ; mais les peintres doivent représenter la nature , qui est la même dans tous les pays , et qui est vue avec les mêmes yeux.

Ilfaui pour qu'un peintreait nne juste réputation que ses ouvrages aient un prix chez les étrangers. Ce n'est pas assez d'avoir un petit parti, ei d'être loué dans de petits livres , il faut être acheté.

Cequi resserre quelquefois les talents des^'eintres est ce qui semblerait devoir les 'tendre; c'est le goût académiqu." , c'est la manière qu'ils preunent d'après ceux qui président. Les académies soiit sans doute ti'es utiles pour former des élevés, surtout quand les directeurs travaillent dans le grand goût : mais si le chef a le goût petit , si sa manière est ari.ic est léchée , si ses Ijgures grimacent , si ses tableaux soLit points comme les éventails ; les élevas, subjugués par l"ii^ita^ion . nn par reavir* li'- plaire à un mauvais maître , ptrd. ni cntièieineiit i'idée de la belle nature. Il y a une fatalité sur les académies ;

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