Procès-verbaux cités, 12 janvier
5. Dépêche du 14 janvier à Gambetta, J. Favre, tome II, p. 323.
6. Dépêche du 9 janvier à Gambelta, J. Favre, tome II, p. 319.
va être adopté in extremis, Paris n'a plus quinze jours de pain*; les décisions suprêmes s'imposeront à bref délai. La grande ville ignore sa situation exacte. Que se passera-t-il quand il faudra la lui montrer ? Elle réclame instamment, et le gouvernement avec elle, une gi'ande sortie. Le général Trochu s'obstine à attendre des nouvelles de province. D'ailleurs, ij y a peu à compter sur le succès ; l'armée, affaiblie à Texcès, est fort démoralisée ; la garde nationale est « pleine d'ardeur » , mais tiendra-t-elle au feu , pendant une action sérieuse'?
Dans l'intervalle, la sortie tant de fois réclamée est fixée au 19 janvier et, le 17, le conseil tient une séance qui a tous les caractères d'une veillée d'armes. Le gouverneur demande « des mesures de prévoyance en vue du grand coup de désespoir qui va être tenté. Il craint de trouver devant lui toute l'armée prussienne, car il se fait autour de Paris une véritable concentration. » — Rien de plus faux, car le IP corps prussien a simplement été remplacé sous Paris par le P'' corps bavarois. Loin que l'ennemi se renforce, il dirige les 17 et 18 une de ses brigades contre Faidherbe *.
En prévision d'un échec que Trochu laisse entrevoir, il faut s'attendre à la capitulation et, de nouveau, ce mot reparaît dans la discussion. Comme toujours, celle-ci révèle un défaut absolu d'entente, de vues communes. Le général croit que l'ennemi refusera de traiter avec lui ; il voudrait, pour cet instant fatal, que le gouvernement se substituât une autre autorité, que l'on s'adjoignît les maires pour la convention à intervenir. — Après n'avoir eu aucune part au gouvernement, ils en auraient une à la catastrophe.
Au contraire, Jules Favre estime que le devoir des membres du gouvernement est de figurer dans la capitulation. Il juge celle-ci inévitable et demande qui jouera le rôle « d'Eus-
1. Dépêche du 14 janvier déjà citée. — Jules Ferry demande le rationnement le 18, mais n'obtient que la réquisition des blés (Procès-verbaux cités, 13 janvier).
2. Dépêche du 16 janvier à Gambetta, J. Favre, tome II, p. 324.