Procès-verbaux cités, 8 décembre
2. Jules Favre a donné de cet entretien, tome II, p. 161, une version qui nous parait s'écarter de la vérité. A l'en croire, Ducrot aurait déclaré les troupes « épuisées au moral comme au physique, incapables de soutenir une nouvelle lutte ». Il aurait conseillé Touverture immédiate de négociations avec Tennemi. Plusieurs passages de Touvrage du général, tome III, p. 6i et lis, et de celui de Trochu {Œuvres posthumes, tome I^^, p. 470) semblent confirmer cette thèse. Mais Ducrot la contredit directement (tome III, p. iio) :
a Par tout ce qui précède, il est facile de voir que le 4 décembre encore nous voulions agir énergiquement et le plus promptement possible. M. Jules Favre a donc fait erreur lorsqu'il a affirmé que, dans cette journée, nous avions laissé entrevoir certains sentiments de lassitude faisant pressentir que, dans notre pensée, le moment était venu de chercher à ouvrir des négociations avec Tennemi.
« Nous n'avons émis l'avis d'entrer en pourparlers qu'après avoir eni connaissance de la lettre de M. de Moltke en date du 6 décembre, et nous partagions en cela l'opinion de beaucoup de personnes sensées. . .
« Avant cet incident, nous avons toigours persisté à penser que notre devoir était de continuer énergiquement la lutte, et de n'avoir d'autres rapports avec l'ennemi que les armes à la main. »
La logique de ce raisonnement paraît singulière. Comme il le répète constamment, Ducrot n'a aucune confiance dans les armées de province. Pourquoi leur défaite annoncée par l'ennemi modifie-l-elle toutes ses résolutions? Croit-il qu'il soit plus facile maintenant de traiter honorablement?
Les faits que nous allons dire, au prochain chapitre, prouvent que, le 4 décembre, Ducrot n'avait pas renoncé à reprendre la sortie manquée (D^ Sarazin, p. 225).
repos, quelques mesuréà pour reconstituer le commandement, le matériel, et il entreprendra une nouvelle action. Ses interlocuteurs jugent qu41 n'y a rien à reprendre dans ces « sages et patriotiques » résolutions. Ils repartent pour Paris, en conjurant le gouverneur d'éviter toute temporisation qui ne serait pas absolument indispensable \