‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 180 sur 326 · LA FAIM A PARIS · texte numérisé non relu

LA FAIM A PARIS

Le rationnement. — Le pain du siège. — La mortalité. — La population.

On a vu que la question des vivres revient constamment dans les discussions du conseil. Tout d'abord on accumule les demi-mesures, sans oser encore, malgré la pression des circonstances, arriver au rationnement. C'est, le 4 janvier, la confiscation des chevaux ou mulets non déclarés; le 12, rinterdictîon de fabriquer du pain de luxe ; le 13, la réquisition des provisions de farine au delà de cinq kilogrammes par ménage. En même temps, on interdit aux boulangers de Vendre aux personnes non comprises dans leur clientèle, ou ne justifiant pas, par leur carte d'alimentation, qu'elles appartiennent au quartier*. Le 15 janvier, on va un peu plus loin, mais avec quelle timidité ! Les boulangers devront livrer du pain à leurs clients, seulement « dans la proportion de leur consommation». Des délégués municipaux, assistés au besoin de gardes nationaux, seront présents à la distribution *.

Plusieurs journaux trouvent ces mesures insuffisantes ' et, dans les 11% IIP, IV®, IX* arrondissements, on prend Tinitiative de rationner le pain à 400 ou 500 grammes. Les réclamations sont très rares*. D'ailleurs, pour rendre la privation moins sensible, un décret du 16 janvier lève la réquisition des pommes de terre établie depuis le 21 novembre*.

C'est le 18 seulement, la veille de Buzenval, que le gouvernement se juge à même d'imposer le rationnement. A da-

1. Journal officiel du 4 au 15 janvier 1871 ; Journal du siège, par le Gaulois, p. 380 à 414 : décret du 4 janvier; arrôlé du 12 janvier; décret du 13 janvier et avis du môme jour; de Sarrepont, p. 214 et suiv.

2. Lettre de Jules Ferry aux maires, Journal du siège, parle Gaulois, p. 4i9.

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