Journal du siège, pur le Gaulois, p
ter du 19, les boulangers ne distribueront du pain qu'aux porteurs d'une carte d'alimentation, à raison de 300 grammes par adulte et de 150 grammes par enfant au-dessous de cinq ans. Le prix est fixé à 10 et 5 centimes*. Afin d'adoucir l'effet produit, la commission spéciale nommée par « l'assemblée des maires » décide qu'un cinquième de litre de vin sera délivré gratuitement, dans chaque boulangerie, à tout nécessiteux porteur d'un bon de pain*.
Un autre arrêté du 18 janvier prescrit des perquisitions à l'effet de rechercher le combustible et les subsistances qui peuvent exister chez les absents. Quelles quantités donnera cette mesure, à la fois tardive, insufiîsante et vexatoîre'?
Enfin, un décret, à peine mieux justifié, ordonne la réquisition des blés de semence existant dans Paris*. Toutes ces dispositions n'auraient-elles pas dû être prises plus tôt? « Pourquoi, dès le commencement du siège, n'a-t-on pas imposé le rationnement. . . Pourquoi avoir permis le gaspillage des vivres dont nous avons tous été témoins*? »
Tout ce temps perdu fait prendre une mesure contraire à la loi morale. Le 17 janvier, un avis signé Magnin, ministre du commerce, annonce que chaque personne faisant coAnaître l'existence de grains et de farines soustraits aux réquisitions recevra, après vérification, une prime de vingt-cinq francs par quintal. Ce système de délation ne fonctionne que pendant deux jours, après quoi il est supprimé ; il a donné 3,000 à 4,000 quintaux seulement^
Le pain que Ton distribue avec tant de parcimonie est de plus en plus mauvais. De 78 p. 100 de farine de blé qu'il
1. Arrêté du 18 janvier, Journal du siège, par le Gaulois, p. 430. — 11 était alors distribué 2,199,000 rations jouroulières de viande à la population civile (de Sarreponl, p. 233).