RÉFLEXIONS
Caases de notre échec. —.Défaut d'organisation de nos troupes. — Les gardes nationaux. Les généraux et la sortie.
Ainsi le dernier eflFort de Paris a échoué. Il reste investi; ses forces morales et physiques sont moindres qu'avant le 19 janvier. On a vu plus haut les causes de notre défaite. Elles sont multiples et la rendaient inévitable. Des ordres incomplets, mal conçus; par suite, un déploiement défectueux ; l'entassement de nos troupes sur un front trop étroit * ; leur infériorité technique indéniable; des attaques décousues, en formations trop denses, mal appuyées par l'artillerie ; surtout un commandement insuffisant du haut au bas de l'échelle et le découragement de tous, officiers et soldats, voilà plus qu'il n'en faut pour expliquer cet insuccès. On a prétendu, notamment le général Ducrot, que le court délai compris entre la décision de livrer bataille et le commencement de celle-ci fut cause de dispositions hâtives et vicieuses. En forçant Trochu à combattre le 19 janvier, Jules Favre aurait assumé la plus lourde des responsabilités*. Nous avons dit ce qu'il convient d'en croire'. Si, en trois jours, du 16 au 19 janvier, l'armée de Paris, concentrée comme elle pouvait l'être, était incapable de se préparer à une action, il fallait y renoncer. La vérité est que, faute d'organisation, elle ne possédait en rien la mobilité qui lui eût été indispensable. Depuis le début du siège, le gouverneur avait constamment changé sa constitution. Il semblait
1. Duc de Wurtemberg, Mode d'aUaque de l'infanterie prussienne dans la campagne de iS70-iS7i , traduction Gonchard-Vermeii, p. 89; de Sarreponl p. 4U8; Kunz, p. 42 : La surprise aurait pu réussir, le matin, avec moins de troupes, toutes de ligne.