‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 244 sur 326 · Journal du siège, cité par Ducrot, tome IV, p · texte numérisé non relu

Journal du siège, cité par Ducrot, tome IV, p

6. Ducrot, tome IV, p. 246; État-major prussien, tome IV, p. 1174.

en grande partie évacués et servent d'abris*. La batterie du cimetière à Touest d'Issy a peu souffert ; les autres, surtout celle de la station de Clamart, sont presque détruites. Après la capitulation, on y trouvera, ainsi que dans les forts d'Issy et de Vanves, 40 pièces démontées et 70 affûts brisés'.

Si les forts ne sont pas, « à part quelques dégradations intérieures, aussi solides qu'avant le bombardement », comme l'écrit Ducrot, il n'est pas non plus exact de dire, avec VÉtatmajor prussien, qu'ils n'auraient pu « opposer qu'une faible résistance à une attaque régulière ». D'ailleurs l'enceinte n*a pas cessé de leur prêter une aide vigoureuse. A la veille de la capitulation, l'ennemi est encore contraint d'établir trois nouvelles batteries entre Le Val et Bellevue, pour lui tenir tête^

Le bombardement de Paris, les timides essais d'attaque régulière tentés au nord et au sud n'ont été d'aucune influence sur la durée de la défense. Comme le dit justement Ducrot, autant l'investissement et le blocus de la grande ville ont été bien conçus et habilement exécutés, autant le siège proprement dit a été hésitant et incertain.

Deux fronts d'attaque s'imposaient, tous deux ayant leurs avantages, ceux du nord et du sud-ouest, Saint-Denis et le fort d'Issy. Le plus naturel eût été de concentrer la presque totalité des ressources en artillerie sur l'un d'eux, celui du nord par exemple, le moins exposé aux tentatives de Texte-

1. État-major prussien, lome IV, p. 1174; L. Larchey, p. «78. Dans Ducrot, lome IV, p. 243 et 249, il faut lire Issy au lieu d'Ivry. S. État-major prussien, ibidem.

3. État-major prussien, tome IV, p. 1175 : d^" 85 et 26, chacune avec 8 pièces de 9«; qo 27 avec 8 pièces de 12^. D'après Ducrot, tome IV, p. 249, la perte journalière moyenne était :

Pour la garde des tranchées .... 10 hommes.

Au fort d'Issy 7 à 8

Au fort de Vanves 7à8 —

Au fort de Montrouge 7 à 8 —

Enceinte 5 à 6 —

Total 26 à 84 hommes.

D*après le colonel Lecomte, tome IV, p. 10, le total des pertes des forts et de Tencelnte se serait élevé à 420 hommes, dont 20 p. lOO de tués. Ces chiffres paraissent inférieurs à la réalité.

rieur, devant lequel nos défenses étaient le plus faibles. Dans ce secteur, la forme enveloppante des positions allemandes constituait encore un avantage pour Tennemi. Sérieusement attaqués, nos ouvrages de Saint-Denis devaient fatalement tomber dans un délai assez court, faute de pouvoir être soutenus par Tenceinte de Paris, trop éloignée. Au lieu de prendre cette marche, les Allemands esquissent une attaque secondaire contre nos forts de Test; puis ils opèrent deux attaques principales. Tune au nord, l'autre au sud. Un moment même, le général von Hindersin en propose une quatrième, vers Bicêtre. Ils se contentent d'abord d'un maigre résultat: l'évacuation d'Avron, qu'ils sont incapables d'occuper derrière nous et qui ne leur serait d'aucune utilité. Ils assurent n'avoir visé dans cette attaque qu'un but purement défensif*, et nous le croyons volontiers : il s'agissait de nous empêcher de sortir par la vallée de la Marne, comme nous l'avions risqué le 30 novembre et le 21 décembre. Mais, au moment où ils bombardent Avron, notre capacité offensive est réduite à rien*. En outre, pour arrêter une sortie le long de la Marne, il ne serait pas nécessaire de mettre 76 pièces en batterie sur les hauteurs du Raincy, déjà si favorables à la défense et si bien gardées. L'effort est au dessus du résultat.

Ainsi la nécessité de l'attaque de l'est n'apparaît pas clairement. On en peut dire autant du dédoublement de l'attaque principale. Il est sûr que la concentration de tout le matériel disponible contre les ouvrages de Saint- Denis ou les forts du sud-ouest aurait permis d'obtenir des résultats plus complets en moins de temps. Le bombardement du nord s'opérait trop loin de la ligne Issy-Montrouge, il mettait trop de forces en mouvement pour être une simple diversion. Les Allemands ne disposaient pas de telles ressources qu'ils pussent ainsi les disséminer sans danger. Il s'ensuit que leur concentration contre le saillant de Saint-Denis eût été tout à l'avantage de l'attaque'.

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