LES DERNIERS JOURS
L'aspect de Paris. — Les vivres. — La mortalité. — La flôyre obsidionale. ^ Manvaises nouvelles de province. — Le moral de tous.
Pendant qu'au nord, à Test, au sud de Paris, les canons allemands font retentir leur tonnerre continu, la grande ville souffre cruellem.ent, sans se plaindre. Peu à peu son aspect s'est modifié entièrement. Les voitures sont de plus en plus rares, puisque, le 4 janvier, la compagnie des Omnibus n'a que 80 véhicules en service *. Le chemin de fer de ceinture a dû arrêter son trafic le 9 par suite du bombardement. Même les bateaux-omnibus ne circulent plus entre le Point du Jour et le pont de l'Aima*. Point de gaz dans les rues : la compagnie parisienne entretient 35,000 lampes à pétrole'. Paris reste au delà de quinze jours sans bains, faute de chauffage*. La bourse est ce qu'on peut attendre des circonstances : le 23 janvier, le 3 p. 100 cote 51 fr. 70 c.
La question des vivres se pose de la façon la plus inquiétante, d'autant que l'on possède des données très incertaines sur l'importance de nos approvisionnements, même la consommation journalière. Le Temps du 24 janvier affirme que le gouvernement ignore aussi bien l'étendue de nos ressources que celle des besoins à satisfaire. On a vu que, le 22, il ne savait même pas s'il pourrait distribuer le nécessaire en pain pour le lendemain*. A cette date, un document indique que Paris a sa vie assurée pour un peu plus de huit jours.