D*Héris8on, p. 835; M. Buech, tome II, p
8. Voir Trochu, Œuvres posthumes, tome I®', p. 47; Campagne de l'Est. Nuits, Villersexel, p. 12 et suiv.
« Il faut pourtant que je le prenne, car j'entends le promener dans Berlin, avec un écriteau dans le dos et ces mots : « Voîlà la reconnaissance de Tltalie. » Comment ! Après tout ce que nous avons fait pour ces gens-là !. . . C'est ignoble * ! »
Pour cette, question, comme pour la plupart de celles que 480ulève le projet de convention, Jules Favre se sent tout à fait incompétent. On lui a refusé jusqu'ici lo concours d'un militaire, mais il ne peut s'en passer désormais. M. de Bismarck est le premier à le lui faire remarquer*. On convient qu'il reviendra avec un officier général le vendredi 27, pour arrêter définitivement la convention. Au moment où M. de Bismarck accompagne le ministre à sa voiture, il lui dit vivement : « Je ne crois pas qu'au point où nous en sommes, une rupture soit possible; si vous y consentez, nous ferons cesser le feu ce soir. — Je vous l'aurais demandé dès hier, lui répond Jules Favre profondément ému ; ayant le malheur de représenter Paris vaincu, je ne voulais pas solliciter une faveur. J'accepte de grand cœur ce que vous m'offrez ; c'est la première consolation que j'éprouve dans notre infortune; il m'était insupportable de penser que le sang coulait inutilement, pendant que nous arrêtions ensemble ici les conditions d'une suspension d'hostilités. — Eh bien ! reprend le chan- <5elier, il est entendu que nous donnerons réciproquement des ordres pour que le feu cesse à minuit. Veillez à ce que les vôtres soient strictement exécutés'. »
1. D*Héri8Son, p. 347. Devant le conseil, J. Favre, se boroe à une allusion (Procès-verhaux ciiéSf tome IV, p. 3i9). — Le général Trochu porte le refus de M. (le Bismarck, relativement à Garibaldi, au 30 ou Si janvier (Œuvret posthumes, tome I«f, p. 47). Il protesta, dit-il, avec la dernière énergie. — M. d'Hérisson écrit que Tarmée des Vosges et Garibaldi furent compris dans Tarmistice. C*est le contraire qui est vrai, comme chacun sait. — Suivant Jules Favre, tomo II. p. 40S, il eut le soir du 26 une longue conférence chez le général de Moltke. MM. d*Hérisson et Morîtz Busch (tome If, p. 877) ne disent rien de ce détail, non plus que le Procès-verbal de la séance du 26, où il fut rendu compte au conseil des négociations pendantes. 11 est probable que cette conférence eut lieu le 27.
2. Enquête, rapport Daru, p. 382; M»»* J. Favre, la Vérité sur les désastres de Varmée de Metz, p. 61;. M. Busçh, tome II, p. 269 (26 janvier).
3. J. Favre, tome II, p. 404, ajoute qu*il accepta, en demandant simplement que Paris tirât le dernier coup de canon. Cette concession, si elle fut faite.
Le même soir, à 9 heures et demie, Jules Favre rend compte au conseil de la situation. Ses collègues ne font aucune objection sérieuse à la plupart des conditions obtenues. Mais on signale une agitation naissante dans Paris, où le bruit des négociations commence à circuler. Des chefs de bataillon de la garde nationale déclarent qu*ils ne se soumettront pas à la capitulation, des marins qu'ils ne rendront pas les forts \ On paraît craindre, bien à tort, que cette surexcitation gagne Tarmée, si démoralisée. Non sans raison, Jules Simon demande vivement ce que veulent les troupes. Comment pourraient-elles réclamer la continuation de la lutte, alors qu'elle est devenue impossible, tandis qu'elles n'avaient de hâte que de voir conclure la paix, quand on pouvait encore se battre ?
Pour couper court à ces résistances, d'ailleurs fort exagér rées, on décide que le Journal officiel insérera le lendemain une note laissant deviner la situation *. Le même soir, à mi-
n*avait évidemment aucune portée pratique, en raison de retendue du camp retranché.
L'ordre fut envoyé à 7 heures par Jules Favre au général Vinoy, dés sa rentrée à Paris (Ducrot, tome IV, p. 318). Moltke langa à 6 heures et demie un télégramme portant que les batteries allemandes cesseraient le feu à minuit, sous la condition que notre artillerie se tairait également à la môme heure (MoUkes Korrespondenz, n^ 648). Ces heures indiquent que J. Favre quitta Versailles vers 5 heures, probablement, sans avoir eu chez le général de Moltke la conférence dont il parle. Voir M. Busch, tome II, p. 277.
i. Procès-verbaux cités, Ducrot, tome IV, p. 320; J. Favre, tome II, p. 40u; H. Dabot, p. 96.
2. Procès-verbaitx cités, Ducrot, tome IV, p. 322 ; J. Favre, tome II, p. 406. La séance du conseil est levée à minuit et demi.
Voici le texle de celle note :
« Tant que le gouvernement a pu compter sur l'arrivée d'une armée de secours, il était de son devoir de ne rien négliger pour prolonger la défense de Paris.
« En ce moment, quoique nus armées soient encore debou^, les chances de la guerre les ont refoulées, l'une sous les murs de Lille, Tautre au delà de Laval; la troisième opère sur les froulières de l'Est. Nous avons, dés lors, perdu tout espoir qu'elles puissent se rapprocher de nous, et l'état de nos subsistances ne nous permet plus d'attendre.
« Dans celte situation, le gouvernement avait le devoir absolu de négocier. Les négociations ont lieu en ce moment. Tout le monde comprendra que nous DO pouvons en indiquer les détails sans de graves inconvénients. Nous espérons pouvoir les publier demain Nous pouvons cependant dire dès aujourd'hui : que le principe de la souveraineté nationale sera sauvegîu-dé par la réunion immédiate d'une Assemblée ; que rarmistice a pour but la convocation
nuit, le grondement du canon cesse brusquement. Pour la première fois depuis de longs mois, le silence se fait autour de la grande ville, rendant plus pesante Timpression générale d'accablement devant tant d'espoirs déçus, de souflErances inutilement supportées * !
de cette assemblée ; que, pendant l'armistice, Tarmée allemande occupera les forts, mais n'entrera pas dans Tenceinte de Paris ; que nous conserverons notre garde nationale intacte et une division de Tarmée, et qu'aucun de nos soldats ne sera emmené hors du territoire. » Le Journal officiel du 25 janvier a déjà reproduit les nouvelles des armées de province, données par le Moniteur de Versailles, aux dates des 16, 17, 18, 19, 81 et 28 janvier (Journal du siège, par le Gaulois, p. 461).