Ducrot, tomo III, p. 227 et
2. Procès-verbaux cités, séance du 29 novembre. — Déjà Ernest Picard avait réclamé la suspension de tous les journaux pendant le siège. Mais Jules Favre» Rochefort et le général Trochu protestèrent avec énergie (Ibidem, lo novembre).
ges au 86ns commun. La discipline est fréquemment visée dans leurs discussions, les 7 et 20 décembre, à la salle Favîé et au club de la Reine-Blanche, par exemple : « C'est une armée disciplinée qui a capitulé à Sedan ; ce sont des armées indisciplinées qui ont sauvé la France en 1792. Comment veut-on qu'un républicain se laisse asservir à l'esclavage de la discipline? {Applavdissements ; quelques proiestations) *. » Pourtant, à la salle Valentino, le 24 décembre, on demande à Punanimité que le gouvernement laisse les jugements des cours martiales suivre plus fréquemment leur cours *.
Le mot « Commune » revient constamment dans ces discussions. Pour une classe de la population, il tend à devenir une sorte d'universelle panacée. On paraît croire bonnement que l'aube d'une commune révolutionnaire verrait disparaître les angoisses de l'heure présente. « Avec la Commune, le beurre remplacerait depuis longtemps le suif à chandelle et Ton aurait du charbon en abondance*. » La « guerre à outrance » reste toujours au premier plan ; on la réclame avec plus de violence que de sincérité, mais elle ne fait pas oublier la politique intérieure.. On discute longuement pour savoir s'il faut chasser les Jésuites avant les Prussiens ou les Prussiens avant les Jésuites et la question reste indécise*.
« Ou'avons-nous à craindre des bombes, dit un orateur à la salle Favié? On dit qu'elles incendieront les monuments des arts, les musées et les églises. Citoyens, la République passe avant les arts. Les artistes ont été corrompus par le despotisme. Qu'on brûle le Louvre, avec les tableaux de Rubens et de Michel-Ange, l'orateur s'en consolera, pourvu que la République triomphe. Il se consolera encore plus facilement de la destruction des églises et il verrait sans sourciller les tours de Notre-Dame s'abîmer sous les bombes. . . Celles qui nous débarrasseraient de tous les monuments de
1. G. de Molinari, les Clubs rouges pendant le siège de Parif, p. 133 et 165,