LA VIE DANS PARIS
La Tiande de cheval. — Le pain. — Le non-rationnement. — L'administration. La mortalité. — Les femmes de -Paris. — Aspect de la TiUe.
Dans Paris la vie devient toujours plus dure. Les 2, 3, 4 décembre on distribue encore aux boucheries du bœuf frais. C'est de la viande de cheval les 5, 6 et 7, ou même du hareng salé le 8. La consommation journalière de la population représente 600 chevaux ; celle de l'armée un peu plus de 100. On évalué au delà de 20,000 ceux qui ont déjà été mangés. Il en reste 45,000 seulement, en dehors de ceux appartenant à TÉtat. Le chien est, lui aussi, de vente courante, à raison de 1 fr. 50 c. la livre. La moitié d'un chat vaut 6 fr. à la boucherie cynique de la place de la Trinité \ On en vient à pêcher, vers le 6 décembre, les poissons des bassins des Tuileries.
La réquisition porte sur des denrées toujours plus nombreuses. Le 10 décembre, un décret T étend à toutes les quantités de houille et de coke supérieures à 5,000 kilogrammes, même pour la consommation familiale*. Un autre la prononce pour les bois susceptibles d'être employés à la cuisson du pain, chez les marchands et les particuliers, boulangers exceptés \
Jusqu'alors le blé et la farine ont été l'objet d'un « eflfroyable gaspillage ». On en donne aux chevaux, parce que ces deux denrées coûtent moins cher que le foin et l'avoine. On fabrique quantité de biscuit que chacun entasse en prévision de la famine. A défaut, on achète du pain que l'on coupe en tranches minces pour les faire griller et les conserver plus