‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 52 sur 326 · Aux habitants de Paris · texte numérisé non relu

Aux habitants de Paris

* Hier des bruits inquiétants, répandus dans la population, ont fait affluer i«8 consommateurs dans certaines boulangeries.

« On craignait le rationnement du pain.

■ Cette crainie est absolument dénuée de fondement.

> La consommation du pain ne sera pas rationnée.

« Le gouvernement a le devoir de veiller à la subsistance de la population. C'est un devoir qu'il remplit avec la plus grande vigilance. Nous sommes encore éloignés du terme où les approvisionnements deviendraient insuffisants.

« La plupart des sièges ont été troublés par des paniques. La population de Paris est trop intelligente pour que ce fléau ne nous soit pas épargné. » (Journal du siège, publié par le Gaulois, p. 814.) Le général Trochu, absent, écrivit au conseil dans le même sens {Procès-verbaux cités, 12 décembre).

loge du pain bis, à déclarer quHl n'en sera plus fabriqué d'autre, sous bref délai*.'

Chose à peine croyable, le 15 décembre, on ne connaît que très approximativement les quantités de blé et de seigle restant dans Paris. Le ministre du commerce, M. Magnin, se borne à promettre du pain jusqu'au 10 janvier au moins, mais d'après de simples prévisions. Les farines du ministère de la guerre ne vont que jusqu'au 29 décembre ; déjà le général Le Flô réclame celles qu'il a prêtées à la population '. Le gouverneur invoque la nécessité de recourir au mélange de farines de diverses natures, afin de prolonger la résistance et de lasser « les Prussiens qui ne peuvent tenir plus d'un mois" ». On n'y procède pas encore.

Par contre, un jpas décisif est fait par la réquisition de tous les chevaux, â#es et mulets existant à l'intérieur du camp retranché. Les détenteurs deviennent de simples gardiens, tenus de représenter les animaux à eux confiés. Ils n'ont pas le droit de les vendre, de les échanger, de les abattre ou même de les transférer dans un local autre que celui occupé. Un autre décret du même jour, 15 décembre, interdît les abatages îrréguliers*. On parvient ainsi à régulariser la distribution d'une ration journalière de viande à chacun des 2,005,709 habitants que renferme Paris, sans l'armée et la garde mobile*. Elle n'est que de 30 grammes,

1. L. Larchey, p. 198; F. Sarcey, p. 217; Journal du siège, par le Gaulois, p. 318.

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