VioUel-le-Duc, p
général Ducrot, une idée folle qu'il a toujours combattue ; il a l'entière conviction que, dès le premier obus qui tomberait dans ces masses, elles se livreraient à une débandade effroyable et honteuse. — Si l'on veut sauver une partie de l'armée, il faut, à son avis, faire appel à des hommes choisis, les diviser en trois colonnes et passer comme on le pourra. Il ajoute enfin qu'avant huit jours les obus prussiens pleuvront sur les quartiers de Belleville et qu'on n'aura aucun moyen de l'empêcher \ »
Ainsi Ducrot ne propose pas la capitulation immédiate, bien qu'elle soit dans la logique de ses déclarations. Il ne croit pas possible une action générale. Le seul genre d'offensive dont il admette la possibilité est la sortie de groupes d'hommes choisis, et elle n'aurait qu'une utilité restreinte", même à condition de réussir.
Tout d'abord, nul ne répond à ces déclarations passionnées, mais trop vraies dans leur ensemble. Jules Favre constate alors quelle est leui' conclusion forcée : il faudra désormais s'enfermer dans Paris sans plus rien tenter. Enfin, sur l'invitation du gouverneur, Vinoy prend la parole. Il « pense que si, au lieu de faire une seule armée agissante, on en avait fait deux, on aurait pu faire occuper l'ennemi par l'une pendant que l'autre aurait agi. Aujourd'hui il est bien tard... On a contre soi le froid, et les hommes mal nourris et fatigués sont démoralisés. Un avis lui semble donc bien difficile à donner. Cependant, si l'on poussait des colonnes solides sur divers points, ou pourrait peut-être trouver un passage ou du moins faire beaucoup de mal à l'ennemi. » A ce moment, Ducrot demande vivement au général d'indiquer ces points d'attaque , « car il les a inutilement cherchés luimême » , et Vinoy c a pu voir qu'il avait échoué de son côté à ]\Iontmesly > .