‹ Siège de ParisChapitre 136 sur 326 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

mes. Les Prussiens souffrent... comme l'armée française; il faut essayer d'abattre leur moral par un etfort considérable sur un point de leur ligne. »

Aussitôt Ducrot d'interrompre vivement : « Trouvez donc ce point ; on ne perce pas des lignes avec des phrases, »

« Ce point, reprend Schmitz, serait déterminé ultérieurement en conseil purement militaire ; mais il persiste à dire qu'il faut livrer une grande bataille sans s'éloigner de Paris. Il se déclare porté à cette conviction par des considérations qui ne sont pas seulement militaires, mais aussi politiques. Paris ne peut honorablement succomber vis-à-vis de la population, de la France et de l'Europe qui le regardent, sans avoir au moins tenté un grand et suprême eflfort. » A Ducrot, qui interrompt encore. Le Flô fait remarquer qu'il ne veut pas prendre part à la discussion, bien qu'il soit de l'avis de Schmitz, parce qu'il tient de trop près au gouvernement; mais il engage le général, « qui a déjà plusieurs fois exprimé son opinion, à permettre aux autres d'exprimer librement la leur ' ».

Le gouverneur « constate avec étonnement qu'il n'a point encore été parlé du bombardement, qui est pourtant un fait assez considérable. Il explique l'inutilité des travaux qui auraient pu être faits au mont Avron, en citant les effets produits par le bombardement sur les forts. Le bombardement doit donc désormais enti'er en ligne de compte pour toute opération militaire à combiner et, à cet égard, les positions de Créteil et de Drancy sont menacées. » Puis il annonce le bombardement prochain de Saint-Denis, persistant jusqu'au bout dans le rôle décourageant qui devrait si peu être le sien *.

Les déclarations continuent sur le même ton. L'amiral de La Roncière « croit une trouée impossible maintenant; il est trop tard. . . , son sentiment est cependant opposé au rôle purement défensif ; il faut tenir compte de l'opinion publique

1. Ibidem, p. 263. — Jules Favre, tome II, p. 21 1, donne un caractère plus afTirmatif à la déclaration du général Schmitz.

Page 1