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Pfocé$-verb(tvx cités, 6 décembre

ont été constamment jusqu'ici son attitude et ses résolutions. Sous le coup des exigences de l'opiniou publique, plusieurs de ses collègues ne cessaient de lui crier dès le début : Agissez vite, vite. . . et il leur résistait en déclarant que, sans armée de secours, la défense de Paris était une héroïque folie , qu'il fallait savoir faire , eu se ménageant autant de chances que possible. Quand une armée a été enfin constituée à grand'peine, cette même opinion publique s'est écriée ; Vite, vite, réunissez- vous, percez les ligues, et tendez les mains à l'armée de la Loire. Ce qui est également insensé, car il faut user l'ennemi par des coups de boutoir, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. » — Pourtant ce n'a jamais été sa méthode.

« Le temps est donc venu, suivant lui, de laisser dire l'opinion publique et de ne plus faire qu'une guerre sérieuse basée sur les vraies données scientifiques. Il ne se dissimule pas que l'esprit des officiers supérieurs' est loin de valoir celui des soldats, et que leur action décourageante va se trouver fortifiée par les dernières nouvelles relatives à la reprise d'Orléans; mais la lettre de M. de Moltke est une impertinence à laquelle il serait honteux de répondre autrement que par le combat. — Si l'armée, énervée par certains de ses officiers , ne sait plus se résoudre aux grandes luttes, il répond, du moins, qu'elle saura défendre Paris, qui ne peut en finir honorablement sur une lettre de M. de Moltke, qui trahit bien plus les embaiTas de l'ennemi qu'elle ne révèle les revers essuyés de nouveau par nos armes. — Si l'on est obligé d'en venir à des négociations, ce qui est possible, que ce ne soit pas du moins à la suite d'une humiliation subie. . . »

Le général croit avec raison, contrairement à Ernest Picard, « que c'est dans la rue qu'on demandera la guerre, et que

1. Il serait plus juste de dire : des ofîiciers généraux. Voir Procès-verbaux des séances du gouvernement de la Défense nationale, 13 décembre 1870, Ducrot, tome III, p. 3?j6; 26 décembre, ibidem, p. 103; D' Saraziu, p. 225. Le général Ducrot, tome III, p. n7, conteste l'exactitude de cette assertion, sans songer qu"il donne lui-même l'exemple du découragement.

20 BUZEXVAL - LA CAPITULATION.

c'est déjà dans certains salons qu'on demande la paix ». Il sait qu'il faudra bien en venir à la capitulation, « mais le faire maintenant, ce serait imiter Bazaine, que chacun traite aujourd'hui de traître à son pays et d'infâme ». Il demande à Ernest Picard si, oui ou non, en capitulant, il est sûr de sauver la France. « Pour lui, en continuant à combattre, il n'est pas sûr de ne pas la sauver ; et c'est pour cela qu'il veut persévérer. . . Que ferait le gouvernement si la province venait lui dire ensuite : Huit jours encore de résistance de Paris et nous étions sauvés ! . . . »

A travers le conflit de ces opinions contradictoires, souvent aventurées, ou démêle que le conseil, dans sa grande majorité, croit à l'exactitude des faits annoncés par Moltke. 11 n'a qu'une confiance limitée dans l'efficacité de la résistance et voit s'approcher rapidement le terme fatal de la capitulation. Mais il juge l'honneur de Paris et de la France engagé dans une défense à outrance. Quant à l'armée, le gouverneur ne dissimule pas combien elle est "atteinte dans son moral. Ernest Picai'd et Jules Favre vont jusqu'à douter de la population. Vivant au milieu d'elle, ils n'ont pas su voir combien elle est unanime dans sa résolution de tenir jusqu'à la dernière bouchée de pain". Ils lui imputent des faiblesses dont elle est incapable.

Quoi qu'il en soit, le conseil décide que le général Trochu répondra négativement à Moltke, et que le gouvernement publiera les deux lettres en y joignant une déclaration énergique. — L'énergie ne fait pas défaut aux paroles, mais bien aux actes ^

Le 9 décembre, on affiche dans Paris la lettre du général prussien, suivie de celle-ci, qui en est la paraphrase :

1. Procès-verbaux cités, 6 décembre 1870. — Dans ses Œuvres posthumes, lome I<=', p. -469, Trochu résume les mêmes arguinonls sous une autre forme.

2. F. Sarcey, p. 199; Vilet, Lettres sur le siège de Paris, Revue des Deux- Blondes du 15 décemljre. — Pourtant Jules Favre reconnaît cet état dame dans son livre 'tome II, p. 162).

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