‹ Siège de ParisChapitre 237 sur 326 · J. Favre, lome II, p. 35) ; Ducrot, tome IV, p · texte numérisé non relu

J. Favre, lome II, p. 35) ; Ducrot, tome IV, p

3. Procès-verbaux cités, 2i janvier soir, Ducrot, tome IV, p. 216. — La version de Jules Favre, lome II, p. 35i, n'est pas conforme à celle-ci, mais elle préseule moins de garanties d'exactitude.

La difficulté n'est pas là seulement ; il faut le remplacer au commandement de l'armée, et le nom de Yinoy, qu'il met en avant, soulève une vive opposition, pour des raisons purement politiques'. La discussion dure encore, quand un coup de théâtre la termine. « Un charbonnier habitant le boulevard Mazas accourt » , annonçant à Arago qu'une foule armée vient d'envahir la prison et de rendre à la liberté les prisonniers, parmi lesquels Flourens.

Cette fois le conseil se rend compte du ridicule de ses discussions. Il déclare annuler toute la délibération et se presse autour de Trochu. Il est 2 heures et demie du matin ^ On court réveiller Vinoy pour lui donner lecture d'une lettre de Jules Favre qui l'investit du commandement en chef, sans qu'il ait été consulté. On invoque son patriot'sme et son dévouement; on fait valoir les circonstances. En effet, le général accepte le fardeau arraché au gouverneur, non sans une hésitation bien naturelle et sur les instances répétées du ministre de la guerre Le Flô^. La proclamation qu'il adresse le jour même à l'armée de Paris laisse voir la gravité des circonstances, la lourdeur de la tâche imposée au successeur de Trochu*. En ne se dérobant pas devant elle, lui

1. Procés-cerbaux cilés, 21 janvier soir, Ducrot, tome IV, p. 219 : Trochu, Le Flô, Ferry votent pour le ge'néral Vinoy; Garuier-Pagès, Arago, Picard, Simon, Magnin, Dorian, contre.

2. Procès-verbaux cités, Ducrot, tome IV, p. 219. — Dans son récit, Jules Favre, tome II, p. 352, remplace le charbonnier par a un officier d'étalmajor accouru à toute bride». Il assure que la nomination de Vinoy fut antérieure à la nouvelle venant de Mazas, contre ce qu'indiquent les procèsverbaux.

De même, Trochu écrit {Œuvres postliumes, tome le', p. 541 ) : « Par des raisons que je n'ai pas à dire ici, je jugeais que le général Vinoy était, entre tous les divisionnaires de l'armée de Paris, le seul qui voulut accepter un tel mandat. Il était leur doyen. M. Jules Favre, qui considérait sa retraite fameuse de Mézières, au de'hui de la guerre, comme un acte militaire révélateur des plus hautes facultés de commandement, appuya très vivement l'avis que je donnais de le bombarder mon successeur. » Ce passage donne un aperçu des sentiments de Trochu pour Vinoy.

3. Voir dans Ducrot, tome IV, p. 220, le texte de la lettre do J. Favre et la proclamation du général à l'armé i de Paris.

4. Le Journal officiel du 22 janvier publie cette proclamation et la note ciaprès :

« Le gouvernement de la Défense nationale a décidé que le commandement

qui a été systématiquement tenu à l'écart pendant presque toute la durée du siège, Vinoy a agi «comme un grand citoyen * » .

Sa nomination ne change rien à la situation présente. Le gouvernement, s'il en doute encore, ne va pas tardera s'en convaincre. Dans la matinée du 22 a lieu, au ministère de l'instruction publique, le second conseil de guerre réuni sur la demande des maires. Sont présents le général Lecomte, les colonels Lespiau, Colonieu, Boulanger, de Bran ci on et Germa, ces deux derniers de la garde nationale, les lieutenants-colonels Vosseur et Warnet, le chef d'escadron Bourgeois. Plusieurs ont été convoqués par erreur^. Devant cette réunion si bizarrement constituée, Jules Simon expose la situation ; puis il invite chaque assistant, en commençant par le plus jeune, à faire connaître son opinion sur les opérations qui pourraient être entreprises.

De nouveau, les avis sont à peu près unanimes. Sauf le colonel Germa, de la garde nationale, tous sont contraires à une nouvelle sortie. Quant aux petites opérations que voudrait entreprendre le commandant Bourgeois, elles seraient tardives et ne mèneraient à rien, assure le colonel Boulanger. «Pas d'efforts inutiles, dit pour conclure le général Lecomte, au milieu de l'émotion de tous, et traitons avec l'ennemi tandis que nous avons encore la main sur le pommeau de l'épée '. » Dès lors, il n'y a jtlus d'illusions à se faire, même pour les plus obstinés. La reddition de Paris

eu chef de l'armije do Paris serait désormais sépare' de la présidence du gouvernement.

« M. le général Vinoy est nommé commandant en chef de l'armée de Paris.

« Le tiiro et les fonctions do gouverneur de Paris sont supprimés.

« M. le général Trocliu conserve la présidence du gouveruemeiil. » • 1. J. Favrc, tome II, ji. 3ô4.

2. Le général Lecomte remplace le général Comte; le commandant Bourgeois, le lieutenant-colonel Heaugois. Parmi les autres personnes présentes sont Dorian et Jules Simon; MM. Tirard, Bonvallut, Clemenceau, Tenaille- Saligny, Arnaud de l'Ariège, François Fabre, Henri Martin, Hérisson, maires.

3. Récit de M. Tirard, Ducrot, tome IV, p. 22t ; Enquête, rapport Cliaper, pièces juslilicatives, p. 214. — Dans ses parties essentielles ce récit ne s'écarte pns de celui du lieutenant-colonel Vosseur (Ducrot, tome IV, p. 22 1), mais il parait plus complet. Voir aussi J. Favre, tome H, p. 356.

s'impose à bref délai. Quelles conditions dictera le vainqueur? Quelle doit être la limite extrême de nos concessions? Jules Favre, le futur négociateur, ne paraît pas s'en rendre compte ^

1. 1(11 faut donc traiter. Je ne sais quelles conditions on nous fera. J'ai peur qu'elles ne soient fort cruelles. Dans tous les cas, ce que je n'ai pas besoin de vous dire, nous ne signerons aucun préliminaire de paix. Si la Prusse veut consentir à ne pas entrer dans Paris, je céderai un fort et je demanderai que Paris soit simplement soumis à une coulribution de guerre. Si ces propositions sont rejetées, nous serons forcés de nous rendre à merci, et la Prusse réglera notre sort par un ordre du jour. . . » (Jules Favre à Gambetla, 21 janvier 1871, Jules Favre, tome II, p. 347.)

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