CHAPITRE XLIII
Eiilèvomeiit des prisonniers de Mazas. — Foyer révolutiouuaire à BcUeville. — A l'Hôtel lie ville. — Les vivres. — Essai de répressiou.
Ainsi le gouvernement s'épuise en discussions sans issue. 11 évite de regarder en face la réalité qui va s'imposer à lui. ^lais la population est profondément travaillée. L'hostilité contre le général Trochu et ses collègues est unanime. Lui surtout ne trouve pas un défenseur ^ En d'autres circonstances, il aurait déjà été balayé par une insurrection.
Les journaux avancés, les clubs ne se font pas faute d'attiser les colères. A la Reine-Blanche, on se donne rendezvous pour le 22 sur la place de Grève. Même note au club de l'École de médecine, à la salle Favier. Le journal l'Alliance républicaine réclame des élections immédiates et la disparition d'un gouvernement qui « lasse la patience ». Le Réveil, le Combat appellent ouvertement aux armes ^.
Le gouvernement a commis l'imprudence d'enfermer à la prison de Mazas, en plein centre ouvrier, les prévenus du 31 octobre et du 6 janvier, parmi lesquels Flourens. Le matin du 21, le préfet de police, M. Cresson, fait appeler le directeur Bayet et lui enjoint un redoublement de surveillance. En même temps il dirige sur Mazas, pour relever le poste, deux compagnies de garde nationale sur lesquelles on croit pouvoir compter. Mais quand elles se présentent, il est trop tard : la garde a déjà été prise par un bataillon des plus suspects.
Malgré ce fait significatif, le général Clément Thomas se borne à envoyer l'un de ses officiers avec les deux compagnies désignées. Après quelques pourparlers, elles prennent la garde et tout paraît terminé. Mais, dans la nuit, deux batail-