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Ducrot, tome IV, p. 254, d'après un rapport ofliciel

LA CAPITULATIOX. 317

ces susceptibles de tirer le soir du 26. Les escarpes sont gravement atteintes, mais l'ennemi ne pourrait donner l'assaut, malgré leur peu de hauteur. La situation n'est pas encore compromise \

Quant à la ville de Saint-Denis, elle souffre beaucoup ; ses habitants émigrent en masse sur Paris '. Les pertes de l'attaque sont beaucoup moindres que celles de la défense, exposée à un feu enveloppant et fort mal abritée \

Contre nos forts de l'est, l'ennemi est moins entreprenant parce qu'ils sont dans des conditions plus avantageuses. Déjà, pour lui, l'occupation du mont Avron serait difficile sous le feu des ouvrages voisins. Même en admettant qu'il enlève la ligne des forts, une entreprise ardue, il aurait encore à franchir 4,500 mètres avant d'atteindre l'enceinte. Il se borne donc à construire deux nouvelles batteries à Villiers et Champigny. Le calme est complet sur notre front. Le 23, des fractions de nos troupes reparaissent dans la partie est de la presqu'île Saint-Maur, mais il suffit de quelques

1. Ducrot, ibidem, d'après Gœtze {Die Thàtigkeit der deutschen Pioniere und Injenieur-Officiere]; VÈlat- major pi~ussien, tome IV. p. ii73, et Mollke, la Guerre de iSlO, traduclioa J;eglé, p. 435, représentent notre situation comme plus aventurée. 11 semble que ce soit à tort, car l'établissement d'une deuxième parallèle, à 300 mètres, était prévu.

2. Journal du siège, par le Gaulois, p. 45S, 464; L. Larchey, p. 262 et 270; Ducrot, tome IV, p. 256.

3. État-major prussien, tome IV, p. ii73. — L'ennemi n'a perdu, pendant cette attaque, qu'un officier et 25 hommes; nous perdons isO hommes iVinoy), 132 i^de La Roncièrej. Du 21 au 22 seulement, il y a 15 tués et au moins autant de blessés dans la population de Saint-Denis (L Larchey, p. 266). D'après les Rapports militaires du 21 au 27 janvier, sans doute inexacts, le chiffre total des perles des garnisons serait de 5 tués et 66 blessés.

Aucun rapport ne fut publié le 2i janvier :

21 janvier : Pertes nulles; 24 janvier : ii blessés;

22 — I) 25 — 3 tués, 23 blessés;

23 -r- 1 tué, 14 blessés; 26 — i tué, 18 blessés. (Journal du siège, par le Gaulois, p. 443 à 466, et L. Larchey, p. 262 à 270.)

Suivant Ducrot, tome IV, p. 257, la moyenne des pertes journalières pour le front nord est la suivante, du 21 au 26 inclus :

Drancy .■ 5 liommes.

.\uberviliiers 2 —

Fort de l'Est 6 —

Double-Couronne 10 —

La Briche 6 —

Total 29 hommes.

obus pour les déloger V Nous nous bornons à travailler, avec une certaine activité, dans les intervalles des forts de l'est €t à Petit-Drancy (31 décembre au 16 janvier)*. Mais rien ne ressemble moins à une défense active.

De même au sud de Paris. Les garnisons des forts et des ouvrages avancés résistent avec la plus grande énergie, sans <jue, i\ulle part, il y ait une tentative contre les travaux allemands. Les forts d'Ivry et de Bicêtre, moins exposés de par leur situation, sont presque intacts. Quant aux redoutes des Hautes-Bruyères et du Moulin-Saquet, la première surtout, «lies prennent jusqu'au dernier jour une part active au combat d'artillerie'*. Montrouge est plus gravement atteint, mais le capitaine de frégate Amet y continue la lutte avec la plus grande énergie. Le 23, voici quelle est sa situation : « Les blindages établis devant nos magasins à vivres, dans la cour du bastion 4, sont pulvérisés. Les voûtes de casemates sont entamées et les sacs à terre, avec lesquels nous avons constitué un blindage intérieur, ne peuvent donner une protection suffisante à nos vivres, au milieu desquels les obus pénètrent. Le mur de ce bastion a maintenant une large brèche et du côté du fossé les pierres du mur forment rampe. . . » Le 26, une caserne est incendiée, l'autre démolie. Mais les escarpes sont en bon état et leur brèche a été réparée *.

Vanves a, lui aussi, ses casernes en ruines; sept de ses embrasures sont détruites", sept autres rétablies tant bien que mal avec des sacs à terre. ]Mais le fort peut « encore faire une bonne résistance », à la date du 26 janvier®.

Issy est, de beaucoup, le plus compromis. Cinq des casemates de la courtine sud ont leur mur de masque gravement atteint. La face gauche du bastion n" 4 est entamée sur une profondeur de 60 à 70 centimètres ; il semble que l'ennemi veuille y faire brèche. Les magasins à poudre ont dû être

1. Élnt-major prussien, tome IV, p. 1174. Voir plus haut, p. 312, note 3.

2. Historique de la légion du génie auxiliaire de la garde nationale, Ducrot, «ome IV, p. 438.

3. Ducrot, tome IV, p. 248. L'État-major prussien écrit le contraire. •t. Journal du siège, cité par Ducrot, tome IV, p. 246.

5. Ducrot, tome IV, p. 246; État-major prussien, tome IV, p. 1174.

en grande partie évacués et servent d'abris ^ La batterie du cimetière à l'ouest d'Issy a peu souffert ; les autres, surtout celle de la station de Clamart, sont presque détruites. Après la capitulation, on y trouvera, ainsi que dans les forts d'Issv et de Vanves, 40 pièces démontées et 70 affûts brisés*.

Si les forts ne sont pas, « à part quelques dégradations intérieures, aussi solides qu'avant le bombardement », comme l'écrit Ducrot, il n'est pas non plus exact de dire, avec l'Étatmajor prussien, qu'ils n'auraient pu «opposer qu'une faible résistance à une attaque régulière ». D'ailleurs l'enceinte n'a pas cessé de leur prêter une aide vigoureuse. A la veille de la capitulation, l'ennemi est encore contraint d'établir trois nouvelles batteries entre Le Val et Bellevue, pour lui tenir tête^

Le bombardement de Paris, les timides essais d'attaque régulière tentés au nord et au sud n'ont été d'aucune influence sur la durée de la défense. Comme le dit justement Dacrot, autant l'investissement et le blocus de la grande ville ont été bien conçus et habilement exécutés, autant le siège proprement dit a été hésitant et incertain.

Deux fronts d'attaque s'imposaient, tous deux ayant leurs avantages, ceux du nord et du sud-ouest, Saint-Denis et le fort d'Issy. Le plus naturel eût été de concentrer la presque totalité des ressources en artillerie sur l'un d'eux, celui du nord par exemple, le moins exposé aux tentatives de l'exté-

1. État-major prussien, lome IV, p. 1174; L. Larcliey, p, 278, Dans Ducrot, tome IV, p. 243 et 249, il faut lire Issy au lieu d'Ivry.

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