F. Sarcey, p. 286. — Voir plus haut, p
Composition du pain des derniers jours, d'après l'analyse faite, en 1897, par M. Balland, pharmacien principal de l'armée :
tenu d'apporter son pain dans les restaurants populaires, tels que les Bouillons DuvaP.
Cet aliment si peu tentant est la seule nourriture de quantité de familles dont beaucoup ont été aisées. Elles vivent de soupe au vin. Aussi la diarrhée fait-elle des ravages toujours plus grands. La réquisition a frappé successivement toutes les denrées de première nécessité, telles que les pommes de terre et le sucre. Par voie de conséquence, elle les fait enchérir et le gouvernement se voit obligé de la lever".
La mortalité croît dans des proportions effrayantes. Elle dépasse par semaine cinq mille décès , près de cinq fois le chitFre habituel ! Les vieillards et les enfants surtout sont frappés. Les malades, les blessés ne guérissent plus. La moindre opération est mortelle. Les médicaments commencent à manquer et il n'y a plus de lait pour les nouveau-nés'.
Pourtant la population ne faiblit pas. Elle donne même un exemple immortel de constance et de dévouement. La Idorgue chôme presque entièrement : 5 suicidés en quatre mois*. Et, cependant, quelle vie de fiévreuse agitation, de souffrances constantes ! Comment se figurer ce qu'est « à cer-
Bid 25 grammes.
Seigle, orge, pois, vesce ô —
Riz 20 —
Avoine 30 —
Fécule el amidon lO —
Son ■ 10 —
Total 100 grammes.
{Revue du service de l'intendance mililaire, 1897.) M. L. Larcliey, p. 279, donne une autre composition, d'après la Patrie: l/8« de farine de blé, 4/869 do mélange de fécule, de riz, de Icnlilles, do pois cassés, de vesce, d'avoine, de seigle, 2/8"'* eau: l/8« paille et autres détritus de graines et de légumes.
Enfin, le major de Sarrepont, p. 22 1, écrit que le pain contenait lO p. loo de farine de blé. La quantité livrée à la consommation passa de 7,ooO à 8,000 quintaux, à 6,000, 5,ooo et même 4,000 quintaux.
1. Journal du siège, par le Gaulois, p. 459, à la date du 24 janvier.
2. F. Sarcey, p. 28C; un décret taxe encore le sucre ralliné, le 20 janvier.
3. J. Favre, tome II, p. 364; D' Sarazin, p. 267. — Voir plus haut, p. nu.