‹ Siège de ParisChapitre 252 sur 326 · L. Larcliey, p. 268 : daul 2 militaires et 1 femme · texte numérisé non relu

L. Larcliey, p. 268 : daul 2 militaires et 1 femme

tains jours l'état moral de cette ville isolée du monde entier, rejetée violemment sur elle-même par les batteries ennemies, se dévorant d'ano:oisses, l'oreille tendue vers tous les bruits du dehors, s'épuisant soit en travaux pour la défense, soit en efforts contre la guerre civile, et se reposant de ces labeurs et de ces soucis dans une inaction agitée, dans l'énei'vement des longues et vaines attentes » ? La vie de chacun est « celle de tout le monde, et quelle vie, traversée par ce flux et reflux des impressions les plus diverses, saturée jusqu'à l'excès d'électricités contraires, tour à tour exaltée et défaillante , fiévreuse dans ses langueurs mornes comme dans ses surexcitations aiguës' ! ».

Les bruits les plus contradictoires courent au sujet des ressources en vivres. Les optimistes assurent qu'on aura de la farine jusqu'au 15 mars •, les mieux informés avouent qu'il en reste pour huit jours au plus. Mais ces derniers ne sont pas écoutés. On n'ose prononcer le mot capitulation, les journaux moins que tout autre". Ces quatre mois de souffrances et d'isolement ont peu à peu provoqué une surexcitation de forme spéciale, la fièvre obsidionale, qui se traduit par la perte de toute notion réelle : « J'ai entendu des hommes graves, sérieux, incapables de démonstrations affectées, jurer que, plutôt que de se rendre, ils immoleraient leurs familles et mettraient le feu à leurs maisons. Supposer eu leur présence que nous ne serions pas vengés par une victoire définitive, c'était commettre une criminelle trahison. Ils réclamaient à grands cris la sortie en masse, quelques-uns voulaient s'y faire accompagner par leurs femmes et leurs enfants. . . Le changement subit et complet d'habitudes , une vie à la fois oisive et agitée , la séparation absolue du reste du monde, la nécessité de s'étourdir sur ses chagrins. . . ,

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