‹ Siège de ParisChapitre 253 sur 326 · E. Caro, p. 138 et suiv · texte numérisé non relu

E. Caro, p. 138 et suiv

2. Le 22 décembre, sur une impériale d'omnibus, un pompier déclare qu'il vaut mieux capituler aujourd'hui que demain. 11 est aussitôt énergiquement contredit (P. X., Lettres inédiles). — Le 23 janvier, « un citoyoa qui propose la capitulation sur la place de l'Hôtel-de-Ville est battu et hué. On a toutes les peines du monde à l'arracher aux mains de la foule ». (Journal du siège, par le Gaulois, p. 455; F. Sarcey, p. 287.)

les tourments de cœur et d'affaires, l'appareil guerrier de la cité. . . , la privation de noui'riture et de combustible, étaient autant de causes directes et puissantes, qui jetaient la population dans une sorte de rêve désordonné. Elle voulait se sacrifier. . . * »

En cette lugubre fin de janvier, les mauvaises nouvelles aflfluont. C'a d'abord été l'échec de Buzenval, lentement, comme goutte à goutte, annoncé à la ville. Puis, le 23 janvier, le Figaro publie d'après le Daily Telegraph les premiers bruits des défaites de Clianzy et de Bourbaki^ On refuse d'y croire. D'ailleurs, des indications vagues qu'a données le gouvernement, il résulte qu'il s'est produit un temps d'arrêt dans nos opérations de l'ouest et que Bourbaki a remporté des succès importants '. Encore le 21 janvier, le Journal officiel farde inconsciemment la vérité. C'est le 25 seulement qu'il annonce, coup sur coup, d'après le Moniteur de Versailles, la retraite de Chanzy sur Laval, celle deBourbaki après la bataille d'Héricourt, enfin la défaite de Faidherbe à Saint- Quentin \ Tout s'écroule à la fois dans le léger édifice construit par notre imagination et nos espérances.

En cette extrémité, parmi tant de souffrances, la population n'a cessé d'espérer. Elle est prête à saisir la première branche de salut, à rebondir de l'abîme où elle se sent rouler. Malgré le bombai'dement, elle reste fidèle à ses habi-

Page 1