Trochu, Œuvres posthumes, tome P'', p. 40 et
y tenir garnison après la paix'? Bien que Ducrot paraisse dès lors prendre aisément son parti de cette cruelle amputation, il est certain qu'en France, à Paris surtout, on n'y était encore aucunement résigné. L'ouverture de négociations conduisant à ce résultat eût hâté l'éclosion de la guerre civile, bien loin de nous sauver « des horreurs et des infamies de la Commune», comme l'écrit Ducrot'.
Il assure qu'il « ne j^ouvait être question de capitulation, mais seulement d'armistice. Si les négociations étaient rompues, nous recommencions la lutte dans des conditions plus avantageuses, puisque nous aurions pu nous entendre avec nos armées du dehors et que notre organisation en personnel et en matériel eût été plus complète^. »
Ainsi, le général Ducrot aurait voulu, non pas capituler, mais conclure un armistice. Comment concilier cette opinion avec ce qu'il écrit de notre situation : « A moins de compter sur un miracle, nous ne pouvions méconnaître notre impuissance aussi bien que celle des armées de l'extérieur. Il ne restait donc plus qu'à traiter^ . . »
D'ailleurs un armistice sans ravitaillement, le seul qu'admît Moltke, n'était-il pas une odieuse duperie, alors qu'il restait moins de deux mois de vivres? Ke détendrait -il pas tous les ressorts de la défense au point de la rendre impossible, quand, par ses exigences, l'ennemi nous obligerait de nouveau à combattre?
8i l'on en croit Ducrot lui-même, nous avions alors dans Paris « une armée bien organisée, disciplinée, animée de l'excellent esprit que donne le sentiment d'un grand devoir accompli et d'un succès relatif ; au dehors, l'armée de la Loire avait été battue, il est vrai, partagée même en deux parties retraitant dans des directions divergentes, mais tels quels ces deux tronçons constituaient des éléments de résistance avec
1. Correspondanco citée, n" 473. Voir la circulaire do M. de Bismarck, 16 soplembre i87o; L. Schneider, l'Emjyereur Guillaume, traduction Ch. Raliany, tome III, p. 186 et soi; M. Busch, passim.