‹ Siège de ParisChapitre 45 sur 326 · J. l'avre, tome IF, p. i · texte numérisé non relu

J. l'avre, tome IF, p. i

1'. Ces mois ne sont pas soulignés dans le texte.

cours. Je diffère en ceci avec quelques-uns de mes collègues, qui disent : Nous ferons une sortie en niasse, et Paris trouvera toujours quelqu'un pour traiter. Je ne partage pas cet avis. Je comprends à la lin du siège un acte désespéré, et s'il m'est donné de m'y associer, j'en serai heureux ; mais à une condition : que cette noble et chère cité ne reste pas sans protection officielle, sans autorité responsable. Grévy nous a souvent dit en nous montrant les bourgeois ds Calais : Voilà votre avenir. Je l'accepte comme un suprême refuge, et je ne me plaindrai pas s'il m'est donné d'être humilié, de souffrir et de mourir pour racheter Paris ou diminuer son épreuve. Je suivrai donc sa volonté. Hors en un point : un traité au nom de la France; je n'en ai ni la volonté ni le pouvoir. Pour mon humble part, je conduirai la résistance jusqu'à la limite de la famine. Arrivé là, je m'arrêterai '. . . »

L'intérêt de cette lettre est de montrer Jules Favre tel qu'il fut pendant le siège et au moment de la capitulation. On l'y retrouve avec sa noblesse incontestable de pensée, son habituelle tendance à se payer de mots, son défaut de sens pratique, A l'instant fatal, il ne saura pas discerner ce qu'il /'a wf obtenir de l'ennemi de ce qu'on peut lui demander; il sera sans défende entre les mains expertes de M. de Bismarck.

D'ailleurs, à peine cette dépêche envoyée, Jules Favre en recevait une autre, datée du 14 décembre, qui suffisait à raviver nos espérances. Gambetta montrait « l'armée de la Loire loin d'être anéantie selon les mensonges prussiens». Elle était « séparée en deux armées d'égale force, l'une dans l'Est, sur les lignes de communication de l'ennemi pour les couper, l'autre, dans l'Ouest, pour marcher sur Paris » . 11 ajoutait, il est vrai sous une forme dubitative, que Faidherbe avait repris La Fère. Le mouvement de retraite des « Prussiens » s'accentuait; ils paraissaient las de la guerre. « ]Mais il faut se résigner aux suprêmes sacrifices, ne pas se lamenter et lutter jusqu'à la mort. »

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