‹ Siège de SébastopolChapitre 2 sur 82 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

tTiiuiEim n eFiRATioRs cnn orr précédé u siège de sébastopoi.

Le siège de Sébaslopui ayant èU'^ le priiici|)al épisode de la guerre qui a éclaté en Orient en 18.H, il nous parait indispensable de rapl>elcr sommairement la marche des événements et des opérations militaires qui l'ont précédé.

Le 28 février 1853, le prince Meuschikoff, amiral et ministre de la marine russe, arriva à Constantinople avec un grand éclat, pour eviger que les chrétiens du rite grec fussent placés sous la protection particulière de la Russie. Le rang de l'ainbassadeur, le but de sa

Origine el c*iues df la gume.

mission et son langage impérieux tirent supposer à Constantinople, comme dans toute l’Europe, que la Russie cherchait un prétexte pour réaliser ses projets séculaires d'envahissement de la Turquie.

Le âl mai suivant , le prince MenschikolT quitta Constantinople, etieâtimai Uéchid-Pacha, ministre des affaires étrangères du sultan Abd-ul-MedJid, déclara solennellement aux représentants de France, d'Angleterre , d’Autriche et de Prusse, que le protectorat (jue la Russie prétendait s’arroger serait incompatible avec rindépendance et la dignité de la Porte ottomane (lui , en présenct* dc's préparatifs militaires de la Russie, se voyait obligée de prendre elle-même des mesures défensives.

Peu de jours après, le comte de Nesseirode, chancelier de l’Empereur Nicolas , annonça à Réchid-Pacha que les troupes russes allaient entrer sur le territoire de la Turquie, pour prendre des garanties matérielles, jusqu’au moment où le gouvernement ottoman donnerait à la Russie les sûretés morales qu’elle demandait. Le 3 juillet, l’armée du prince Gorlchakoff, forte d’environ 80,000 hommes, traversa en effet le Pruth et occiqia les principautés danubiennt's. Ce n’est pourtant (jue le 20 septembre que le sultan déclara la guerre à la Russie.

Les puissances occidentales ne pouvaient rester indifférentes à la lutte qui allait s’engager. Dés le mois de mars, l'Empereur Napoléon avait fait avancer la flotte de la Médilerranée jusrjue dans l’archipel grec, et, dans les premiers jours du mois de juin, la flotte anglaise stationnée à Malle mit à la voile pour les Dardanelles. Les deux flottes mouillèrent le 1 i juin dans la baie de Bessica , prés de l’ile de Ténédos.

Le 2i juillet on avait ouvert, à Vienne, des conférences entre les ambassadeurs de France, d’Angleterre, d’Autriche et de Prusse, pour y discuter les bases d’un accommodement ; mais ces conférences ne purent conjurer la guerre.

Le» lioslilité» commencèrent à la lois sur le Danube et en Asie. Ünier-Pacha, généralissime turc, s’avança vers le Danube à la tète d’une belle armée , et remporta de grands avantages sur les Russes le 3 novembre 1853 à OItenitza, et le 6 janvier 1854 à Tzitaté, mais il ne put empêcher le prince Gortebakoff de franchir le Danube, le 23 mars suivant, et d’envahir la Dobroutcha.

Le 30 novembre 185;3, le vice-amiral NakhimolT, commandant une escadre de six vaisseaux , trois frégates, un transport et trois bateaux à vapeur, vint surprendre sept frégates , trois corvettes et deux bateaux à vapeur de la flotte ottomane , qui étaient à l’ancre dans le port de Sinope ; enveloppés de feux, les vaisseaux turcs furent bientét détruits. A celte nouvelle, le sultan fit appel à la France et à l’Angleterre, et le 3 janvier 18&4 les escadres alliées, commandées par les amiraux Hamelin et Dundas , franchirent le Bosphore et entrèrent dans la mer Noire, où depuis ce. moment on n’a plus vu reparaître aucun vaisseau russe.

Cependant l'Empereur des Français tenta un dernier efiforl en faveur de la paix, par sa lettre autographe du 29 janvier 1854, adressée à l’Empereur Nicolas. Mais la Russie ayant refusé toute tramsaclion. les ambassadeurs de France et d’Angleterre auprès du tzar furent rappelés le 16 février. La France se hâta de compléter ses préparatifs et ses armements pour agir en même temps dans la mer Noire et dans la mer Baltique.

L’armée d’Orienl fut constituée le 11 mars ; le maréchal Leroy de Saint-Aniaud en fut nommé commandant en chef ; les généraux Canrobert et Bosquet eurent le commandement des première et deuxième divisions d’infanterie, le prince Napoléon de la troisième ; le commandement de la brigade de cavalerie fut confié au général d’.Vlloiivillc, et on forma une division de résene sous les ordres du général Forey

Le 20 mars, la France, l’Angleterre et la Turquie signèrent une

CnmTuènrèflient de«

Turri

el Ih Russe».

Lj France et FAniif • terre liéclarrni la j la Russie.

('oi)vctitiuii mililxire, et le 27 la dédaraliuii de guerre à la Uussiifut ofUeiclkitnent annoncée en France et en Angleterre.

Les premières hostilités eurent lieu sur mer. Les Russes ayant tinS contrairement au droit des gens, plusieurs boulets contre une embarcation parlementaire, au moment où elle quittait le port d'Odessa pour rejoindre la frégate à vapeur anglaise le Furious, les escadres alliées bombardèrent, le 22 avril 185i, le port et les établissements militaires de cette ville.

La présence des escadres ne permettant plus à la Rus.sie de communiquer par mer avec les points fortillés qu’elle avait échelonnés depuis un demi-siècle le long de la cète de Circassie, sur le territoire de tribus insoumisc's, cette puissance se vil obligée d'almndonner, après les avoir détruits, les quinze forts situés sur celle cèle au sud d'Ànapa.

Pendant que les Turcs , sous les ordres de Mussa-Pacha , défendaient héroïquement la place de Silistric , devant laquelle quarante mille Rus.ses avaient ouvert la tranchée le 17 mai, les troupes anglofrançaises se concentraient à Gallipoli, et, sur la demande d'Omer- Pacha, les généraux alliés décidèrent, dans un conseil de guerre tenu le 19 mai à Vania, qu'une partie de l'armée alliée serait portée vers Schoumla et Silistrie , tant par mer jusqu'à >’arna que par la route d'Andrinople, et que la troisième division française irait s’établir pn's de Constantinople, au camp de Daoud-Pacha.

A la nouvelle de l'approche des forces alliées , et après plusieurs assauts infructueux , le prince Paskiéwitcli se décida, le 28 juin, à lever le siège de Silistric et à repasser le Danube. Omer-Pacha suivit les Russes sur la rive gauche du fleuve et battit leur arrière-garde, commandée par le général SoïraonolT, dans un combat qui eut lieu le 7 juillet prés de Giourgévo.

Le choléra, qui s’était déclaré à Gallipoli et à Varna, et l’abscnc»' de tout moyen de transport pour les vivres, emi»èchércnt l'armée fran-

d'inquM'U'r la n*li'ail<‘ «Us Uiiss«s. l'm' «‘\rursion dans la l)nbroutcba, faite le âl juillet, par une partie de la première division, dévoila tout le danger des opérations militaires dans ce pays pestilentiel ; les troupes durent se retirer, après avoir éprouvé de grandes jM«rtes par une invasion subite du choléra. L’épidémie cessa enfin dans les premiers Jours du mois d'amtl, mais le !(), l'incendie de Varna vint de nouveau éprouver nos troupes ; on par> int à préserver les magasins à poudre du feu qui les entourait de toutes parts, mais l'incendie dévora une partie de la ville et plusieurs magasins français et anglais.

L’Autriche ayant sommé la Russie d'évacuer les principautés, celle-ci consentit à se retirer au delà du Pruth, dans l'espoir que cette concession détacherait l'Autriche de l'alliance anglo-française.

L’avant-garde russe repassa le Pruth le i août 18T>t , treize mois après avoir mis le pied sur le territoire turc. Le 22 août , Omer- Pacha Qt son entrée triomphale à Bucharesl aux acclamations de toute la population, et le même jour, en vertu d'une convention conclue le 14 juin entre l'Autriche et la Turquie, une armée autrichienne entra dans la Moldo-Valacliie, ce qui mit lin aux hostilités sur celte frontière de la Russie.

.Avant de parler de l'expédition de Crimée , nous dirons brièvement quelles pertes la Russie venait d'éprouver dans le Nord.

La flotte anglai.se, commandée par sir (Charles Napier, était partie '* •*'

le 12 mars 1851 de S])ithead. La flotte française, sous les ordres du >ice-amiral Parseval-Deschèiics, partie le Ul axril de Brest, entra dans le golfe de Finlande dans la nuit du 11 juin, et rejoignit l'escadre anglaise le 13, dans la baie de Barôsund. Les deux escadres réunies présentaient un effectif de trente vaisseaux et cinquant** frégates, corvettes et autres bàlimeiiL'. D'ajirès les meilleuis renseignements, la Russie avait à leur opposer, dans la mer Balliqu<% lirnle et un vaisseaux, dix frégates à \apeur, quarante-deux frégates à

L’eipédilion de Crii est résoloe.

^ oilos ol bAtiments de rang inférieur, et une centaine de chaloupes canonnières. La flotte russe eût donc pu se mesurer avec les flottes alliées, mais elle préféra se tenir, pendant toute la campagne, à l'abri des fortifications de Kronstadt et de Svéaborg.

Les amiraux s’étaient décidés à attaquer la forteresse de Bomarsund, située dans la principale des Iles d'.VIand; mais, apres l’avoir fait reconnaître, ils jugèrent qu’il n’était pas possible de s’en emparer sans troupes de débarquement. C’est alors que l'Empereur des Français forma un corps expéditionnaire de dix mille hommes , dont le commandement en chef fut donné au général Baraguey-d’Hilliers. Le 8 août, ce corps débarqua sans résistance à environ deux lieues du fort de Bomarsund ; les travaux de siège furent commencés dans la nuit du 1 1 au lâ ; le 16, la place capitula , et sa garnison de 2,-WX) hommes se rendit prisonnière de guerre , laissant en notre poux'oir environ deux cents bouches ü feu. Les flottes alliées ne pouvant rester dans la Baltique pendant l’hiver, la forteresse de Bomarsund fut détruite par la mine le 2 septembre, jour de rembarquement des troupes pour retourner en France. Le 27 août, les Russes craignant une attaque sur les forts de la pointe de Hangô , firent eux-mémes sauter successivement les batteries de terre et les forts de Gustave-Adolphe et de Gustafsvarn.

L’expédition de Crimée ayant été résolue , elle fut annoncée à l’armée française le 25 août par un ordre du jour du général en chef. Cinquante mille Français, vingt-cinq mille Anglais et vingt mille Turcs, non compris vingt-cinq mille matelots des flottes alliées, devaient prendre part à cette opération hardie par laquelle une grande armée allait être jetée sur une cûte inconnue, où l'attendait un ennemi redoutable qu’on devait supposer prêt à se porter en force sur les premières troupes débarquées. Après une exploration de la côte de Crimée faite par des olBciers généraux des deux armées, depuis le cap Khersonése jusqu'à Eupatoria , il fut décidé que le débarqm*-

ment aurait lieu entre renibuudiure de l'Alma et Eupatoria, sur la plage unie des environs du vieux fort bâti par les Génois (Old-Forl des cartes anglaises).

On avait hésité entre ce point de débarquement et Kaffa (Théodosie), qui offrait aux alliés un bon mouillage pour leur flotte , et par suite une base d’opérations assurée en toute saison. En partant de Kaffa , on ne pouvait marcher sur Sébastopol qu'en s'éloignant des côtes pour prendre la route qui passe par Karasoubazar, Simpbéropol et Baktcbi-Saraï, c’est-à-dire qu’il fallait conquérir la Crim(^ avant d’assiéger Sébastopol. Les opérations étaient plus sûres, mais elles paraissaient entraîner de grandes lenteurs ; on préféra débarquer prés d’Eupatoria O.

Le 5 et le 7 septembre, la flotte alliée quittait les parages de Varna Cemiwajon^ci. «roite* et marchait en ordre vers Eupatoria. Cette flotte se composait de .ti vaisseaux (15 français, 10 anglais et 0 turcs), de 50 bâtiments de guerre à vapeur, et de plus de 300 transports à vapeur et à voiles; elle portait 30,000 Français, 21,500 .Vnglais et 7,000 Turcs : en tout 58,500 hommes. L’armée française était composée des quatre premières divisions de l'armée d'Orient, commandées par les généraux Canrobert, Bosquet, prince Napoléon et Forey, et formait quarante bataillons comprenant 21,250 hommes d’infanterie. Il n'y avait qu'un seul escadron du 1" régiment de chasseurs d'Afrique.

L'artillerie emmenait le personnel de 12 batteries de campagne des divisions cl de la résen e, dont deux à cheval ; le personnel du parc de l'armée et celui du parc de siège , formant un total de 103 ofliciers, 2,070 hommes de troupes et 1,308 chevaux. Son matériel se composait : 1* d'un parc de campagne de 08 canons de 12,

0) Voir aiii |iicces jibliHralîtp», .N* , un o^lroil iiisirucliun* douuves au inaréclial ik Saiul-.XniauU el uu fraguivul de luUru évrih: par le iiiarcelal <i la date du lu »|tleutbre iSo4.

a|)pro^isionlK' à 27,i5G coiipb t'I 212 iiUiU$; i,llU,(MN) curluutbi's, dont 1,750, (NX) à balles oblongues; 2* d'un pclil parc de siège (organisé à Conslanlinople) de 1(5 canons, 8 obusiers el 17 mortiers, 20,303 projectiles, 1 12,(NN) kilogrammes de poudre, 2,8(N) outils de pionniers, 2,170 gabions et !N) saucissons; 3’ d'un autre petit parc de siège (venu de Toulon) de (> canons de 21, (> canons de Ifi, 6 obusiers 3622*, 6 mortiers de 27% 20,110 projectiles, 77,5(N) kilogrammes de poudre et 1 .(NX) outils de pionniers.

Le génie eninienait une compagnie de mineurs, six compagnies de sapeurs, un détiicbenient de sapeurs-conducteurs et un détacbemenl d'ouxriers du génie, en tout W olliciers, 800 boinmes de troupes el 228 ebevaux. Son matériel se composait de 43 voitures, de madriers, planches, châssis, coffrages, échelles, 0,200 gabions, 50 gabions fards, 10,000 fascines ordinaires, 0,(K)0 fascines à tracer, 18,(NK) outils de pionniers , 5,(N)0 manches de rechange , 1X),(XN) briques el 1(X),0(X) sacs à terre.

L'administration coinplail 105 fonctionnaires de l'intendance, ofliciers de santé el d'administration, 1,010 ouvriers et 513 chevaux ou mulets, y compris le train des équipages. Les appi oxisionnemeiits se montaient à 1 ,(NX),(N)0 de rations de farine, biscuit et sel ; 1 ,500,0(K) de riz, sucre et café ; 2iO,(MX) de viande fraîche ; 150,(MN) di; lard ; 800,(XN) de vin ; 3(X),(NM) d'eau-de-vie ; 07,(NN) d'orge, de foin el de paille ; 180,(XNJ de bois et 130,000 de charimn.

En résumé , l'armée française de débar(|uemenl était composée comme il suit :

tliat-fuajor général. .

onii'icr.v; l(V0 hoiiiiiifS do

; I.VO clK'vanv ou niulcis.

Inraiilcric ..••••

Catairric

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