‹ Siège de SébastopolChapitre 5 sur 82 · PI. V · texte numérisé non relu

PI. V

loap armés de piquets. Le fossé de la face droite est flanque par trois caronades placées dans un blockhaus, construit avec grand soin devant l’angle d'épaule et communiquant avec le bastion par une galerie souterraine. La contrescarpe est organisée pour recevoir des tirailleurs qui surveillent les dehors. En avant de la contrescarpe de la face gauche se trouve une batterie basse de six pièces couvrant do ses feux toute la partie du plateau que cette face n’atteignait qu’imparfaitemont à cause de son grand relief. Enfin l’intérieur du bastion du mât renferme plii-sieurs batteries de mortiers, et de grands épaulements forment à sa gorge une espèce de retranchement sous lequel on a multiplié les blindages.

La demi-courtine en crémaillère descendant du flanc droit du bastion du mât vers le ravin de la ville est armée de vingt et un canons. Devant cette portion de l'enceintc il n’y a pour ainsi dire pas de fossé; c'est une simple tranchée creusée dans le roc et qui «>st même interrompue en quelques points. La demi-courtine de droite , précédée d'un petit fossé, est année de douze pièces dans sa partie inférieure; elle se relie à la redoute Schwartz (/«nette de gauche du bastion centra/), ouvrage primitivement isolé dont le parapet est percé do douze embrasures. I.ai petite portion de courtine qui relie la redoute Scliwartz au bastion n*5 (bastion central) est armée de six pièces.

Une ligne d'abatis régne sur toute l’étendue du front 4-5. il y a en outre, sur les points les plus accessibles, des planches armées de long* clous, enterrées et bien fixées h fleur du sol.

Le parapet du bastion central est j>ercé de vingt-sept embrasures : deux sur le flanc gauche, douze sur la face gauche, onze sur la face droite et deux sur le flanc droit. Le fossé qui entoure la lunette Schwartz n’a guère que 2r 00 à 2“ 50 de profondeur sur quatre à cinq mètres de largeur; celui du bastion central a environ six mètres de largeur sur cinq h six mètres de profondeur, et l’escarpe de la

laro droite est revc^lue de maeonnme sur la plus grande partie de sa hauteur. La luiielte Jiielkhia (lunette de droite du bastion rentrai) .s'appuie à l’angle d’épaule droit du bastion n”5; la partie qui flanque la Cacc du bastion porte huit embrasures; en outre, le fossé de la même face est flanqué par une petite batterie îi d«>u\ étages placée à l’angle d’épaule de la eontresearpc*. l.es deux pièces inférieures (petites caronades) sont établies au niveau du fossé dans un abri souterrain creusé, au-dessous d'une couche de roc qui oji forme lu voûte : ou y descend par une galerie s’ouvrant dans le terre-)>lein de la lunette. Le pan coup»* du saillant de la lunette est percé d’um* embrasure, et la face droite en compte neuf. I n fossé d’environ quatre mètres de largeur, sur une profondeur au moins égale, entoure la lunette Bielkina à ipielqu»* distance de son parapet.

la* réduit en maçonnerit* (jiii se trouve au milieu de la gorge du bastion central est relié par des parapel.s aux deux angles de courtine. La portion gauche d»r ce parapet, percé»* de six endirasnres, fornte la partie antérieure de la grande redoute Trhesmé dont la longue branche de droite tracée <*u crémaillère, d’environ ^1) mètr(*s de longueur, part du milieu du réduit en maçonnerie. (Juatre ou ciiu] pièces établies sur la première branche de cette erémaillèn» flanquent la gorge du bastion n" 5. Lne autre pièce est placée suivant l’axe de la sortie ménagée dans la longm* branche dont le parapet est garni, en outre, de quelques canons tirant à barbette. La pointe de la n*doute Tchesmé qui est tourné»* vers la ville, a la l'orm»* »run bastion dont le flanc droit a trois embrasures avec une pii’*ce en r»’t»)ur iionr battre le f»>s.sé. La branche gauche, tracée à tenailles, vient s’appiiver il l’angle de dniit»* d»* la gorge de la lunette Schwartz. (à*tte partie du parapet est perc»'*e de vingt-cinq etrihrasur»*s , non compris I»*s d»*ux placées en tète et tirant par-»l»'ssus la courtine qui relit* le bastion ceniriil à sa Iniu'tle de gauch»*. l’Iusieurs pi('*c»'s tirent, en onli »*. à barliett»*.

Du milit'u d«; la branche (louche «le lu redoute Tchesmé part un retranchement formant une deuiiùmc ligne de défense en même temps qu’une communication couverte en arrière dea bastions n” 4 et 5. En outre, les Russes ont construit, en arrière de la gorge du bastiou du màt et sur le même mamelon, une sorte de réduit que les alliés ont api>clè balleries de la terrasse ou des jardins. Ces batteries, qui tirent par-dessus les courtines attenantes au bastion n* i, sont armées d'environ quarante pièces dirigées tant centre nos attaques du baslion du màt que contre les atlaqut^s de gaudie des Anglais.

Des communications relient les batteries de la terrasse au bastiou du màt et à la courtine 1-5, et seize pièces sont établies le long de cette dernière communication derrière différents épaulemeoLs.

Enfin plus en arrit^re, et de l’autre c«ité du col qui sépare le ba.stion du màt de la partie élevée de la ville , les Russes ont construit plusieurs batteries destinéc's à la défense intérieure; elles prennent des vues plongeantes sur les ouvrages de la première enceinte. Quelques pièces de ces oumges tirent aussi dans les ravins du fond du port et sur les attaques anglaises.

La portion de courtine attenante au flanc droit du bastion n* 5 est percée d’un passage conduisant dans l’intérieur de la lunette Bielkina. Couverte par cet ouvrage, la courtine n’a reçu qu’une seule pièce d’artillerie destinée à flanquer le fossé du flanc droit de la lunette. A partir de là on trouve une batterie de sept pièces que les Russes ont établie sur remplacement de la brèche faite au mur crénelé par les batteries françaises qui ont ouvert leur feu le I) avril 1855. Le reste de l’enceinte 5-ti affectant une forme bastionnée est formé par le mur crénelé qui existait avant l’arrivée des alliés en Crimée. La porte qui se trouvait au milieu de la courtine, bouchée pendant le siège, a été couverUï par un petit ouvrage armé de neuf pièi t»; c’«?sl la lunette Buutakoff des Russes; on y pénètre par deux tranchées aboutissant à de petitis ouvertimsi pratique«‘s dans le mur d’enceinti;.

En airi«Vrn de la lunette Boutakoiï, dans l'inU^ieur de la place, se trouve la redoute Rotlüiaf, grand réduit entièrement fermé et pn'*cédé d’un fossé de cinq à six mètres de largeur. La partie antérieure de son parapet est percée de trrate-sept embrasures. Une communication tracée sur la berge gauche du ravin de la ville relie cet ouvrage à la redoute Tchesmé.

De la gorge de la redoute RostislaiT part une coupure formée par une série de parapets barrant les différentes mes parallèles entr«‘ elles qui se trouvent en arrière de la courtine 5-6; tous ces parapets sont armés d'artillerie.

Le bastion n* G (bastion de la quarantaine), de forme régulière comme le bastion n* 5, a son escarpe revêtue en maçonnerie. Chaque flanc est armé de deux pièces; la face gauche en porte neuf et la face droite huit; en outre, une pièce tire en capitale. La gorge est fermé«‘ par le prolongement du mur crénelé s'appuyant à un réduit hi maçonnerie de même forme que celui du bastion n’ 5; le mur de gorge a été terrass»* et armé de quelques pièces battant le terre-plein dn bastion. Le fossé du bastion a environ vingt mètres de largeur devant les faces; il se prolonge devant les deux petits fronts baslionnés formes |)ar le mur d'enceinte à droite et à gauche de cet ouvrage, et va se perdre un peu au delà des flancs opposés à ceux du bastion. Le flanc de droite, qui est casematé, est armé de deux pièces battant le fossé de la face droite du bastion n* 6. Une communication, partant du saillant de la contrescarpe du bastion n* 6, relie la place à la grande batterie Clunu'akitu tracce, comme le front 5-G, sur la berge gauche du rav in qui aboutit à la baie de la quarantaine. L'existence de celte batterie, qui ne laissait que 2^40 mètres entre son extrémité droite et le fort de la quarantaine, transformait en un v éritable camp retranché tout l'espace situé en arrière jusqu'à la mer; les Russes ont travaillé à cette batterie pendant une grande partie du siège, et à 1a lin, son armement était d’une trentaine de pièi'es qui presque toutes prenaii'iit

des revers fort gênants sur l’extrême gauche de nos attaques. Une petite batterie de deux pièces avait encore êtè jetée en avant de la tête du retranchement, mais elle n’a Jamais été arméeO.

Le tracé du mur d’enceinte qui relie le bastion n* 6 au bastion revéhi en maçonnerie du fort de l'artillerie {b<itterie n' 8 des Russes) est tout à fait analogue à celui qu’aiïecte ce mur entre les bastions n" 5 et 6. Cette portion de l’enceinte se trouve, surtout depuis l’établissement du camp retranché formé par la batterie Chémiakine, dans un rentrant inattaquable. Une batterie de quatre pièces, construite en avant et à 200 mètres du milieu de la courtine du front 0-8, tire sur la baie de la quarantaine à travers la trouée qui existe entre la droite de la batterie Chémiakine et le fort de la quarantaine {halterie «“ 10 des Russes).

Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le fort de l’artillerie forme un véritable réduit à l’extrémité de l’enceinte de la place. Quelques batteries tournées vers la ville défendent les abords et l’intérieur de cet ouvrage.

En terminant cette description des défejises de Sébastopol telles qu’elles étaient au moment où la place est tombée au pouvoir des alliés, nous ferons remarquer que, par suite de la configuration du terrain et du tracé des ouvrages, presque toutes les parties de l’enceinte échappaient au ricochet, et que les alliés n’ont pu faire qu’un usage fort restreint de ce genre de tir qui ordinairement assure en peu de temps à l’artillerie de l’attaque la supériorité sur celle de la défense. T.es Russes avaient en outre protégé leurs pièces par des

(') TcUp bAllrriP, tUttil répatilPinciH éUiU nflievô vers k* rtminiencuinenl du mois de jwi» 1KS.S, Atinil pris de revers «*l d>ntllade nue partie des cheminemenU exécMiH tu «ram du rimeiiiTe do la quaranUinc H edi ctû (*ttrémen>ual gêpauie, maigre les uombreuM’s Iraverses qu'on sVst bâté d’élever dan.s res chemiiiemenib. On sVvplitpie ilirUdlemeiii pourquoi les Riisi^s ne l'oni pas armée.

lra>crses Iré^liautoi el Tort multipliée!», cl les stüvaïUs d'artillerie étaient abrités contre les balles de nos chasseurs par des portières en gros cordages qui masquaient les embrasures, ne laissant passer que la volée de la pièce. Enfin, de nombreu.v abris blindés, établis sous les parapets et dans l'intérieur des ouvrages, permettaient auv défenseurs de se soustraire en partie au.\ elTels meurtriers de nos projectiles creux.

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siège:

L'intention d»« g*^nt*raux en chef n’ayant pas été d'attaquer Séîbjslopol de vive force, leur premier soin fut d'ordonner les reconnaissances nécessaires pour qu’on pût avoir une idée exacte de la nature des fortiflcations de la place et de la configuration du terrain sur lequel devaient se développer les attaques. Les généraux commandant l’artillerie et le génie avaient accompagné, dès le 27 septembre 185^t, les quatre divisions qui étaient montées sur le plateau de la Khersonése. Depuis ce moment des reconnaissances journalières vinrent compléter l’étude des abords de la place.

Les premiers jours du mois d'octobre furent employés, en outre, à débarquer le matériel de siège et à transporter de la plage aux parcs de l’artillerie et du génie des projectiles, des gabions, des fascines, des sacs à terre, etc.

Le corps d’observation commence, dès le i octobre, à établir sur

G} Vfiîr p(Nir Isi mareW de» iravaiix d'aUaque les planches If et 11 bi$.

Htftoîinaiiiaiifp*

pirotrrti

du

Soriieti ntw».

son front, dominant les vallées de la Tchemaya et de Balaclava, des ou\ra(tes de fortification de campagne destinés à former une ligne de circonvallation.

Le 5 octobre, le général Bizot cherche à s’approcher le plus prés possible de la place, sous la protection de trois bataillons commandés par le général d'Aurelle. Cette reconnaissance arrive sans être inquiétée jusqu'à la maison dite dn clocheton, où les troupes trouvent un abri derrière les murs d nn jardin. Ce point parait convcnabh' pour rétablissement d'un dépùt de tranchée. Le général, commandant le génie, et ses olliciers continuent à se porter en avant, accoml>agnés seulement par une compagnie de chasseurs à pied, en profitant des murs et des plis de terrain pour se dérober aux vues de l'ennemi. .Mais des cavaliers russes signalent ce détachement contre lequel la place ouvre immédiatement une vive canonnade. A midi, les troupes rentrent au camp.

Vers trois heures les Russes font une sortie et s'avancent à un kilomètre de la place vers la gauche de la quatrième division appuyée à la mer. L’unique but de cette sortie parait être d’incendier une maison pouvant servir d’abri à nos postes avancés; depuis lors cette maison fut toujours désignée sous le nom de maison brûlée.

Le G octobre, à la pointe du jour, les Russes viennent faire une reconnaissance sur les rives de la Tchernaya avec environ 3,(K)0 hommes, dont 16 à 1,800 cavaliers, et deux batteries d'artillerie. Deux cents cavaliprs, détachés en avant, sont repoussés et toute la colonne se retire bientôt vers la ferme Mackenzie.

Le même jour, le capitaine du génie .Schmitz, qui s’était porté en avant de la maison du clocheton pour reconnaître le terrain, a la cuisse emportée par un boulet, et meurt quelques heiu'es après. C'est le premier olBcier français tué devant Sébastopol.

Le 7 octobre, à six heures du soir, neuf bataillons commandés par le général, de Loormel se portent eu avant pour resserrer l’in-

veslifaemenl. Ces bataillons sont placés en arriére de la crête des hauteurs, sur une ligne dont la gauche se trouve vers la maison brûlée, qui passe prés de la maison dite des carrières et près de celle du clocheton, et qui appuie sa droite au grand ravin débouchant dans le port du Sud. A onze heures et demie du soir, une colonne russe, composée de deux bataillons, d'un peloton de cavalerie et de deux pièces d'artillerie, sort de la place dans la direction de la maison brûlée, mais elle est vivement repoussée et rentre précipitamment. Le but de cette sortie était sans doute de reconnaître si les Français avaient commencé les travaux d'attaque.

Les généraux Bizot et sir Burgoyne, commandant le génie des cbon du luini rai-

ta<|uê.

deux arméeti alliées, et le général Tkiiry, commandant Tartillene dt^ l'armée française, avaient d’un commun accord proposé de porter les attaques sur la portion d'enceinte qui s’étend depuis le bastion du mât, du côté des Français, jusqu’au saillant du redan (bastion n° 3) en avant des Anglais. Ils pensaient qu'il fallait chercher à dominer l’artillerie ennemie dans toute cette partie de l'enceinte p.ir la construction de puissantes batteries, et qu’ensuite ou pourrait pénétrer dans la place de vive force, en faisdnt une grande trouée vers le fond du port du Sud, sans être obligé de pousser les cheminements jusqu’au fossé. On abrégerait ainsi les lenteurs d'une raarcJie pied à pied, ce qui était bien à désirer puisqu’on se trouvait presque à l'entrée de la mauvaise saison. Cette attaque réussissant, l'ennemi se trouverait coupé en deux par le port, et la prise du redan et du bastion du mât entraînerait probablement la chute rapide de tous les autres ouvrages de la place, pris à revers.

Ce projet d'attaque après avoir été discuté devant les généraux en chef, ayant eu leur approbation, l’ouverture de la tranchée fut tixée au !) octobre 185L

Dans la journée du !) octobre, les Russes font une nouvelle sortie soii« ruM lu s »r-

lobff.

dans la direction du la maison brûlée, avec (juatre bataillons et une

>«nl du 9 au 10 octolrr.

Outertart de U (niwhée.

batterie de campa^e. Après une fusillade assez longue, le général en chef, qui se trouve sur les lieux, fait avancer contre l’ennemi deux bataillons au pas de course, la baïonnette en avant; les Russes se retirent sans attendre un engagement. Cette sortie apporte du retard dans l'arrivée des travailleurs chargés de l’ouverture de la tranchée.

Vers le soir la première brigade de la première division vient renforcer le corps de siège; elle se place en arrière de la gauche de la troisième division.

D’après l’ordre du général en chef le travail devait être commencé à six heures du soir par 1,60() travailleurs d'infanterie se relevant par moitié de trois en trois heures, sous la garde de huit bataillons. Mais les huit cents hommes commandés pour la première reprise du travail n’arrivent qu’à huit heures, au dépét de tranchée, de s«>rte que ce n’est qu’à neuf heures que l'on peut faire le commandement de haut Jes bras. Le travail est dirigé par le chef de bataillon du genie de Saint-Laurent, ayant sous ses ordres deux officiers de l’état-major du génie et une brigade composée de deux officiers, six sous-officiers, et trente-trois caporaux et soldats. Pendant toute la durée du siège les troupes du génie ont ainsi fourni une ou plusieurs brigades de vingt-cinq à trente sapeurs qui ne restaient que douze heures à la tranchée. Outre les officiers attachés à ces brigades on adjoignait aux chefs d’attaque des officiers de l'état-major du génie qui, comme les chefs d’attaque, avaient un service de vingt-quatre heures.

A minuit on remplace les huit cents travailleurs par douze cents autres, et de quatre à six heures du matin le travail est repris |>ar les huit cents premiersW.

(*) D’après un ordre du général en chef, du 1 1 octobre ISbé, les travailleurs employés au siège sont ]ia\és à raison de 40 c. potir le travail de jour et de .’iO c. pour le travail de nuit.

L’ouverlure de la tranchée, qui se fait à environ neuf cents mètres de l’enceinte, est favorisée par un vent du nord-est assez violent, (|ui éloigne de la place le bruit des outils, mais qui jette dans les yeuv des travailleurs une poussière incommode.

Les Russes ne s'aperçoivent pas des travaux et ne tirent ni un coup de canon, ni un coup de fusil.

Les généraux commandant l'artillerie et le génie avaient arrêté de concert et sur place la position et le tracé des batteries n“l, 2, 3, 4 et 5 qui doivent occuper une crête qu’on peut aborder à couvert, tandis qu’en avant d’elle le terrain s’abaisse vers la place. Le travail de la première nuit a eu pour but d'élever un masque destiné à faciliter la construction de ces batteries. A cet effet, une galnonnade a été établie à quatorze mètres en avant de la crête des faces et des flancs des batteries. On exécuta de plus : 1* une portion de parallèle reliant les batteries entre elles ; 2* une communication parlant de la gauche de la batterie n’ 1 et se reliant au mur d’enclos de la maison brûlée; 3*nne amorce de la première parallèle, de vingttpiatre mètres de longueur, à droite des batteries (Voir PI. Il el Il bis)(‘).

X six heures du matin , au moment où les travailleurs furent relevés, le développement des tranchées exécutées était de t ,036 mt^ 1res.

Les Anglais, qui avaient construit dès le 7 octobre la batterie de lMncastre<^, située à 2,100 mètres du faubourg Karabelnaya au sommet de la berge gauche du ravin du carénage, ouvrirent la première parallèle de leurs attaques la même nuit que les Français. Les attaques des Anglais devaient se développer sur deux plateaux.

La |ilaiif'hc II bis indique, pour toute la durée du sié^e, les (Lues d'ouverluro d«'^ divertea tranchées.

1^ Russes appelaient celle batterie PUtigtautya, c'esi>li-dire à cinq fnbrasurtt.

Mliii^oeié dnfbivè.

Leur aUaque, de ^uche, aé^rée de la droite française par le grand ravin du fond du port (ravin des Anglais) était comprise entre ce ravin et celui du laboratoire où passe la route Woroaxoff. Isolés de la place par de profonds ravins, ces cheminements n'étaient destinés qu'à recevoir des batteries pour protéger les autres attaques. L’attaque de droite, comprise entre les deux ravins parallèles du laboratoire et de Karubelnaya, était dirigée contre le redan. La première parallèle fut ouverte dans les deux attaques à environ 1,250 mètres des ouvrages de la place. Les jours suivants on construisit les batteries numérotées de 1 à 5 aux attaques de gauche et les batteries numérotées de 1 à 6 aux attaques de droite. j»ura» lu U) ocitiirr. Le Chef de bataillon du génie Dubost prend la direction des attaques pour vingt-quatre heures. Une brigade de sapeurs et 1 ,0!M travailleurs d’infanterie perfectionnent le travail de la nuit précédente.

Les Russes qui, pendant la nuit, s'étaient occupés à réparer les embrasures de la face droite du bastion du mât, fort endommagées par leur propre tir, entretiennent pendant toute la Jouniéc un feu In^s-vif venant surtout du réduit du bastion central. .Mal dirigé d’abord, il ne tarde pas à devenir plus précis, et plusieurs gabions sont renversés par des boulets du calibre de 24. Les projectiles qui ne s’enfoncent pas dans les parapets des tranchées rasent la crête du plateau sur lequel elles sont établies et ricochent en arrière, de sorte que le revers de ce plateau, quoique dérobé aux vues de la place, est loin d'oITrir des communications assurées.

I,a deuxième brigade de la première division vient rejoindre la première au corps de siège. La première division laisse au coiqis d'obsen ation son artillerie qui est mise derrière les épaulemen ts de la ligne de circonvallation. Elle t^st remplacée par les bataillons turcs qui prennent la droite du corps d’observation ,

.vuiUu4ttiuHwta(>r«. A. six lieurcs du soir, l'artillerie commence la coustrucliou de ses

baUeries. Cette arme dispose en ce moment d’un parc de siège ainsi romposè :

12 caauus de H avec Ht, 800 boulele et 240 baltes a balles.

12 — <li> 16 — 12,960 — 210 —

12 obusicrs de 22' — 10,800 obus.

8 iiiorliers de 27' — 0,0tl0 bombes.

8 — de 22' — «,0U0 —

4 — de 15- — 4,000 —

En tout 5(i pièces de siège qui, avec les 30 pièces débarquées par la marine, forment un çnBemble de 86 bouches à feu. L’approvisionnement comprend en outre 10,<KI0 grenades à main et 150,000 kilogrammes de poudre.

L’artillerie de terre est chargée de la construction des batteries n"3, 4 ct5; la marine travaille, sous la direction de l’artillerie, aux batteries n" 1 et 2.

Vers six heures et demie ou signale une sortie sur la droite et bientèt après une autre sur la gauche. Ce n’csl qu'une fausse alerte causée par quelques troupes russes allant, à la nuit, chercher de l’eau dans des puits existant aux environs de la place; le travail est interrompu pendant trois quarts d’heure.

Le feu de l'enuemi continue toute la nuit sans iiilcrruption. Vers deux heures du matin il prend beauconp de vivacité, parce que la lune éclaire les travaux; cependant le tir, qui est incertain, ne csus4> aucune perte dans la tranchée.

Le feu de la place a aussi été très-TÎf de une à trois heures devant la droite des Anglais. Les Russes ont tenté une sortie en avant du port militaire, mais après une vive fusillade de part et d'autre, l'eiiiieroi est rentré dans la place.

Le génie emploie 1,102 travailleurs d'infanterie. Dans les vingtquatre heures on a approfondi et perfectionné les trandiées déjà

Joun^ du II oclobri; et niiUda M au H.

Jonriwe du l'i oetobr.

et nuit du <£ au H.

entrepriges et ou a commeacé des gradins pour la fusillade dans la parallèle.

A huit heures du matin, le chef de bataillon du génie Dumas prend la direction des attaques, ayant à sa disposition une brigade de sapeurs.

Les travailleurs commandés sont au nombre de 1,400, dont 800 pour le jour et 600 pour la nuit, se relevant par moitié de trois en trois heures.

On perfectionne d'abord les travaux de la veille, puis, à partir de midi, tous les travailleurs sont employés à ouvrir des communications : l'une, partant de l'angle ouest de la maison brûlée et se dirigeant vers le dépôt de tranchée établi à la maison des carrières, est exécutée sur 500 mètres de développement; l'autre de 180 mètres de développement , s'embranchant sur la pri'cédente, va rejoindre l'amorce de parallèle à la droite de la batterie n* 5.

Le feu de la place, peu nourri, a presque toujours consisté en deux ou trois coups de canon ou d’obusier tirés par salv es à un quart d'heure ou une demi-heure d'intervalle.

Les Russes ont continué les travaux de terrassements commencés entre le bastion central et le bastion du mât.

Le chef de bataillon du génie Rittier, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs.

On emploie 700 travailleurs pendant la journée et 600 pendant la nuit.

La marine française met à terre une nouvelle batterie qui porte le contingent fourni par la flotte à 1,500 hommes et 40 bouches à leu. Ces troupes commencent, à la tombée de la nuit, la construction de la batterie n* 6, établie sur reiuplacomeul d'un ancien fort génois, et destinée à contre-battre les batteries russes de la quarantaine.

Dans les vingt-quatre heures on a élargi les cheminements ouverts la veille; un a aussi commencé en avant de la communication vers

la maison des carrières, une tranchée destinée à abriter les travailleurs pendant les heures de repos. La largeur au fond est de ^30; en quelques endroits où le roc n’a pas permis de s'enfoncer à 1*0U de profondeur, la largeur a été augmentée afln de se procurer la terre nécessaire pour donner au parapet deux mètres de relief audessus du fond de la tranchée. En outre, on a élargi à l'evlrémité droite le terre-plein de la courtine qui relie les batteries 1-â et i-5, et qui doit recevoir une batterie de sept mortiers (n° 3). Les portions de tranchées disposées pour la fusillade ont été couronnées par des créneaux en sacs à terre.

Le chef de bataillon du génie Guérin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs.

On emploie 800 travailleurs d'infauleric pendant le jour et autant la nuit. Deux cents de ces travailleurs sont mis à la disposition de la marine pour accélérer la construction de ses batteries.

Dans les vingt-quatre heures on a perfectionné les travaux entrepris et prolongé de quelques mètres l'amorce de la parallèle qui, partant de la droite des batteries, sera dirigée vers un point situé h 000 mètres en avant du saillant du bastion du mât; on a commencé à creuser une tranchée de 0*50 de profondeur en arriére d'un mur en pierres sèches qui se trouve à la gauche de la batterie n* 1.

Dans la journée, les Russes ont dirigé un feu d’environ cinquante coups par heure sur les batteries en construction et sur les points on les travailleurs étaient accumulés au moment du changement des gardes. Pendant la nuit , le tir s'est ralenti, mais il a été d’au moins vingt coups par heure.

L'assiégé a paru fort occupé à renforcer U;s parapets du bastion du màt et à en consolider les embrasures.

Le chef de bataillon du génie Richer, chef d'attaque ; une brigade de sapeurs et 800 travailleurs d'infanterie.

l’ne grande partie des travailleurs est einpiovêe à la cousit uclion

iotiriin: du 13 cclohiv etuuildu 13 au 41.

Journée du 44 oclolre «t liOildu f4 dU >5.

des balteries de l'artillerie et de la marine, et à remplir des sacs à terre pour les épauleraents de ces batteries.

Pendant le jour, ou établit des gradins et des créneaux à la gauche de la batterie de mortiers n* 3. On cherche aussi à continuer la tranchée commencée la veille en arrière d'un mur en pierres sèches formant parapet pour la mousqueterie ; mais ce travail où il y a eu plusieurs blessés est suspendu à midi et n'a pu être achevé que la nuit.

L’ennemi cherche à détruire les batteries en construction par un feu extrêmement vif ; de 1 à 2 heures de l'après-midi, on a compté jusqu'à huit cents coups tirés j>ar les Russes. Ce feu excessif ne nous a coûté que deux tués et trois blessés ; mais il a fait des dégâts dans les travaux : la batterie n° 5 a été surtout endommagée. On répare ces dégâts pendant la nuit.

Journée du 16 elobre. Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs.

On emploie 300 travailleurs à remplir des sacs à terre pour le service de l’artillerie et de la marine, ainsi qu’à élargir les boyaux de communication par lesquels doivent passer les voitures chargées de munitions.

Foniwlioa d'ut« cofii- Le général Forey, commandant le corps do siège, organise, d'a- '*• près les ordres du général en chef, une compagnie de francs-tireurs

composée d’un capitaine, d'un lieutenant, do deux sous-lieutenant.s, de quatre sous-oiliciers, de huit caporaux et de cent cinquante soldats pris parmi les meilleurs tireurs des bataillons de chasseurs et des régiments de zouaves. Cette compagnie fournira, à partir du lü octobre, soi\ante-<iuinze tirailleurs par jour destinés à être placés de quatre heures du matin à six heures du soir dans de petits abris en avant des tranchées O.

(1) Dès le surlciidcinaiii l« général on chef lit roruier une bccoBcte com|»agiik' do fraiK>« liiTHr»

Le cliifTre de nos perles jusqu’au 15 au soir est de i oHicicr et 1 1 soldats tués; 3 ollicicrsct 158 soldats blessés; en tout 173 hommes hors de combat.

Pendant la nuit, il devait y avoir 8(X) travailleurs divisés, comme J» *■> w <6

tolire.

d’habitude , en deux brigades se relevant de trois en trois heures.

Mais, par suite d’une erreur, on ne fournit que 500 hommes qui travaillent toute la nuit sans interruption , en rai.son de l’importance des travaux à exécuter.

A la chute du jour, on avait tracé à la fascine le prolongement de la première parallèle vers la capitale du bastion du mût. Ce travail est entrepris sur 3fX) mètres de développement. On prépare en même temps, par une gabionna'de, l'établissement de deux nouvelles batteries, ii~ 7 et 8 , dont l'emplacement avait été préalablement déterminé de concert avec le service de l'artillerie.. Eu outre, on creuse en avant des tranchées de petits logements pour les francs-tireurs, afin d’empêcher les tirailleurs russes arrivant par les ravins de s’avancer, comme ils l’avaient fait les jours précédents, jusqu’à 000 ou même 800 mètres en avant du bastion du màt sur des points d'où la parallèle était fortement prise d'écharpe.

A la fin de la nuit, la parallèle a une largeur moyenne de 1*50 sur 1*00 de profondeur, sauf en quelques points où l'on a rencontré le roc à 0*50 au-dessous de la surface du sol.

!.« tir de la place a été continu et régulier pendant toute la nuit.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d’attaque; une brigade iourn^ itu 16 oclolirr. de sapeurs.

On emploie 810 travailleurs d'infanterie à faire quelques réparations, à établir des rampes pour communiquer aux batteries, et à construire des gradins do fusillade.

On rase la maison brûlée , qui pouvait servir de point de mire aux batteries de la place.

Le feu de l’ennemi a été extrêmement vif de dix heures et demie

à onze heures et demie du matin : il cause quelques dégâts dans la batterie n*5.

Trtfini dn Depuis le jour de l’ouverture de la tranchée, les Anglais avaient

activement travaillé à établir dans leur première parallèle les batteries n** 1 , 2, 3, 4 et 5 de leur attaque de gauche , dites batterie Chapman, et les batteries n“ 1, 2, 3, 4, 5 et 6 de leur attaque de droite, dites batterie Gordon.

Tout allait être prêt le 17 octobre au matin, dans les attaques anglaises et françaises, pour une ouverture géuérale du feu. La batterie française n* 6 du fort génois est seule inachevée ; elle pourra cependant tirer de quatre pièces.

*1“®* ®*^ l’armement des batteries françaises :

i**l (de la marine)

7 eanona de 30, 4 obuiùera de 44'..

Total

9 pièce'

3 (de rarliUerie)

0 morliers de 47', 4 nnoriiera de 44'..

j — l"faee..

0 canons dp 2i, 2 —

4 obusieni de 22' ]

S ! - 2- face.,

t — 3* face. ,

4 eanona de 44

4 eanona de 44, 4 canons de tfi. , . 1

fi (de 11 marine) <i obusienile 2i<, seuls en éUil de Taire

Tell le lendemain

Total 53 pièces.

DispotiiiTO» Le général Canrobert fait connaître par un ordre que le 17 octo-

jn»r l'duffrlur* ® ’

du i«u des aludi. jjf gjx hcures et demie du matin et au signal de trois bombes tirées coup sur coup de la batterie de mortiers française n' 3, le feu de toutes les batteries de terre des armées alliées et de tous les vaisseaux des trois flottes sera ouvert contre la place de Sébastopol. Pour être en mesure de profiter des accidents favorables que cette canonnade pourrait offrir, et de faire face aux attaques qui pourraient survenir de l’extérieur, le général en chef ordonne que toutes les troupes du corps de siège et du corps d’observation prendront les armes et se tiendront prêtes à mardier.

Lord Raglan prend de<i dispositions an:ilogues : les divisions de service au siège, ainsi que la cavalerie sous les ordres du lieutenant général comte de Lucan, et les troupes anglaises et turques qui, sous les ordres du major général sir Colin Campbell, couvrent Balaclava, devront aussi être prêtes à agir.

Les amiraux des escadres alliées avaient arrêté, dans une conférence tenue le 15 octobre à bord du Mogador, les dispositions qu'ils devaient prendre pour seconder l'armée de terre : l’escadre française devait venir s’établir à environ sept encâblures (1,400") des ouvrages russes et contre-batlre les batteries et les forts situés au sud de l’entrée du port ; l'escadre anglaise devait agir sur le fort Constantin et les batteries du nord ; les deux seuls vaisseaux turcs disponibles devaient prendre position entre les escadres anglaise et française.

On avait débarqué le 13 des pièces turques , venant de l’arsenal de Constantinople et destinées à armer la ligne de circonvallation ; six de ces pièces sont remises aux Anglais. Le 16, dix-liuit pièces turques sont en batterie dans les ouvTages du corps d'observation , prêtes à faire feu.

Pertes du 15 au 16 : 2 tués; 1 officier et 31 soldats blessés.

A six heures du soir, une seconde brigade de sapeurs, comman- nuu au 4o >u <7 »■

lotire.

<lée par le chef de bataillon du génie Dumas, est adjointe à la première. Les travailleurs sont au nombre de 1,819.

On ouvre deux grands boyaux devant faire partie de la communication allant de la maison du clocheton à la première parallèle.

Le premier de ces bo}aux part de l'extrémité droite de la portion de parallèle ouverte la nuit précédenh;. Au matin, la tranchée a 1*00 de largeur sur 1*00 de profondeur, excepté dans quelques endroits où l'on a rencontré le roc.

Le feu de l'ennemi, principalement dirigé sur les batteries, n'incommode pas les travailleurs.

i)u n ortolirf .

OuT^rlarn du feu de» allié».

Ainsi qu'il a été convenu, ie l'eu est ouvert ù six heures et demie du matin par cinquante-trois pièces françaises et soixante-douze pièces anglaises. La place répond vigoureusement de toutes les pièces qui ont vue sur les attaques et qui sont en nombre beaucoup plus grand que celles des assiégeants. Le combat durait depuis trois heures sans désavantage pour les alliés, lorsque vers neuf heures et demie une bombe russe crève le magasin de la batterie fratiçaise n* i et le fait sauter, ce qui désorganise la batterie cl met une cinquantaine d'hommes hors de combat. « Les choses étaient en bonne voie, dit « le général CanrobiTt dans son rapport au Ministre de la guerre, « lorsque l'explosion d'un magasin à poudre de batterie, qui mal- « heureusement était considérable, a jeté quelque trouble dans notre « attaque. Cette explosion a eu d’autant plus d’eiTel que nos batte- « ries étaient plus accumulées autour du point où elle s'est produite. « L’ennemi on a profité pour multiplier ses feux, et d'accord avec « le général commandant l'artillerie, j’ai jugé que nous étions dans « la nécessité de suspendre le nètre pour faire nos réparations et « compléter vers notre droiU», par de nouvelles Ivalteries qui se rap- « procberont de celles de l’armée anglaise, le système de notre « attaque. »

Trois quarts d'heure environ après l'explosion du magasin à poudre une caisse à gargousses saute dans la batterie n‘ i de la marine, ('e nouvel accident détermine la cessation du feu vers dix heures et demie. Le tir de la place se ralentit bientôt ; cependant, dans l’aprèsmidi, une bombe russe met encore le feu à un petit magasin cà poudre.

Les dégAls produits dans nos attaques consistent : en deux pièces mises momentanément hors de service et douze pièces endommagées dans leurs affûts, en dégradations dans les embrasures et les merlous et en fo8«;*s comblés sur plusieurs points. La perte est de ÎI6 hommes tu»^ ou bles.s(>s.

Les Anglais continuent leur tir pendant toute la journée, sans éprouver de dommages bien sensibles, malgré l’explosion d’un caisson de munitions qui saute vers quatre heures , en arrière de leurs batteries de droite.

Les escadres n’ouvrent le feu qu’à une heure de l’après-midi ; elles le continuent jusqu’à la nuit. La canonnade est extrêmement vive et plusieurs vaisseaux souffrent beaucoup du tir des forts russes. La Y ille-de-Paris, montée par le vice-amiral Hamelin, reçoit environ cinquante boulets dans sa muraille et deux fois autant dans le gréement ; un gros obus fait sauter le pont de la dunette, un oflider d'urdonnance de l'amiral est tué et ses deux aides de camp sont blessés. Le vaisseau anglais \ Albion reçoit quatre-vingt-treize boulets dans sa coque, et ses mâts sont entièrement brisés. L'escadre française a en tout 30 hommes tués et 180 blessés ; l'escadre anglaise 14 hommes tués et 200 blessés.

Dans leurs rapports, les Russes annoncent mie perte de 500 hommes pendant celte journée. L’aide de camp général vice-amiral Koruiloffeut la jambe droite enlevée par un boulet et expira quelques minutes après. Le vice-amiral Nakhimoff fut blessé.

Le feu des batteries françaises avait fortement endommagé le réduit en maçonnerie du bastion central. Les Anglais avaient fait sauter un grand magasin à poudre dans le redan, ce qui avait réduit à trois le nombre de pièces pouvant continuer leur feu ; ils avaient démonté les pièces placées sur la tour Malakoff et ouvert de larges brèches dans celle lour par le tir des pièces de Lancastreè); entin un grand nombre de pièces russes avaienl élé mises hors de sen ice

(<) Le canon Lancasiru csl un obusiortlo Ü:J',ayaiiirAuMîengeinlrêi* par une ellipse ilfint \e. cenire parcourt Taxe de la bouche à feu, tandis «|ue cliacun des autres points décrit une hélice. \Ai projeriile, d'uuc foniie à |m»u pK*â ogivo-cylindriquc, est muni., soit d'une fu^ée <1 percussion^ soit d’une fnséc rnéUilliqiie lente. Ces canons, employés en petit nombre diiii?» les allaqucs aiiglnist'N. n'uMt pas produit les n*sulutt» qu’ou en espérait.

dans toutes les parties adjacentes des ou> rages en terre. Les (luttes avaient fait sauter un magasin à poudre dans le fort Constantin et alliuné quelques incendies dans le faubourg de la marine, mais les forts qui défendent l’entrée du port n’avaient été que faiblement endommagés.

Les dégâts occasionnés à la place n’ayant pas répondu à l’attente des alliés, on prend la résolution d’augmenter de beaucoup le nombre des batteries, dans l’espoir d’arriver à éteindre ou à dominer le feu des assiégés.

Vers quatre heures do l’aprés-midi, les Russes envoient des reconnaissances pour s'assurer si les batteries sont abandonnées; ces reconnaissances sont repoussées dans la place.

Fendant la journée du 17 octobre, il ii’y a pas eu de Iravailleurs d'infanterie. Une brigade de sapeurs sous les ordres du chef de bataillon Rittier a réparé et entretenu les communications; elle a eu 1 sergent et â soldats blessés.

>ui( w- On adjoint à la brigade du commandant Rittier deu.\ autres bri-

gades de sapeurs commandées par les chefs de bataillon Guérin et Richer. De six heures du soir à minuit, on emploie 1,1125 travailleurs d'infanterie, et 1,125 de minuit à huit heures du matin.

On élargit et approfondit la partie droite de la parallèle et les communications voisines; dans plusieurs parties on rencontre un roc dur qui ne permet d’avancer que fort lentement. Dans la communication de la maison du clocheton, on prolonge de 120 mètres le boyau adjacent à la parallèle, et un refait le second boyau qui se trouvait enfilé du bastion du mât.

A l'extrémité droite des attaques, on construit une place d’armes de 410 mètres de longueur; elle a pour but de faciliter l’extension de la première parallèle du côté du bastion du mât. On n'a pu creuser celte tranchée à 1"C0 de profondeur que sur les deux tiers de sa longueur.

L'artilleru; lra\aille ac(i>enietil à reiiiellre ses batleries en état.

La garnison, sans doute occupée à réparer les dégdts occasionnés par la canonnade du 17, n’a tiré dans la nuit ipi'environ un coup pur »|uart-d heure. Mais à sepllieures du matin, les Musses dirigent un feu beaucoup plus vif sur les travailleurs : ils ne blessent pourtant qu’un seul homme.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubost, chefs d’attaque ; deux brigades de sapeurs et I travailleurs d'infanterie.

On perfoclionne les travaux entrepris.

L’artillerie répare les dégdts de ses batteries pour être en mesure de reprendre le feu le lendemain matin. L'artillerie anglaise continue son tir.

Dans la matinée, reimemi faxorisé par des brouillards tente, axtH' Sihh ru>». deux bataillons d'infanterie et un détachement de cavalerie, de surprendre les avant-postes anglais, du côté de la Tchemaya ; mais les .Vnglais et des détachements de la division Bosquet s'étant portés à leur rencontre, et les Turcs qui gardent les redoutes dominant la route de Balaclava leur ayant envoyé quelques boulets, les Russes, voyant sans doute leurs projets déjoués, sc retirent sans rien entreprendre.

Les troupes nouvellement arrivées complètent la cinquième divi- c armw f^att^JM^^

«ks reuforb.

>ion d’infantme comniandôo par le général Levaillant; ccUc division est adjointe au corps de siège et campe en seconde ligne derriér(; la quatrième. L’arrivée de ces renforts |>orte l'armée française en Crimée à 1C,000 hommes et 5,500 chevaux.

Ijj première division a pris , le 17, une position intermédiaire entre les corps de siège et d’observation, à l’est du grand quartier général.

Pertes du 16 au 18 : 25 tués dont 1 olllcier ; 170 blessés dont 0 ofliciers.

■\ la chute du Jour, on trace le pruloiigeinenl de la première parai-

— Wi —

Journée du 49 odobrr.

lélo jusque vers la capitale du li islion du iu;U, sur une longueur d’environ mùtres. Tout le travail est ex6cul6 à la sape volante par 2,<â5 hommes en doux brigades. On reucontre le roc en beaucoup d’endroits, ce qui oblige à mettre sur ces points deux rangs de gabions, des Tascines, et des sacs à terre. Au Jour, le travail de la paral- Itde est assez avancé pour qu’on puisse j maintenir des travailleuis.

Eu avant de la partie gauche de la portion de parallèle ouverte dans la nuit, ou creuse des embuscades , que l'on couronne de créneaux en sacs à terre, pour les francs-tireurs. Ou prolonge, en outre, de 270 mètres vers la droite la place d’armes qui a été commencée la nuit précédente en arrière de la parallèle, et l’on élargit sur une longueur de 100 mètres env iron la partie restée incomplète la veille.

Vers dix heures et demie, une canonnade et une fusillade assez vives ont fait craindre que les Russes n’aient entendu le bruit des travailleurs, mais ce feu ayant cesst; promptement, il est probable que les assiégés ont cru mt mstaut à une attaque contre leurs retranchements.

Les chefs de bataillon du génie Dumas et Riltier, chefs d’attaque; doux brigades de sapeurs et 1,311 travailleurs d’infauterie.

Ou perfectionne la parallèle et un y établit des banquettes de fusillade.

L’artillerie française rouvre sou feu à six heures et demie du matin. Les batteries n” 1, 2 et 3 sont parfaitement en état. La batterie n” 1 ne lire que de cinq canons et deux mortiers, une des plate.sformes n'ayant encore pu être rétablie. La batterie n” 5 est supprimée. Deux nouvelles batteries ont été ajoutées aux précédentes : la batterie n“ 7, armée de deux canons de 21 et de (juatre canons de 10 ; la batterie n” 8 , de deux mortiers de 27' et de (piatre mortici s de 22". La face droite du bastion du mût, dont les embrasures n’avaient pu être complètement réparées par les Russes, ne répond que

fi7 —

do dom pi('cos qui sont proniptomont rt^diiitos au silcno!, probablomenl parce que le tir vif et pn'cis dos francs-tireurs ne permet pas aux canonniers do les servir. Dans la journée, notre feu met en ruines le réduit on maçonnerie du bastion central. Mais la batterie n^G a beaucoup h souffrir du fou delà place; «die est oblipéo de cesser son tir dans la journée. On la supprime le 21.

la droite dos attaques, rarlillerio de la place tire obstinément sur certains points de la parallèle dont le parapet a dû être refait <» plusieurs reprist's ; le matin, la "arde de tranchée ne pouvant se tenir sur le revers, produit un encombrement qui ralentit le travail, et à la fin de la premi«'re séance, les hommes pressés de s’en aller s’étant mis à courir à travers champs, la place Unir envoie une grêle de boulets, d'obus et «le mitraille, ce qui oblige d’inlerromprc> le couronnement des gabions dans 1 \ paralIiMe, ainsi que la construction des créneaux en sacs à terre.

Les travailleurs de nuit sont au nombre de 2,8 tîl. SuH du «9 >a îo or-

On continue h perfectionner les travaux déj.’i exécutés et l’on ouxtc une communication composée de deux boyaux pour rattacher h la parallèle une batterie de mortiers en construction (n” 9) qui est située dans la place d’armes commencée dans la nuit du 17 octobre ; on prolonge cette place d’armes de ?»00 mètres vers la gauche, jusqu’à sa rtmeontre av«*c la communication de la maison du clocheton.

Pendant toute la nuit, la place n’a lancé que trois bombes, et les batteries fran«;aises et anglaises se sont contenti'u's d’en lancer «'gaiement trois.

,\u jour, toute la parallèle est à largeur, mais elle est encore inégalement approfondie dans les parties rn« h«*uses qui exigent l’emploi de pinces et de coins. Le premier boyau d«' communication comm«'ucé la nuit, prés«'iite peu d«' «'ouvc'it parc«î que le sol s’est trouxé de mauvaise q«ialité; le sec«)nd hoyau a un relief snllisant pour couvrir les travailleurs.

— (iS —

îo Les clifls «le bataillon du génie Guérin et Uidiei', chefs d'attaqiu*;

deux brigades de sapeurs et travailleurs d'infanU^rie.

On continue à perfectionner cl à couronner la parallèle; un élargit et approfondit les deux boyaux de communication, le plus avancfr sur une longueur de cinquante mètres seulement, parce qu’il est enfilé sur quelques points. La place d'armes est perfectionnée dans toute; son étendue.

De dix heures du matin à une heure, et de deux à trois heures d<l'après-midi, l’ennemi a dirigé un feu assez vif sur les travaux ; le canon de la place a fait deux ou trois trouées dans la parallèh'.

L’artillerie française continue son tir, mais le feu de la batterie n* 2 est interrompu dans la matinée par l’explosion d’un magasin à poudre. Cette explosion n’a blessé personne et n’a causé que peu de dégâts.

Perles du 18 au 20 : 11 tués dont 2 officiers; 42 blessés dont 1 officier.

Xuii iiii *0 «U ît M. Les travailleurs de nuit sont au nombre de 2,101.

A six heures du soir <m enlnqirend le prulungemejil dt* la parallèle sur une longueur de 15 mètres. J>e travail est exécuté à la sape volante dans un terrain de graxier assez facile. En outre, on rectilii' sur 200 mètres de longueur, en partant de la parallèle, le boyau ouvert la nuit précédente et qui sc trouvait enfile.

L)uui(]ue le terrain situé en arrière de la première parallèle échappe aux vues de la place, un est obligé d'y creuser des communications couvert(;s pour protéger les travailleurs qui vont à la tranchée. La maison du clocheton, passage obligé, est située dans une dépression de terrain qui devient un égout à boulets; les projectiles de la place qui passent par-dessus nos attaques roulent dans cette direction, et d'autres y sont envoyés avec intention lorsque la védette russe qui se tient au sommet du mftl élevé dans le Iwstion n° 1 signale un rassemblement de travailleurs.

— ()il —

A ri'nlrce de la nuit, <>n (race une ronimiinicalion entre la maison du clocheton et celle des carrières. Le travail est exécuté à la sap<* volante dans un terrain rocailleux tn^s-dilTicile à creuser. Pour épaissir le parapet on est obligé d'enlexer sur une grande largeur la couche de terre qui recouxTC le rocher.

A'ers doux heures et demie du matin , les Russes font une sortie, forte d'environ deux cents hommes, dans le but d'enclouer les pièces françaises. Ils approchent sans être aperçus, pénètrent résolument ilans la tranchée entre les batteries n" .3 et f, (‘ii poussant des hnurrah, suivant leur habitude, et parviennent à enclouer sept pièces. Mais ils sont repoussés avec vigueur et laissent dans les Ivaltmes six cadavns et quatre blessés, dont un oflicier d’une remarquable énergie qui a succombe à ses blessui es. Les pièces, facilement désenclouées, ont pu reprendre leur tir dès le lendemain.

-V la pointe du jour, on arrête le tracé tics deux premiers boyaux d'une communication longeant la bergt' gauche du p<‘tit ravin qui [lasse à droite du bastion du màt et aboutit au fond du port.

La face droite du bastion du mèt commence à être asst'z endommagée: il n'y a plus que deux ou trois jiiéces qui tiriuit encore.

Mais on aperçoit, sur le revers du petit ravin traversé par la parallèle, plusieurs batteries nouvellement construites ou en cours d'exécution.

Les chefs de bataillon du génh* de Saint-l.aurent et Dubost, chefs Jo n wi«i.t. , d'attaque; deux brigades de sapeurs et l,tK)8 travailleurs d'iiifauterie.

On élargit et approfondit la paiallèle (>t les boyaux adjacimts, et on établit dans la [laralléle des gradins pour la fusillade. On continue à creuser la communication allant de la maison du clocheton à celle des carrières.

Le feu de la place quoique ralenti se maintient pourtant avec une certaine régularité.

Diltb’uh^n t|Hé 11 ttilurê

I.e sol sur lequel se développent les attaqiu's présente eu général

une coiiclie de terre dont IV-paisseur variable n’est souvent que de t)"30; au-dessous se trouve une crortte calcaire très-dure de 0”30 à 0”(!0 d’épaisseur, puis vient une espère de tuf que la pioche peut entamer sans trop {rrandes difllcultès. Il est par suite prc'sqiie toujours impossible do porter du premier coup les tranchées à une profondeur sulüsante pour qu’on y soit abrité contre les feux de la place. Partout oé la terre véijè-tale fait défaut on est oblipé de se contenter d'abord d’un étroit sentier creusé dans la croûte calcaire, afin d'obt(înir le plus vite possible un petit couvert où l'on puisse passer en se baissant, puis on élarpit la tranchée en enlevant la croûte calcaire ù l’aide de pinces et de pics îi roc pour arriver au tuf. 11 faut souvent plusieims jours pour achever une tranchée, et encore n*cst-il pas toujours possible de la porter à une complète ré'ptlarité.

Lü «tu^ d« pintes Qn rcconiiatt la néct'ssilé de modifier la division des heures de w «osiMDiie. iravail. Les premiers jours du siège on relevait les travailleurs de trois heures en trois heures pour leur éviter de trop grandes fatigues dans un sol si diflicile à creuser ; mais on s’aperçut promptement des graves inconvénients que présentaient d’aussi fréquents mouvements de trav ailleurs, surtotit dans des tranchées qui restaient plusieurs jours sans être achevées, et l’on porta les séances de travail de trois heures à six. A partir du 21 octobre, la durée de ces séances est encore augmentée et portée à huit heures; les travailleurs seront dorénavant relevés à six heures du soir, à deux heures de la nuit et à dix heures du matin, obrt” travailleurs de nuit sont au nombre de 2,fM5.

A la nuit toml»ante on débouche du milieu de la première parallèle par un boyau de 2W) mètres, et l’on amorce la deuxième parallèle sur une longueur de 1130 mètres. Les travailleurs arrivent à six heures sur la ligne et sont rouverts par deux compagnies déployées en tirailleurs; le travail est exécuté à la sape volante. Le terrain est coiipv' de nombreux bancs de roc; néanmoins la tranchée

esl assez avancée au jour pour qu'on puisse conüiiuer a y Iravailler presque partout.

Vers la droite de la première parallèle on ouvre les trois premiers boyaux d'un cheminement en avant; mais par suite d'ordres mal compris par les troupes de protection, le travail n’a pu être commeacè qu'à neuf heures et demie. Les 3G0 travailleurs qui l'exécutent à la sape volante sont couverts par deux compagnies d’infanterie ayant eu avant d'elles une section de i<) chasseurs à pied déployés eu tirailleurs, à environ KH) mètres du boyau le plus avancé.

Au jour la gabionuade est couronnée sur presque tout son déveloivpement et le parapet a généralement 2'*30 d'épaisseur à la base, mais sur beaucoup de points la Irancliée n’a pu être creusée que sur 0"3U de profondeur; pour éiiaissir le parapet un a gratté le terrain sur une grande largeur et un a même pris do la terre en avant des boyaux.

Dés l’entrée de la nuit on travaille à améliorer la parallèle cl les communications en arrière, ces dernières surtout laissant encore beaucoup à désirer.

L'ennemi, occupé sans doute à rejuirer les embrasures et les para{vcts eudoenmagés par notre feu, n’a jtresijuc pas tiré pendant la nuit.

Les chefs de bataillon du génie Dumas et iUttier, chefs d'attaque; du n deux brigadtts de sapeurs et 1, iTü travailleurs d'infanterie.

La première parallèle esl élargie sur un développement de 520 mètres; un perfectionne les commmiicalions en arrière et en avant de celte parallèle; sm- plusieurs points un a v:lé obligé de réparer des brèches faites par le canon de la place. Ou travaille également à la communication de la maison du cluchelon; 1e soi y esl très-dur et letravail avance peu.

Lu feu de la plan; a été fort vif pendant la journée; outre les boulets et les obus, les Russes ont envoyé beaucoup de niilraille. il y a eu parmi les travailleurs deux hommes tués et douze blessés.

ÎNwüt <les

Nuft du it au 2J uc< tobpp.

A mesure <iue nuire artillerie et les franco-tireurs obligent les Russes à abundunner les batteries qui sont en vue de nos attaques , ils en construisent de nouvelles dans les parties retirées et basses de la place, d'où ils tirent sous de grands angles pour tourmenter nos travaux. Le malin, le feu de rennemi a été presque nul, mais dans l'aprés-midi les Russes ont débouché de nouvelles embrasures et ont tiré à barbette d'une mauvaise tour construite à l’extrémité su|K‘rieure du mur en pierres sèches qui descend du bastion du mAl xers le fond du port. Dans le ravin de la ville, il y a deux batteries qui |)rennenl d'écharpe le deuxième lacet de la communication de droite en avant de la première parallèle. Le bastion du màt a peu tiré.

Les bombes de la batterie n* M allument en ville plusieurs incendies qui ne se propagent pus. .Mais h;s bombes de la batterie n* U qui a ouvert son feu dans la journée n'éclalent pas toujours, ou éclatent trop lél; celle batterie a reçu un armement turc dont le matériel est défectueux.

l’ertes du 30 au 33 : S lues; 3 olliciers et iO soldats blessés.

Les travailleurs d'infanterie sont au nombre de 3,78i.

On prolonge l'amorce de la <leu\ième parallèle de 100 métrés vers la droite. A la communication de dnute ou exécute un qiialriénu' boyau entre la première et la deuxième parallèle; ce boyau a iO mètres de longueur et il est terminé par un retour de six mètres. Le terrain s' étant trouvé assez bon, au jour la gabionnade était couronnée et le boyau avait un mètre de profondeur; on a pris de la terre à l'extérieur pour épaissir plus vite le parapet.

\ l'extrémité droite et un peu en arrière de la première parallèle, l’artillerie commence la construction d'une batterie de sept pièces (n" 10; dont la crête a 18 mètres de développement ; trois lacets, l'un de 30 mètres, les deux aulnes de 70 mètres chacun de longueur mettent cette batterie en communication avec la |>arallèle.

Le feu de la i>lace a êle presque nui peuüanl la nuil. Un incendie a éclalé vers trois heures dans la ville.

Jusqu'à présent on a relevé le soir la garde de tranchée en même tcm|)sque les travailleurs; il en résulte un grand encombrement qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences si l'on avait à repousser uiu' sortie dans ces momeiits-là. Üans la soirée du â2, la confusion a causé une fausse alerte et des liomines de garde ont tiré les uns sur les autres. On reconnaît la nécessité de relever la garde de tranchée à une autre heure que les travailleurs.

Les chefs de bataillon du génie Guérin et Kicher, chefs d'attaque; dcujt brigades de sapeurs et 1,80(1 travailleurs d’infanterie.

On approfondit la partie de la deuviéme parallèle ouverte la uuit précédente, ainsi que les communications avec la première parallèle.

De huit heures à onze heures et demie du matin, et de une heure et demie à quatre heures de l'aprés-midi, le feu de la place a été très-vif; il a blessé quelques hommes et tué un officier de marine.

Pertes du au 23 : 5 tués ; .50 blessés dont 1 officier.

Le nombre des travailleurs est de 2,065.

On prolonge , à la sape volante , la deuxième parallèle sur 120 mètres de longueur vers la droite. .Vu jour on est couvert, excepte dans quelques parties rocheuses où il sera nécessaire de rehausser le parapet au moyen de fascines et de sacs à terre.

A la communication de droite entre les deux parallèles, ou ouvre quatre nouveaux boyaux, à la suite des quatre premiers.

Le 23 au soir, le feu de 1a pbice avait complètement cessé comme de coutAme, mais les Russes tirèrent quelques coups de deux à trois heures du matin : trois travailleurs furent tués dans la deuxième parallèle et trois autres furent blessé's.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubost, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,127 travailleurs d'infanterie.

On enlève un grand nombre de blocs de rocher qui gênent encore

Oa reiiaace a releur le» gardes de triftckéc eo Bitma lempa qtN lea Irauilleiir».

Joaraés du S3oclobre.

>uU du Î3 au octobre.

JouriMa du o iobre.

la circulalion dans la première parallèle cl dans les communications en arrière; on établit dans cette parallèle des banquettes de franchissement et l’on continue à perfectionner les travaux entrepris, malgré le tir de la place qui a renversé plusieurs gabions dans la deuxième parallèle. IÎ20 travailleurs ont été occupés à la construction de la batterie n‘ 10.

Le feu de l'ennemi a été, comme d'habitude, très-vif vers sept heures du malin, mais ii s'est bientôt ralenti et a continué d’une manière uniforme jusqu’à la chute du jour. Notre artillerie ne peut pas prendre la supériorité sur celle des Russes, qui répare pendant la nuit les dégâts qui lui ont été faits pendant le jour et augmentent sans cesse le nombre de leurs pièces.

Le général en chef fait commencer une redoute à la droite des lignes anglaises sur un éperon qui, en s’abaissant, se relie à la vallée de la Tchemaja, et permettrait à l’ennemi de monter assez facilement sur le plateau et de prendre à revers, en les forçant à leur jonction, les positions anglaises et françaises qui couvrent le siège. Cet ouvrage reçoit des Anglais le nom de redoute Canrobert.

Pertes du 2.^ au 21 : i tués; 51 blessés, dont 2 officiers; 1 disparu.

Deux brigades de sapeurs et 2,285 travailleurs d’infanterie.

On perfectionne la deuxième parallèle et la communication de gauche. Au jour la gabionnade est couronnée de trois rangs de fascines et l’on peut circuler sans danger dans toute la parallèle.

On constniit en avant de la deuxième parallèle, au moyen d’une gabionnade, trois abris pour les francs-tireurs chargés de suneiller les embrasures de la place.

Sur la demande du capitaine de vaisseau Rigault de Genouilly, un officier du génie est détaché à la batterie n’2 de la marine pour y diriger les travaux de réparation du parapet et des embrasures; au jour, six pièces qui avaient suspendu leur tir depuis plusieurs jours, sont en étal de le reprendre.

A huit heures du soir, on ou^tc à la droite de la deuxième parallèle un boyau avec retour en place d'armes destiné à mieux éclairer le ravin qui descend au fond du port. La place dirige sur les travailleurs, pendant une demi-heure, une canonnade très-vive qui ne blesse que deux hommes quoique le travail n’ait pas été interrompu.

Le terrain étant assez bon, au jour la gabionnade est couronnée et présente un bon couvert.

On continue avec 3â0 travailleurs la construction de la batterie n" 10.

Les chefs de bataillon Dumas et Rittier, chefs d’attaque ; deux Journée du n Kiosrr. brigades de sapeurs et 1,770 travailleurs d'infanterie.

On continue îi perfectionner les deux parallèles ainsi que les communications en arrière dans la partie où l'on est retardé par le rocher.

Le feu de la place a été très-vif pendant toute la Journée. Il était particulièrement dirigé sur les parallèles, sur les abris des francstireurs, et surtout sur la communication de droite entre les deux parallèles. Les boulets ont fait une trouée dans le huitième boyau de cette communication, mais ce dégAt a été réparé par des sapeurs.

Le cinquième boyau a été, pour ainsi dire, battu en brèche de deux .A quatre heures de l'après-midi ; trois hommes y ont été tués. Dans le septième boyau, sept hommes ont été blessés et presque tout ce qui se trouvait sur la berme, fusils, vêtements et outils, a été brisé par les boulets. On a dù évacuer cette communication pour quelques heures. Une bombe russe a mis le feu à un magasin à poudre de la batterie n* 2, mais cet accident n'en a pas interrompu le tir.

Les Russes ont commencé la construction d'une nouvelle batterie Tnmm .in ru<v. en avant de la face gauche du bastion du mât ; ils en tracent les embrasures avec de grands sacs à terre, et forment le parapet avec des terres rapportées. Ils placent également des sacs à terre sur la contrescarpe

de la face droite du même ouvrage pour y embusquer des tirailleurs.

comVii d» I^e prince Menschikorr avait reçu, dans le mois d'oclolire, dcM* ren-

forls assez considérables en infanterie et en cavalerie, amenés par le S^énéral Uprandi. Le 24, les Russes avaient fait une forte reconnaissance vers la vallée de Balaclava. Le 25 octobre au matin, le général Liprandi , conduisant environ 2ü,0(X) hommes avec quarante pièces de canon, débouche à l'improviste par la vallée de la Tchernaya, dans l’espoir de s'emparer de Balaclava ou du moins d’intercepter les communications des Anglais avec le port qui les approvisionne.

Les approches de Balaclava étaient défendues par quatre reiloutes construites sur de petits miimelons à environ 2,(M)0 mètres en avant du village de Kadikoï. Ces redoutes, à peine ébauchées, nV-taient armées ensdmble que de sept gros canons en fonte de la marine anglaise; on en avait confié la garde à cinq ou six cents Turcs qui, après quelque résistance, ne se voyant pas promplement soutenus, les almndonnent à l’arrivée des Russes.

lue brigade d’infanterie et toute la cavalerie de l’armée anglais;' avaient pris position dans la plaine de Balaclava en avant de Kadikoï, la droite appuyée aux hauteurs qui dominent le port, la gauch;* soutenue par la brigade Vinoy (2’ de la 1" division), qui la reliait à l’armée française.

Les Russes, en même temps qu'ils prenaient possession des redout;s, envoyèrent une partie de leur cavalerie à la poursuite des Turcs qui couraient se réfugier derrière les lignes anglaises. Les cavaliers russes vinrent charger le 93* régiment de highlanders qui, sans vouloir se former en carré, les arrêta par ses feux. Bientôt après tout;* la cavalerie russe, débouchant dans la plaine de Balaclava, vint charger la grosse civalerie anglaise^ comiwsée des Ecossais gris el des dragons d'Enniskillen, sous les ordres du brigadier général Scarlett. Quoique beaucoup moins nombreux que les Russes, les Anglais fondirent sur eux et les enfoncèrent complètement. Mais la cavalerie h'gêre, commandée par k>rd Cardigan, qui u’avail pas pris pari à ce

combat, ayant reçu l'ordre de charger à s<»n tour et s’«^tant au milieu de l'armée russe, se trou\a envclopp<^e de feu\ ; voulant lui venir en aide par une diversion, le {général .Morris fit cliarfjer une batterie russe, qui prenait les Anglais de flanc, par le i* n^giment de chasseurs d’Afrique, conduit par le général d’^Vilonville. La batterie russe sabrée par nos cavaliers se retira en toute bâte, mais la cavalerie anglaise écrasée par les feux qui convergeaient sur elle éprouva des pertes énormes : de (iOO cavaliers qui étaient partis au moment de la charge, il n’eti revint pas 200. Les Français ne perdirent que 10 tués dont 2 officiers, et 28 blessés.

Le général Liprandi conserva deux des redoutes que les Turcs lui avaient abandonnées, et les alliés ne crurent pas devoir les lui disputer. Voulant réduire le plus possible le développement de leur ligne de défense, ils se bornèrent à couvrir le port de Balaclava et la roule qui le met en communication directe avec Sébastopol.

Le général Canrobert, se préoccupant des attaques que les Russes pourraient tenter soit du côté de la vallée de la Tchernaya, soit du C()té de la droite des .\nglais sur le plateau d'Inkermnnn, ordonna qu’à partir du 26 octobre, la première division cesserait de fournir des travailleurs et des bataillons de garde, afin d(‘ l’avoir toujours tout entière sous sa main.

L'effectif du corps de siège comprend, à C(* moment, 24,8;iT hommes do l’armée de terre et 1 ,340 marins.

Les travailleurs d’infanterie sont au nombre de 1 ,ÎKM).

On continue à perfectionner les parallèles et les communications. A la droite de la batterie n* 10, on établit une petite place d’armes en profilant pour cela d’une carrière dont on ferme l’ouverture qui Hagarde la place; le parapet est formé d’une double gabionnade surmontée de créneaux en sacs à terre.

.A sept heures du soir, deux cents travailleurs commencent une gabionnade de 100 mètres de longueur devant sen ir d èpaulement à

Nmt dii tK au ^ orlokr^

du i6 orl»brf.

St>rtie ruiM ronirf k$ Au|lsi».

la batterie n* 1 1 , que l'on va élever contre le bastion du mât et le.s défenses du ravin du fond du port; en même temps, ils ouvrent une communication de 90 métrés de longueur pour relier celle nouvelle batterie à des baraques ruinées qui servent d'abri contre les feux de la place. Au jour, la tranchée de la batterie a 2* 50 de largeur sur l" 00 de profondeur, sauf en quelques points rocheux , mais la communication n’a que 1* 00 de largeur sur 0“ 80 de profondeur.

Pour niveler le sol de la batterie n* 10, on a été obligé d’avoir recours à la poudre; ce moyen quoique entraînant de longs retards devient indispensable sur un grand nombre de points.

Le feu de la place, si vif pendant la journée, a cessé à la nuit, mais vers huit heures et demie du soir et à deux heures du matin, les Russes ont couvert le terrain des attaques de mitraille pendant environ un quart d'heure ; ce tir n’a blessé (pi’iin lionime.

Les chefs de bataillon du génie Guérin et Richer, chefs d’attaque ; 2 brigades de sapeurs et 1,032 travailleurs d'infanterie.

On continue à perfectionner les travaux des jours précédents. En outre, on commence à préparer l’emplacement de quatre nouvelles batteries (n“ 12, 12 bis, 13 et 14) qui doivent être construites dans la deuxième parallèle des deux cétés du ravin de la ville.

Le feu de la place a été assez soutenu pendant la journée ; il a blessé quelques travailleurs. Il y a eu un homme tué et quatre blesst'-s près de la ligne de baraques, à la droite des attaques ; ligne que l’on suivait jusqu’alors avec quelque sécurité ; depuis deux ou trois jours les boulets sillonnent cette direction. Un petit magasin a sauté dans la batterie n°4, mais le tir n'a pas été interrompu par cet accident.

Les assiégés continuent à construire des retranchements sur le cété gauche du ravin de la ville.

Dans la journée, une colonne russe composée d'infanterie, de cavalerie et d’artillerie, sortant de Sébastopol et paraissant se diriger vers Inkcrmann, vint attaquer les avant-postes de la deuxième divi-

sion anglaise, coniniandée par le géni'ral de Lacy-Evaiiÿ. La brigade des gardes de la division du duc de Cambridge et cinq bataillons français commandés par le général Bosquet étaient accourus au secours des troupes attaquées, mais les Busses se retirèrent en désordre, laissant 130 cadavres sur place et 80 prisonniers entre les mains des Anglais.

Pertes du ü au ât> : tués dont 1 oEQcier ; tlO blessés.

1 ,836 travailleurs d'infanterie.

Ou continue la construction de la batterie n* 11, et on ouvre une communication de 130 mètres de longueur pour relier cette batterie il la batterie n* 10.

Du côté du corps d’observation, les Russes font une canonnade et une fusillade très-vives, sans doute par suite d’une fausse alerte. Vers le point du jour, on entend dans la vallée un bruit de chevaux au galop; les troupes prennent les armes et commencent à tirer sur cette cavalerie; mais bientôt on s’aperçoit que les chevaux qui s'avancent ne portent point de cavaliers. Ces chevaux, eiïrayés par le feu de la nuit, s’étaient échappés des ligiuM russes; on en prit un assez grand nombre dans les camps français et anglais.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubost, chefs <io onoUfr. d’attaque ; 2 brigades de sapeurs et 610 travailleurs d’infanterie.

On élargit la communication de gauche de la première à la deuxième parallèle de manière à pouvoir y faire [msser les voilures de l'artillerie. Les travaux de pétardement de la batterie n* 10 sont assez avancés pour que l’artillerie ait pu commencer l’établissement de trois plates-formes. On épaissit le coffre des batteries n*’ 12, 12 bis, 13 et 14, et un travaille activement à leur organisation intérieure.

Le feu de la place a été moins vif mais continu et a blessé plusieurs travailleurs. Une bombe russe a fait sauter un magasin à poudre en arrière de la batterie n° 2 ; celte explosion n’a pas causé d’accidents fâcheux.

Rctluditifl du fHiwbre de

(>■ les Néancef de Iratail debuil beurre à doute»

Piuil du i7 au octobre.

Ainsi que iiuus ra\uiis dit, le général en diel rendit k l'armée d'nbsenaliun la première division qui eu avait été détachée pour renforcer l'armée de siège. Cette circonstance, jointe à la fatigue iju'éprouvciit les travailleurs dans un terrain si dillicile, et la réapparition du dioléra, réduisent d'une manière notable le nombre d'iiomnies que l'on peut fournir chaque jour pour les travaux. Le général en chef prévient le général commandant le génie que ce nombre ne sera plus, à partir du 28 octobre , que de â,âüO par vingt-quatre heures, au lieu de 3,300 k 3,600, mais un lournira toujours les dOO hommes qui sont journellement occupés à confectionner des gabions.

Dorénavant, il ne sera plus possible de partager les travailleurs en trois brigades, parce que le nombre des bras serait trop faible dans chaque séaiicT, vu le grand développement sur lequel il est indispr'iisable de Irav ailler.Les trav ailleurs seront relevés à six heures du matin et k six heures du soir. Cela ne permettra plus de changer la garde, de tranchée k cinq heures du matin : k partir du 30, elle sera relevée !» neuf heures et demie. On st> décide ainsi k rentrer dans la régie ordinaire des sièges, en gardant les travailleurs pendant douze heures, comme on y était d^k rentré le ±2 octobre, tm cessant de les relever en même temps que la garde de trandiée.

Le corps d'observation pousse activement les travaux de sa droit»* pour couvrir les nouvelles positions prises par les alliés en avant de Balaclava. On coupe par un fossé avec épaulement, précédé de trous de loup, les abords du col de Balaclava accessibles à la cavalerie. Lu cavalerie anglaise s'établit en deçà de ce col, sur le plateau.

Pertes du 26 au !27 : 4 tués; io blessés dont 1 oilicier.

1,095 travailleurs d'infanterie de six heures du soir à six heures du matin.

On débouche de la place d'armes k la droite de la deuxième parallèle pour cheminer sur le saillant du bastion du mkl, au moyen de

Irois hoyaux. A rexlréniilé du socoiul, ou (^lablil >eiü la droile um> nouvelle place d’armes, deslinée à (!‘claiier le ravin qui descend an porl en longcaul la longue branche qui pari de la gauche du bastion du niât.

Le développement total de ce travail comprend ilO mètres de tranchée exi'cutée à la sape volante; dans le dernier boyau, on a rencontré le roc à quelques décimètres de profondeur.

Les Russes ont cherché à entraver ce travail par une fusillade nourrie et par quelques salves de mitraille, mais les coups, portant trop haut, n’oiit atteint personne.

On s'occupe aussi à perfectionner la deuxième parallèle et les communications en arrière.

Vers une heure du malin, le capitaine du génie Chaper s'approche jusqu'à 40 mètres environ de la batterie de quatre pièces que les Russes construisent en avant de la face gauche du bastion du niât; il constate qu’elle a peu de relief, qu'on y travaille activement en apportant des terres dans des paniers et qu’on s'occupe déjà des plates-formes.

A la pointe du jour, des tirailleurs russes vont s'établir dans des trous cl des masures à l’extrémité du contrefort sur lequel se trouv e ' la batterie n’ 1 1 , dans le but de prendre d'écharpe les boyaux ouverts pendant la nuit.

Les chefs de bataillon du génie Dumas et Riltier, chefs d’atla- J" ^ «loUf. ([ue ; 2 brigades de sapeurs et 1,054 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les cheminemeiits entrepris.

Le feu de la place ouvert dés le malin a été moins vif que les jours précédents ; les Russes ont cherché à y suppléer dans la matinée par une fusillade assez nourrie qui est restée sans effet. Le tir d’une batterie de fusées incendiaires, établie à la droite de la deuxième ]iarallèle, attire sur la tète des cheminements le feu d’une pièce placée au saillant du bastion du niAl cl celui de la batterie des casernes.

Nml üu *u 23 octobre.

JouriM du 23 octobie

Les fusées dirigées sur les MUmcnls de l'amiraulé ne paraissent y produire aucun effet ; un bataillon russe longeant ces bàtiincuLs n'u pas été troublé dans sa mardi e.

Quelques tirailleurs russes établis dans le lossé de la face droite du bastion du màt ont essayé de tirer sur les tranchées sous une assez forte inclinaison, mais ce tir ne nous a pas causé du pertes.

Les Russes sont fort occupés à réparer les batteries et renceinle de la place depuis le saillant du bastion du màt jusqu’au port du Snd, ainsi que la batterie des casernes. Cette partie des défenses de la place avait été très-endommagée par le tir des Anglais.

Perles du 27 au 28 : 10 tués; 2 officiers et 50 soldats blessés.

931 travailleurs d’infanterie.

On approfondit l’emplacement de la batterie n* 12 bis destinée à ricocher la face gauche du bastion du màt. Cent travailleurs sont détachés pour réparer la batterie n" 1 de la marine. A la droite, on a ouvert à huit heures, avec 242 travailleurs, un boyau de 3^40 mètres de longueur, formant communication de la batterie n" 11 à la grande place d'armes en arriére. Au jour, le déblai n'avait que 0" 50 de profondeur moyenne sur 1 *20 de largeur; le remblai avait 0“ 60 de hauteur.

Le feu de la place a cessé pendant la nuit. Seulement à dix heures et demie, par suite de mouvements bruyants dans notre batterie n’ 12, les batteries russes ont tiré à mitraille pendant un quart d’heure.

Le 29, à la pointe du jour, on a lait le tracé de trois boyaux débouchant de la deuxième parallèle entre les batteries n" 12 et 12 bis.

Les chefs de bataillon du génie üuérin et Richcr, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 1,231 travailleurs d'infanterie.

On continue à améliorer la deuxième parallèle et les communications en iuriérc ; on travaille dans le long boyau en arriére de la batterie n* 11.

Le feu do la place n’a vif que de neuf à dix heures du matin et pendant un quart d’heure à quatre heures de l’après-midi.

Perles du 28 au 29 ; t tué ; 1 officier et 20 soldais blessés.

908 travailleurs d'infanterie. Noiidoto.tiMofio»irp,

On exécute à la sape volante, sans être inquiété par l’ennemi, les trois premiers boyaux de la communication allant de la batterie n* 12 vers le bastion du mât. Au jour naissant on trace un quatrième boyau de 50 mètres de longueur.

A la communication de droiU', en avant de la deuxième parallèle, on ouvTo un nouveau boyau de 70 mètres do longueur.

Les sapeurs réparent avec des sacs à terre les huit embrasures de la batterie n’ 1 de la marine.

Vers trois heures du matin, les Russes font une petite sortie se dirigeant vers la batterie n*3; mais elle se borne à échanger quelques coups de fusil avec nos travailleurs.

Le feu de la place a été presque nul pendant la nuit.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubost, ebrds Journéf du 30 orlufcrf . d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 1 ,341 travailleurs d’infanterie.

On perfectionne les travaux entrepris, on achève le déblai des plates-formes des batteries n" 12, 12 bis et 13; on établit une traverse de défilement dans la batterie n* 14 et on continue les tranchées ouvertes la nuit précédente. Le travail des trois boyaux en avant de la batterie n* 12 est fortement contrarié par le tir des huit pièces de la batterie que les Russes ont récemment démasquée en arrière du réduit casematé du bastion central, le long des casernes qui existaient de ce cèté de la place; plusieurs travailleurs y sont tués ou blessés.

Le feu de la place a été si violent de sept heures â huit heures et demie du matin que, sur certains points, on a été obligé de suspendn*

le travail pendant une demi-heure; on a dù se borner ensuite à rocter

Trâvaiii tUi

Nuit d<i 30 in 31 or* lulrr,

sans jeler les matériaux par-dessus le parapet pour ne pas alliri'r l'attention de l'ennemi. Le reste du jour le feu a été ^if et régulier; il a blessé une douzaine de travailleurs.

Un vaisseau russe à deux ponts qui est venu s’embosser à la pointe du jour dans le port du Sud, en face d’une batterie angiaise, a entretenu pendant toute la journée la lutte avec cette batterie.

Les Russes construisent un retranchement en pierres sèches qui parait destiné à former une seconde enceinte s'appuyant d’une part au bastion central , de l’autre au boulevard déjà occupé par une grande batterie (batterie de la terrasse), en arriére du bastion du mât, Iis établissent en outre, dans la partie culminante de la ville, une forte batterie qui panilt surtout destinée à la défense intérieure en cas d’assaut. Les Russes apportent une trtîs-grande activité dans tous leurs travaux. L'armée de secours leur fournissant tous les travailleurs nécessaires, les bouches à feu et leurs approvisionnements étant sur place , il leur suffit souvent de trois jours pour construire une batterie et la mettre en sen ice.

Pertes du 29 au 30 : 1 tué; 11 blessés.

950 travailleurs d'infanterie.

On prolonge de 18 mètres le troisième boyau entrepris la nuit précédente en avant de la batterie n* 12, et l’on fait deux nouveaux boyaux soutenus par une demi-place d’armes (devenue plus tard la batterie n* 22) ; une partie de ce cheminement traverse des déblais d'anciennes carrières. Ce travail n’a pas été inquiété; ce n’est qu’au jour que les tirailleurs russes du bastion du màt, et ceux qui sont entbiisqués dans le fossé de cet ouvrage, dirigent un feu de mousqueterie très-vif sur le boyau le plus avancé, sans néanmoins nous causer aucun mal.

On ouvre dans le thalweg du ravin de la ville une communicatioti centrale entre la première et la deuxième parallèle. Les trois boyaux de ce cheminement, présentant un développ«'ment de 280 mètres.

se IrouvenI en bon lerrain et ont pu être rapidement portés à 1"0() de profondeur sur 1“ 30 de lar^feur.

A la droite, on travaille à approfondir les deux boyaux de la tête d’attaque et à réparer leurs parap«ds entamés par les boulets russes. On continue le roctage dans les autres communications.

Les mineurs ont été employés le jour et la nuilà pélarder dans les batteries n“ 10, 11, 12 et 13.

Les Russes n'ont pas tiré pendant la nuit. Ils ont éloigné le vaisseau qui , pendant la journée du 30, a combattu contre la batterie anglai.se du ravin.

Le chef de bataillon Rittier et le capitaine du génie de Préserville, chefs d’attaque ; 2 brigades de sapeurs et 8C2 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne les boyaux entrepris en avant et en arrière de la deuxième parallèle.

Le feu d’artillerie de la place a été modéré; les Russes y joignent maintenant les feux d'infanterie contre les boyaux en avant de lu deuxième parallèle, mais sans obtenir grand résultat.

Pertes du 30 au 31 : 1 tué; 17 blessés.

900 travailleurs d’infanterie.

On continue les travaux du jour et on prolonge de 12 mètres la place d’armes protégeant le cinquième boyau en avant de la batterie n* 12; on prépare des rampes pour l’armement des batteries n“ 12, 13 et 14, et on ouvre en arriére de la parallèle une tranchée de 100 mètres croisant la communication centrale entre les deux parallèles, pour y placer les magasins de ces batteries ; de plus, on élargit la deuxième parallèle prés du coude qui se trouve, vers la droite, afln de prmvüir y placer des mortiers.

Vers neuf heures et demie, la place a lancé sur les cheminemenls une grêle de boulets, d'obus et de mitraille. Le reste de la nuit les coups des Russte; se sont succédé environ de demi-heure en demi-heure.

Le chef de bataillon du génie Rillior a le bras cassé par un boulet.

iouni^ du 31 ofioUi*.

NoUdü 94 oeiohrtiu 4*' MT^mbrf.

Perlei da rooii d'oe« tobrp.

Nombre de lm«iUean

MOIS OEJOveMmE

Jooroée do 4*' no* lembre.

Oeaiièaie oaiertare du feu de* alUé*.

Les pertes de l’armée française, pendant le mois d’octobre, se sont élevées à lOK tués dont G ofllciers, K58 blessés dont 24 officiers, et 1 homme disparu ; en tout 667 hommes hors de combat.

Le nombre de travailleurs employés aux tranchées, pendant le mois d’octobre, a été en moyenne de :

63 sapeurs et 886 soldats d’infanterie par journée,

55 — ÎÏU — par nuit.

I.es chefs de bataillon du Kénie tiuérin et Richer, chefs d’attaque; deux brif^ades de sapeurs et INN) travailleurs d’infanterie.

On perfectionne les cheminements en avant et en arriére do la deuxième parallèle.

Le l" novembre, les batteries n“ 10, 11 , 12, 13 et 14 étant en étal d’ouvTir leur feu, toutes les batteries françaises et anglaises réunissent leurs efforts contre l’artillerie de la place ; mais le feu des alliés ne parvient pas, dans cette première journée, à dominer celui des Russes, qui est trés-vif et trés-aoutenn. Voici quel est l'armement des nouvelles batteries :

Baltorit» ri® 10 : 3 ohnwers de âà' ; 4 canons de 24. , . 7 picccs.

— 11:8 ranonft de 30; 5 obusters do 80(0. 13 —

^ 12 : 4 cauoD»de 24; 3 obuaiere de 22*;2 morUei‘6de2i<. 9 —

— 1.1 : 2 canons ck'24; 2 canons de 10; 2 obusiers ik* 22>^. 0 —

— 14*0 inopltcps ik* 22*^ fi —

Total. 41 pièces.

La batterie n‘ G de la marine, dont l’armement a été complété depuis le IG octobre, lire avec 4 obusiers de 80 cl 2 canons de 50. La batterie n"6 est remplacée par les nouvelles batteries à partir de l’ouverture de leur feu.

(') On ili-signc ainsi dans La marine le gros obitsier en fonte, «In calibre de ïï, diml le boulet plein poserait BO Ihres.

Pertes du 31 octobre au 1“ novembre ; 2 tués; 21 blessés dont 1 ollicier.

8!Xi travailleurs d'inl'antcrie.

Au cheminement de gauche sur le bastion du màl on ouvre deux nouveaux boyaux ; au cheminement de droite on en ouvre trois, et les deux extrémités de ces cheminements sont reliés par une tranchée qui devient l'amorce de la troisième parallèle. On a exécuté les boyaux à la sape volante, avec la précaution de ne faire arriver les hommes porteurs de gabions que successivement et de les faire retirer jusqu'à l'achèvement du tracé. La parallèle n’a été entreprise qu'un peu plus tard, et l'on a cru devoir renforcer préalablement la gabionuade du tracé par un parement intérieur en sacs à terre. Ces travaux ont été peu inquiétés, malgré le clair de lune.

De quatre à cinq heures du matin une très-forte canonnade de la place a fait suspendre le travail pendant une heure ; les travailleurs ont pu rester en place en s’abritant derrière le parapet, sans qu’aucun d’eux ait été blessé.

Les chefs de bataillon du génie de Saint-Laurent et Dubost, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 1,200 travailleurs d’infanterie.

On continue à travailler dans les trandiées ouvertes la nuit. Le travail est assez périlleux dans la troisième parallèle où les gabions, à peine recouverts de terre, n'avaient pu être couronnés dans la nuit: plusieurs travailleurs y sont blessés dans la matinée. On perfectionne toutes les communications en avant de la deuxième parallèle. Les mineurs continuent à pétarder le roc qui obstrue encore une partie des tranchées.

Le feu de la place est moins vif que les jours précédents ; il cesse complètement vers cinq heures du soir. L’artillerie française semble prendre la supériorité sur celle des Russes. Le bastion du mât, dont la face droite, contrebattue par nos batteries, est prise à revers par

>uil du i** «U i noveubre.

Jourikc du î ■otentbre.

l'altHinie anglaise, tandis «lue la face gauche, conlrebaUue par les Anglais, est prise d enfilade par nos batteries, est extrr'mement dégradf^. Les Russes craignant de se voir enlever cet ouvrage travaillent activement à compléter la seconde enceinte.

Le capitaine du génie Hézette a été blessé à la tête dans la troisième parallèle.

Pertes du 1" au 2 : I tué; tT bless«-s dont 2 ofliciers.

Nu,i do 2 » 3 eo- 800 travailleur d'infanterie.

vciBbre<

On continue à travailler dans la troisième parallèle et les communications en arriére, mais on n'obtient que peu de résultats, parce que le roc est fort dur.

On prolonge la troisième parallèle de 55 mètres vers la gauche Jusque vers une ancienne carrière où la |>eulc du ravin de la ville commence à devenir raide. Ce travail s’exécute à la sape volante , seul procédé praticable tant que rartillerie ennemie ne sera pas à peu près réduite au silence. Seulement on pose d’abord, et par parties successives, un double rang de gabions jointifs que l’on fait remplir de sacs à terre et couronner de fascines par des sapeurs ou un petit nombre de travailleurs d’infanterie; ce n’est qu’après que l’on a ainsi obtenu un abri contre la mitraille et les feux de mousqueterie que tous les travailleurs sont conduits derrière les gabions pour creuser la tranchée au commandement de haut les bras.

Au jour, la tranchée a 1“50 de largeur sur 1*00 de profondeur.

A la droite, on prolonge la troisième parallèle d'environ 70 mètres. On prolonge également vers la droite l’avant-dernier boyau de communication et on relie son extrémité à celle de la troisième parallèle par un boyau défilé du saillant du bastion du mât. Le tracé est fait au cordeau à sept heures du soir, et à huit heures le travail est entrepris à la sape volante sur une longueur d'environ 130 mètres. Le terrain est assez bon, mais entrecoupé de quelques bancs de roc

lré»-dur ; à quatre lieure» du matin la gabioniiade C!>t couronnée et le parapet présente un couvert suJIisanl.

Vers quatre heures et demie du malin, au inouient du coucher de la lune, les Russes commencent une canonnade d'une violence extrême. Cette bourrasque de 12 à 1,5(K) coups de canon, qui occasionne peu de dégâts et pas une blessure grave, ne peut être attribuée qu’à la crainte d’une surprise ou d’une attaque de vive force. Celte crainte est en quelque sorte justiflée par le mauvais état des (varapets du bastion du mât.

Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du génie Fourcade, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 750 travailleurs d’infanterie.

Dés la pointe du jour on a placé les mineurs dans la troisième parallèle pour faire disjwrallrc les blocs de rocher qui gênent la circulation.

On perfectionne la troisième parallèle et les boyaux de communication en arrière ; on fait sur le revers de la parallèle quelques abris contre les projectiles creux, et on établit des gradins de fusillade et de franchissement.

Le feu de la place a été Irès-nourri le matin. L’attaque de gauche souffre beaucoup plus que celle de droite : la batterie n* 1 i peut à peine continuer son tir, tandis que les batteries n'* 10 et 11 luttent avec quelque avantage.

A l’entrée de la nuit, les Russes ont lancé avec leurs mortiers deux paniers de grenades; la plus gennde partie de ces projectiles n’a pas atteint nos parapets.

Perles du 2 au 3 : -1 tués; 78 blessés dont 2 officiers.

500 travailleurs d’infanterie.

On continue les travaux du jour et on élargit une partie de la troisième parallèle pour y placer, d’une part quatre mortiers de 15‘ destinés à lancer des bombes dans le fossé de la face droite du bastion

Juuroet dn .1 ao«rnit>ff.

Nuil du 3 NU l DO' «embir.

Jeurn^ du 4 ootcmbrc.

On M diffK»« ï doBiMr r»AMUt.

Muit du 4 au 5 Doleutbrr.

du mi\l, ri d'autre part deux mortiers, également de 15*, dirigés contre le fossé de la face gauche.

Le général de Lourmel, do service à la tranchée, fait reconnaître le fossé du bastion du mât par le capitaine d'artillerie de Lajaille. Cet oITIcicr parvient, grâce à l’obscurité d’une nuit pluvieuse, à constater que ce fossé n’a (jue l“n() à 2“(M) de profondeur.

A quatre heures et demie du matin, les Russes ont recommence leur canonnade habituelle, sans nous causer grand mal.

Le chef de bataillon du génie Guérin, chef d’attaque; doux brigades de sapeurs et IHKJ travailleurs d’infanterie.

Le travail devant se borner jusqu’à nouvel ordre au perfectionnement de la troisième parallèle et des communications en arrière, une seule brigade de sapeurs sullira dorénavant. Il ne reste que peu de chose à faire pour achever les tranchées entreprises que l’on regarde comme assez rapprochées de la plac(î pour permettre de tenter une attaque de vive force; on peut donc accorder quelque repos auv troupes d’infanterie. Dans ces derniers temps, le nombre d’hommes à fournir cliaque Jour pour le débarquement des vivres et du matériel, pour rapprov isionnemenl des batteries, pour les travaux du siège et pour les gardes do tranchée a été si considérable que le soldat n'a même pas eu une nuit de repos sur deux.

On perfectionne la troisième parallèle et les cheminements qui y aboutissent; les mineurs pétardenl les blocs de rocher qui encombrent celte parallèle.

Dans les lignes de circonvallation , on met deux nouvelles pièces de 50 en batterie.

Pertes du 3 au4 : i tués; 1 officier cl 41 soldats blessés.

Le nombre des travailleurs est de 400.

On continue le travail du jour.

A onze heures du soir, deux officiers du génie, le capitaine Martin et le lieutenant Fescourt, accompagnés chacun de quatre sapeurs et

de dix hommes d’infanlerie commandes par nn lieutenant, sortent de la troisième parallèle, le premier par la droite, le second par la ((anche, afin de tenter la reconnaissance du fossé du bastion du mAt.

Cachant leurs escortes derrière un pli de terrain, ces ofliciers essaient de s’approcher du fossé avec un ou deux sapeurs; mais les Russes faisaient bonne garde : des sentinelles veillaient sur le parapet du bastion, et une ligne de tirailleurs gardait les dehors. Les cris des sentinelles russes et quelques coups de fusil obligent les détachements à rentrer dans la parallèle.

La pluie qui n’a cessé de tomber pendant toute la nuit a beaucoup contrarié le travail et gêné les feux de l’artillerie. Le tir de la place a été vif, et il redouble d'intensité une heure avant le jour.

Le chef de bataillon du génie Richer, chef d'attaque ; une brigade Ju 5 iHnfmb», de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne la troisième parallèle et les cheminements en arrière.

I.e prince .>fenschikofT n'ignorait pas qu'il touchait au moment où Bimiied ii.L. nmnnC). h's alliés allaient tenter d’enlever la place de vive force, et le mauvais état du bastion du màt lui donnait de sérieuses inquiétudes. Il pensa, d’accord avec le général (TorlchakofT, commandant l'armée extérieure dont le cpiartier général était à Tchorgoun, qu’il fallait se hâter de profiter des secours qu'ils venaient de recevoir pour empêcher l’assaut et faire lever le siège. Le général Dannenberg, commandant le quatrième corps, venait d’amener trois nouvelles divisions de ce Corps dont la douzième, arrivée depuis peu avec le général Liprandi, n’était que l’avant-garde. Deux des (ils de l'Empereur de Russie, le grand-duc Nicolas, inspecteur général du génie, et le grand-duc Michel, quartier maître général de rartillerie, venaient

O! Voir aux pirrrs jusliliralivcs, N* S, la coin|irK>iliiin ilr l'arinür française ^ relie épnqse.

d'arriver à Sébastopol, lo 4 au soir, et excitaient par lt>ur présence l’ardeur des Russes. La bataille fut résolue pour la journée du 5. (/attaque principale devait être dirigée sur la droite des ,\nglais, tandis qu'une démonstralion dans la vallée de Balaclava attirerait de ce côté le corps d'observation français et qu'une sortie de la place, faite sur les attaques de gauche, tenterait de nous enlever les tranchées. Les hauteurs du mont Sapoun étaient en effet peu défendues. Une redoute y avait été construite à droite du ravin où passe la vieille route postale qui descend au pont d'Inkermann, mais elle n'avait pas encore de banquettes de fusillade et, quoique percée de deux embrasures, elle n’était pas armée; deux petits épaulements avaient été ébauchés en axant de la redoute. Ces trois ouvrages ont été désignés depuis lors sous les noms de redoute du 5 novembre, batterie de l’abattoir et batterie du 5 novembre. En outre, un retranchement de peu de relief barrait la route en avant du camp anglais. Tout le plateau était couvert d'épaisses broussailles qui dérobaient à la vue les mouvements de l'ennemi.

Le 5 novembre, à cinq heures du matin, le général Soïmonoff sort de Sébastopol par le ravin du carénage, conduisant une première colonne de 28 bataillons qui présentaient un effectif de plus de 16,000 hommes, et ayant avec lui 22 canons de 12 et 16 canons de 6. Gravissant la berge droite de ce ravin, non loin du fond de la baie du carénage, il conduit sa colonne le long de rescarpement vers les camps anglais. Une seconde colonne venant des camps du nord, commandée par le général l’avloff et forte de 20 bataillons et demi ou de 13,.500 hommes, traverse la Tchernaya sur le pont d’Inkermann et gravit les hauteurs vers l’extrême droite des Anglais. Le général Dannenberg, commandant toutes les troupes de l'attaque, accompagne le général Pavloff, en attendant la Jonction des deux colonnes. Une pluie line et un épais brouillard favorisent la marche des Russes, qui arrivent il portée de canon des camps anglais et

niettcnt loiir arlillcrio en batterie avant d'ùtre signaltSs. La fusiliade est à peine engagée, vers sept heures du malin, avec les avant-postes anglais, que déjà les boulets et obus des Russes viennent déchirer les tentes. Les ouvrages avancés attaqués par l'iiiranlerie russe sont enlevés pendant que l'armée anglaise se forme eu bataille. La division de Lacy-Evans, commandée par le général Pennefalher, et la division légère de sir George Brown supportent le premier choc des Russes et arrêtent leur élan; elles sont bientùl soutenues par la division Catheart et la brigade des gardes du duc de Cambridge; la division England ne fournit que la brigade Campbell qui sert de réserve, la brigade Eyre étant de service aux tranchées. Les Anglais n’ont à opposer aux Russes que 13 à 11,000 combattants. Partout le combat s’engage à la baïonnette, les Anglais repoussent les Russes et reprennent la redoute autour de laquelle la mêlée est terrible. Deux bataillons de la colonne SoimonolT ayant traversé le ravin du carénage vers sa naissance, afin d’attaquer l’extrême gauche des Anglais, sont repoussés par la brigade Campbell et obligés de regagner le plateau de la berge droite du ravin.

La droite des Anglais est soutenue par deux batteries à cheval françaises, sous les ordres du chef d’escadron de La Boussinière, et par deux bataillons envoyés par le général Bosquet, l’un du 7' léger, l’autre du 6* de ligne. Le général Bourbaki qui commande ces troupes ayant remarqué que les Russes travaillent à se retrancher sur les hauteurs dont ils viennent de s’emparer, se lance sur eux avec impétuosité, et malgré la dilTérence du nombre les force à rétrograder.

Cependant l’arrivée des derniers régiments de la colonne Pavloff permet au général Dannenberg de reprendre l’offensive. La redoute, héroïquement défendue par le régiment Coldstream de la garde, est de nouveau entourée et assaillie par les Russes; après le combat le plus opiniâtre les Anglais se décident à la retraite et se frayent un

passa^re à travers tes Russes pour rejoindre les leurs; renforci's par deux autres ri'giments de la carde, ils retiennent sur la redoute, l:i reprennent et sont forcés de l’abandonner de nouveau. Le général Catheart cherche à menacer le flanc des Russes en descendant le ravin de la route, mais il y trouve la mort ainsi que le colonel Seymour, son aide de camp; le brigadier général Goldie est mortellement blessé, et la division est obligée de rétrograder après avoir essuyé de grandes pertes.

Les Anglais, dont la plupart des généraux étaient hors de combat, sont écrasés par le nombre; cependant ils ne cèdent le terrain que pied à pied. Le général Rourbaki combat avec acharnement, mais il éprouve de grandes pertes, parmi lesquelles le colonel de ("amas du 6' de ligue, et ses troupes vont être débordées par les Russes.

Dans ce moment critique, le général Rosqiiet, qui avait compris que l’attaque de la vallée de Balaclava n’était pas sérieuse, arrive lui-méme conduisant au pas de course la brigade d’Autemane et deux batteries commandées par le chef d’escadron Barrai. Le général Canrobert, sur les premiers avis de l’attaque des Russes, s'était rendu .sur les hauteurs qui dominent la plaine de Balaclava. Ayant aussi jugé immédiatement que le général Liprandi ne faisait qu’une fausse attaque, il était accouru aiipn's de lord Raglan pour se concerter avec lui. Pendant que les troupes du général Bosquet sont lancées sur la gauche des Russes, le général en chef fait approcher des résenes qui viennent se joindre à la brigade de .Monet, première de la division Napoléon, que le prince, aux premiers coups de canon, avait dirigée sur le lieu du combat-*). L'ennemi ne peut résister à l’attaque impétueuse des colonnes du général Bosquet, mais il se

Phifi tard le prince Napoléon aittena aw le cbanip de bataille seconde brigade qu'il avait d’abonl portée on secoure du ef»rpa do <ddge aliaqué dans ses tranehée».

relire leiileiuenl et eu repreiiaiil plusieurs fois l'oiTeusivc. <^n so bat corps à corps et à lu baïonnette. Le {{«'■nCral Canrobert, qui s’élail avancé sur le plateau, e.st blessé par un obus shrapuel qui éclate audessus de sa tète, mais il ne quitte pas le champ de bataille.

Les Russes, obligés de se retirer par les pentes raides qui descendeul vers la Tcheruaya et le fond du port, soutirent beaucoup du feu des alliés, et notre artillerie, tirant sur leurs masses profondes, leur fait éprouver des pertes énornus. Dans cette dernière période de la bataille, les bateaux à vapeur la àkersonèse et le ll Vudïmïr. embossés au fond du port de Sébastopol, protègent la retraite des Russes par la grande quantité de projectiles qu’ils envoient sur le plateau.

La journée d'Inkermann fut très-meurtrière de part et d’autre. Les alliées ensevelirent i,5(IO Russes et eu laissèrent encore un grand nombre sur le terrain, les tirailleurs ennemis ayant fait feu sur les corvées chargées des inhumations'^'). On recueillit environ 900 blessés russes dans nos ambulances. On ne peut donc pas estimer la perte de l’euncmi à moins de 1:2,000 hommes hors de combat. Cependant les bulletins russes n’accusent que 2,909 tués dont 42 ofliciers, parmi lesquels le général SoïmotioIT, et 5,791 blessés dont 2(X> officiers; en tout 8,760 horunies hors de combat.

L’armée anglaise eut 515 tués dont 43 officiers, et 2,18^1 bles.sés dont 100 officiers. Les généraux Catheart et Slrangways furent tués; cinq généraux furent blessés parmi lesquels le général sir George Brown, et le général Goldie qui succomba à ses blessures.

Le corps d’observation du général Bosquet eut 782 hommes hors de combat. Mais on verra bientôt que les Français firent d'autres

la prise du la place on a iruiivé au pied de» escarpcnieiith bitucii à l'est de la rotile d’Inkermann délias d’ossemonU liumaimi (iruvenaiit des soldats insaes ifui s*y clait'iit prêcipilés (tour ccliapiHtr ii la puiirsuile des alliés.

Sortie dfft Bimmb eoiiire k*

triDchde* frsiBraisn'.

lierleb encore en repoussant la sortie des Russes contre los attacpies de la ville.

La fausse attaque du prince GortchakulT, placée sous le commandement spécial du générai Liprandi, fut entreprise, d'après les rapports russes, avec 6 bataillons et 32 canons du cétë des hauteurs occupées par le corps d’observation du général Bosquet, et avec 3 bataillons et 6 canons marchant vers Kadiko'i ; 38 escadrons de cavalerie se trouvaient en arriére près de Tchorgoun. Cette attaque se borna à une canonnade très-vive entre les Russes de la plaine et les batteries françaises du corps d'observation ; elle ne nous coûta pas un seul blessé. On cessa de tirer dés neuf heures du matin, mais ce n’est qu’à quatre heures du soir que le corps du général Liprandi se retira vers Tchorgoun.

La sortie que les Russ<’s firent contre la gauche des attaques françaises ne parait pas a>oir eu pour but, comme la démonstration dans la plaine de Balaclava, de retenir les troupes françaises loin du principal champ de bataille, car elle ne fut entreprise que vers dix heures du matin. A cette heure les Russes se promettaient sans doute le succès sur les hauteurs d’Inkermann , et ils pouvaient espérer que les Français, préoccupés de la bataille, garderaient moins bien leurs tranchées.

Vers dix heures, le général Timofej eff sort de la place avec environ trois mille hommes et plusieurs pièces d’artillerie. Le brouillard lui permet d'approcher des batteries n~ 1, 2 et 3 sans être signalé. La garde de tranchée, qui allait être relevée et faisait scs préparatifs de départ, est d'abord surprise par l'attaque inopinée des Russes ; ceux-ci pénétrent dans les batteries et enclouent sept ou huit pièces. •Mais reprenant bientôt l'oITensive, sous la direction du général de La Motterouge qui était de tranchée, les Français attaquent vigoureusement l'ennetni. Le général Forey envoie les généraux de Lourmel et d’Aurelle appuyer la gauche des tranchées vers la quarantaine.

Le general de Luuriiiel, cuuiiuaiiduiit la ^tleluiele brigade de la i|ualriétne dMsioa, se précipite avec la plus grande iiUrépidilé à la |H)ursuite des Russes, qui sont rejetés daus la place avec une perl<‘ évaluée à plus de 0(K) lioninies tant tués que blessés. La mitraille force les Français à rétrograder; It; general Forey , <jui s'est rendu sur les lieux avec des renforts, protège leur retraite. .Mais le général de Lounnel, oQieier du ]ilus brillant avenir, fut mortellement blessé d'une balle qui lui traversa la i)oitrine.

.V la droite des attaqm», la place se contenta de la canonnade ordinaire, et la troisième parallèle ne fut nullement inquiétée.

Nos pertes, dans cette sortie, furent considérables; elles s’élèvent à hommes hors de combat, y compris 70 disparus. La perte totale des Français dans la glorieuse journée d'Inkermann fut donc de 1,730 hommes hors de combat. File comprend, d'après les rapports olliciels, ±29 tués dont ±ü oüiciers, l,W7 blessés dont 98 ofliders, et 70 disparus dont I officier.

Les pièces cnclouées par les Russes dans leur sortie ont pu tirer soit dans la jouniéc même, soit le lemlimiaiii.

La bataille d'Inkermann fut un grand échec pour les Russes, et cependant, favorisés par le brouillard, ils étaient parvenus à faire h‘ur jonction sous le canon des Anglais et à les surpendre dans leur camp avec des forces doubles de celles qui pouvaient leur être opposées. Mais si celle bataille avait été glorieuse pour les alliés, elle n'en avait pas moins entraîné de grandes perles, surtout dans l’armée anglaise.

Les eiïorls faits par les Russes a peu de jours d'intervalle, à Balaclava et à Inkermaim, et la quantité de troupes qu'ils mirent en ligne le 5 novembre, tant à Inkermaim et dans la plaine de Balaclava qu’à la sortie de la place, prouvaient qu’ils avaient reçu de nombreux renforts.

D'un autre cété» les résultats obtenus dans le siège n'etaient pa-

Ou ajoiiruc le il'one etuque de me force eoHlre

satisfaisants. La lutte d'artillerie, qui avait commencé le 17 octobre, avait à peu prés épuisé les munitions qui se trouvaient dans les ports des alliés; les ouvrages attaqués étaient sans doute endommagés, mais l’ennemi avait sur place des ressources inépuisables et renouvelait sans cesse son artillerie. Du côté des Français on se trouvait encore à 140 métrés du bastion du mât; les Anglais étaient beaucoup moins avancés. Les colonnes d’assaut, ayant un grand espace à trav erser et retardées dans leur marche par des défenses accessoires, resteraient longtemps exposées à un grand feu de mitraille avant de pouvoir aborder les ouvrages qui couvraient l’armée russe. On avait encore à craindre que, soit dans ces ouvrages, soit en arriére^ d’eux, la bra\oure de nos soldats ne vint échouer contre quelque obstacle matériel insurmontable. Knfin, on se préoccupait de la pensée que pendant l’assaut l’armée russe du dehors, qui avait été battue mais non détruite à Inkcrinann , pourrait venir prendre à revers les troupes des alliés.

Ces considérations bien pesées dans un conseil de guerre'*) présidé par les généraux en chef et tenu le (î novembre, au quartier général anglais, lui Orent émettre, à l’iinaniinité, l'avis d’ajourner l’attaque jusqu’au moment où les renforts en hommes et en matériel , qui étaient annoncés, permettraient d’augmenter encore le nombre de nos batteries et de désemparer les ouvrages sur lesquels devaient marcher les colonnes d’assaut; qu'en attendant on suspendrait les cheminements contre la place pour exécuter des travaux de forli- Ucation à la droite de la position occupée par l’armée anglaise du côté d’Inkermann, et à la gauche des tranchées françaises que les Russes avaient essayé de tourner à plusieurs reprist*s.

(1) Ce conseil éiâh compotii' : |>our raimce française, de» gentTaus Uom|uc1, Korev, Uiiui, de MiirUiii|)roy, TnK'hu, cl de raniiml Üriui ; |M>ur l’aruicc auglaiae, de» gciicrau\ Ikir^ovue, Ktiglaiid, Ain'v, llu£e, el de rainira) L>oiib.

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