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Par suite «lu mauvais temps qui s’annonçait les premiers jours du u mmnu i«np! «i-
■* Ime If» lra*ati\ i|>l-
mois de novembre, les travaux ont été fort entravés pendant I hiver et n'ont souvent consisté qu'en réparations des tranchées et de leurs parapets. Nous n’entrerons pas dans le détail journalier de ces travaux d’entretien; nous nous bornerons à mentionner les faits qui méritent d’ètre signalés, et à décrire les nouveaux cbeminements que l'on a successivement ajoutés aux travaux d’attaque.
Pendant les premiers jours qui suivirent le 5 novembre, on se contenta d'améliorer la troisième parallèle et les communications en arriére, et de chercher à rendre plus défensive toute la partie gauche des attaques où se trouvaient groupées plusieurs batteries.
Le chef de bataillon du génie Dumas , chef d'attaque ; une bri- Xnii au a »u s no-
remit rf.
(rade de sapeurs et 4811 travailleurs d'infant^ie.
On prolonge la deuxième parallèle à gauche jusqu’à la batterie n* 5 , et on ouvre une tranchée allant de l’extrémité du premier boyau en avant de la batterie n* 12 à celle du troisième boyau de la même communication.
Le capitaine du génie Fourcade, chef d’attaque; une brigade de w-
sapeurs et 700 travailleurs d’infanterie.
On commence un petit front bastionné à gauche et en retour de la batterie n* 1 pour empêcher qu’on ne puisse tourner les batteries numérotées de 1 à 5; on améliore en même temps les communications entre ces dilTèrentes batteries. On commence en outre, à l'ouest du ravin de la quarantaine, les travaux d'une ligne de contrevallation destinée à compléter les défenses de la gauche et à couvrir le camp des quatrième et cinquième divisions. Les ouvrages entrepris celle nuit consistent : 1’ en une redoute de 50 mètres de cùté, placée en avant de la maison dite (fit rivage ; 2* en une espèce de cavalier avec chemin couvert , établi sur un contrefort à gauche de la redoute; 3" en un épaulement de 10 mètres de longueur, entre le cavalier et la baie de Strélilzka, destiné à couvrir une batterie
NhiI du H *u 4) nn* frmbn*.
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tic cainpafriif. (k*s travaux oui, plus lard, t^lé contiiud-s cl relies enlre eux.
Le chef de balaillon du génie Richor, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et Hlll travailleurs d'infanterie.
On creuse un fossé en avant de la courtine qui relie les batteries 1-2 et i-5; à la droite des attaques, on ouvre une communication devant relier la batterie n° 11 à la batlerie anglaise située au somme! de la berge gauche du ravin des Anglais; on commence cette communication à partir du ravin. Il reste une lacunt' de !K) métrés à ouv rir ; ce travail est exécuté la nuit suivante.
Le général en chef de l’armée anglaise ayant demandé au général (anrobert quelques troupes pour former une petite réserve en arriére des highianders et des troupes de marine qui occupent, audessus de Balaclava, l'extrême droite des positions anglaises, il (;sl décidé qu’un demi-bataillon du 1" régiment de zouaves ira former cette réserve. .Mais, afin de tromper l'ennemi sur la force des troupe> françaises qui vont élever leurs tenU*s enlre Balaclava et les haut<‘urs qui dominent ce port, ou adjoint deux bataillons au demi- Italaillon (pii doit rc'sler en (Kisition, et on dispose ces troupes de manière à présenter à l'œil une colonne de cinq bataillons. On execule la marche et on dresse les tentes pendant le jour. Les deux bataillons qui ne font qu’un simulacre d'installation reiilrenl à U‘ur camp la nuit suivante.
Par suite de la grande étendue des tranchées on reprend, à partir du 12 noveinhre, deux chefs d'attaque et deux brigades de sapeurs. Le chef'de bataillon du génie Gm'Tin est spécialemmit chargé, av«H‘ une de c('s brigad(*s, des travaux relatifs à la ligne de conlrevallalioii qui couvre la gauche des allaqu(‘s.
Vers six heures du soir, une forte canonnade éclati' siif l’enceinte de la place depuis les ouvrages de la quarantaine jusqu’à la tour MalakolT; une vive fu.sillade vient s’y joindre sur la droite des al-
— loi —
taqiit's françaises, (le tir qui a ilurÇ plus d’une demi-heure ue produit que des dégàls insignilianis et ne nous cause pas de pertes sérieuses, l'ne demi-heure du feu ordinaire et bien réglé delà jouriUHproduit autant d'effet. Ces grands feux d’artillerie et d’infanterie qui se reproduisent souvent ne sont peut-être que l’effet d’une fausse alerte. Dans tous les cas ils dégradent peu nos tranchées et n'affectent nullement le moral de nos troupes.
La mauvaise saison s’était annoncée dans la première quinzaine' du mois de novembre par des brumes épaisses et dt's pluies fréquentes et froides. Le 1 i, à six heures et demie du malin, uii ouragan d'une violence inouïe vint fondre sur les camps alliés, où il jeta le désordre. La tempête envahit d’abord Balaclava et Sébastopol, sui>il la céte occidentale de la Crimée et arriva à huit heures à Eupatoria. D’après un remarquable travail de M. Keller, ingénieur hydrographe de la marine, l’ouragan du 14 novembre, d’un rayon d'environ !HI milles, était animé d’un mouvement de rotation ayant une vitesse d(* ai milles à l’heure, pendant que son centre se déplaçait avec une vitesse de 20 milles, (’.ette tempête qui eut des effets terribles sur les eûtes de la Oimée ne se fit pas sentir sur la cûte occidentale de la mer Noire. Les nombreux beilimenis des alliés, à l’ancri' dans différenis mouillages, et ceux qui tenaient la mer non loin de la et’de coururent tous de grands dangers et plusieurs furent perdus; la plupart des bAtiments h vapeur purent tenir sur leurs chaînes en faisant jouer la machine. Le Danube se perdit à dix lieues du cap Khersonêse. Le Pyrntus, le Gaiiye, le Rodirell, le Tarant , le Lord Raglan et plusieurs bâtiments de commerce, ainsi que deux vapeurs turcs, furent jetés à la cèle dans la baie de la Katcha. A Balaclava. le Prince, le Risolule, le Kenihrorth, le Progress, le Wanderer, le Wild-Dorr, le Malla et quehpies autres transports se brisèrent contre les rochers, perdant presque tout leur équipage ainsi que des vêtements d'hiver et des fourrages pour l’armée anglaise. 1 n Irons-
Ourajiati ilu II nn« vembr#.
port anglais sombra en mer, portant 250 prisonniers russes. Dans la baie (TEupaturia se perdirent le vaisseau le Henri IV, l’aviso à vapeur le Pluton, dont les équipages furent sauvés, et un grand nombre de transports anglais et français. .\ Kamiesch, nonsneq)erdtmes que trois petits navires de commerce; l’un d’eux portait malheureusement un peloton du i' régiment de hussards dont on n’a pu sauver que l'oflicuT, 0 soldats et 1 cheval.
Dans les camps le vent déchira et emporia les tentes avec tout ce qu’elles renfermaient, renversa des baraques, des voitures, des hommes et des chevaux ; il dé^racina des arbres à Balaclava. Après quelques heures, il no resUût d’autres abris que des pans de mur, des rochers et des accidents de terrain derrière lesquels les hommes cherchaicmt un refuge insufllsant contre la grêle, la pluie et la neige. I,es tranchées furent complètement inondées.
A Sébastopol, l’ouragan a enlevé une partie de la toiture métalli(|ue des grands magasins de la marine, et la houle, pénétrant jusque dans le port, a détruit une passerelle établie près du fort Paul, et fait échouer plusieurs petits bâtiments.
Dans les camps les troupes furent employées, les jours qui suivirent le l i, à reconstruire des baraques, élever des tentes, faire des abris en pierres sèches ou creuser des trous dans le sol. Dans les tranchées, il fallut chercher à faire écouler l’eau accumulée dans les parties basses et réparer les parapets dégradés par la tempête.
N.iii 4ii <c ag 47 no Lcs chcfs do bataillon du génie Guérin et Dumas, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et travailleurs d'infanterie.
On conmience la construction de deux nouvelles batteries, la première (n“ 15) de dix pièces dans le troisième boyau de la communication en avant de la batterie n‘ 12, et l’autre (n* 2;l) de neuf pièces pri’^s de la batterie anglaise au sommet de la Ix'rge gauche du ravin du fond du port.
Les chefs de bataillon du génie Richer et Guérin , cliols d'ullai|ue ; deux brigades de sapeurs et iti:2 travailleurs d'infanterie.
On entreprend une redoute à l'extrémité du retranchement qui s’appuie à la batterie n° 1. Le lieutenant du génie Châtelain est mortellement blessé par une bombe.
On ouvre deux puits dans le revers de la troisième parallèle pour sonder le terrain et voir s’il ue serait pas possible de pousser le mineur en avant pour faire quelques fortes explosions près du bastion du màt, dans le but d’y jeter du désordre au moment de livTer l’assaut. Cette tentative, qui ne retardera en rien les travaux de sape, est d’ailleurs le seul moyen qu’on ait d'agir contre la place pendant l’hiver.
Le chef do bataillon du génie Richer, chef d’attaque; deux brigades de sapeurs et 380 travailleurs d'infanterie.
On commence les batteries n” 17 et 18, de six canons chacune, en avant de la gauche de la deuxième parallèle.
Des tirailleurs russes, embusqués dans les grottes de la rive droite du ravin du port du Sud, gênaient beaucoup, depuis plusieurs jours, les boyaux de la communication de droite entre la deuxième et la troisième parallèle. Sur la demande du général Camrobert, lord Raglan envoie cent chasseurs à pied {riflemen), conduits par le capitaine Tryon, tourner la gauche, des positions occupées par l’enneini. Les Russes sont débusqués et les Anglais restent maîtres de la position, mais ce hardi coup de main coûte la vie au capitaine Tryon.
Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 113 travailleurs d'infanterie.
On commence la construction de la batterie n* 1(1, <*ntre les batteries ir 1 et 17.
la-s Russes tentent vainement de chasser les Anglais des postes (jue ceux-ci leur ont enlevt’s la nuit précédente. Soutenus par 3tXl
Nuit du <7 «a 18 uu* vcnibre.
iduriicedu ?0 soveiubrr.
Ua conmieoctf Im tri* ÜAU& de luiDCd.
Nuit du iO au il oo* «embre.
Nuit du il au ü oa« letobre.
JuurBcu du ii nuteiuba'.
^ult Ou 23 au i\ tu* teiubrt*
2«urim du Dutciubri*.
Nifti Ou i7 au 28 bu* Kiubrc.
Nuit Ou 28 au 21' au*
— loi —
di'ü leurs e( appuyés pur uii balaillou frauvais , les Anglais se maiiiliennenl dans leur position.
Les clieFs de bataillon du génie Dumas et Guérin, chefs d'atta- (lue; deux brigades de sapeurs et UM travailleurs d’infanterie.
On entreprend la construction d'une batterie de quatre mortiers II’ 21) à cdté de la batterie anglaise qui se trouve à l'extrême droite de nus attaques.
On essaie de nouvelles lusees venues de Midz et jinrtanl à 0,000 ou 7,000 mètres, les unes détonantes, les autres incendiaires. Ces derinéri*s seules portent bien et atteignent les établissements russes, sans produire ce|)cn»lanl d'elTets visibles |>our lions.
On commence la batterie ii" 20 située en avant de la dcu.\iémc parallèle.
Le chef de bataillon du genie de Saint-Laurent, emmenant avec lui un détachement de sapeurs soutenu par des zouaves, va couper lu chaussée qui conduit d'Inkermann à S<'‘baslopul en longeant la baie. Les Husst‘s, eürayés de cette tentative hardie, s’empressent de leurcùtéde rompre le pont d'Inkermann, et l'eimemise trouve délinitixement privé d'une communication impui'taiite, par laquelle il l'ai.sait entrer des \ iv re.s id des munitions dans la place.
L’artillerie désarme la balterie n*7 et arme lirs batteries ir 18 et 20. L’armeuienI en bronze de la balterie n“ 7 situ remplacé par des pièces de OO de la marine.
Les chefs tie bataillon du genie Dumas et Guérin, chefs d'allaqiie; deux brigades de sapeui-s et OU) tra\ ailleurs d’infanterie.
Ou creuse les fossés qui ferment les batteries n"' 10, 17, 18 et 20 (“t les relient à la deuxième traralléle. .V droite de la batterie II' 2 on ouvre une place d’armes destinée à jirotégerles batteries n ‘ l-i.
Le chef de bataillon Dumas est blessé au bras gauche par un éclat de ImiiuIk'.
Les eliefs de balailloii du uénie Dubusl el Guérin, chefs d'allauue ; i)" m «xmikre lu
^ 4ec(fnkrr.
deux brigades de sapeurs el o2ü travailleurs d'iDiantcrie.
Pour protéger les batteries n** 1^ el celles de la deuxième parallèle n** 16, 17, 18 et 19, on se décide à les faire précéder d’une portion de parallèle qui permettra à nos chasseurs de tirer dans les embrasures russes. Cette tranchée part de la batterie n* 20 et passe à environ 300 mètres en avant de la batterie n* 4. Le travail a été exécuté par parties successives sur une longueur de 525 mètres en partant de la batterie n* 20.
Pertes du Gau 30 novembre : 68 tués dont 1 ofiieier; 517 bless<‘s dont 32 oflSeiers; 18 disparus dont 1 oflllcier. Parmi ces derniers SC trouvent quelques déserteurs de la légion étrangère.
Les pertes se sont élevées, pendant le mois do novembre, à 306 r<ri<> j« aotnuiiri; tués dont 27 ofliciers; 2,121 blessés dont 135 officiers; 88 disparus dont 2 officiers; en tout 2,515 hommes hors de combat.
Le nombre de travailleurs employés aux tranchées el aux mines, .\,uo„c sc irn,<uiur<
. evtviojéa.
pendant le mois de novembre, a été, un moyeune, de :
61 sa|>eurs el 693 soldats d'infanterie par journée,
H — l 75 — par nuit.
Le temps a été très-pluvieux pendant tout le mois de novembr C mis UM.IUI *.
1851. Il a fallu constamment lutter contre l'accumulation de l'eau MoisiieiKnraii>rciH.t. qui s’élevait parfois dans les tranchées jusqu’à la hauteur de la berme.
On était obligé alors de marcher sur le revers de la tranchée, ce qui attirait le feu de la place ; on chercha à rétablir les commiuiications interrompues au moyen d’espèces de trottoirs établis le long des parapets avec des fascines ou de grosses pierres. Les |iarapcts, constamment détrempés et dégradés par les pluies et souv ent percés par les boulets, ont nécessité des réparations continuelles.
Le feu de notre artillerie a été en général trés-faible [icndanl tout
le mois; le plus souvent on ne lirait que des batteries de mortiers.
ÉUI d«* CorlilicstioBs de la place
ai (*' dieeabre
— ItMi —
Celui des Russes a été assez soutenu et par moments Tort vif. (1 nous a souvent causé dos pertes sensibles.
Dans le courant du mois, nos troupes furent pourvues de capotes k capuchon, de guêtres et de chaussures solides que la mauvaise saison rendait indispensables.
Des renforts assez considérables sont arrivés de France. Cne sixième division d'infanterie, commandée par le général Pâté , est ajoutée à l’armée d’Orient. Au commencement de décembre l'effectif de l’armée française était de 54, (XX) hommes et 9,(X)0 chevaux ou mulets de troupes, de selle ou de b:U.
Le lieutenant-colonel du génie Jourjon, récemment arrivé on Crimée, est chargé , k partir du mois de décembre, de transmettre tous les Jours aux chefs d'attaque le tracé des cheminements projetés et d'en surveiller l'e.xëcution.
Les Anglais n’ont pas avancé beaucoup leurs cheminements. Le iU novembre, iis ont ouvert en avant de leur gauche un tronçon de deuxième parallèle destiné k renfermer des tirailleurs.
Le corps d'observation a renforcé la ligne de circonvallation et il a établi de petits ouvrages avancés, k la droite de la position des .\nglais, sur le terrain de la bataille d'Inkermann.
Les Russes ont travaillé activement pendant tout le mois k augmenter les défenses de la place. Voici quels étaient, au 1“ décembre 185i, les ouvrages ajoutés k l'enceinte de Sébastopol depuis le commencement du siège.
1* Travaux opposés à l’allaque française el couvraiU la ville :
Une ligne de contre-approche partant du fossé de la face droite du bastion de la quarantaine et se dirigeant vers le fort du même nom;
Un ouvrage k feux rasants armé de plusieurs pièces, placé en avant de la courtine qui relie le bastion de la quarantaine au bastion central lunette Boutakoll);
Une petite batterie à gauche de la lunette Schwartz;
Des abatis et des chevaux de frise en avant de la gauche de la courtine qui joint le bastion central au bastion du mât.
Le fossé de ce dernier bastion a été élargi et creusé ; il renferme jour et nuit une forte garde. La contrescarpe de la face droite est couronnée de sacs à terre, et en avant de la contrescarpe de la face gauche on a construit une batterie destinée à recevoir quatre ou cinq pièces.
Eu arrière de l’enceinte de la place, les Russes ont élevé successivement des deux côtés du ravin de la ville, entre le bastion central et celui du mât, plusieurs batteries qu’ils ont consolidées et reliées ensemble. Dès les premiers jours du feu ils ont construit sur le boulevard qui est en arrière du bastion du mât une batterie de cinq canons (batterie de la terrasse) qui était d'abord dirigée entièrement contre les Anglais, mais dont les trois embrasures de gauche ont été plus lard retournées contre les attaques françaises. Cette batterie se relie avec une autre qui bat nos cheminements par-dessus la face droite du bastion du mât. Pour appuyer la gauche de la batterie de la terrasse on en construisit , dans le courant de novembre , deux autres formant échelons en arriére.
Sur la partie culminante de la ville se trouvent deux grandes batteries, l’une de six pièces, l’autre de huit, destinées à battre l’intérieur du bastion du mât et les deux pentes du ravin de la ville; on aperçoit encore d’autres batteries en arrière. Aucune d’elles n’a tiré jusqu’à présent.
En outre, les attaques françaises étaient prises d'écharpe par une partie des pièces de la batterie des casernes, située sur la rive droite du grand ravin du fond du port. Au 1" décembre celte batterie, une des plus importantes de la place, était armée de vingt-cinq pièces ; six ou sept de ces pièces tirent sur les attaques anglaises, quelquesunes voient les cheminements français, et les autres sont destinées à
haltre soit nos colonnes d’assaut, soit les cheminements que l'on pourrait entreprendre au delà de la première enceinte.
2* Traraur opposés à F attaque anglaise et couvrant le faubourg h'arabelnaya :
Les courtines ont été armées d’artillerie, et des lignes d’abatis enveloppent les faces du redan (bastion n* 3) et de l'ouvrage en terre qui couvre la tour Malakoff. L’ennemi travaille activement à un vaste réduit en terre qui couronne le mamelon Malakoff. Il établit aussi des communications couvertes dans le redan.
Le fond du port du Sud est défendu par une coupure précédée d'abatis et par plusieurs batteries établies sur les pentes de droite et de gauche.
Un couronnement pour l’infanterie a été établi sur la crête d’un petit mamelon conique situé en avant du plateau occupé par la gauche des Anglais.
EnjiMüraJn iv> Uni!- Lcs Kusscs géiicnt bcaucoup Hos travailleurs et nos gardes de «1 drii*n .1» Il pitrr. iranchées par de |)etils postes, établis en dehors de la place, dans lesquels ils embusquent de bons tireurs qui prennent d’écharpe nos cheminements.
Ces embuscades, qui ont joué un grand rôle dans le siège de Sébastopol, se composaient généralement d'un trou, profond d’un mètre tout au plus, dont la terre jetée du côté des attaques formait un petit parapet surmonté d’un créneau en sacs à terre. Un tireur accroupi s'y trouvait bien couvert contre les feux de l’infanterie et son abri présentait peu de prise à ceux de l’artillerie. Les plus avancés de ces petits postes étaient soutenus par d'autres plus rapprochés de la place ; lorsqu'on se portait sur eux, les tirailleurs qui étaient en tête se retiraient dans les embuscades plus reculées, et si les assiégeants sortaient en nombre pour détruire ces abris , tous les tirailleurs rentraient dans le fossé à un signal convenu pour laiss«>r les assaillants en prise au feu de la ]>lace. Les ingénieurs
russes, favorisés par les iué^ités du sol et par la grande supériorité du feu de leur artillerie, ont très-habilement tiré parti de ce genre de défense. Mais si un soldat occupant une petite embuscade était blessé dans la journée , il restait longtemps sans secours sous les yeux de tous ses camarades placés en arrière. Il parait qu’on doit attribuer à cet inconvénient le développement qui a été donné par la suite à ces post^, qu’on a fini par relier entre eux. Alors ils sont devenus de véritables contre-approches (racées parallèlement à l’enceinte et Ils ont souvent tourné à notre avantage, notamment le 2 mai aux attaques de la ville , et le 7 juin à celles du faubourg Karabelnaya.
D’après les renseignements publiés par le Recueil marilime russe, pwi» dn suf»». le nombre de marins de tout grade mis hors de combat, depuis le 5 octobre jusqu’au 3 décembre 1851 , dans la défense de Sébastopol , s’est élevé à 806 tués d<Hit un général et 18 ofliders, et 3,064 blessés dont 2 généraux et 128 ofliciers. (!es chitTrt» peuvent donner une idée des pertes éprouvées par la garnison de SébaslO|H>].
Les chefs de bataillon du génie Ricber et Guérin, chefs d’atta- aou h oCcmnc que; deux brigades de sapeurs et 007 travailleurs d’infanterie.
On continue la nouvelle tranchée en avant des batteries n** 1-i sur une longueur de 315 mètres. Au jour, elle a atteint partout 1 mètre de profondeur, sauf sur une quinzaine de mètres où l’on a rencontré le roc.
l’ne petite sortie est parvenue à surprendre la garde extérieure de la communication de droite en arriére de la troisième parallèle; dans la lutte, un officier russe, mortellement blessé, est resté entre nos mains.
Les assiégés construisent en avant du bastion central une embuscade en gabions, d’où leurs tirailleurs prennent d'écharpe la troisième parallèle et sa communication de gauche.
/ourDé« da 3 f< nuil Mjinole.
>‘uil du 4 ao 5 dé> rrrobrr.
Ktti( d«i 5 la 6 d4f> remlirc.
— iio -
Les chefs de bataillon du ((énie Dubost et Guérin, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 951 travailleurs d'infanterie.
On établit des masques en gabions dans la troisième parallèle pour couvrir les troupes des vues de l’ouvrage de contre-approche russe.
La pluie et les rafales de vent rendent le travail impossible pendant la nuit du 3 an 4; on ne garde que quelques travailleurs indispensables dans la troisième parallèle et quatre-vingt-cinq dans la tranchée en avant des batteries de la gauche.
Le capitaine do génie Mouhat, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 450 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de ICO mètres la nouvelle tranchée qui forme parallèle devant les batteries n“ 1-1.
L’ennemi constniit une nouvelle embuscade en arrière de celle qu’il a élevée dans la nuit du 2 décembre.
Sur la demande du général Canrobert, les Anglais ont constniit, en avant de leur deuxième parallèle, des embuscades d’où l’on peut prendre à revers celles que les Russes occupent dans un petit cimetière et dans les berges du ravin qui est à la droite de nos attaques. (Quelques francs-tireurs français vont s’y établir avec les .\nglais.
L’armement des batteries n" 15, 16, 17, 18 et 20 est achevé.
Les chefs de bataillon du génie Guérin et Richer, chefs d’attaque ; deux brigades de sapeurs et 470 travailleurs d’infanterie.
On construit des traverses dans les tranchées enfilées par les embuscades des Russes, et on ouvre une nouvelle communication entre les batteries n" 13 et 14. On prolonge de 165 mètres la parallèle en avant des batteries n" 1-4, et on ouvre à la sape simple, sur une longueur de 80 mètres, le premier boyau de la communication reliant cette parallèle à la place d’armes construite la nuil du 28 novembre, à droite de la batterie n* 2.
A dix heures du .soir, des Russes s’avancent devant le bastion du
niât, jusqu’à environ 3U mètres de la troisième parallèle. Reçus par les Feux de la garde de tranchée, ils se retirent arec une perte estimée à 15 ou âO hommes, il est probable que cette sortie n’avait d'autre but que de protéger les travailleurs russes qui plaçaient des chevaux de frise en avant du bastion du màt.
Cette même nuit, le corps du général Liprandi abandonne dans le plus grand silence les positions qu'il occupait en avant de Balaclava pour se retirer sur la rive droite do la Tchemaya. Les débordements de cette rivière, le mauvais état du sol détrempé par les pluies et la difliculté des communications qui on résultait, ont sans doute obligé les Russes à se rapprocher de leur centre d’approvisionnement; une grande crue aurait pu les isoler complètement dans la plaine de Balaclava.
Le 6 décembre, vers une heure et demie, la frégate russe le Wladimir et la corvette à vapeur la Khersonè$e sortent du port do Sébastopol et s'avancent vers la baie de Strélitzka , canonnant la gauche des lignes de la sixième division et la corvette d'observation la Mégère qui leur riposte aussitôt. Mais ces deux bâtiments, voyant arriver plusieurs navires français ou anglais, se retirent en toute hâte, sous la protection des forts Alexandre et Constantin. Cette sortie prouve qu'il existe une passe entre les vaisseaux coules par les Russes, et avertit les alliés de la nécessité de surveiller rentrée du port.
Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et (îbB travailleurs d'infanterie.
On ouvre à la sape simple, sur 250 mètres de longueur, une tran- (diée à 100 mètres en avant de la batterie n* 20, dans le but de relier la portion de |>arallèle en avant des batteries n“ 1-t à la troisième parallèle devant le bastion du màt. Le terrain s’étant trouvé favorable, la tranchée était habitable au Jour.
Le général de .Montebello, aide de camp de rEinpereur, arrive en Crimée; il apporte les récompenses que l'Empereur a décernées
Le géniral Li^raittli auilte
la ^aioe ae B^UcUva.
Journée du 6 dérenibre.
Sortie
de d<us «Tires nifies.
>uit du d au 7 deceutbre.
Journée du 7 dëeeiubrc.
Le général de MooU' l'cUo apMrte au général eo chef les relkilaliou*^ do rEiB|ioreur.
— ni —
pour la bataille d'iukermaiiii et la lettre !‘ui^antc, qui lut iminédiatenient mise à l'ordre de l'armée :
« Général, votre rapport sur la victoire d'inkermami m'a profon- • dément ému. Exprimez en mon nom à l'armée toute ma satisfac- « tion pour le courage quelle a déployé, pour son énergie à sui>- « porter les privations et les fatigues, pour sa chaleureuse cordialité « envers nos alliés. Remerciez les généraux, les oflSciers, les soldats •• de leur vaillante conduite; dites-lcur que je sympathise vivement ■ à leurs maux, aux pertes cruelles qu'ils ont faites et que ma sol- •• licitude la plus constante sera d’en adoucir l’amertume.
• .\prés la brillante victoin* de l’.Vlma, J'avais espéré un moment K que l’armée ennemie en déroute n’aurait pas réparé si prompte- « ment scs perles, et que Sébastopol serait bientôt tombé sous nos « coups; mais la défense opiniâtre de cette ville et les renforts arri- X vés à l’armée russe arrêtent un moment le cours de nos succt*s. Je X vous applaudis d’avoir résisté à l’impatience des troupes deman- X daiil l'assaut dans des conditions qui auraient entraîné des pertes X trop cousidérables.
« Les gouvernements anglais et français veillent avec une ar- X dente attention sur leur armée d’Orient. Déjà des bateaux à va- X peur franchissent les mers pour vous porter des renforts considé- X râbles. Ce surcroît de secours va doubler vos forces et vous per- X metlre de prendre l’oITensive. Une diversion puissante va s’opérer X en Bessarabie, et je reçois l’assurance que de jour en jour, à l’é- X tranger, l'opinion publique nous est de plus eu plus favorable. Si X l'Europe a vu sans crainte nos aigles, si longtemps bannies, se X déployer avec tant d’édat. c'est qu’elle sait bien que nous com- « battons seulement pour son indépendance. Si la France a refnis le X rang qui lui est dù, et si la v ictoire est encore venue illustrer nos X drapeaux , c’est, je le déclare avec fierté, au patriotisme et à i'in- X domptable bravoure de l’armée que je le dois.
R J'enn>iv le général de .Moiitebellu, l'uii de mes aides de camp, R pour porter à l’armée les récompenses «|u’elle a si bien méritées.
• Sur ce, général, je prie Dieu qu'il \ous ait en sa sainte garde.
« XaW)LÉo\. »
Le général de .Montebello apporte, en outre, une décision impériale qui autorise le général en chef à décerner provisoirement au nom de l'Empereur la médaille militaire et la décoration de la Légion d'honneur, et à nommer au.\ différents grades vacants dans l'armée d'Orient jusqu'à celui de chef de bataillon inclusivement.
Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du génie Sarlat, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 850 travailleurs d’infanterie.
On prolonge de 510 mètres la tranchée commencée la nuit pn;cédenle ; on ouvre deux boyaux en arrière de l’extrême gauche do la portion de parallèle exécutée le 30 novembre en avant des batteries n** 1-4, et on termine ainsi la communication entre celte parallèle et la batterie n*2. Enfin, pour abréger le trajet, on prolonge do 1510 mètres jusqu’aux cheminements en arrière, le second boyau de la communication qui joint la batterie n* 51 à la première parallèle.
Vers dix heures et demie du soir, une reconnaissance russe s'avance vers le flanc gauche de nos tranchées, mais accueillie |iar la fusillade des troupes de garde, elle rentre précipitamment.
Les chefs de bataillon du génie Richer et Guérin, chefs d'attaqoe; deux brigades de sapeurs et 1,000 travailleurs d'infanterie.
On creuse dans le ravin de la ville une communiai tion entre la deuxième parallèle et la portion nouvellement ouverte de la troisième ; on trouve le roc vif sur une grande partie do sa longueur.
Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin , chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 7-45 travailleurs d'infanterie.
On amorce sur 70 mètres de longueur le premier boyau de la communication qui part de la troisième parallèle pour marcher sur la
Niitk Uu 7 iu B Je»
rrwbrf.
>uil liu H do 9 il*« ti'itibre.
Nuit du 9 au 10 4ccètobrt.
Nuit do 10 ao II ctoihre.
Mim}.
plus avancée des embuscades construites par l'ennemi eu avant du bastion central. Devant le bastion du màt, on commence une nouvelle batterie de quatre pièces (n° lü) dans le deuxième boyau de la communication de gauche en arrière de la troisième parallèle.
Les Russes ont allumé des pots à feu bxes, placés en avant de la face droite du bastion du mût , et ils ont lancé des balles à feu du saillant du même bastion. .
Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du génie Sarlat, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 805 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 25 mètres le boyau ouvert la nuit précédente devant le bastion central.
On débouche de la troisième parallèle, en avant des batteries n** 1-4, par un boyau de 100 mètres de longueur, exécuté à la sape volante et se dirigeant vers l'angle sud-ouest du cimetière situé en avant de la baie de la quarantaine.
Le lieutenant du génie Delaboissière va détruire, avec quelques sapeurs et quarante hommes d'infanterie, les embuscades russes du contrefort situé sur la droite de nos attaques.
Lorsque les deux puits entrepris dans la journée du 20 novembre eurent atteint 4 mètres de profondeur, on en fit déboucher deux rameaux descendants, mais ce travail, qui s’exécutait dans le roc dur, n’avançait que de 0*80 en vingt-quatre heures, et on était au moment de l’abandonner lorsqu’en fouillant le sol des rameaux on a rencontré une couche d'argile. Le terrain sur lequel on se trouve se compose d’une légère couche do terre végétale, d’un banc de calcaire de 5* 50 d’épaisseur, d’une couche d’argile jaunâtre et compacte de 0" «0 à 1* 00, et d’un second banc calcaire dont on ne connaît pas l'épaisseur.
A partir du 11 décembre, le travail sera continué jour et nuit sans interruption. Les deux attaques, formées chacune d'une brigade composée de quatre mineurs et d'un caporal sous la surveillance d un
sergent, travailleront sons la direction du capitaine commandant la compagnie de mineurs. Cette compagnie fournira six brigades semblables qui se relèveront successivement toutes les douze heures; il leur sera adjoint, au besoin, des auxiliaires pris dans les compagnies de sapeurs ou, à défaut de sapeurs, dans l'infanterie. Le mineur donnera à son cheminement une largeinr de 0*80, et autant de hauteur (pie le permettra la couche d’argile; le roc serv ira de ciel, les rameaux ne seront pas coffrés.
Les chefs de bataillon du génie Richer et Guérin, chefs d’atta- du «« «u « u-
Cambre.
que ; deux brigades de sapeurs et 775 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 57 mètres le boyau en avant de la troisième parallèle, et de 350 mètres celui qui est dirigé vers le cimetière.
Entre minuit et une heure, deux colonnes russes d’environ 100 son» nu», hommes chacune , sortent du bastion du mât, se dirigeant d’abord vers la droite et la gauche de la troisième parallèle qui fait face à ce bastion ; puis elles se portent ensemble sur le centre de la même parallèle. La garde de tranchée, composée de troupes nouvelles, ayant plié un nioraïuil, les Russes ont le temps de s’emparer de trois petits mortiers turcs et de les emporter. La sortie était protégée par quelques pièces de campagne qui ont pas.sé à une soixantaine de mètres seulement on avant du boyau ouvert dans la nuit, et qui ont fait un feu violent de mitraille sur les tranchées. Repoussés à la baïonnette, les Russes laissent sept cadavres dans la tranchée et à peu près autant au delà du parapet. Nous avons eu quatre hommes tués et huit blessés, l'n officier a disparu.
Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefs d’atta- xi«i>iuHni(3«que; deux brigades de sapeurs et 731 travailleurs d’infanterie.
A l’attaque dirigée contre le bastion central , on ouvre , sur une longueur de 3T> mètres, un nouveau boyau dirigé vers la troisième parallèle devant le bastion du màt. On le prolonge en retour, sur la
gauche, d'environ 1 i mètres, afin de couvrir la tranchée en arrière
— lift —
dos feux de revers partant des postes eiuieniis établis en avant du bastion central. Ce nouveau boyau, au delà duquel un n'a pas entrepris de cheminements pendant tout l'hiver, et la branche en arrière ont, à cause de leur forme, été appelés le T.
On prulonf^e de 260 mètres, à la sape volante, la tranchée qui se dirige vers la baie de la quarantaine.
Nuit il'’- Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du génie Sarlat, chefs
d'attaque; deux brigades de sapeurs et 776 travailleurs d'infanterie.
On entreprend, dans le ravin delà ville devant la batterie n* 13, sur 00 mètres de longueur, une portion de troisième parallèle dirigée vers celle qui fait face au bastion du màt.
On prolonge de 200 mètres le cheminement marchant vers la baie de la quarantaine.
Xuii do U 10 n M. Le chef de bataillon Kicher et le capitaine du génie Martin , chefs
crinkre.
d'attaque; deux brigades de sapeurs et 532 travailleurs d'infanterie.
On prolonge de 26 mètres, par portions de cinq à six gabions, le boyau le plus avancé vers le bastion central , et de 95 mètres la tranchée ouverte dans le ravin de la ville pour rejoindre la troisième parallèle devant le bastion du màl.
On ouvre, à l'ouest du cheminement dirigé vers la quarantaine, une place d'armes de 150 mètres de longueur, située à 300 mètres environ en avant de la gauche de la troisième parallèle.
On convertit en magasins de dépôt, pour les batteries de la droite des attaques, des grottes qui se trouvent dans le flanc gauche du grand ravin, en arrière de la batterie n* 21.
Xuii <tu is »u 4s Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 535 travailleurs d'infanterie.
On allonge de quinze gabions la branche droite du T; on prolonge de 130 mètres la tranchée ouverte la nuit du 13 décembre dans le ravin de la ville, ce qui établit la Jonction avec la portion de droite de la troisième parallèle. A 60 mètres en arrière de cette portion de
parallèle on ouvre une tranchée destinée h recevoir une nouvelle batterie (n°â5}.
L’extrémité de la place d’armea ouverte la nuit préci-dente pour soutenir le cheminement vers la quarantaine, est réunie à la gauche de la troisième parallèle par un boyau de 3â0 mètres de longueur.
Les travaux ont été fort gênés par une pluie violente et continue.
Le chef de bataillon Dumas et le capitaine du génie Sarlat, chefs xnn da te lu t: .ta-
^ «cmbrf.
d’attaque; deux brigades de sapeurs et 388 travailleurs d'infanterie.
On continue les travaux de la nuit précédente et l’on s'occupe à assurer l’écoulement de l'eau accumulée dans les tranchées.
Le lieutenant du génie Delaboissiére va de nouveau détruire les embuscades rétablies par les Russes à droite de nus attaques sur le contrefort du ravin du pçrt; il sera nécessaire d’en empêcher la reconstruction au moyen de patrouilles de nuit composées d’hommes connaissant bien le terrain des attaques.
Le chef de bataillon Richer et le capitaine du génie Martin , clu>fs vun in 47 a» is <14d'attaque; deux brigades de sapeurs et 570 travailleurs d'infanterie.
On prolonge d’environ 480 mètres le cheminement dirigé vers la quarantaine.
Les Russes lancent pour la première fois, de leurs postes avancés, de petits obus vers les tranchées de gauche qui ne sont éloigné<7s de leurs contre-approches que de 350 à dOO mètres. Malgré le tir mou qu’ils emploient pour faire tomber les obus dans les tranchées, ce feu ne nous cause pas grand mal.
Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefs d'attaque ; \uii ju «s «< <9 <i4-
ppmbre.
deux brigades de sapeurs et 5Ü0 travailleurs dlnranterie.
On prolonge de 300 mètres le cheminement de la quarantaine.
I.a» Russes s'embusquant sans cesse en avant de nos tranchées on irai» «i»
^ d'frluréur» tu-
pour tirer sur les travailleurs et protéger de petites sorties, le général en chef fait former trois compagnies de 150 volontaires qui, agissant par petites brigades, auront la mission d’éclairer le terrain , de s’y
Journée âué9décembre.
Le roalre>iniiraI Ljooa remplKi
le Ttre atuiral DunJaa^
Nuit du 49 au %0 renibre.
Joiim^ du iO déeembrr.
Recoonaiaunee üan<t la vallée de la Trbernaya.
embusquer eux-mèmes pour en chasser les Russes, de signaler les sorties, et d’exécuter les coups de main que le commandant du génie à la tranchée pourrait demander pour enlever les petits postes russes qui gênent l’exécution des travaux ordonnés. Des hommes de bonne volonté se sont présentés en grand nombre pour ces compagnies A'éclaireurs volontaire» qui commencent leur service dans la nuit du 18 au 1(1 décembre.
Le vice-amiral Dundas, dont le temps de service était expiré, remet le commandement de l’escadre anglaise do la mer Noire au contre-amiral sir Edmond Lyons. Cette escadre est composée de 12 vaisseaux de ligne, 18 frégates et 23 batiments à vapeur.
Le chef de bataillon du génie Dumas et le capitaine Sarlat, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 495 travailleurs d’infanterie.
On continue le cheminement de l’extrême gauche, mais comme il suit le vallon de la quarantaine, on ouvre, sur 115 mètres de longueur, un second cheminement qui, étant tracé sur la crête du contrefort, découvrant bien le terrain en avant et s’appuyant aux escarpements de la baie, formera une ligne de contrevallation.
Les capitaines du génie Martin cl Courlin, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 615 travailleurs d’infanterie.
A onze heures du matin, les Français font une reconnaissance dans la vallée de là Tchemaya pour s’assurer de la situation des Russes. La brigade de cavalerie du général d’.VIIonville (6' régiment de dragons et 4’ de chasseurs d’.Vfrique) s’avance jusque vers Tchorgoun ; elle rencontre, en arriére du village de Kamara, quelques centaines de tirailleurs russes qu’elle repousse. On a vu des groupes de cavalerie accompagnés d’artillerie et quelques bataillons d’infanterie sur les lianes de la reconnaissance , mais ces troupes n’ont pas cherché à entraver l’opération. En même temps le (2* régiment écossais commandé par le colonel Caineron, un bataillon de riflemen et un demihataillon de zouaves sortaient de Balaclava par la droite des posi-
— lli) —
lions des alliés pour explorer les hauteurs qui s'élendcnl vers la vallée de Baïdar; ils n’ont rencontré qu’un poste de cosaques. Il résulte de ces reconnaissances, que les Russes n'ont sur la rive gauclie de la Tchernaya que des postes chargés d’observer de loin nos positions.
(iOO Irax ailleurs d'inranlcrie. '*'•
cttnbrc.
On prolonge de 160 mètres le cheminement qui se dirige vers la baie de la quarantaine; la communication qui suit le vallon est poussée jusqu’au Lazaret.
Vers minuit, les Russes font une double sortie contre les attaques sgrt» ni»c. anglaises. L'une, dirigée contre la gauche , s’avance tambours et trompettes en tète; elle est repoussée vigoureusement. Une tentative d'attaque contre la droite des Français, faite par la même colonne russe, est aussilèt déjouée par la vigilance de nos troupes. L’autre sortie s’avance en silence vers la droite anglaise et envahit la première parallèle dont elle refoule les défenseurs; mais des réserves arrivent et les Rosses sont repoussés.
Ces deux sorties ont occasionné quelques perles chez les Anglais :
1 majora été mortellement blessé; 3 ofilciers ont disparu.
Après la rentrée des troupes russes, la place a ouvert un grand feu de mousqueterie et d'artillerie, et a lancé beaucoup de bombes contre les attaques françaises. Ce feu n’a produit que peu d'effet.
Les chefs de bataillon Dubost et Guérin, chefs d'attaque; deu.\ Nuit du 21 au üd<.
cetuLre.
brigades de sapeurs et 500 travailleurs d'infanterie.
Du côté de la quarantaine, on prolonge jusqu’à 30 mètres de l’escarpement de la baie, la tranchée qui suit la crête du contrefort. Le roc aOlourant presque le sol, on a été obligé de remplir les gabions avec de la terre rapportée.
Les éclaireurs se sont portés, à huit heures et demie du soir, sur les embuscades des Russes devant le bastion central. Ils les ont trouvées abandonnées et ont renversé quelques créneaux, mais la canonnade de la place les a obligés de rentren*.
Udéceiuttr.
Le tii'c-atnir«l Braal rrmuUce
riDjiral Hameliii.
>uit du S3 >u t4 (lé* MUibre.
^ti)t du au 26 dr- CL-ubre.
Suil du 26 au 27 deceuibre.
Juurnéedu il déteubre.
^Ull du 27 au 28 défeiubre.
— lâü —
Le «iee-nmiral llanieliii, nommé amiral, n;mel le rommandemenl de l’escadre française au vice-amiral Brual.
chef de bataillon du génie Guérin et le capitaine Fourcade , chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et (SU travailleurs d'infanterie.
On prolonge sur une longueur de i07 mètres la droite de la première parallèle, en avant des batteries n** 10 et 11, vers le grand ravin du fond du port.
On poussi* la tranch^n^ qui suit la crête du contrefort de la quarantaine, jusqu'au bord même de l'escarpement de la baie.
Les chefs de bataillon du génie Dumas et Guérin, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 751 travailleurs d'infanterie.
Deux cents hommes sont employés à ouvrir des tranchées dans le ravin qui va directement du camp des quatrième et cinquième divisions à la baie de la quarantaine, pour permettre aux troupes d'aller aux batteries ii- 1 et â et à la quarantaine, à couvert des vues de la place.
Le chef de bataillon Guérin et le capitaine du génie Sarlat , chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 0â(> travailleurs d'infanterie.
On pousse la premièi-e parallèle jusqu'à l'escarpement du grand ravin du fond du port; un prolonge la droite de la deuxième parallèle par une tranchée partant du cinquième boyau de la communication de droite, entre les deux premières parallèles, et descendant dans le vallon qui s'embranche sur le grand ravin.
La place tire |>endanl toute la journée des salves de bombes, d'obus, de shrapnels, de mitraille cl de paniers de grenades qui cuu- V rent le sol d'éclats de tout genre. Nous éprouvons quelques pertes : le lieutenant du génie Urissaud est tué.
Les chefs de bataillon du génie Guérin et Masson, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 553 travailleurs d'infanterie.
On ouvre sur 250 métrés de longueur la communication eu zigzag
((ui relie l'exlrèiue droite de la première parallèle à la tranchée (jui va de la batterie n’ 11 à la batterie n* 23.
Les chefs de bataillon du génie Dubost et Guérin, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et G16 travailleurs d'infanterie.
On ouvre un boyau destiné à relier la deuxième parallèle avec la droite de la première, et on continue la communication en zigzag à droite de la batterie n" 1 1.
La place continue le feu dangereux qu'elle a ouvert depuis quelques jours; elle le concentre principalement sur les batteries n~ 12,
13 et 14, et sur la troisième parallèle.
A. quatre heures du matin, une des compagnies d’éclaireurs se porte en trois détachements sur les trois petits ouvrages avancées que les Russes ont construits dans d'anciennes carrières en avant du grand boyau (dit le T] qui sc dirige vers le bastion central. L’une de ces colonnes s'égare; mais les deux autres tournent deux des trois embuscades et en chassent les Russes. jUdés par un sergent du génie et quatre sapeurs, les éclaireurs démolissent les créneaux, renversent les tonneaux qui formaient les parapets, ramènent un prisonnier et rapportent des armes. Ils n'ont que trois hommes lègé*rement blessés.
Les chefs de bataillon du génie Dumas et Guérin, chefs d'atta- .xuu du » •» 3o iic-
c«aibre.
que; deux brigades de sapeurs et 727 travailleurs d'infanterie.
Les éclaireurs, qui se signalent par de nombreux actes de bravoure, attaquent de nouveau les embuscades des Russes. Mais ceuxci se retirent aussitôt pour laisser agir le feu de la place, et ils lui donnent le signal en poussant de grands cris et battant le tambonr.
La mitraille fait rentrer nos troupes qui ramènent un prisonnier et n'ont qu’un homme légèrement blessé.
A sept heures du matin, le général Morris part avec sa division JourtiéeJuJodécenjbiT.
ReeooDaisMDce
de cavalerie et une batterie d'artillerie, pour faire une reconnais- de la yaikc de Baij.'. sance jusqu'à la vallée de Baïdar. Il est soutenu par six bataillons
Notl du 30 su 31 dé* cenü>re.
Nuit du Zi décembie 4831 su <**jèOT. 48î5,
d'iiirauterïe utardiaiit, «an» sac», sous le commandement du gc>n(^ral Espiiiasse. Au delà de Kamara, il y a un engagement entre une partie de notre curalerie et quelques sotnias de cosaques qui, vigoureusement chargés, se retirent en éprouvant des pertes et laissant trois prisonniers, ^'otre artillerie échange quelques coups de canon avec une batterie russe qui est obligée de se retirer avec une pièce démontée. L’infanterie couvrant la gauche du général Morris et contenant les Russes appuyés à Tchorgoun, la cavalerie traverse le village abandonné de Varnoutka et s'avance jusqu’au château de Péréousky d’où l’on domine la vallée de Raïdar. La reconnaissance rentre au camp à sept heures et demie du soir. Elle a eu dix blessés dont un officier.
Le chef de bataillon Guérin et le capitaine du génie Sarlat , chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 6ti7 travailleurs d'infanterie.
On prolonge la deuxième parallèle sur M) mètres de longueur , entre le petit et le grand ravin du fond du port, en se tenant assez bas pour que cette nouvelle tranchée ne gène pas le feu des batteries n°’ 26 etâü bis qui vont être étabUes à l'extrémité de la première parallèle.
A la nuit tombante, on s’est emparé de» embuscades russes situées à la pointe du petit contrefort qui se trouve vis-à-vis du fond du port ; on les a aussitôt retournées contre l’ennemi et on en a construit une de plus pour six à huit hommes. Vers quatre heures du matin, les Russes s’étant présentés en assez grand nombre, l’officier qui occupait les embuscades avec vingt-quatre hommes a cru devoir se retirer. Au jour, les Russes avaient à peu prés rétabli ces petits abris.
Une compagnie d'éclaireurs sort par l’extrémité droite de la deuxième parallèle pour explorer le ravin du fond du port; elle détruit les embuscades russes qui se trouvent à environ 200 mètres de nos cheminements les plus avancés. Le capitaine voyant arriver des forces
coDsidérables ne laisse qu’une vingtaine d'Iiommes sur ce point pour en surreiller les approches , et s’i'tablit à deux cents pas en arrière pour être à même de soutenir les tirailleurs; mais h^s Russes s'étant jetés, sans tirer un seul coup de fusil, sur les vingt hommes isolés, les enveloppent à l’improviste. Il n’en revint que dix, dont plusieurs blessés; les autres restèrent au pouvoir des Russes.
Les pertes du mois de décembre sotil de 88 tués dont 3 olTiciers ; ü32 blessés dont 28 officiers; 11 disparus dont 1 officier; en tout 731 hommes hors de combat.
Le nombre de travailleurs employés au siège, pendant le mois de décembre, a été, en moyenne, de :
55 sapeurs ou mineurs et 835 soldats d'infanterie par journée,
18 — f)28 — par nuit.
Pendant le mois de décembre, le temps fut presque constamnnent mauvais. Le plateau de Khersonése était battu par des vents impétueux du sud-est, et parfois des torrents de pluie alternaient avec des rafales de neige et de grêle. Le 21 surtout, la pluie tomba avec une violence extraordinaire, puis elle fut remplacée par de la neige, et le soir il gela; mais cette gelée, qui continua quelques jours, était trop faible pour raffermir le sol détrempé par de longues pluies. Les camps défoncés par la circulation des hommes et des chevaux étaient devenus des bourbiers presque impraticables où les voitures creusaient de profondes ornières. La route empierrée, construite par nos travailleurs entre Kamiesch et le quartier général, rendit les plus grands services en assurant la communication de l’armée française avec son port d’approvisionnement où l’on voyait chaque jour s’élever des magasins militaires et des boutiques de marchands. Grâce aux efforts de l’administration , les troupes ne manquèrent pas des choses nécessaires k la vie, mais elles eurent à souffrir des intempéries et des fatigues. Dans les tranchées, elles restaient douze
PertM du oMîi de dé> ceubre.
v^omhre d« (rttraiUrun cmplofé*.
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(le décembre.
heures sous la pluie , les pieds dans l'eau qui s’y acrumulail sans cess«\ Aussi les maladies devinrent-elles de plus en plus fréquentes. Le nombre des malades s'éleva dans le mois de décembre à prés du dixième de l'elTcctif de l’armée, et d'après un rapport du général Canrobert, en date du 21 décembre, il y avait dans les hépitaux de ('.onstantinople 3,791 Français, dont 1,121 blessés. Toutes ces fatigues, toutes ces souffrances n'excitèrent aucune plainte chez nos soldats ; l'armée conserva toute son énergie, et il suffisait d'un beau jour pour lui rendre sa gaité habituelle.
L’armée anglaise eut beaucoup plus à souffrir que la nètre. Il n’existait pas de route empierrée pour aller de Balaclava à ses camps, de sorte qu’il fallait traverser de véritables bourbiers. Dépourvus d'ailleurs de moyens de transport, les .Anglais manquaient de tout, d’infirmeries, de médicaments, de bois et quelquefois même de vivres, quoique l’abondance fût à Balaclava. Le général Canrobert prêta assistance à nos alliés, autant que cela était en sou pouvoir, en leur fournissant des moyens de transport pour les munitions et des cacolets pour les malades. Les privations, les fatigues et le mauvais It'mps développèrent les maladies chez les Anglais avec plus d’intensité encore que dans l’armée française. Les dyssenteries scorbutiques se déclarèrent dés le commencement du mois de décembre, et le nombre des malades, qui s’accroissait toujours, avait pris à la fin du mois des proportions alarmantes.
Dans les tranchées, il fallut constamment réparer les dégradations occasionnées aux parapets par h^s pluies cl par les projectiles ennemis, et assurer l’écoulement des eaux pour rétablir la circulation interrompue. La difficulté d’approvisionner les batteries forçait les alliés à ménager beaucoup leur feu ; les Français ne tiraient guère que des bombes et en petit nombre. Les Russes, au contraire, soutinrent constamment le feu de leurs batteries et prodiguèrent surtout les projectiles creux qui occasionnaient journellement des pertes
senRibles. Lp silence forc<^ de notre arlillerio permit aux Russes, nonseulement d’entretenir l’enceinte de Sébastopol en bon état, mais d'y ajouter de nouvelles défenses et de venir établir leurs embuscades en face de nos cheminements.
Dans ces conditions, il ne pouvait être question de suivre la marche ordinaire d’un siège. Toute l’ambition des alliés devait évidemment se borner à ne pas perdre le fruit de plusieurs mois d’elTorts et de travaux, à se maintenir dans leurs positions, et à entretenir les tranchées exécutées en bon état, en attendant que la belle saison et des renforts en hommes permissent de reprendre un réle offensif. Nous avons vu néanmoins qu’on s’est efforcé, autant que le permettaient les circonstances, d’augmenter le nombre des batteries ainsi que d’étendre et de compléter les cheminements, surtout vers la baie de la quarantaine où ils formaient une ligne de contrevallation.
Le général Burgoyne, commandant le génie de l’armée anglaise, faisait des objections contre le plan d’attaque qui avait été primitivement adopté d’un commun accord. Ouelle que fût la confiance qu’on pùt avoir dans la valeur de. nos troupes, il regardait le succès de l’assaut comme très-douteux. Il déclarait, en outre, que l’effectif de l’armée anglaise ne sufllsait plus pour couvrir la droite de l’armée des alliés et fournir en même temps le nombre de travailleurs nécessaires pour les attaques du faubourg Karabelnaya. Il demandait, qu’avec le secours de l’armée française, on profilât du terrain qu’on avait conquis par la victoire d’Inkermann pour s'établir solidement sur les hauteurs du carénage (mont Sapoun], qu’on donnât plus d'extension aux attaques de droite et qu'on les poussât jusqu'au delà de l’ouvrage Malakoff.
Le général Burgoyne avait une grande expérience de la guerre : des doutes si formellement exprimés sur le succès de l’assaut étaient de nature à préoccuper beaucoup les généraux en chef. Mais, pour le moment, il ne fut rien changé à la marche du siège.
MOlSDEMinCR 1IS5
.Nuit liu l*'«Q Ijaniier.
NuU du i »u 3 jaiiTÎer.
— lîO —
A celle époque, le senice de la g^arde des tranchées Int modiflé. Jusqu’au mois de janvier 1855 il y avait eu chaque jour un bataillon de réserve à la maison du clocheton. A partir de janvier on commande un bataillon de piquet dans un camp rapproché de la maison du clocheton, et ce bataillon envoie chaque soir deux compagnies h cette maison dont un fanal signale la position. Il y a de plus un bataillon de réserve de 450 à 500 hommes, à la gauche, en arriére des batteries n“ 1 et 2. La garde de tranchée, commandée par un général de brigade, se compose de sept bataillons d'infanterie et d'un bataillon de chasseurs à pied répartis sur tout le développement des parallèles ou places d’armes avancét*s, pour entretenir le feu de mousqueterie. Une compagnie de francs-tireurs de 150 hommes est employ«'*eau tir de précision contre tout ce qui se découvre et surtout contre les artilleurs de la place, l'n poste de 300 hommes placé dans le ravin des .\nglais couvre la jonction des attaques françaises et anglaises. Enfin deux compagnies de volontaires font chaque nuit le service d'éclaireurs.
C'est dans le courant du mois de décembre 1854 que le prince MenscliikolT remit la direction de la défense de Sébastopol au général Osten-Sacken, qui avait succédé au général Dannenberg dans le commandement du quatrième corps.
Le prince Napoléon, dont la santé avait été fort altérée? par les fatigues de la guerre, dut se résigner h quitter l’armée ; après être resté quelques jours à Constantinople, il s’embarqua dans le mois de janvier pour retourner en France.
Les chefs de bataillon du génie Dubosl et Guérin, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 484 travailleurs d’infanterie.
On prolonge de 200 mètres l'extrémité droite de la deuxième parallèle.
Les chefs de bataillon du génie Dumas et Guérin, chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 300 travailh?urs d’infanterie.
Ou ouvre une communication en zigzag entre l’extrémité de lu deuxième parallèle et la batterie u° 21>.
De demi-licuro en demi-heure , au signal d’un obus, la place a dirigé des feux de mousqueterie sur nos attaques ; vers deux heures du matin, les Russes ont fait, pendant plus d'une demi-heure, un feu de deux rangs extrêmement vif, sans (|ue rien l’ait provoqué.
L'ennemi parait craindre un coup de main.
Le mauvais temps et le froid empêchent tout travail nouveau pendant quelques jours.
Les chefs de bataillon du génie Masson et Sariat, chefs d’attaque; Udoiiusjurâr. deux brigades de sapeurs et 14H travailleurs d'infanterie.
Le 7, vers neuf heures du soir, une colonne russe d'environ 300 sonki mue. hommes vient attaquer la droite de la deuxième parallèle et la communication qui la relie à la troisième en avant de la batterie n’ 20. ' ’
Cette sortie est vigoureusement repoussée à la baïonnette et poursuivie par les compagnies du dtJ* de ligne, de garde à la tranchée.
Les Russes laissent une vingtaine de morts sur le terrain et nous abandonnent six blessés ; nous avons eu un sergent tué et six hommes blessés.
Le lieutenant-colonel Guérin et le chef de bataillon Sariat, chefs .\uU du 8 du 0 jtDtier. d’attaque; deux brigades de sapeurs et 202 travailleurs d’infanterie.
Le dégel étant survenu on pose une vingtaine de gabions à l’extrême (boite de la deuxième parallèle, afin de la prolonger juscpi'à l’escarpement du ravin du fond du port. On creuse, en outre, une tranchée de 45 mètres de longueur pour que les hommes puissent aller à une source qui se trouve entre la première et la deuxième parallèle, sur la berge gauche du ravin de la ville , en arriére de la batterie n' 13.
Les chefs de bataillon du génie .Masson et Sariat, chefs d’attaque ; .NuUduiiauttiaimcr. deux brigades de sapeurs et 215 travailleurs d'infanterie employés à réparer et à améliorer les tranchées.
Sortie r«sM.
Nuildu li «ulSieniier.
Seriies nissea.
Nuit du 14*0 tSjeniier.
Sortie r«e«c.
V'ers deux heures du malin, une sortie russe de 20() à 250 hommes partant dubaslion central et laissant le T à sa gauche se dirige sur la partie de la troisième parallèle qui se trouve en avant des batteries n“lG, 17 et 18. L’ennemi est vigoureusement repoussé; il laisse entre nos mains 8 tués et 2 blessés. Nous avons eu 1 tué et 6 blessés.
Le lieutenant-colonel Guérin et le chef de bataillon du génie Galop, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 157 travailleurs d'infanterie employés aux réparations.
Vers une heure du matin, les Russes font deux sorties, l'une contre la gauche des attaques anglaises, l'autre contre l’extrême droite des nôtres près de la batterie n° 21. Il y a sur ce point une lutte corps à corps après laquelle les Russes se retirent poursuivis à la baïonnette. Nous avons çu 1 tués, 9 blessés et 3 disparus.
Les chefs de bataillon du génie Dumas et Masson, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 505 travailleurs d'infanterie employés à enlever les neiges et à faire écouler les eaux.
Vers une heure et demie, une colonne composée , d’ap^ les rapports russes, de 350 volontaires , sort de la place par une neige épaisse fouettant la figure des sentinelles françaises, et se présente à l'extrémité droite de la troisième parallèle. Elle est vigoureusement reçue par la garde de tranchée appartenant aux 7 i' et 95* régiments de ligne. Après un combat corps 5 corps de près de dix minutes , les Russes se retirent sous la protection d'une colonne de réserve, laissant les cadavres de 3 oiSciers et 23 soldats dans la tranchée et bon nombre d'autres sur les parapets et sur les glacis du bastion du niât. De notre côté, les pertes se sont élevées à 50 hommes hors de combat, parmi lesquels 5 ofliciers.
Dans cette sortie et dans quelques autres les Russes avaient fait usage de gaffes à crochet et de longues cordes plombées pour renverser et entraîner les combattants et les blessés. Nos soldats s’indignèrent contre ce procédé qui n'avait jamais été employé, disaient-
ils, que pour prendre des bêles saunages. Le général en chef s'en plaignit au général Osten-Sacken. Depuis lors, les Russes cessèrent de se servir de ces engins.
Le clief de bataillon Masson et le capitaine du génie Fingault, chefs d'attaque ; deux brigades de sipeurs et 1(>3 travailleurs d’infanterie employés aux réparations.
Les Russes font deux sorties, l’une dirigée sur la tranchée la plus avancée de la contrevallation, qui descend vers la baie de la quarantaine, l'autre sur les tranchées qui se trouvent à la gauche du T.
A la gauche, ‘Î.V) volontaires nisses attaquent la contrevallation vers minuit. La garde de tranchée, du 2’ régiment de la légion étrangère, franchit résolument le parapet et engage le combat à la baïonnette. Après une lutte de près d'un quart d’heure, les Russes se retirent sans avoir pu pénétrer dans la tranchée.
La seconde sortie, faite par cinq compagnies et une centaine de matelots eu^lieu vers une heure. A la faveur d’une nuit fort obscure et des couverts que forment les anciennes carrières situées dans le ravin à droite des attaques, les Russes ont pu arriver près des tranchées sans être signalés. Les compagnies du 46* de ligne, formant la garde de tranchée, ne furent pourtant pas surprises; elles reçurent l'ennemi par une décharge à bout portant. La fusillade dura un quart d'heure, puis les Russes furent attaqués à la baïonnette sur leur Iront et sur leur liane. Cet engagement fut moins meurtrier de part et d'autre que celui de la gauche.
Dans ces deux sorties, nous eûmes une quarantaine d'hommes hors de combat, dont trois oDlcicrs. La perte totale dans les vingtquatre heures, du 19 au 30, est de 13 tués, 3 officiers et 53 soldats blessés, et 1 officier disparu. La perte des Russes a dù être considérable: leurs rapports mentionnent 18 tués dont 2 officiers, et 74 blessés dont 3 officiers.
Le lieutenant-colonel Guérin et le chef de bataillon du génie Galop,
Nurt d«i 19 •« 90 jaamr.
Dmx soniM niMM.
Jtniruét Ju 90
chefs d’attaque; deux brigades de sapeurs et 704 travailleurs d'infanterie employés principalement à l’assainissement des tranchées.
On commence à placer, au pied du troisième gradin de franchissement de la troisième parallèle, des piquets reliés par de gros fils de fer, afin de faire trébucher tes Russes qui viendraient surprendre nos gardes de tranchée.
Ce travail a été terminé dans la nuit du Si au 25.
Joanfe du t7 jaawc. Le général de division ^'iei, aide de camp de l'Empereur, envoyé
Arritfa du *<ndral Biel, ° r r j
Il rruijn^'lfi “rZiiiii à l'armée d’Orient, débarque à Kamlesch; il apporte au
oriasiMtMudcriraiéo. général en chef une décision impériale du 10 janvier qui donne à l'armée l'organisation suivante^'^ :
ConuuuDildtit eu ebef. Cà.sr0Iieit, gcnéral de division.
Cbef d'ctal-major général. . . I)i MAlTtMFRir, général de brigade.
Cummaudant de l'arüllcric. . . Tuiav, général de diviaiuu.
Conimandanl du génie Dltov, général de brigade.
InlendanI général Ulakchot, inlendani niililalre.
1*' Corp*'
Cammandant en cher. ..... f><uafiH, général de division.
Chef d etal-major Ilrvar, général de brigade.
Commandant de l'artillerie. . . Lesoelf, général de brigade.
Commaadant du génie Tamia, général de brigade.
Intendant.. . . UoaiaiuxD, sous-intendant militaire.
Taoi'FEs. — l'* divUiun. Koeet, général de division.
— 4' — Levaillatt, gcnéral de division.
— 3* — Part, général de division.
— d' — De .Sael», général de division.
Réserve cl parc d'artiUerie.
Réserve et ptre du génie.
(*) Voir auEpièces jusiitteatives, N® S, ie tableau eomplet de cotte orgaiiiaaiiou , Üiéeet |K>rtée à la connaissance de l'armée par le général en cluT, le 9 février suivant. Ce tableau donne l'effectif de l'année h cette uiéiite date.
t' CorjHi.
Commandant nn cliof Hosot ET, général do division.
Chof dVlal-major TaocMf, général do brigado.
Commandant do l'arUllorio. . . Beciit, général de brigade.
Cooimandant du génie Fiossabd, colonel.
Intendant Buxn de Molixts, sous-intendant miliUiiro.
TaotTES. — I'* division. BotiAT, général de division.
— i* — CaaoL’, général de division.
— :i* — MsrasN, général de division .
— — DtiLse. général de division.
Réserve et parc d'arilllerio.
Réserve et |>are du génie.
Ré««rae (éBérale.
( Sens It ceaimamteiivnit direct du général en tbe(. )
Division d'inranlerie Biixrr, général de division.
Brigade de la garde impériale. l’HEica, général de brigade.
Division de cavalerie Humu, général de division.
Réserve et parc d'artillerie.
Réserve et parc du génie.
Troupes de l'administration.
Le général l'hrich arrive à Kamiescli avec un premier détacliemenl de la brigade do la garde impériale.
Le lieutenant-colonel Guérin et le cheP de bataillon Duboat, chefs d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 272 travailleurs d'infanterie.
On ouvre la communication qui doit relier l'extrême droite de la deuxième parallèle à la troisième, et la partie de celte dernière comprise entre la communication et le grand ravin du port du Sud. Le travail, qui comprend 340 mètres de développement, est exécuté par parties successives.
Les chefs de bataillon du génie Masson et Dumas, chefs d'attaque-, deux brigades de sapeurs et 101 travailleurs d'infanterie.
On fait une portion de troisième parallèle de 100 mètres de longueur à gauche de la communication ouverte la nuit précédente.
Xuil du )9 »u 90 iatiiwr.
Nuit du 30 fto 94 j«nfièr.
Nuil du 34 jinrier an 4*' ttrmr.
Sortie raa««.
Les chefs de bataillon du gt^iiie Masson et Sarlal, chefs d'attaque; deux brigades de sapeurs et 403 travailleurs d'iiifuntcrie.
On ouvre à la sape volante une portion de tranchée qui réunit l'extrême droite de nos attaques à la place d'armes dans laquelle se trouve la batterie n’20, ce qui complète la Iroisième parallèle à droite du bastion du mdt.
Vers quatre heures du malin , à la faveur d'une nuil sombre el neigeuse, les Russes sortent de la place par le ravin du fond du port, marcliant vers l'extrême droite de la troisième ivarallèle. Les éclaireurs SC réunissent dans la grande embuscade construite par les Russes mais retournée contre eux à environ 50 mètrc's en avant de la parallèle en cours d'exécution. Ils reçoivent l'ennemi par un feu à bout portant ; obligés de se retirer devant des forces supérieures, ils sont poursuivis jusque dans la parallèle qui, à l'extrême droite, ne présentait qu'un faible obstacle. Mais les Russes sont arrêtés par le parapet de la communication de la troisième parallèle avec la deuxième; là s’engage un combat opiniâtre. Pe.ndant ce temps, la garde de tranchée de la deuxième parallèle se met à faire feu, ce qui jette un grand désordre parmi les travailleurs de la troisième. Le capitaine du génie Fourcade est mortellement blessé en cherchant à rallier ses travailleurs pour les conduire au combat. Le clief de bataillon du génie Sarlat pau'vient à rassembler les travailleurs de la droite qu’il réunit à une bonne partie de ceux de la gauche pour marcher sur l'ennemi avec quelques compagnies du 42' de ligne. Les Russes, à l'arrivée de ce renfort, se retirent et .sont poursuivis jusqu'au delà de la grande embuscade. Dans cette poursuite trop vive, deux lieutenants disparaissent avec douze de leurs hommes. Au moment où elles SC retirent, nos troupes subissent des pertes sensibles par le feu de la place, des embuscades russes et de la réserve qui soutenait la colonne d'attaque. Le commandant Sarlat, cherchant à remettre de l’ordre parmi les travailleurs, tombe mortellemeul frappé
d’iinr* balle à lu Ofllcicr du génie des plus distingués, le commandant Sarlat s'était fait remarquer des soldats qui, à cause de son intrépidité et de sa petite taille, l'appelaient le petit lion.
Ces attaques nocturnes, si souvent répétées, étaient loin d'intimider nos troupes, mais nous y laissions nos plus braves soldats qui, en s'élançant hors du parapet pour repousser l'ennemi à la baïonnette, perdaient tous les avantages de leur position dans la trancliée. Le général en chef décida qu'à l'avenir, suivant les préceptes si recommandés par Vauban, nos soldats, loin d'arrêter l'ennemi lorsqu'il ferait une sortit;, le laisseraient au contraire s’tmgager le plus possible dans les tranchées, lui abandonnant momentanément celles qui lie sont pas terminées, pour lui faire supporter à découvert le feu meurtrier des parallèles et places d'armes préparées pour la défense; que ces dernières seules devaient être défendues avec acharnement ; enfui qu’il ne fallait s’élancer sur l’ennemi que lorsque déconcerté et rompu il se préparait à la retraite, et qu'il importait de s'arrêter assez tôt dans cette poursuite pour ne pas rester exposé au feu de la plaa; lorsque la rentrï-e des assiégés lui permettrait de le reprendre.
Les pertes du mois de janvier s’élevèrent à Oi hommes tués dont 2 officiers; 528 hommes blessés dont 23 officiers; io hommes disparus dont 3 officiers.
La moyenne du nombre de travailleurs employés aux tranchées et aux mines pendant le mois de janvier a été de ;
5 i sapeurs ou mineurs et tl7 soldais d'infanterie par journée.
W — 1Ü2 — par nuit.
Dès les premiers jours du mois de janvier l’hiver était devenu Irésrude. Dans la nuit du 3 au 5 le froid fut excessif et il se maiiitiiil ainsi pendant plusieurs jours. La neige tomba en abondance pendant presque tout le mois. [| fallut travailler sans cesse à l’enlever des tranchées et quelquefois un vent violent venait en peu de temps les
Lê ffl rli^r or.
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combler de nouveau. Le dégel qui commença le 18 janvier inouda les communications et occasionna quelques éboulements. Le parapet des tranchées allait en s'aflaiblissant constamment, parce qu’on Jetait toujours sur le revers les boues provenant des terres éboulées. Aussi le canon de la place fit-il souvent des trouées dans les parapets, surtout du cété do la quarantaine.
Le feu des Russes était fort vif par moments. Les projectiles creux devinrent de plus en plus nombreux. Vers la fin du mois, les batteries du bastion du màt tançaient, par salves, des paniers do grosses grenades ou petits obus qui courraient d'éclats la troisième parallèle et les communications en arrière jusqu’à la première parallèle.
Les troupes eurent beaucoup à souffrir des rigueurs de Thiver. üu 4 au 8 il y eut de nombreux cas de congélation des pieds qui nécessitaient des amputations presque toujours mortelles. Le général en chef suivait avec anxiété la marche du thermomètre ; un froid un peu plus rigoureux pouvait nous enlever en une nuit toute la garde de tranchée, car nos malheureux soldats forcés à l’immobilité sentaient leurs pieds se glacer sans pouvoir marcher pour les réchauffer. Pour mettre fin à tant de souffrances, les soldats ne cessaient de demander l’assaut, mais leur constance n’était pas ébranlée. Même au milieu des blessés cl des malades qu’on soignait sous la lente on n’entendait jamais un murmure.
Beaucoup de chevaux ne purent résister à la rigueur de la température; chaque journée de froid eu faisait périr un grand nombre. Du (5 au 7 janvier, on en perdit jusqu’à 72 dans Ira 2i heures.
Le nombre des malades devint très-considérable pendant le mois de janvier. Il y eut souvent de 250 à 3f)0 entrées aux ambulances par jour ; ce nombre s’éleva même, du G au 7 janvier, à 525. La plupart des malades étaient journellement évacués sur Constantinople, où l’on avait créé de vastes hôpitaux qui déjà pouvaient en recevoir 7,000, et dont la contenance allait être portée à 12,000. Cependant
il y avait environ â,000 malades ou blessés dans ies ambulances de la Crimée.
A la fin du mois de janvier, l’elTeclif de l’armée française était de
75.000 hommes, 0,500 chevaux de troupe et 3,500 chevaux de selle ou de bàt au service des officiers et de l'administration. Mais il faut en déduire les malades et environ 6,000 hommes qui, détachés pour des senices divers, ne pouvaient être compris au nombre des combattants.
Les Anglais souiïrirent plus encore que les Français. Le bois manquant souvent et les soldats se nourrissant isolément, plusieurs en étaient réduits à manger leurs aliments crus ; aussi la maladie sévissait d'une manière elTrayante dans les rangs anglais. On avait envoyé
54.000 hommes en Crimée ; il n'en restait au 18 janvier que 27,000, dont 14,000 à peine étaient en état de faire le service de la tranchée. La cavalerie était presque détruite.
Nous avons décrit l’état de la place de Sc‘basto|H>l au 1" décembre 1854. Depuis cette époque, les Russes n'ont pas cessé de travailler à renforcer les défenses de l’enceinte. Kn avant du fort et du bastion de la quarantaine, les contre-approches ont été successivement étendues et armées d'une nombreuse artilierie qui prend des nu-s fort gênantes sur la gauche de nus attaques (batterie Chémiakine). En arrière du bastion central, les batteries de la seconde enceinte ont été mises en très-bon état et reliées entre elles! on a fait disparaître, en avant et en arrière de ces batteries, tous les bAtiments et débris qui pouvaient gêner leur feu, produire des éclats dangereux ou protéger une colonne d'assaut. La petite batterie busse à quatre embrasures, placée devant la face gauche du bastion du mât , n’est pas encore armée, mais l’assiégé y maintient des tirailleurs qui ont construit des créneaux en sacs à terre sur la crête des merlons. Le bastion du mât a été réparé et amélioré; le prolongement de son flanc
MOIS DE réfRIES.
FAITS CÈSC&All.
Trafiat des Butsrs depuis k 4*' décefobre.
droit a été exhaussé' do uianiérc à bien couvrir le terre-plein, et disposé en crémaillère pour mieux battre le terrain des attaques.
Dans le courant de janvier, les Russes ont augmenté encore leims' défenses entre le bastion du màt et le fond du port. A’ers la fin du même mois, une nouvelle batterie, située au pied de celle de la terrasse, a été armée de canons et de mortiers, l'n fort épaulement ferme le rentrant du bastion du mitt à son épaule gauche, et une ligne d'abatis protège la courtine qui descend au fond du port. En avant de cette courtine, sur le bord de l'escarpement, on a solidement établi trois postes pour des tirailleurs avancés. De nombreux blindages ont été construits dans le bastion. La batterie située à la droite de celle de la terrasse a été agrandie et est devenue un véritable ouvrage. Los batteries (|ui se trouvent en arriére de celle de la terrasse ont été perfectionnées et reliées entre elles. .\u commencement du mois de fév rier, les Russes sont occupés à creuser des fossés en avant de ces batteries. Ils travaillent aussi à perfectionner et à étendre celles qui couronnent la partie culminante de lu ville.
Le grand redan 'liastion n" 3) a été restauré et son fossé approfondi. On perfectionne les batteries placées à sa droite, et on en élève de nouvelles en arriére, en seconde ligne. Ces travaux s’exécutent avec une grande activité.
Les Russes travaillent constamment au fort qui couronne le mamelon .MalakolT, en arriére de la tour. La batterie demi-circulaire qui enveloppe cette tour a été remise en bon état et exhaussée. Les abords de cet ouvrage sont protégés par des abatis et des embuscades de tirailleurs. Dans le courant de février, les Russes achèvent de démolir toute la partie supérieure de la tour MalakolT qui n'était pas couverte par le parapet.
Au nord du grand port, l'ennemi travaille depuis le mois de décembre à établir un camp retranché reliant le fort du nord , d'un
c6té, aux eacarpemenU de la falaise, de l’autre, à uu point de la rive du port situé vis-à-vis de la baie du carénage; le 22 janvier, il a commencé, sur la côte, entre le Fort du Nord et la tour maximilienne, un nouvel ouvrage qui parait être une grande redoute.
Dans les premiers jours de février, l’armée anglaise reçut des Ui*o«uiiMM»njmiii ouvriers civils qui Furent chargés de construire un chemin de fer allant de Balaclava aux camps anglais. Ce chemin , achevé dès la seconde moitié du mois de mars , rendit plus tard de grands serv ices aux Anglais pour le transport de leur matériel de guerre.
Voici où en étaient arrivées les attaques anglaises au commence- Èm d'anoctmem
dfHâUa^UMiDgUiMstiu
ment du mois de février. «mnMOMrotm de
fe>ner.
A l’attaque de gauche, la deuxième parallèle était achevée depuis l’escarpement du grand ravin des Anglais jusqu’au fond du ravin du laboratoire, où elle barrait la route WoronzolT. Un épaulemeiit isolé barrait en outre cette route, un peu en avant de la première parallèle. La communication entre la première et la deuxième parallèle n’existait pas encore ; on passait par les ravins. En avant de la deuxième parallèle, six boyaux en zigzag conduisaient à la troisième parallèle amorcée sur environ U50 mètres de longueur ; à l'extrémité du quatrième de ces boyaux se trouvait, à la droite du cheininenieiit, une place d’armes de I M) mètres de longueur.
A l’attaque de droite, la première parallèle avait été étendue jusque sur l'escarpement du ravin du laboratoire. Deux communications conduisaient à la deuxième parallèle entièrement exécutée : l'une parlant de la première parallèle , im peu à gauche des batteries Gordon, l'autre de la batterie n" 3. La parallèle qui relie les extrémités de ces cheminements fut |)lus tard appelée troisième parallèle, et l’on donna le nom de deuxième parallèle à une tranchée ou place d’armes intermédiaire qui n’existait pas en février. On avait ouveit, en outre, dans les deux attaques, quelques communications passant en arrière des batteries de la première parallèle. Aucune nou-
ts
Difficultés du 4*' |d*n d'ilUque.
vcllc batterie n’avait encore été ajoutée aux batteries (^apman et Gordon.
On a vai qu’aprés la bataille d'Inkennann les généraux en chef avaient ajourné l'assaut jusqu’au moment où les renforts annoncés en hommes et en matériel seraient arrivés.
L'armée avait été renforcée en effet , et un surcroît de matériel était arrivé dans les ports; mais le général Tliiry éprouvait les plus grandes difficultés pour transporter ce matériel jusqu'aux parcs de siège. Depuis le port de Kamiescb jusqu’à la queue des tranchées on trouvait une terre argileuse qui se défonçait profondément sous le poids des roues. Il fallait transporter à bras la plus grande partie des projectiles , et les terres imbibées d’eau ne supportaient pas même le pied des hommes; les tranchées étaient devenues des bourbiers souvent impossibles à dessécher, à cause des bancs de rocher qui arrêtaient l’écoulement des eaux. Les trois mois d'hiver qui venaient de s'écouler avaient donc été peu profitahlcs aux travaux du siège, surtout du cùté des Anglais, qui avaient souffert beaucoup par les maladies. Malheureusement il n’en était pas de même chez les Russes, qui trouvaient dans les arsenaux de Sébastopol des ressources inépuisables , et qui avaient des rues empierrées pour faire parcourir à leur matériel la petite distance qui séparait le port du Sud, ou la baie de l’artillerie, des ouvrages à anner. Notre artillerie avait augmenté 1<; nombre de ses batteries; mais réduite à garder le silence pour ménager ses approvisionnements, en attendant l’ouverture générale du feu, elle n’avait pu mettre obstacle à la construction des nouveaux ouvrages et à l'armement de toute l’enceinte de la place, qui avait pris une extension dont un n’a certainement jamais vu d’exemple. La seconde enceinte était aussi fortement armée, et sur tous les imints de la ville qui avaient des vues soit sur nos atta(pies, soit sur le terre-plein des ouv rages avancé-s, on voyait tous les jours s’élever de nouvelles batteries auxquelles l'armée russe
Iravaillail à dt;couverl. (Quoique toutes les fon'ts des environs de Sébastopol fussent à la disposition des Russes, ils démolissaient les toitures des maisons de la ville, pour établir partout des blindages afln de protéger la garnison contre nos feux courbes. Enfin, on apercevait des barricades élevées dans les rues pour former plusieurs lignes de défense en arrière des ouvrages de l’enceinte.
Derrière ces formidables défenses se trouvait une armée peut-être aussi nombreuse que la nétre, et dont la bravoure ne pouvait pas être mise en doute. Il s'agissait donc de livrer ime bataille plutôt que de donner un assaut. Or, l'attaque projetée, qui portait la lutte sur un terrain étroit et coupé de ravins, ne permettait pas de déployer assez de troupes, et, si l’on parvenait à s’emparer d'une part du bastion central et du bastion du mât, de l'autre, de la batterie des casernes et du redan l’ennemi conserverait encore les positions dominantes, soit dans la ville, soit dans le faubourg.
Le mamelon de Malakoff était incontestablement le véritable point AvinUf» du roim « md’attaque do la place de Sébastopol ; de cette position on dominait tout le faubourg Karabelnaya , et on prenait des revers sur les portions d’enceinte qui .se trouvaient à sa droite et à sa gauche, notamment sur le redan attaqué par les Anglais. La prise de ce mamelon faisait donc tomber tout le faubourg, et la possession du faubourg permettant d’agir à bonne portée contre la llolte et de couper les communications de l’ennemi à travers le port , on devait s’attendre à CO qu’elle entraînerait la chute de la ville. Enfin, si on se décidait à investir la place , nos établissements au nord du port feraient marcher à grands pas l'attaque sur les fronts de Malakoff; car l’ennemi se trouverait pris à dos dans la majeure partie des défenses du faubourg.
Les avantages de ce point d’attaque ne pouvaient pas être contestés, mais il s’élevait des objections graves contre l’abandon du plan qui avait été d'abord adopté. En effet, on ne devait certaine-
ment pas abandonner l’attaque de la ville qui, même dans le cas où celle du faubourg deviendrait le but principal de nos efforts , aurait encore l’avantage de diviser les moyens de défense de l’ennemi; or, si on doublait pour ainsi dire le développement des tranchées, en entreprenant une nouvelle attaque sur le front de MalakolT, n’en résulterait-il pas une trop grande fatigue pour les troupes? ne risquerait-on pas do manquer do matériel? enfin, pourrait-on présenter partout une résistance suffisante contre les sorties de l’ennemi?
Les renforts annoncés permettaient de répondre dans une certaine mesure aux deux premières objections ; quant à la troisième, on ne pouvait passer outre qu’en se fondant sur la conduite antérieure des Russes. Ils avaient bien harcelé nos gardes de tranchée par de petites sorties de nuit, mais, à l’exception de l’attaque du 5 novembre qui se liait à la bataille d’inkermann, ils n’avaient fait aucune grande sortie de jour, même pendant les matinées d’hiver, alors que nos soldats, trop engourdis par le froid pour pouvoir faire le coup de feu, auraient pu être assaillis inopinément par de fortes colonnes composées de troupes choisies ayant passé la nuit à couvert.
On <Ucki< >|w <1- Toutes ces considérations ayant été bien pesées, les généraux en
Uqses Mronl fwrtéêii «
i^Tnwidê mukoff. chef décidèrent : que des travaux d’approche seraient exécutés du côté de MalakolT, afin de pouvoir entrer dans la place par ce point culminant en même temps qu’on donnerait l'assaut par la ville ; que toutefois si, après la réouverture générale du feu, l'attaque de la ville faisait de grands progrès , on n’attendrait pas , pour donner l’assaut , que celle du faubourg eût été poussée jusqu'au front de MalakolT. Par suite de ces dispositions et pour ne pas trop retarder l’ouverture du feu, il fut convenu que pendant que l’artillerie française terminerait et approvisionnerait les batteries qui étaient en construction devant le bastion central, on en construirait deux nouvelles, l’une de 8 pièces (n‘ 9) dans la parallèle de droite des attaques anglaises, l’autre de 15 pièces au moins (n° 1) sur le plateau du carénage. C«^s deux bat-
leries étainnt destinées à croiser leurs feux sur le mamelon situé à 600 mètres en avant de la tour MalakofT {mamelon verl), ainsi que sur le col qui sépare ce mamelon de celui de la tour. Les Français devaient exécuter la batterie de 15 pièces et les cheminements qu’elie comportait, ainsi que les travaux d’approclie ayant pour but de préparer l’établissement d’une parallèle et d'une forte batterie sur le mamelon vert.
Ces travaux préparatoires terminés, on devait ouvrir de nouveau le feu de toutes les batteries anglaises et françaises avec des approvisionnements sullisants pour le continuer pendant quelques jours ; puis, sous la protection de ce feu, exécuter des travaux d’approche sur le bastion central pour poux oir l’aborder de près ainsi que celui du mât. Les Anglais se rapprocheraient aussi du redan, et on couronnerait le mamelon vert pour y établir une batterie de 15 pièces construite en sacs à terre; l’armement et l’approvisionnement de cette batterie pouvant être préparés à l'avance et conduits sur les lieux, on devait compter qu’elle serait promptement exécutée. Enfin, sur tous les points des, attaques on s’efforcerait de pousser les cheminements assez près de la place pour diminuer le plus possible le trajet que les colonnes d’attaque auraient à parcourir à découvert.
Toutes ces dispositions furent arrêtées le 2 février, et le 2' corps, commandé par le général Bosquet, fut chargé des travaux d'attaque qui allaient être entrepris, à la droite des .iVnglais, contre le front de Malakoff.
Suivant la nouvelle organisation de l’armée, le général Pélissier, débarqué le 9 février à Kamiesch, prend le commandement du 1" corps. Le 2* corps, formé par les anciennes divisions (l", 2* et 3') du corps d'observation, est renforcé d’une V division (ancienne 7'). Les divisions Bouatet Camou (l"et 2') conservent leurs positions; la division Mayran (3*) va s’établir en entier prés d’un moulin à v ent en maçonnerie utilist* par les Anglais comme magasin à poudre, et