‹ Siège de SébastopolChapitre 9 sur 82 · MOIS DE MARS · texte numérisé non relu

MOIS DE MARS

MoM lit i’Rfnpertur NiceU». — OiaBgfnient <}e eomrosndefDent 4*9 «nuées russes.

Akiftiulre II surrhic « Niroli-* I.

^TTA^rES DC CArCIIE.

L'insuccès de l'attaque d'Eupatoria parait avoir eu un grand retentissement à Saint-Pétersbourg et avoir vivement afTecté l'Empereur Nicolas, déjà fort malade. Peut-être n’a-t-il pas été sans inlluence sur le rappel du prince Menschikolî, qui remit le commandement de l’armée de Crimée au général Ostcn-Sacken, le 2 mars, le jour même où l'Empereur Nicolas expirait à Saint-Pétersbourg. Le prince GortchakofT II reçut le commandement général des armées du Sud, comprenant celle de Crimée et celle qui campait sur les bords du Dniester, en Bessarabie, en Podolie et en Volhynie, et qui était sous le commandement spécial du général Luders.

L'Empereur Nicolas I" fut remplacé sur le trône de Russie par son lils, Alexandre II. La diplomatie et l’opinion publique fondèrent sur cet évènement des espérances de paix ; mais les conférences ouvertes à Vienne le 15 mars n’eurent aucun résultat et ne pouvaient guère en avoir, en face de diflicultés que la prise de Sébastopol pouvait seule faire disparaître.

Dans les premiers jours du mois de mars, le général Osten-Sacken lit sortir de Sébastopol toutes les femmes qui s’y trouvaient. Le grand-duc Nicolas adoucit les rigueurs de cette mesure en faisant remettre une indemnité à (outes les femmes pauvres.

Dans les tranchées françaises de l’attaque de gauche (contre la ville), on s’occupe, pendant tout le mois de mars, à réparer et renforcer les parapets des tranchées, à pétarder le roc dans les parties lion encore arrivées à profondeur, à établir des gradins et des créneaux dans les parallèles, et à construire des traverses contre les embuscades russes, notamment dans la longue branche du T. On travaille aus.si, pendant tout le mois, à élever un mur en pierres sèches reliant la gauche de la ligne de contrevallation, près du lazaret, au fond de lu baie de la quarantaine ; v ers la tin du mois, on creuse une tranchée derriért* ce mur.

A dix hcurüs du matin, les Husscs font Jouer dans leur entonnoir un i>etit fourneau {d,) qui ne nous fait aucun mal.

On entend le mineur russe de tous les rameaux avancé 1, % 10 et 11, où notre mineur chemine.

Un second ventilateur, qui vient d’ètre établi dans la galerie de droite avec des gaines en bois, donne beaucoup plus d’air que le premier ; il nous permet d’augmenter le nombre des attaques et d’ouvrir le rameau de communication 13.

Vers neuf heures du soir, les Rosses font jouer coup sur coup deux fourneaux qui produisent un entonnoir devant la face gauche du bastion du màt, en arrière des abatis, et fort loin de nos attaques. La place accompagne ces explosions (dont les entonnoirs ne flgurent pas sur nos plans) d’une grêle d’obus et de grenades qu’elle envoie sur les tranchées. Vers onze heures, l’ennemi fait un nouvel entonnoir (dg) devant la face droite du bastion du mât. Ces explosions ne peuvent s’expliquer que par une bien fausse appréciation des mineurs russes sur le point où en sont arrivées nos tètes de galeries.

Les Anglais commencent la construction d’une batterie de €t pièces (n” 7) en avant de l’extrême gauche de leur troisième parallèle. Celle batterie concourra avec la batterie française n" 26 à battre le port du Sud et les défenses adjacentes.

.V cinq heures du matin, les Russes font jouer dans leur entonnoir un fourneau (J,) qui ne nous cause aucun dommage. Ils envoient en même temps une grande quantité d’obus et de grenades sur les tranchées.

Plusieurs observations constatent que le travail fait à la pioche, dans notre couche d’argile, s’entend dans les rameaux à 30 mètres de distance.

Vers onze heures du soir, ou amène dans la troisième parallèle, devant le bastion du mât, 2 petits mortiers qui lancent pendanl la nuit une vingtaine de bombes sur le glacis du bastion ; les batteries

JourbtH! (Ju mars.

UiDC9 (Pl.LX, 4}

louriM Ju 1 mir>.

lliiKf.

Journée Ju 3 marv.

MiOès.

.Nuil du l au 5 uMr>.

Iltnts.

Nuit Jtt 5 *11 6 iiur».

— lüO —

JouroM do 0 n»r».

Uiùn.

Journée d« 7 uia».

Ntul du «U 9 mari.

J'Miroec du 9 mar^.

Midcs

Jouroiéf du JO uiar«.

Miftci.

Juuriide du U mara.

Ua Ruu&i

dunuenl loti:* lea joura pltt« dVkletiMon * leurai c<HUreuMnc9.

(le la deuxième parallèle cberchenl également à gêner le travail de l'ennemi par des obus qui paraissent très-bien dirigés.

A. une heure de l'après-midi, l'ennemi Tait encore jouer un fourneau (d,) qui ne nous atteint pas.

A cinq heures, l’artillerie commence à lancer de la rive £st de la baie de Strèlitzka des fusées à longue portée sur le parc aux voitures établi par les Kusses entre le fort du Nord et le fort Catherine. Les fusées portent bien et Jettent le désordre dans le parc dont les voitures sont emroené(;s à la hâte.

Le chef de bataillon du génie Noël et le lieutenant Delaboissière, chefs d'attaque; âbrigadt^sde sapeurs et (>52 travailleurs d'infanterie.

On ouvre à la sape volante, sur 2(K) mètres de longueur, une portion de place d'armes ou parallèle en avant de la troisième parallèle, du cèlé du cimetière. On exécute en même temps une communication de 2üU mètres de longueur, destinée à relier la nouvelle trancliée à la troisième parallèle en arrière.

\ huit henres et demie du soir, les Russes ont fait d’une de leurs embuscades mie petite sortie probablement chargée de reconnaître le travail des assiégeants. Puis ils ont dirigé contre les travailleurs un feu vif qui a mis 30 hommes hors de combat.

Les Russes continuent à tirer activement sur les nouveaux travaux, «lue l'on est obligé d'interrompre larndant le Jour.

Une forte explosion russe {d,) a lieu à cinq heures du matin; les gaz ont pénétré dans les rameaux avancés, d'oit notre mineur a dù être retiré pendant quelques instants.

Notre mineur a poussé la galerie de gauche Jusqu'à 05 mètres de la troisième parallèle; il entend devant lui, et pour la première fois, le contre-mineur qui exécute un travail de pétardement.

Les terres Jetées par le mineur russe sur la contr(»carpe du bastion du mèt augmentent continuellement et l'espace qu'elles lecon- V reut s'étend de plus en plus vers les lianes; nous entendons d'ail-

leuni le travail de l’ennemi à 12 ou 15 mètres devant chacune de nos galeries. Ainsi, aucun doute ne peut nous rester sur les préparatifs considérables que fait l’ennemi pour arrêter nos cheminements souterrains.

Nous nous trouvons dans les conditions les plus défavorables pour une guerre souterraine. Le mineur russe, bien établi dans la couche d’argile, est protégé par le banc de rocher supérieur contre les globes de compression. Il s’approvisionne et s'aére plus facilement que nous, soit par le fossé du bastion du mét, soit par le dessus du glacis. Le point où vont se rencontrer les mineurs étant plus rapproché du fossé que de la troisième parallèle, si nous ouvrons des entonnoirs isolés, l’ennemi, soutenu par les feux de sa nombreuse artillerie, a plus de chances que nous d’en rester maître. Ou ne peut espérer de former un établissement solide sur nos tètes de rameaux qu’eu disposant les fourneaux de telle sorte que leur explosion simultanée nous ouvre une vaste excavation, servant de quatrième parallèle, dans laquelle on pourra jeter une garde assez forte pour résister aux sorties de la place, même dans le cas où les communications en arrière, si difficiles à établir sur le rocher, ne seraient pas encore bien assurées. C’est toujours vers ce but que tendent les elTurts de nos mineurs. Le capitaine du génie Pingault est particulièrement chargé de tout préparer pour mettre ce projet à exécution ; il a sous ses ordres les capitaines Berrier et Coste et les lieutenants de Longraye et Mengin, qui sont successivement de service pendant vingt-quatre heures.

Les chefs de bataillon du génie Galop et Noël, chefs d’attaque ; M Ju U «U iiur>. deux brigades de sapeurs et 767 travailleurs d'infanterie.

On prolonge vers la droite, sur une longueur de 100 mètres, la tranchée ouverte dans la nuit du 8. On ouvre, sur 165 mètres, une nouvelle portion de la même tranchée à partir de la gauche du T.

Les extrémités de ces deux cheminements se trouvent à 200 mètres

— lh-2 —

rime de. l’autre. Le terrain est de mauvaise qualité; au jour, on est obligé d’évacuer les nouvelles tranchées qui no sont pas encore tenables. Les Russes ont éclairé le travail par deux pots à feu, et ils ont dirigé sur les travailleurs , jusqu’à minuit , un feu très-vif de mousqueterie, d'obus et de mitraille. Nos pertes se sont élevées, y compris celles de la journée du 14, à 9 tués dont 1 capitaine, et 34 blessés.

Nuit ilu IS au 10 mars. Le chef de bataillon du génie Mangin, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 4(i() travailleurs d'infanterie.

On complète par une tranchée de 300 mètres de longueur l’espèce de parallèle exécutée à la gauche du T. Cette nouvelle tranchée sr‘ trouve ainsi ouverte siu* 050 mètres de longueur. Elle barre le ravin qui longe le mur crénelé et par lequel les Russes font souvent des sorties, et elle forme une excellente place d’armes pour appuyer les cheminements que l’on doit entreprendre contre le bastion central. Au commencement de la nuit, le feu de la place a été vif et nous a causé quelques pertes. Au jour, on a retiré la garde et les travailleurs do la nouvelle tranchée, où les boulets du bastion central ont ouvert plusieurs brèches en renversant les gabions.

Sofiie nutt. V ers dix heures du soir, une colonne de 5 à 000 volontaires russes, soutenue par des réserves, est sortie du bastion de la quarantaine pour attaquer la gauche de la contrevallation. Deux compagnies, l’une du 10* bataillon de chasseurs à pied, l’autre du 3* régiment de la légion étrangère, restent immobiles dans la tranchée pour les laisser approcher, et elles les reçoivent par une décharge à bout portant. Voyant l’ennemi en désordre, nos soldats le chargent à la baïonnette et l’accompagnent dans sa retraite par une fusillade nourrie. Dans cette sortie, qui fut repoussée en suivant les règles prescrites dans les sièges, les Russes, qui ne nous firent presque aucun mal, laissèrent 39 cadavres entre nos mains.

su«e. (w. X, «J. i;. lin peu après minuit, l’ennemi fait jouer un fourneau (d„). La

— uw —

fumé»; a pénétré dans notre galt;rie de droite qui n'a pas été endommagée, et nos mineurs n’ont pas même interrompu leur travail.

A la pointe du jour, le capitaine du génie de Présen ille est grièvement blessé d'une balle au cou, dans la portion de la nouvelle tranchée voisine du T, où l'on est encore fort mal couvert.

Vers huit heures du soir, trois détachements d'infanterie s’emparent des embuscades russes situées en avant de la même tranchée, entre le ravin de la ville et le cimetière ; l’ennemi les abandonne sans résistance. On rase les quatre embuscades voisines du T. L’artillerie française fait pendant deux heures un feu soutenu de 16 obusiers et de 60 mortiers; mais ce feu ayant cessé à une heure du matin, les Russ«;8 sont revenus dans leurs embuscades et les ont rétablies.

Les rameaux 1 et 5 sont réunis. Dès que la transversale est ouverte, il s’établit un courant d’air qui assainit les galeries et produit une grande amélioration dans la position de nos mineurs.

Le chef de bataillon du génie Tholer, qui vient d’arriver de France, prend la direction du service des mines ; le capitaine Pingault sen ira comme adjoint au commandant Tholer.

On entend travailler le mineur russe sur tout le front de nos cheminements, et on se tient sur la défensive avec quelques fourneaux et des camouflets chargés et bourrés.

On entreprend six nouveaux rameaux, 26, 27 et 28 h droite, 26, .10 et 31 à gauche ; cinq d’entre eux sont destinés à recevoir des fourneaux dont l’explosion pourra faciliter la construction des communications qui devront joindre la troisième à la quatrième parallèle. On continue les cheminements 6, 17,25,22, 18, 21, 2, et le magasin 24. Ces travaux exigent beaucoup de monde ; on emploie 80 auxiliaires d’infanterie pendant le jour, et 100 pendant la nuit; 20 de ces derniers sont occupés à jeter sur le paraptd

Jouni^ da 48 m»r«.

Joaroée du 49 irur<.

du 14 nair*.

Mute».

Jùiini^é du 12 tn»r*.

Mmra.

Viti! ifii H flü Î3 iDâr<.

da t3 msn.

Ifinei.

JoQrvét du 31 msn H uuit ftuirsntr.

Tntssi dH Bqssh peodsat le mois de msn.

Perles du I*' corps.

.Nomltrc de irsvailUur* emplof^s.

(le la troisième parallèle la grande quantité de terre qu’on lire des galeries.

Les Russes aj'unl fait une grande sortie contre les attaques du faubourg Karabelnaya, le travail a été suspendu ; tout le monde se tient sous les armes. L’artillerie lance des fusées qui allument en ville un incendie vers lequel nos mortiers concentrent leur feu jusqu'au jour, f^es batteries de la place n’ont presque pas répondu à ce feu.

Au point du jour, les Russes font jouer un fourneau (d„) devant notre rameau 20 qui est remblayé sur la moitié de sa longueur par l'éboulement de ses deux parois d’argile ; le ciel de roc est fortement ébranlé aux environs. Ce rameau, terminé de la veille, était vide ; personne n’est atteint.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 2o0 travailleurs de jour; 103 travailleurs de nuit.

On ouvre sur 130 mètres de longueur, à partir du chemin qui passe derrière les batteries n“ 30 et 31, une portion de la communication qui doit relier ces batteries à celle du fort génois (n“ 37).

Pendant le mois de mars, les Russes ont travaillé principalement à élargir et approfondir les fossés du bastion central , à relier la lunette Schwartz à ce bastion , à établir devant les contrescarpes des masques surmontés de créneaux, espèces de chemins couverts, et à étendre et relier entre eux les ouvrages de contre-approche de la quarantaine.

Au nord du port , ils ont continué le camp retranché qui s’appuie au fort du nord, et commencé une nouvelle batterie couronnant un petit mamelon situé entre la tour maximilicnne et le fort Constantin.

Les pertes du 1" corps ont été, pendant le mois de mars, de 85 tués dont 3 officiers ; 423 blessés dont 12 officiers ; 5 disparus.

Le nombre de travailleurs employés aux tranchées et aux mines a éU' en moyenne de :

80 sapeurs ou mineurs et 576 soldais d'infanterie par journée;

72 — 275 — par nuit.

Le chef de bataillon du génie Masson, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 500 travailleurs d’infanterie.

On prolonge de 324 mètres la communication entre la droite des attaques et la place d'armes anglo-française.

Les Russes travaillent activement à leur redoute Volhynie.

Pertes du l" au 2 : 5 hommes blessés.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et 500 travailleurs d’infanterie.

On achève la communication de la droite par l’ouverture d’une tranchée de 350 mètres de développement , aboutissant à la place d’armes anglo-française. On exécute en outre une communication de 80 mètres donnant accès à la batterie n’ 3, et l’on commence trois nouvelles embuscades en avant du retour de droite de la parallèle.

Vers le milieu de la nuit, les bateaux à vapeur qui stationnent au fond du port lancent 30 à 40 boulets et obus contre les travailleurs; ces projectiles ne blessent personne.

Au jour, on s’aperçoit que les Russes construisent une communication entre les redoutes Sèlinghinsk et Volhynie.

Pertes du 2 au 5 ; 4 tués; 2 officiers et 29 soldats blessés; 2 disparus.

Le chef de bataillon du génie Masson, chef d’attaque; une brigade de sapeurs et 500 travailleurs d’infanterie.

On ouvre, sur une longueur de 60 mètres , à la droite de la batterie n“ 3, une tranchée destinée à recevoir les magasins à poudre de cette batterie. On transforme en place d’armes une embuscade construite la nuit précédente à l’extrémité du contrefort, vis-à-vis de la station des bateaux à vapeur russes , et on ouvre, sur 250 mètres.

ATTAOrrS DR DKOITr.

\oU du 4" »u î raiT«.

?fttU du t ao 3 mars.

Hdü do 5 au 6 nar*.

une partie de la communication qui permettra d'aller à couvttrt à celle place d’armes.

iMrtifc du 6 m»r«. A six beures du malin , la batterie du fond du port, servie par les Anglais, ouvre son feu r elle lance 36 boulets rouges et 34 obus contre les bateaux à vapeur qui sont forcés de se retirer. Les Russes la contrebattent sans grand résultat , par les feux de plusieurs batteries établies sur la rive nord du port (celles dites du phare, celles de la redoute située plus haut, et la batterie dite en crémaffiére). Ce combat d’artillerie cesse vers huit heures.

Pertes du 5 au 6 : 4 hommes blessés.

Naît dit sn 7 mars. Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque; deux brigades de sapeurs et 813 travailleurs d’infanterie.

On achève d'ouvrir la communication avec l’embuscade de l’extrême droite, qui doit être agrandie et transformée en place d’armes. On ouvre aussi une nouvelle communication à l’extrême gauche de la parallèle , et on commence la construction d'un mur barrant le ravin du carénage un peu en arrière de la parallèle , afin de masquer la communication à travers ce ravin aux vues du poste russe établi sur sa berge gauche.

Pertes du 6 au 7 : 1 tué; 5 blessés.

Nhii tln 7 au H marc. Le chef de bataillon du génie Dumas, chef d’attaque ; une brigade de sapeurs et816 travailleurs d’infanterie.

On prolonge de 18 mètres la face gauche de la place d’armes de l’extrême droite ; on continue la communication de gauche et le mur de masque dans le ravin du carénage. A la fin de la nuit, ce mur u 100 mètres de longueur sur 3^15 de hauteur.

Les Russes ont commencé deux branches d’une crémaillèn' qni, partant de la gauche de la redoute Volhynie, couronne à peu près le sommet du contrefort qui fait face à celui de notre place d’armes.

Pertes du 7 au H ; 1 tué.

Nuki ilu 8 a« 9 niari.

Le chef de iMitaillon du génie Malcur, chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 824 travailleurs d’infanterie.

On prolonge la face gauche de la place d’armes de droite ; on ouvre, sur la gauche de la batterie n" 4, un boyau destiné à recevoir les magasins à poudre de cette batterie ; enfin, on construit une embuscade en gabions, à environ 90 mètres en avant du saillant de l'enveloppe de la batterie n* 1.

Les Russes ont prolongé la tranchée à droite de la redoute V olhy nie .

Pertes du 8 au 9 : 1 blessé.

Le chef de bataillon du génie Masson , chef d'attaque ; deux brigades de sapeurs et 700 travailleurs d'infanterie.

On perfectionne l'embuscade commencée la veille ; on lui donne deux petits flancs, et on ouvre, sur 180 mètres de longueur, une communication en zigzag. On termine cette nuit le mur qui barre le ravin do carénage.

Pertes du 9 au 10 ; 3 blessés.

Le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque; une brigade de sapeurs et 838 travailleurs d'infanterie.

On creuse un fossé devant la place d'armes de droite , qui doit être transformée en batterie (n° 6). On ouvre, à partir de l'embuscade, en avant de la batterie n" 1, un boyau de 80 mètres de longueur qui se dirige vers le ravin du carénage.

Pertes du 10 au 11 : 2 tués ; 3 blessés.

Dés que les brouillards du matin se sont dissipés, on s'aperçoit que les Russes ont commencé dans la nuit, sur le mamelon vert, la construction d’un grand ouvrage en terre ; ils avaient entouré le plateau supérieur du mamelon d’un mur en pierres sèches, derrière lequel de nombreux travailleurs creusaient déjà un fossé. Les Russes appelèrent ce nouvel ouvrage redoute Kamtchatku , du nom du régiment qui y fut employé ; les alliés le désignèrent sous le nom d'ouvrage du mamelon vert. (Voir PI. VIII.)

Nuit du 9 au 10 laar!*.

Nuil du lO au M uur».

Journée du H mtr» fl nuit fuiviQle.

Las Russes entre- (trtiinciil la ronstruction d'un ourrage fur le ratmelon lerl.

— Iti8 —

On leiMKr • ouattr L'occupaUon du mameloii vert par les Russes empêcha les alliés

le ounteloB «ert de vite *

de prendre eux-mêmes possession de ce point important , comme ils en avaient l’intention, aussitôt que les batteries du carénage et la batterie n” 9 des Anglais pourraient ouvrir leur feu. Malheureusement, la construction des batteries du carénage avait présenté de très^andes difficultés. Les tranchées creusées dans le roc donnaient des parapets en pierrailles facilement endommagés par les boulets de l’ennemi, et qui produisaient des éclats dangereux pour les hommes de garde. Pour renforcer ces parapets, les travailleurs sortaient des tranchées pendant la nuit et grattaient le sol pour couvrir les pierres d’un peu de terre ; mais ces moyens ne pouvant suffire pour former le coflre des batteries, auquel on était obligé de donner des épaisseurs inusitées pour résister aux pièces de gros calibre qui armaient la place, il fallait aller cb^cher la terre au loin et l’apporter dans des sacs. La batterie n* 3 a dù être établie tout entière en relief au-dessus du sol , au moyen de sacs à terre. Le matériel qui venait de Kamiesch ou de Balaclava ne pouvait arriver qu’à grand' peine sur le plateau du carénage , et on n’en avait même pas en quantité suffisante; il avait fallu, pour armer les batteries, mettre en commun les ressources des deux armées , ce qui avait bien des inconvénients. Enfln , le 10 mars , on comptait que les batteries n” 1 du carénage et n° 9 des Anglais pourraient ouvrir leur feu très-prochainement, et on réunissait le matériel de sape nécessaire pour l’occupation de vive force du mamelon vert, lorsque les Russes, nous devançant de quelques jours , commencèrent à s’y retrancher.

Le commandant du génie demanda que, dès la nuit suivante, on se portât sur le mamelon vert pour en chasser les Russes avant qu’ils s’y fussent fortiOés, et s’y établir à leur place. Le général en chef vint sur les lieux, et les ayant examinés avec grande attention, il fut frappé des considérations suivantes :

On proposait d'aborder le. mamelon vert avec trois colonnes :

Page 1