‹ Siége de Sébastopol. Journal des opérations du génie, publié avec l'autorisation du ministre de la guerre; (volume 2)Chapitre 4 sur 64 · PI. I!!. MT · texte numérisé non relu

PI. I!!. MT

pèce de flanc brisé faisant suite à la face gaudie est percé de onze embrasures. Ce flanc est relié à la baie du carénage, située à quarante mètres plus bas^ par un parapet à ressauts successifs auxquels il a fettu donner une très-grande hauteur pour défiler les terre-pleins des feux plongeants venant des hauteurs du carénage, notamment de la batterie dite du 2 Mai. Le parapet des ressauts est organisé pour la défrase par' la mousqueterle; on y avait placé en outre deux petites pièces d'artillerie. La batterie de la pointe et la courtine qui la reBe au bastion n"2 sont précédées d'un fossé, creusé dans le roc, de 5 à 6 mètres de largeur et de 1"50 à 2"50 de profondeur. La derafîcèurtine de gauche du front 1-2 est reliée à la dfemi-courlîne die droite qui est un pee renttée, par un flanc armé de cinq inèces. Un

ancien mur partant de ce flanc s'étend parallèlement à la courtine jusqu'au delà de la maison en croix, et son extrémité est reliée par un épaûlement à celle de la face gaudie du bastion n"" 1, de manière à former avec, les parapets de ce bastion et la demi-courtine un espace fermé dont la maison en croix est le réduit ; dans cet espace on est protégé contre les projectiles de Tattaque par de nombreuses traverses dont (pielques-unes ont jusqu'à six gabions de hauteur. Plusieurs batteries isolées, établies en arrière de l'enceinte sur la croupe qui se trouve à la rencontre de la baie du carénage et du grand port, sont destinées à agir sur le plateau du carénage ou à s'opposer à une tentative de pénétrer dans la place en tournant, le long de la baie, les défense de la pointe. De nombreuses tranchées formaient des communications couvertes en arrière de cette dernière partie de la fortification. -

La courtine reliant les bastions n"* 1 et 2 étant trop retirée pour voir les p^tes qui tombent sur la baie du carénage» une espèce de chemin couvert avait été établi en avant, au sommet même de ces pentes. Enfin une triple ligne de trous de loup, creusés entre le bastion n^'S et la baie du carénage, déf^dait l'abord des ouvrages de la pointe, dont quelques parties étaient encore précédées de plandies enterrées et armées de longs clous formant chausse-trapes. Gette accumulation de p;récautions prises par les Russes a rendu très-forte toute cette partie de l'enceinte qui était primitivement exposée à être tournée par tes pentes du ravin du carénage que la place ne peut voir directement.

Le bastion n"" 2 (petit redan) se compose de deux faces réunies par un pan coupé de même longueur qu'elles, et de deux flancs. Le pan coupé est percé de trois embrasures^ la face droite en a cinq et le flanc droit quatre. La gorge est fermée par un retranchement percé de plusieurs embrasures tournées vers l'intérieur de la placé. Des abris et des traverses protègent les défenseurs du bastion. Le fossé

du petit redan, qui n'a que quatre mètres de largeur devant la face el le flanc gauche, a sept mètres de largeur et environ deux mètres de profondeur devant la face droite opposée à nos attaques. Deux pièces du retranchement de la gorge voient le fossé du flanc gauche; une autre pièce enfile le fossé du flanc droit.

Le bastion n*" 2 est relié à Touvrage Malakoff* par une courtine brisée dont le tracé est fort défectueux. La direction de la demlcourtme attenante au bastion n* 2 vient ficher très-obliquement vers Textrémité du flanc droit de ce bastion, de sorte que le fossé de la courtine dépourvu de flanquement par l'artillerie, n'est que très-imparfaitement battu parla mousqueterie(*).

La brisure de la courtine est armée de quatre pièces formant la batterie Schmidt des Russes. Un passage, défendu par ime pièce, existe non loin de la batterie. Quatorze embrasures sont percées sur la demiHX)urtine de droite. Le fossé de la courtine, creusé dans le roc, a peu de profondeur depuis le bastion n"" 2 jusqu'à la batterie Schmidt; il est interrompu jusqu'au passage et reprend ensuite Jusqu'à l'ouvrage Maiakoff ; dans cette dernière partie il a une largeur de 4 mètres et sa profondeur varie de 1*50 à 2*50 (PI. VII, profils ahcd, ef). Les abords de la courtine sont couverts par trois lignes de trous de loup parallèles entre elles et espacées de trois à quatre mètres; chaque ligne est formée par un triple rang de trous de loup. Une quatrième ligne, en arrière des autres, couvre la batterie Schmidt. Enfin une ligne de chevaux de frise vient encore protéger la partie de courtine qui n'a pas de fossé.

Le bastion Korniloff, tête de la grande redoute que les Russes ont construite sur le mamelon Maiakoff", se compose de deux' flancs

(0 C'est ce défaut dans le tracé de la courtine qui, à l'assaut du 8 septembre 1855^ a permis à nos troupes de se maintenir lé long dn parapet, quoique Vennemi eût repris le bastion n* 2.

réuni» par le parapet arrondi élevé dès les premiers temps du siège pour couvrir la tour Malakoff. Le flanc gauche est percé de six embrasures, le flanc droit de cinq, et la partie arrondie de trois. Dans la partie antérieure le fossé du bastion n'a pas moins de sept mètres de largeur sur quatre mètres de profondeur, et le relief de la crête au-dessus du fond du fossé est d'environ dix mètres^

La grande redoute construite en arrière de la tour Malakoff est partout entourée de fossés, et ses parapets sont percés de quarante et une emlH*asures, non compris celles du parapet qui fait partie de l'enceinte extérieure. La planche III et les détails de la planche YII (plan, élévation et coupe de la tour Malakofif, et profils ABC, EF, GH, KL, MNO, PQ, RS, TUV) font comprendre l'organisation inté^ rieure de cet important ouvrage, véritable clef des défenses de la place, tant k cause de sa position dominante et des vues qu'elle lui donnait sur le port, que par suite du tracé delà seconde enceinte du faubourg qui, comme la première, venait s'appuyer sur iui. A Tas-laut du 8 ^tembre 1855, sa conquête a suffi pour faire abandonner aux Russes la ville aussi bien que le faubourg de Sèbastopol. L'on*vnge Malakoff est fermé à la gorge; on a craint sans doute que l'enceinte étant forcée à sa droite ou à sa gauche, il pût être tourné. Mais si les Russes considéraient l'ouvrage Malakoff comme un réduit, il y a heu de s'étonner qu'ils ne l'aient pas rradu indépendant de l'enceinte extérieure au moyen d'une bonne coupure (^). Les galeries de mines que les Russes ont creusées en avant du^ bastion Komiloff ont été entreprises trop tard et n'ont pu jouer aucun rôle dans la défense. Ces contremities s'ouvrent dans la contrescarpe, et une gftlerie, passant sous le fossé, les met en communication directe avec l'ouvrage Malakoff. Deux galeries, pratiquées l'une sous la tour

(M On verra qu'à Tassaut du 8 septeiubre 1855^ la fermelure de la gorge de la redoute Komiloff a élé fort utile aui Français pour s'y maintenir malgré tous les efforts des Russes.

Malakoff, l'autre sous l'extrémité du flanc droit du bastion Komtioff, permettent de communiquer de Ilntérieur de ce bastion au fond du foseé (Voir Pi. ffl, et PL VU coupe ABC).

Pour suppléer au défaut de chemin couvert, les Russes avaient établi dans la partie circulaire du fossé de l'ouvrage Malakoff une banquette en sacs à terre, qui leur permettait de tirer par-Klessus la contrescarpe. Une ligne d'abatis protégeait en outre les abords de ce fossé.

L'amoree de courtine qui se trouve à la droite de la partie arrondie du bastion Komiloff et qui fait encore partie de la redoute est percée de cinq embrasures. A partir de là, l'enceinte affecte la forme d'un petit redan à saillant arrondi, armé de trois pièces, et relié par un parapet organisé pour la fusillade avec la batterie Gervais, ouvrage important construit avec grand soin et percé de treize embrasures. Un parapet avec banquette d'infanterie relie ce dernier ouvrage à la bei^e du ravin Karabelnaya; à l'angle rentrant de ce parapet on a ouvert une embrasure, et un peu en arrière se trouve une battre de six pièces.

PI. IV. Une autre batterie, également de six pièces, est étabTie de l'antre

côté du ravin Karabelnaya. Quatre de ses pièces concourent avec celles de la première batterie pour défendre le ravin, et les deux pièces de gauche semblent destinées à la défense intérieure dans le cas où l'on serait. parvenu à forcer l'enceinte entre le ravin et l'ouvrage Malakoff. Un parapet continu, qui longe la berge gauche du ravin, relie la batterie de six pièces dont nous venons de parier avec la grande batterie Boudistchê/f qui ne comprend pas moins de trentetrois embrasures. Cinq pièces sont en outre établies derrière deux petits épaulemënts, en arrière de la gauche de la batterie.

Le grand redan (bastion n'3), ouvrage à grand relief avec fossés larges et profonds, est précédé d'une ligne d'abatis qui règne de-

puis le ravin Karabelnaya jusqu'au ravin du laboratoire; il est armé

de neuf pièces sur sa face gauche et de dix sur sa face droite, sans con0|iter <|iiatre pièces qui se trouva mr une espèce àe double flanc intérieur, à la droite de cet ouvrage. Le parapet qui part de Textrénité de la face droite du redan a d'abord la direc^on ccmrenaUe pour Haa^w cette face au moyen de quatre pièces dont deux yôi^t te fossé. Il se retourne ensuite pour kmger la berge droite du ravin du laboratoire ; cette dernière partie, d'environ trois cents mè^ tpes de dévdom>eine»t, est percée de dix embrasures. Une simple tmdiée de pea de profondeur, précédée d'un mur &ï {terres sèdies, contirae à longer les escarpements du ravin jusqu'au-dessi:» du point où finit le port du Sud.

En arrière de œtte première ligne on trouve deux grandes batteries formant, à proprement parler, la véritable encdnte de fei place. La batterie Oufova, rdtée au flanc intèri^ir du bastion jr 3, est peroée de vingt embrasures* Deux annexes^4e trois pièces chacune se trouvent entre cette battme et la batterie Nikonoff {batterie des catermi ée» idiiés) qui est armée de trente pièces, et dont l'extrémité droite se reBe av mmr en pierres sèches qui couronne l'escarpement. Aih4essoiis de la f»ce droHe de ta batterie Nikonoff, les Ru^es ont établi dans les escarpements de la berge trois batteries, dont deux de trois pièces à mi-côte, et une de huit pièces au bord de la route WorOHZpff ; quatre de ces dernières enifllent ta route, tandis que les quatre astres voient le terrain bas qui se trouve en avant du fond du port. PtuBieuFs autres pièces sont encore établies lé long de la route jusque près de sa jonction avec la grande batterie du fond du port doBtil sera qvMtion plus bas.

La seconde ^ceinte, formée par les batteries Nikonoff et Ouçova, eet prcdongèe parallèlement à la batterie Bou^tcheff, depufs la batterie Ouçova jusqu'à Tangle sud-est du nnir de déluré de Tb^ypital, par des épaulemeâts à intervalle pouvant couvrir des réserves et servant en même temps de communicatioiis. En arrière de cette seconde

— iO — ligne se trouve encore une coiq;>ure formée par des murs en pierres sèches qui, partant également de la batterie Ouçova, r^oignent le mur de clôture à l'ouest de l'hôpitaK PI. m. Du côté des fronts de Malakoff, le faubourg Karabeinaya est cou-

vert aussi par une seconde ligne de défense qui a son origine près de l'embouchure du ravin Ouchakoff dans le grand port, longe la berge gauche de ce ravin, s'appuie à la gorge de l'ouvrage Malakoff, et va rejoindre le port militaire au-dessus du débarcadère de la pas^ serelle qui existait au commencement du siège et que les Russes ont plus tard dû reporter plus loin, afllu de la soustraire aux [Nrojectiles des batteries de nos attaques.

La partie la plus forte de cette deuxième enceinte est celle qui, partant de la gorge de l'ouvrage Malakoff, s'ëtmd parallèlem^it à la courtiae de la première Hgne jusqu'en arrière du bastion n"" 2. La portion droite, que les Russes n'ont armée qu'à la dernière époque du siège, était percée de onze embrasures; la portion centrale, comprise entre deux passages, avait reçu trois pièces; la portion gauche, reliée à la gorge du bastion n"" 2 et à la courtine par deux communications en zigzags, est une batterie de huit pièces dont la défense a tiré grand parti.

Sur la majeure partie de son développement, la seconde raceinte

de Malakoff n'est disposée que pour la défense par la moiâqu^erie.

PI. IV. Seulement, à la traversée du ravin Karabeinaya qui a lieu à cent

vingt mètres des docks sur un point où il est comblé en partie par

des remblais, on a élevé une batterie de six pièces.

Deux autres pièces, se trouvant un peu plus à gauche, sont également destmées à battre le ravin. L'extrémité de l'enceinte s'appuie à l'angle sud-ouest du mur de clôture des docks; une communication relie cette extrémité à la gauche de la batterie Boudistcheff. En outre, une batterie de six pièces est construite en avant du grand bâtiment qui se trouve dans le prolongement du mur de clôture des docks. Les

passages aux deux extrémités de ce bâtiment sont barrés par des épaulements, celui de droite pour deux pièces, celui de gaudie pour trois pièces; une autre pièce bat le débouché de la rampe qui monte du fond du port du Sud en suivant les escarpements de la rive droite (Voir PI. IV et II).

Les défenses du faubourg Karabelnaya se relient à celles de la ville pi. v. par la grande batterie Stal {batterie du fond du port des alliés) située au point où vient finir la baie du Sud et s'appuyant par ses extrémités à des groupes de maisons établies sur Les pentes du terrain . Cette batterie, de vingt et une pièces, précédée d'un fossé, voit tout le terrain bas que les Russes appellent Pérésyppe (terrain de remblai) et qui est situé à la jonction des trois ravins qui convergent vers le port du Sud. A droite de la batterie Stal, les Russes ont établi six pièces derrière des épaulements appuyés aux maisons ; ces six pièces forment la batterie Brilkina des Russes. Des défenses accessoires, trous de loup, abatis, chevaux de frise, couvrent Tabord de cette partie de la fortification.

La branche qui monte au bastion du màt est armée de vingt*-neuf pièces, non compris deux petites batteries isolées, dé trois pièces chacune, situées derrière Tenceinte et dirigées vers le Pérésyppe. Le bastion du màt (bastion n"" 4) a deux pièces sur son flanc gauche, treize sur sa face gauche, onze sur sa face droite, cinq sur son flanc droit et quatre sur un second flanc avancé. La crête du bastion a environ quatre mètres de relief au-dessus de l'escarpe, et le fossé a près de quatre mètres de profondeur sur quinze mètres de largeur. L'escarpe est revêtue en charpente. Le fossé du bastion du mât s'étend depuis le flanc droit jusque vers le milieu de la branche qui descend vers le port; il cesse à partir du point où la pente du terrain rend la fortification inaccessible. Entre le flanc gauche du bastion et la petite courtine de la branche descendante attenant à ce flanc, le fossé a vingt-huit mètres de largeur, et on a creusé dans le fond des trous de

toup armés de piquets. Le fossé de la face droite est flanque par trois caronades placées dans un blockhaus, construit avec grand soin devant Tangle d'épaule et communiquant avec le bastion par une galerie souterraine. La contrescarpe est organisée pour recevoir des tirailleurs qui surveillent les dehors. En avant de la contrescarpe de la face gaudie se trouve une batterie basse de six pièces couvrant de ses feux toute la partie du plateau que cette face n'atteignait qu'imparfaitement à cause de son grand relief. Enfin rintérieiir du bastion du màtr renferme plusieurs batteries de mortiers, et de grands épaulraients forment à sa gorge une espèce de retrandiemmt sous lequel on a multiplié les blindages.

La demi^ourtine en crémaillère descendant du flanc droit du ba^ tion du Dààt vers le ravin de la ville est armée de vingt et \xû canons. Devant cette portion de Tenceinte il n'y a pour ainsi dire pas de fossé; c^'est une simple tranchée creusée dans le roc et qui est même interrompue en quelques points. La demi-KX)urtine de droite, précédée d'un petit fossé, est armée de douze pièces dans sa partie inférieure; elle se relie à la redoute Schwartz {lunette de gauche du bas-tion central), ouvrage primitivement isolé dont le parapet est percé de douze embrasures. La petite portion de courtine qui relie la redoute Schwartz au bastipn n* 5 (bastion central) est armée de six pièces.

Une ligne d'abatis règne sur toute l'étendue du front 4-5. Il y a en outre, sur lés points les plus accessibles, des planches armées de longs clous, enterrées et bien fixées à fleur du sol.

Le parapet du bastion central est percé de vingt-sept embrasures : deux sur Iç flanc gauche, douze sur la face gauche, onze sur la face droite et deux sur le flanc droit. Le fossé qui entoure la lunette Schwartz n'a guère que 2" 00 à *■ 50 de profondeur sur quatre à cinq mètres de largeur; celui du bastion central a environ six mètres de largeur sur cinq à six mètres de profondeur, et l'escarpe de la

face droite est revêtue de maçonnerie sur la plus grande partie de sa hauteur. La lunette Bielkina {lunette de droite du bastion central) s'appuie à l'angle d'épaule droit du bastion n^'S; la partie qui flanque la face du. bastion porte huit embrasures; en outre, le fossé de la même face est flanqué par une petite batterie à deux étages placée à l'angle d'épaule de la contrescarpe. Les deux pièces inférieures (petites caronades) sont établies au niveau du fossé dans un abri souterrain creusé au-dessous d'une couche de roc qui en forme la voûte; on y descend par une galerie s'ouvrant dans le terre-plein de la lunette. Le pan coupé du saillant de la lunette est percé d'une embrasure, et la face droite en compte neuf. Un fossé d'environ quatre mètres de largeur, sur une profondeur au moins égale, entoure la lunette Bielkina à quelque distance de son parapet.

Le réduit en maçonnerie qui se trouve au milieu de la gorge du bastion central est relié par des parapets aux deux angles de courtine. La portion gauche de ce parapet, percée de six embrasures, forme la partie antérieure de la grande redoute Tchesmé dont la longue branche de droite tracée en crémaillère, d'environ 280 mètres de longueur, part du milieu du réduit «n maçonnerie. Quatre ou cinq pièces établies sur la première branche dé cette crémaHlère flanquent la gorge du bastion n* 5. Une autre pièce^est placée suivant Faxe de la sortie ménagée dans la longue branche dont le parapet est garni, en outre, de quelques canons tirant à barbette. La pointe de la redoute Tchesmé qui est tournée vers là ville, a la formé d'un bastion dont le flanc droit a trois etnbrasures avec une pièce en retour pour battre le fossé. La branche gauche, tracée à tenailles, vient s'appuyer à Taugle de droite de la gorge de la lunette Schvv^artz. Cette partie du parapet est percée de vingt-cinq embrasures, non compris les deux placées en tête et tirant par-dessus la courtine qui relie le bastion central à sa lunette de gauche. Plusieurs pièces tirent, en outre, à barbette.

Du milieu de la branche gauche de la redoute Tchesmé part un retranchement formant une deuxième ligne de défense en même temps qu'une communication couverte en arrière des bastions n'^i et 5. En outre, les Russes ont construit, en arrière de la gorge du bastion du mât et sur le même mamelon, une sorte de réduit que les alliés ont appelé batteries de la terrasse ou des jardins. Ces batteries^ qui tirent par-dessus les courtines attenantes au bastion n"" 4, sont armées d'environ quarante pièces dirigées tant contre nos attaques du bastion du mât que contre les attaques de gauche des Anglais.

Des conmfumications relient les batteries de la terrasse au bastion du mât et à la courtine 4-5^ et seize pièces sont établies le long de cette dernière communication derrière différents épaulements.

Enfin plus en arrière, et de l'autre côté du col qui sépare le bastion du mât de la partie élevée de la ville, les Russes ont construit plusieurs batteries destinées à la déftmse intérieure; dles prennent des vues plongeantes sur les ouvrages de la première enceinte. Quelques pièces de ceç ouvrages tireqt aussi d^ns les ravins du fond du port et sur les attaques anglaises.

La portion de courtine attenante au flanc droit du bastion n"" 5 est percée d'un passage conduisant dans l'intérieur de la lunette Bielkina. Couverte par cet ouvrage, la courtine n'a reçu qu'une seule pièce d'artillerie destinée à flanquer le fossé du flanc droit de la lunette. A partir de là on trouve une batterie de sept pièces que les Russes ont établie sur l'emplacement de la brèche faite au mur crénelé par les batteries françaises qui ont ouvert leur feu le 9 avril 1855. Le reste de l'enceinte 5-6 affectant une forme bastionnée est formé par le mur crénelé qui existait avant l'arrivée des alliés en Crimée. La porte qui se trouvait au milieu de la courtine, bouchée pendant le siège, a été couverte par un petit ouwage armé de neuf pièces; c'est la lunette Boutakoff des Russes; on y pénètre par deux tranchées aboutissant à de petites ouvertures pratiquées dans le mur d'enceinte.

En arrière de la lunette BoutakofT, dans l'intérieur de la place, se trouve la redoute Rosttslaff, grand réduit entièrement fermé et précédé d'un fossé de cinq à six mètres de largeur. La partie antérieure de son parapet est percée de trente-sept embrasures. Une communication tracée sur la berge gauche du ravin de la ville relie cet ouvrage à la redoute Tchesmé.

De la gorge de la redoute Rostislaff part une coupure formée par une série de parapets barrant les différentes rues parallèles entre efles qui se trouvât en arrière de la courtine 5-6; tous ces parapets sont armés d'artillerie.

Le bastion n* 6 (bastion de la quarantaine), de forme régulière (!onmie le bastion n"" 5, a son escarpe revêtue en maçonnerie. Chaque flanc est armé de deux pièces ; la face gauche en porte neuf et la face droite huit; en outre, une pièce tire en capitale. La gorge est fermée par le prolongement du mur crénelé s'appuyant à un réduit en maçonnerie de même forme que celui du bastion n"" 5; le mur de gorge a été terrassé et armé de quelques pièces battant le terre-plein du bastion. Le fossé du bastion a environ vingt mètres de largeur devant les faces; il se prolonge devant les deux petits fronts bastionnés formés par le mur d'enceinte à droite et à gauche de cet ouvrage, et va se perdre un peu au delà des flancs opposés à ceux du bastion. Le flanc de.droite, qui est casemate, est armé de deux pièces battant le fossé de la face droite du bastion n"" 6. Une communication, partant du saillant de la contrescarpe du bastion n"" 6, relie la place à la grande batterie Ckémtakine tracée, comme le front 5-6, sur la berge gauche du ravin qui aboutit à la baie de la quarantaine. L'existence de cette batterie, qui ne laissait que 240 mètres entre son extrémité droite et le fort de la quarantaine, transformait en un véritable camp retranché tout l'e^ce situé en arrière jusqu'à la mer; les Russes ont travaillé à cette batterie pendant une grande partie du siège, et à la fin, son armement était d'une trentaine de pièces qiii presque toutes prenaient

Page 1