‹ Siége de Sébastopol. Journal des opérations du génie, publié avec l'autorisation du ministre de la guerre; (volume 2)Chapitre 5 sur 64 · PI. VI · texte numérisé non relu

PI. VI

des revers fort gênanls sur l'extrême gauche de nos attaques. tJne petite batterie de deux pièces avait encore été jetée en avant de la tête du retranchement, mais elle n'a jamais été armée(*). ^

Le tracé du mur d'enceinte qui relie le bastion n** 6 au bastion revêtu en maçonnerie du fort de l'artillerie {batterie n** 8 des Russes) est tout à fait analogue à celui qu'affecte ce mur entre les bastions n** 5 et 6. Cette portion de l'enceinte se trouve, surtout depuis l'établissement du camp retranché formé par la batterie Ghémiakine, dans un rentrant inattaquable. Une batterie de quatre pièces, construite en avant et à 200 mètres du milieu de la courtine du front 6-8, tire sur la baie de la quarantaine à travers la trouée qui existe entre la droite de la batterie Chémiakîne et le fort de la quarantaine [batterie if 10 des Russes). * ^

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, le fort de Vartillerie forme un véritable réduit à l'extrémité de l'enceinte de la place. Quelques batteries tournées vers la ville défendent les abords et l'intérieur de cet ouvrage.

En terminant cette description des défenses de Sébastopol telles qu'elles étaient au moment où la place est tombée au pouvoir des alliés, nous ferons remarquer que, par suite de la configuration du terrain et du tracé des ouvrages, presque toutes les parties de l'enceinte échappaient au ricochet, et que lés alliés n'ont pu faire qu'un usage fort restreint de ce genre de tir qui ordinairement assure en peu de temps à l'artillerie de l'attaque la supériorité sur celle de Ta défense. Les Russes avaient en outre protégé leurs pièces par des

(*) Cette batterie, dont l'épaulement était aclievé vers le commencement du mois de juin 18Ci5, aurait pris de revers et d'enfilade une partie ded cheminements exécutés en avant du cimetière de la quarantaine et eût éié extrêmement gênante^ malgré les BopiJtM'eiises traverses qu'on s'est hâté d^élever dans ces cheminements. Ou s'explique diflicilement pourquoi les Russes ne l'ont pas armée.

— Al — traverses très-hautes et fort multipliées, et les servants d'artillerie étaient abrités contre les balles de nos chasseurs par des portières en gros cordages qui masquaient les embrasures, ne laissant passer que la volée de la pièce. EnOn, de nombreux abris blindés, établis sous les parapets et dans Fintérieur des ouvrages, permettaient aux défenseurs de se soustraire en partie aux effets meurtriers de nos projectiles creux.

siège:

L'int^tion des généraux en chef n'ayant pas été d'attaquer Sébas- r*"^^"?* '^*^,^4^ iopol de vive force, leur premier soin fut d'ordonner les reconnais- sorîuîs'îfs'so». sances nécessaires pour qu'on pût avoir une idée exacte de la nature des fortifications de la place et de la configuration du terrain sur lequel devaient se développer les attaquas. Les généraux commandant l'artillerie et le génie avaient accompagné, dès le 27 septembre 1854, les quatre divisions qui étaient montées sur le plateau de la Khersonèse. Depuis ce moment des reconnaissances journalières vinrent compléter l'étude des abords de la place.

Les premiers jours du mois d'octobre furent employés, en outre, à débarquer le matériel de siège et à transporter de la plage aux parcs de l'artillerie et du génie des projectiles, des gabions, des fascines, des sacs à terre, etc.

Le corps d'observation commence, dès le 4 octobre, à établir sur

(*' Voir pour la niarcbe des iraraui d'aUaque les ^ocbesil et 11 ki$i

son front, dominant les vallées de la Tchernaya et de Balaclava, des ouvrages de fortification de campagne destinés à former une ligne de circonvallation.

Le 5 octobre, le général Bizot cherche à s'approcher le plus près possible de la place, sous la protection de trois bataillons commandés par le général d'Aurellç. Cette reconnaissance arrive sans être inquiétée jusqu'à la maison dite du clocheton, où les troupes trouvent un abri derrière les murs d'un jardin. Ce point parait convenable pour l'établissement d'un dépôt de tranchée. Le général, commandant le génie, et ses officiers continuent à se porter en avant, accompagnés seulement par une compagnie de chasseurs à pied, en profitant des murs et des plis de terrain pour se dérober aux vues de l'ennemi. Mais des cavaliers russes signalent ce détachement contre lequel la place ouvre immédiatement une vive canonnade. A midi, les troupes reotrent au camp.

Vers trois heures les Russes font une sortie et s'avancent à un kilomètre de la place vers la gauche de la quatrième division appuyée à la mer. L'unique but de cette sortie parait être d'incendier une maison pouvant servir d'abri à nos postes avancés; depuis lors cette maison fut toujours désignée sous le nom de maison brûlée.

Le 6 octobre, à la pointe du jour, les Russes viennent faire une reconnaissance sur les rives de la Tchernaya avec environ 3,000 hommes, dont 16 à 1,800 cavaliers, et deux batteries d'artillerie. Deux cents cavaliers, détachés en avant, sont repoussés et toute la colonne se retire bientôt vers la ferme Mackenzie.

Le même jour, le capitaine du génie Schmitz^ qui s'était porté en avant' de la maison du clocheton pour reconnaitre le terrain, a la cuisse emportée par un boulet, et meurt quelques heures après. C'est le premier officier français tué devant Sébastopol.

Le 7 octobre, à six heures du soir, neuf bataillons commandés par le général de Lonroiel se portent en avant pwtr resserrer l'in-

Yaatissement. Ces bataiU<His sont placés, en arrière de la crête des tiauteurs, sur une ligne dont la gauche se trouTe vers la mai^fon brûlée, qui p9Sêe près de la maison dite des carrières et près de celle du dodieton, et qui appuie sa droite au grand ravin débouchant dans le port du Sud. A onze lieures et denûe du soir, une colonne russe, composée de deux bataillons, d'un peloton de cavaleriç et de -àf&ax pièces d'artillerie, sort de la place dans la direction de la maison brûlée, mais elle est vivement repoussée ^ rendre précipitamment. Le but de cette sortie était sans doute de reconnaître si les Français avaient commencé tes travaux d'attaque. Les généraux Bizot et sir Burgojrne, commandant le génie des ciioi\ du poïm <)*ai-

rwt, .1 taque.

deux armées alliées, et le général Thiry, commandant l'artillerie de l'année française, avaient d'un commun accord proposé de porter les attaques sur la portion d'enceinte qi|i s'étend depuis le bastion du i»àt, du côté des Français, jusqu'au saillant du redan (bastion ni" â) en avant des Anglais. Ds pensaient qu'il fallait chercher à dominer l'artiUerie ennemie dans toute cette partie de l'enceinte par la contraction de puissantes batteries, et qu'ensuite on pourrait pénétrer dans l|i pltoe de vive force, en faisant une grande trouée vers le fond du port du Snd, sans être obligé de pousser 1^ cheminements jusqu'au fossé. On abrégerait ainsi les lenteurs d'une marche pied à pied, ce qui était bi^i à désirer puisqu'on se trouvait presque à l'entrée de la mauvaise saison. Cette attaque réussissant, l'ennemi se trouvearait coupé en deux par le pott, et la prise du redan et du bastion du mât entraînerait probablement la chute rapide de tous les, autres ouvrages de la place, pris à revers.

Ce fMTOjet d'attaque affres avoir été discuté (tevant les généraux en chef, ayant eu leur approbation, l'ouverture de la trandiée fut fixée au 9 octobre 1854.

Dans la journée du 9 octobre, les Russes font une nouvelle sortie sonie russe du 9 o.-

tobre.

dans la dhrection de la maison brûlée, avec quatre bataillons et une

batterie dé campagne* Après une fusillade assez longue, le général en chef, qui se trouve sur les lieux, fait avancer contre r^menii deux bataillons au pas de course, lalmïonnette en avant; les Russes se retirent sans attendre un engagement. Cette sortie apporte du retard dans l'arrivée des travailleurs chargés de l'ouverture de la tranchée.

Vers le soir la première brigade de la première division vient renforcer le corps de siège; elle se place en arrière de la gauche de la troisième division.

^"'' ''"o^uîe"rîure^^^*'^^' D'après l'ordre du général en chef le travail devait être commencé lou iranchée. ^ gix hcurcs du soîr par 1,600 travailleurs d'infanterie se rdevant par moitié de trois en trois heures, sous la garde de huit bataillons. Mais les huit cents hommes commandés pour la première reprise du travail n'arrivent qu'à huit heures au dépôt de tranchée, de sorte que ce n'est qu'à neuf heures que l'on peut faire le commandement de haut les bras. Le travail est dirigé par le chef de bataillon du génie de Saint-Laurent, ayant sous ses ordres deux officiers de l'état-major du génie et une brigade composée de deux officiers, six sous-officiers, et trente-trois caporauï et soldats. Pendant toute la durée du siège les troupes du génie ont ainsi fourni une ou plusieurs brigades de vingtr-cinq à trente sapeurs qui ne restaient que douze heures à la tranchée. Outre les officiers attachés à ces brigades on adjoignait aux chefs d'attaque des officiers de l'état-major du génie qui, comme les chefs d^attaque, avaient un service de vingt-quatre heures.

A minuit on remplace les huit cents travailleurs par douze cents autres, et de quatre à six heures du matin le travail est repris par les huit cents premiets(*).

«) D'après un ordre du général en chef, du 1 1 octobre iS54^ les travailleurs employés au hiége sont payés à raison de 40 c. pour le travail de jour et de 30 c. pour le travail de nuit.

L'ouverture de la tranchée, qui se fait à environ neuf cents mètres de Tenceinte, est favorisée par un vent du nord-est assez violent, qui éloigne de la place le bruit des outils, mais qui jette dans les yetix des travailleurs une poussière incommode.

Les Russes ne s'aperçoivent pas des travaux et ne tirent ni un coup de canon, ni un coup de fusil.

Les généraux commandant l'artillerie et le génie avaient arrêté de concert et sur place la position et le tracé des batteries n"*!, 2, 3, 4 et 5 qui doivent occuper une crête qu'on peut aborder à couvert, tandis qu'en avant d'elle le terrain s'abaisse vers la place. Le travail de la première nuit a eu pour but d'élever un masque destiné à faciliter la construction de ces batteries. A cet effet, une gabionnade a été établie à quatorze mètres en avant de là crête des faces et des flancs des batteries. On exécuta de plus : l"" une portion de parallèle reliant les batteries entre elles; 2* une communication partant de la gauche de la batterie n' 1 et se reliant au mur d'enclos de la maison brûlée; d'aune amorce de la première parallèle, de vingtquatre mètres de longueur, à droite des batteries (Voir Pi. II et II 6t5)W.

A six heures du matin, au moment où les travailleurs furent re-* levés, le développement des tranchées exécutées était de 1,036 mè* très.

Les Anglais, qui avaient construit dès le 7 octobre la batterie de Auaques anglaises Lancastre^^\ située à 2,100 mètres du faubourg Karabelnaya au sommet de la berge gauche du ravin du carénage, ouvrirent la première parallèle de leurs attaques la même nuit que les Français. Les attaques des Anglais devaient se développa sur deux plateaux.

(<) La planche H bis indique, poar toute la durée du jsiége^ les dates d'ouverture des diverses tranchées.

i*) Les Russes appelaient cette batterie Fiatigleuaya, c'est^-dire à cinq embrasuns.

Leur attaque de gauche, séparée de la droite française par le grand ravin du fond du port (ravin des Anglais) était comprise entre ce ravin et celui du laboratoire où passe la route Woronzoff. Isolés de la place par de profonds ravins, ces cheminements n'étaient destinée qu'à recevoir des batteries pour (nrotéger les autres attaques. L'attaque de droite, comprise entre les deux ravins parallèles du laboratoire et de Karabelnaya, était dirigée contre le redan. La première parallèle fut ouverte dans les deux attaques à environ 1,250 mètres des ouvrages de la place. Les jours suivants on construisit les batteries numérotées de 1 à 5 aux attaques de gauche et les batteries numérotées de 1 à 6 aux attaques dé droite.

Journée du io octobre. Le chof^e bataillon du génie Dubost prend la direction des attaques pour vingtH}uatre heures. Une brigade de sapeurs et 1,094 travailleurs d'infanterie perfectionnent le travail de la nuit précédente.

Les Russes qui, pendant la nuit, s'étaient occupés à réparer les embrasures de la face droite du bastion du mât, fort endommagées par leur propre tir, entretiennent pendant toute la journée un feu très-vif venant surtout du réduit du bastion central. Mal dirigé d'abord, il ne tarde pas à devenir plus précis, et plusieurs gabions sont renversés par des boulets du calibre de 24. Les projectiles qui ne s'enfoncent pas dans les parapets des tranchées rasent la crête du plateau sur lequel elles sont ^ablies et ricochent en arrière, de sorte que le revers de ce plateau, quoique dérobé aux vues de la place, est loin d'ofirir des communications assurées.

La deuxième brigade de la première division vient rejoindre la première au corps de siège. La première division laisse au corps d'observation son artillerie qui est mise derrière les épaulements de la ligne de circonvallation. Elle est remplacée par les bataillons turcs qui prennent la droite du corps d'observation .

Nuiidu40au4iociobre. A six heurcs du soir, l'artillerie commence la construction de ses

battories. C^«te aime dispose en ee moment d'un parcdeëégeami^ composé :

12 canons de S4 avec 10,800 bouleiâ et 940 boites à balles* 12 — de 16 — 12,960 — 240 —

12 obusiers de 22« — 10,800 obus.

8 nM)rtiers de 27? — 6,000 bombes.

8 — de 22* — 6,000 —

4 — de 15' — 4,000 —

En tout 56 pièces de siège qui, avec les 30 pièces débarquées par la marine, forment un ens^nUe de 86 bouches à feu.- L'approvîsionnement comprend en outre 10,000 grenades à main et 150,000 kilogrammes de poudre.

L'artillerie de terre est chargée de la construction des batteries n~ 3, 4 et 5; la marine travaille, sous la direction de Tartillerie, aux batteries n" 1 et 2.

Vers six heures et demie on signale une sortie sur la droite et bientôt après une autre sur la gauche. Ce n'est qu'une fausse alerte causée par quelques troupes russes allant, à la nuit, chercher de l'eau dans des puits existant aux environs de la place; le travail est interrompu pendant trois quarts d'heure.

Le feu de l'ennemi continue toute la nuit sans interruption. Vers deux heures du matin il prend beaucoup de vivacité, parce que la lune éclaire les travaux; cependant le tir, qui est incertain, ne cause aucune perte dans la tranchjto.

Le feu de la place a aussi été très-vif de une à trois' heures devant la droite des Anglais. Les Russes ont tenté ime sortie en avant du port militaire, mais après une vive fusillade de part et d'autre, l'ennemi est rentré dans la place.

Le génie emploie 1,102 travailleurs d'infanterie. Dans les vingtquatre heures on a api^rofondi et perfectionné les tranchées déjà

entreprises^ et on a comm^icé des gradins pour la fustUade dans la parallèle.

Journée du j I octobre ^ huit hcures du matin, le chef de bataillon du génie D<umas prend

cl nuit du H au 42. ^ o r

la direction des attaques, ayant à sa disposition une brigade de sapeurs.

Les travailleurs commandés sont au nombre de 1,400, dont 800 pour le jour et 600 pour la nuit, se relevant par moitié de trois en trois heurçs.

On perfectionne d'abord les travaux de la veille, puis, à partir éo midi, tous les travailleurs sont employés à ouvrir des communications : l'une, partant de l'angle ouest de la maison brûlée et se dirigeant' vers le dépôt de tranchée établi à la maison des carrières, est exécutée sur 500 mètres de développement; l'autre de 180 mètres de développement, s'embranchant ^sur la précédente, va rejoindre l'amorce de parallèle à la droite de la batterie n"" 5.

Le feu de la place, peu nourri, a presque toujours consisté en deux ou trois coups de canon ou d'obusier tirés par salves à un quart d'heure ou une demi-4ieure d'intervalle.

Les Russes ont continué les travaux de terrassements commencés entre le bastion central et le bastion du mât. Journée du iî octobre Le chcf dc bataillou du génie Rittier, chef d'attaque; une brigade

et nuit du 12 au 43. ^ -i , o

de sapeurs.

On emploie 700 travailleurs pendant la journée et 600 pendant la nuit.

La marine française met à terre une nouvelle batterie qui porte le contingent fourni par la flotte à 1,500 hommes et 40 bouches à feu. Ces troupes commencent, à la tombée de la nuit, la construction de la batterie n*" 6, établie sur l'emplacement d'un ancien fort génois, et destinée à coutre-battre les batterie»» russes de la quarantaine.

Dans les vingt-quatre heures on a élargi les cheminements ouverts la veille; on a aussi commencé en avant de 4a communication vers

~ 57 — la maison des carrières, une tranchée destinée à abriter les travailleurs pendant les heures de repos. La largeur au fond est de â"30; en quelques endroits où le roc n'a pas permis de s'enfoncer à l'*00 de profondeur, la largeur a été augmentée afin de se procurer la terre nécessaire pour donner au parapet deux mètres de relief audessus du fond de la tranchée. £n outre, on a élargi à l'extrémité droite le terre-plein de la courtine qui relie les batteries 1-2 et 4-5, et qui doit recevoir une batterie de sept mortiers (n* 3). Les portions de tranchées disposées pour la iîisillade ont été couronnées par des créneaux en sacs à terre.

Le chef de bataillon du génie Guérin, chef d'attaque; une brigade Journée du «3 octobre de sapeurs.

On emploie 800 travailleurs d'infanterie pendant le jour et autant la nuit. Deux cents de ces travailleurs sont mis à la disposition de la marine pour accélérer la construction de ses batteries.

Dans les vingt-quatre heures on a perfectionné les travaux entrepris et prolongé de qui^ques mètres l'amorce de la parallèle qui, partant de la droite des batteries, sera dirigée vers un point situé à 600 mètres en avant du saillant du bastion du mât; on a commracé à creuser une tranchée de 0*50 de profondeur en arrière d'un mur en pierres sèches qui se trouve à la gauche de la batterie W 1.

Dans la journée, les Russes ont dirigé un feu d'environ cinquante coups par heure sur les batteries en construction et sur les points où les travailleurs étaient accumulés au moment du changement des gardes. Pendant la nuit, le tir s'est ralenti, mais il a été d'au moins vingt coi^s par heure.

L'assiégé a paru fort occupé à renforcer les parapets du bastion du mât et à en consolider les embrasures.

Le chef de bataillon du génie Richer, chef d'attaque ; une luigade ^^^"^'Jj^i^y Itê^i^!^

Une grande parlio des travailleurs est employée à la construction

~ 58des batteries <le rartiilerie et de la marine, et à remplir des sacs à terre pour les épaulements de ces batteries.

Fendant le jour, on établit des gradins et des créneaux à la gauche de la batterie de mottiers n"" 3. On cherche aussi à continuer la tranchée commencée la veille en arrière d'un mur en pierres sèches fermant parapet pour la mousqueterie ; mais ce travail où il y a eu plitôieurs blessés est suspendu à midi et n'a pu être achevé que la nuit.

L'ennemi cherche à détruire les batteries en construction par un f^i extrêmement vif; de 1 à 2 heures de l'après^-midi, on à comi^ jusqu'à huit cents coups tirés par les Russes. Ce feu excessif ne nous à coûté que deux tués et trois blessés ; mais il a fait des dégâts dans les travaux : la batterie n" 5 a été surtout endommagée. On répare ces dégâts pendant la nuit.

Journée do 45 ctobrc. Lo chef de bataUlou du génie de Saint-Laurent, chef d'attaque; une brigade d6 saphirs.

On emfrioie 300 travailleurs à remplir des sacs à terre pour le service de l'artillerie et de la marine, ainsi qu'à élargir les boyaux de communication par lesquels doivent passer les voilures chargées de munitions.

Fornuiiion d;une coiii- Le général Forey, commandant le corps de siège, organise, d'ade france-lireurs. p^s les ordrcs du général en chef, une compagnie de francs-tireurs composée d'an capitaine, d'un lieutenant, de deux sou&-lieutraant$, é6 quatre sous-officiers, de huit caporaux et de cent cinquante soldats pris parmi les meilleurs tireurs des bataillons de chasseurs et des régiments de zouaves. Cette compagnie fournira, à partir du 16 octobre, soixante-quinze tirailleurs par jour destinés à être placés de quatre heures du matin à six heures du soir dans de petits abris en avant des tranchées (*). *

(*) Dès le surlendemain le général en chef fil former une seconde compagnie de fraiit.*tireur» - <

Le chiffi*e de nos pertes jusqu'au 15 au soir est de 1 oflScier et 11 soldats tués ; 3 officiers et 158 soldats blessés ; en tout 173 hommes hors de combat.

Pendant la nuit, il devait y avoir 800 travailleurs divisés^ comme ^ini du 45 au ig oe-

. tobrc.

d'habitude , en deux brigades se relevant de trois en trois heures. Mais, par suite d'une erreur, on ne fournit que 500 hommes qui travaillent toute la nuit sans interruption, en raison de l'importance des travaux à exécuter.

A la chute du jour, on avait tracé à la fascine le prolongement de la première parallèle vers la eapitale-du bastion du mât. Ce travail est entrepris sur 300 mètres de développement. On prépare eii même temps, par une gabionnade, l'établissement de deux nouvelles batteries, n" 7 et 8 , dont l'emplacement avait été préalablement déterminé de concert avec le senice de l'artillerie. En outre, on creuse en avant des tranchées de petits logements pour les francs-tireurs, afin d'empêcher les tirailleurs russes arrivant par les ravins de s'avancer, comme ils l'avaient fait les jours 'précédents, jusqu'à 600 ou même 800 mètres en avant du bastion du mât sur des points d'où la parallèle était fortement prise d'écharpe.

A la fin de la nuit, la parallèle a une largeur moyenne de 1"50 sur l^OO de profondeur, sauf en quelques points 0^ l'on a rencontré le roc à 0" 50 au-dessotis de la surface du s6h

Lie tir de la place a été continu et régulier pendant toute la nuit.

Le chef de bataillon du génie Dubost, chef d'attaque; une bngade Journée du 4 6 octobre. desipeurs.

On emploie 810 travailleurs d'infanterie à faire 4}uelques répara-^ tion9> à établir des rampes pour communiquer aux batteries, ^ à construire des gradins de fusillade.

On rase la maison brûlée , qui pouvait servir de point de mire aux batteries de la place.

Le feu de l'ennemi a été extrêmement vif de dix heures et demie

h onze heures et demie du matin ; il cause quelques dégâts dans la batterie n* 5, Traîani des Anfbi^. Depuis le jouF de rouvertufe de la tranchée, les Anglais avaient activement travaillé à établir dans leur première parallèle les battê- ^ ries n'* 1, 2, 3, 4 et 5 de leur attaque de gauche, dites batterie

Chapman, et les batteries n"' 1, 2, 3, 4, 5 et 6 de leur attaque de droite, dite^ batterie Gordon.

Tout allait être prêt le 17 octobre au matin, dans les attaques anglaises et françaises, pour une ouverture générale du feu. La batterie française n'* 6 du fort génois est seule inachevée; elle pourra cependant tirer de quatre pièces.

^'SuSJrwISJ'^ili*^^ V^^^'' ^^* ^* l'armement des Mtteries françaises :

fi^\ (de la marine) 7 canons de 30, 2 obusiers de ^*.. Total 9 pièces.

2 — 8— 4 — — lî-,

3 (de rarUllerie). .... 6 mortier» de 27% 2 mortiers de 22*.. — 8 —

4 — 0 canons de 24, 2 — — g —

— i^face.. 4 obusiers de 22' . .

— 2* face: . 4 canons de 24 — ^2 — x

— 3* face. . .2 canons.de 24, 2 canons de 16. • • ^ 6 (de la marine) 4 obusiers de 22«, seuls en éiat de faire

few le lendemain — 4 —

Total ^ . . 53 pièces.

Disposiuonsconceriées Le général Caurobert fait connaib*e par un ordre que le 17 octo-

pour Toiiverlure . ^ «^

du feu des alliés, fere, vers six heures et demie du matin et au signal de trois bombes tirées coup sur coup de la batterie de mortiers française n* 3, le feu de toutes les batteries de terre des armées alliées et de tous les vais^ seaux des trois flottes sera ouvert contre la place de SébastopoK Pour être «i mesure de profiter des accidents favorables que cette canonnade pourrait offrir, et de faire foce aux attaques qui pourraient sunenir de l'extérieur, le général en chef ordonne que toutes les troupes du corps de siège et du corps d'observation prendront les armes et se tiendront prêtes à marcher.

Lord Ritglan prend des dispositions analogues : les divisions de service au siège, ainsi que la cavalerie sous les ordres du lieutenant général comte de Lucan, et les troupes anglaises et turques qui» sous les ordres du major général sir Colin Cami^U, couvrent Bala- ^ clava, devront aussi être prêtes à agir.

Les amiraux des escadres alliées avaient arrêté, dans une conférence tenue le 15 octobre à bord duMogador, les dispositions qu'ils devaient prendre pour seconder Tannée de terre : l'escadre française devait venir s'établir à environ sept encablures (1,400") des ouvrages russes et contre-battre les batteries et les forts situés au sud de l'entrée du- port; l'escadre anglaise devait agir sur le fort Constantin et les batteries du nord ; les deux seuls vaisseaux turcs disponibles devaient prendre position entre les escadres anglaise et fran* çaise.

On avait débarqué le 13 des pièces turques , venant de l'arsenal de Constantinople et destinées à armer la ligne de circonvallation ; six de ces pièces sont remises aux Anglais. Le 16, dix-huit pièces turques sont en batterie dans les ouvrages du corps d'observation , prêtes à faire feu.

Pertes du 15 au 16 : 2 tués; 1 olBcier et 34 soldats blessés.

A six heures du soir, une seconde brigade de sapeurs, comman- Nuit du 46 m m or-

lobre.

dée par le chef de bataillon du génie Dumas, est adjointe à la première. Les travailleurs sont au nombre de 1,849.

On ouvre deux grands boyaux devant faire partie de la conmMH nication allant de la maison du clocheton à la première parallèle. Le premier de ces boyaux part de l'extrémité droite de la portion de parallèle ouverte la nuit précédente. Au matin, la tranchée a 1"00 de largeur sur 1"00 de profondeur^ excepté dans quelques endroits où l'on a rencontré le roc.

Le feu de l'ennemi, principalement dirigé sur les batteries, n'incommode pas les travailleurs.

Journée du 47 octobre. Aiiisi qu'il a été conveiiu, le feu est oavertà six heures et demie du

Ouverture

du feu des alliés, jnatiii par cinquante-trois pièces françaises et soixante-douze pièces

anglaises. La place répond vigoureusement de toutes 'les pièces qui

ont Tue sur les attaques et qui sont en nombre beaucoup plus grand

que celles des assiégeants. Le combat durait depuis trois heures

sans désavantage pour les alliés, lorsque vers neuf heures et demie

une bombe russe crève le magasin de la batterie française n* 4 et le

fait sauter, ce qui désorganise la batterie et met une cinquantaine

d'hommes hors de combat. « Les choses étaient en bonne voie, dit

« le général Canrobert dans son rapport au Ministre de la guerre,

« lorsque l'explosion d'un magasin à poudre de batterie, qui mal-

« heureusem^t était considérable, a jeté quelque trouble dans notre

« attaque. Cette explosion a eu d'autant plus d'effet que nos batte-

« ries étaient plus accumulées autour du point où elle s'est produite.

« L'ennemi en a profité pour multiplier ses feux, et d'accord avec

commandant l'artillerie, j'ai jugé que nous étions dans

é de suspendre le nôtre pour faire nos réparations et

vers notre droite, par de nouvelles batteries qui se rap-

t de celles de l'armée anglaise, le système de notre

« attaque. » '

Trois quarts d'heure environ après l'explosion du magasin à poudre une caisse à gargousses saute dans la batterie n' 1 de la marine. Ce nouvel accident détermine la cessation du feu vers dix heures et demie. Le tir de la place se ralentit bientôt ; cependant, dans l'aprèsmidi, une bombe russe met encore le feu à un petit magasin à poudre.

Les dégâts produits dans nos attaques consistent : en deux pièces mises momentanément hors de service et douze pièces endomma* gées dans leurs affûts, en dégradations dans les embrasures et les merions et. en fossés comblés sur plusieurs points. La perte est de 96 hommes tués ou blessés.

Les Anglais continuent leur tir pendant toute la journée, sans éprouver de dommages bien sensibles, malgré l'explosion d'un caisson de mimitions qui saute vers quatre heures , en arrière de leurs batteries de droite.

Les escadres n'ouvrent le feu qu'à une heure de l'après-midi ; elles le continuent jusqu'à la nuit. La canonnade est extrêmement vive et plusieurs vaisseaux souffrent beaucoiq) du tir des forts russes, La Ville-de-Paris, montée par le vice-amiral Hamelin, reçoit environ cinquante boulets dans sa muraille et deux fois autant dans le gréement ; un gros obus fait sauter le pont de la dunette, un officier d'ordonnance de l'amiral est tué et ses deux aides de camp sont blessés. Le vaisseau anglais Y Albion reçoit quatre-vingt-treize boulets dans sa coque, et ses mâts sont entièrement brisés. L'escadre française a en tout 30 hommes tués et 180 blessés ; l'escadre anglaise 44 hommes tués et 266 blessés.

Dans leurs rapports , les Russes annoncent une perte de 500 hommes pendant cette journée. L'aide de camp général vice-amiral Komiloff eut la jambe droite enlevée par un boulet et expira quelques minutes après. Le vice-amiral Nakhimoff fut blessé.

Le feu des batteries françaises avait fortement endommagé le réduit en maçonnerie du bastion central. Les Anglais avaient fait sauter un grand magasin à poudre dans le redan, ce qui avait.réduit à trois le. nombre de pièces pouvant continuer leur feu; ils avaient démonté les pièces placées sur la tour Malakoff et ouvert de larges brèches dans cette tour par le tir des pièces de Lancastre^*); ^nfin un grand nombre de pièces russes avaient été mises hors de service

(*) Le canon Lancaslre est un obusier de 22% ayant Tâme engendrée par une ellipse dont le centre parcourt Faxe (te la bquclie à (eu, tandis que chtcun des autres points décrit une hélice. Le projectile^ d'une forme à peu près ogivo-cylindrique^ est muni, soit d'une fusée h percussion, soit d'une fusée métallique lente. Ces canons, employés en petit nombre dans les attaques anglaises, n'ont pas produit les résultats qu'où en espérait*

— Gi — dans toutes les parties adjacentes des ouvrages en terre. Les flottes avaient fait sauter un magasin k poudre dans le fort Constantin et allumé quelques incendies dans le faubourg de la marine, mais Jes forts qui défendent l'entrée du port n'avaient été que faiblement endommagés.

Les dégâts occasionnés à la place n'ayant pas répondu à l'attente des alliés, on prend la résolution d'augmenter de beaucoup le nombrèves batteries, dans l'espoir d'arriver à éteindre ou à dominer le feu des assiégés.

Vers quatre heures de l'après-midi, les Russes envoient des reconnaissances pour s'assurer si les batteries sont abandonnées; ces reconnaissances sont repoussées dans la place.

Pédant la journée du 17 octobre, il n'y a pas eu de travailleurs d'infanterie. Une brigade de sapeurs sous les ordres du chef de bataillon Rittier a réparé et entretenu les communications; elle a eu 1 sergent et 2 soldats blessés.

Nuit du n au 48 oc- Ou adjoint à la brigade du commandant Rittier deux autres brigades de sapeurs commandées par les chefs de bataillon Guérin et Richer. De six heures du soir à minuit, on emploie 1,325 travailleurs d'infanterie, et 1,125 de minuit à huit heures du matin.

On élargit et approfondit la partie droite de la parallèle et les communications voismes; dans plusieurs parties on rencontre un roc dur qui ne permet d'avancer que fort lentement. Dans la conununication de la maison du docheton, on prolonge de 120 mètres le boyau adjacent à la parallèle, et on refait le second boyau qui se trouvait enfilé du bastion du mât.

A l'extrémité droite des attaques, on construit une place d'armes de 410 mètres de longueur; elle a pour but de faciliter l'extension de la première parallèle du côté du bastion du mât. On n'a pu creuser cette tranchée à 1" 00 de profondeur que sur les deux tiers de sa ' longueur.

lubre.

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