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SIEGFRIED ET LE LIMOUSIN o
. C’était pourtant l'été habituel : au moindre signe de sécheresse, l'angoisse envabissait le visage des maraïñchers, au moindre signe de pluie, celui des cultivateurs. Dans les ajoncs, les peintres s’inflallaient dos au soleil ef tournaient avec lui, comme s'ils s’exerçaient au daguerréotype. Aux abbés en victoria, Dieu parlait par la voix des petits torrents, par le silence des lacs, et par les coucous volants. On se retournait en riant quand une femme juflement était parfumée au lilis… Moi, je sortais de la rivière le matin, pour vivre nu jusqu'à midi sur le rivage, pour mettre ma pèlerine laprès-midi, et le soir j'allais en frac aux petits chevaux de Saint-Germain, — histoire de tout homme sans amour en
. vacances, histoire du vêtement à travers les âges, histoire de lhumanité. Maïs je ne te connaïssais pas, mon amie. Mes sens étaient pourtant plus aîguisés que jamais. Je voyais la fumée que font les pivoines en éclatant. Je voyais le clapet inférieur du bec des oiseaux quand üls chantent... Mais je
‘ne te connaïssais pas. C'était pour un autre que les ormes sonnaient six fois sous le bec des pics verts, que onze fois ce que les Français appellent l’oie sanvage et les Allemands le cygne domestique claironnaient au-dessus de la diligence. Je ne te connaissais pas. Le soir venait... Les jasmins qui, par leurs efforts de tout le jour, étaient parvenus vers le crépuscule à se cramponner à ma fenêtre, devaient céder
. quand je l’ouvrais, et m'inondaient de parfum, de pollen, d'étamines… Maïs je ne te connaissais pas Jamaïs, dans lfle du Pacifique, pollen n’était tombé sur un rocher plus sec J'étais enfin libéré du chat sans queue de l’hôtesse, qu'il me fallait caresser à mon tour de table; du chevreuil à trois pattes du gérant, que je devais nourrir de cigarettes; la nuit m'expédiait des oiseaux sauvages infalls, qui ne
dépendaient point de l'hôtel, des inseles au complet et vernis,
ef faisait ululer pour moi un grand-duc bien portant an Jond de la forêt... Maïs je ne te connaissais pas. T'écrivais en automate à je ne sais quelle œuvre qui continuait à pousser
comme les ongles d’un mort, puis j'éteignais et maccoudais. à wa fenêtre. Chaque étang, chaque bassin semblait épuisé, et se reposer d’avoir porté pendant le jour une flotte innombrable; à chacun une lune déjà vicillie distribuait un portrait Jeune d'elle. Jamais créature de x m. Gs à 2 mètres n'avait moins demandé à la nature et à la nuit, ef jamais nature et nuit n'avaient offert davantage. Elles ne savaient pas que Dour moi, depuis ce jour de plein juillet où j'avais senti que Éu vivais cf que je ne te connaïssais pas, l’image de la désolation ne métait plus donnée par des arbres dénudés, par un ciel ravagé de vent et de verglas, maïs en bas par les floraisons ef en baut par les aftres.… Je ne voyais de ma fenêtre que le speltacle de forêts plus touffues, de collines plus rondes, d'oiseaux de nuit tout gras, celui de la désolation des désola- #ons.…. D'un regard plus lent mais plus dur que le leur, je regardais fixement les étoiles. Je ne te connaissais pas... Pas une qui n'ait cligné avant moi. Adieu, mon ange.
P.-S. — Les deux Musset sont deux poètes et les deux
Schombach deux idiots.
Le temps pour la petite Kramer de recopier à six exemplaires, et j’eus la réponse de Lili... Sa
— Petit Heinrich, d’où vient que tu casses les verres sÀ facilement? Dis-moi si mes baisers te plaisent? Tu ne me parles pas non plus de mes jambes. ‘
Je répondis :
— Fanny, a main tremble. Ce nefl pas seulement Parce que je écris, ou par ce frémissement de l'aimant qui veut attirer bors du papier quelques trésors. Parfois, dans
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ce corps qui F'appartient, surgissent des gefles qui sont à mes adieux et qui me possèdent quelques minutes. Tu sais combien ma main e$t sûre, tu m'as vu jongler avec un couteau,
* mais une ou deux fois par mots je me sens tout à coup les doigts
gourds, j'hésite devant le verre que je voulais saisir, je me fais violence, je le casse, — et je suis pris, non de remords, mais de tendresse pour mon père, que j'ai vu si souvent, possédé du même frisson infernal, répandre le vin rouge sur la nappe et la bière sur les robes. Parfois aussi, je bégaie vingt secondes,
chaque année une fois au moins. C’est tout ce qui me refle
du bégaiement d’un ancêtre. Je m'occupe, pour mes petitsneveux, de composer le répertoire de ces réflexes qui sont notre blason et nos coutumes, et s’ils se grattent soudain l’annulaire de l’ongle de leur pouce, si toutes les fois qu’on prononce devant eux le mot français Chaf, leur pensée, d’un penchant invincible, y ajoute le suffixe lumean on rançon; s'ils aiment à se pincer les doigts avec des épingles à tendre le linge, ils sauront que c’est leur vieil oncle Heinrich Heine qui revient une minute eh EUX.
Voilà ma main solide, Fanny, voilà ma lèvre tremblante. Quelle sorte de planète bizarre tu babites! Tu napparaïs jamais à ma pensée comme un navire 10US apparaît, sur ce globe tout rond, par ton mât et tes voiles. Ton pied nu d'abord n'apparaît, puis ta cheville. Voici ton visage
enfin, Fanny. Maïs déjà il eft disparu...
. Comme il n’était nulle part question de baisers, je fus forcé d’ajouter un post-scriptum de mon ctu. Mon imagination me servit mal. — Vous ne vous êtes rien cassé, me dit plus tard Lili.
Post-Scriptum : Tes bañers sont tout simplement extraordinaires.
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Les trois lettres étaient donc sauvées. Elles allaient même l’être au-delà de ce qu’eût désiré Lili, car la: ‘Kramer continuait à les recopier à des dizaïnes d’exemplaires. Au milieu des prisons-cafés, les lettres de Heïne se reproduisaient avec la vitesse d’éphémères ou comme les pains de Kanah. Les prisonniers se les passaient, tellement émus par ce grand amour, que Jun d’eux intima à Hofmann l’ordre de ne plus me séparer de mon amante et de ma vie. Le garde aussi plaida notre cause, la gagna, et malgré les protestations de Lieviné Lieven, il me conduisit dans une salle vide, hier encore cabinet particulier, revint avec Lili et nous enferma :
— Embrassez-vous tout votre saoul, dit-il, demain vous pouvez être motts. Si vous avez peut de la mort, profitez-en.…. :
Lili, à ce qu’il me sembla, en avait encore plus peut que moi.
Il était tard dans la nuit et nous dormions quand Lieviné Lieven força la serrure et vint nous rejoindre... Je le voyais pour la première fois de près; il était si mal tenu que quand il parlait, tous les boutons de son veston et de son gilet remuaient, et, quand il éternua, deux tombèrent. À cause de sa peur, qui l'avait poussé à nous rejoindre, il se croyait autorisé à des privautés que j’avais mieux supportées de Lili. Il tenta de m’embrasser sur le front, et s’empara de ma main libre, où il essayait de lire, Un cortosif ayant rendu dans son enfance ses paumes indéchiffrables, il ne pouvait en tirer d’indication personnelle sur sa vie,
et se bornait à l’amalgamer à celle d’un êtré que les …
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lignes proclamaient heureux. Mes lignes étaient bonnes. Il tâcha donc de devenir mon ami le plus cher, cat je n’avais pas une main à perdre un vrai ami; et, comme tous les peureux avec ceux qui ont moins peur, il essayait de me donner confiance en me ‘contant sa condamnation de Kiev et ses dix pendaisons… , — Cest l’histoire de Shéhérazade, Heïnrichl Tous
les lundis et vendredis, pendant un mois, deux notables
me prenaient pour me conduire pendre au Todtenfeld. Les Russes sont plus durs que les Allemands. Dès le premier jour, Lili avait obtenu sa grâce d’un capitaine von der Galt, 9, Litauer Strasse, à Berlin. (Il
. faut retenir les adresses de ceux qui vous ont sauvé la
vie, ils doivent vous aider ensuite à la supporter.) A von der Galt, Lili, apprenant qu’elle allait être pendue, tira la langue. Von der Galt se mit à rire : — Va-t'en, dit-il, tu as donné tout ce qu’une femme peut donner par la pendaison! Il faisait allusion à ce que vous savez. Moi, je lui tendis en vain mes mains tissolées, mais, par bonheur, le Todtenfeld était loin de la ville. Mes guides à la potence, c'étaient tantôt des maîtres d’école, tantôt des petits patrons, qu’il était bien facile d'attirer dans les discussions, que le moindre argument trouvait sans réplique, et
qui me ramenaient pat conscience. Je voyais vite à
leur tête si c'était avec leur dieu, leur tsar, ou leur Trotsky, ou si c’étaient des ouvriers, leur éleétricité et leur caisse de secours qu’il fallait les amorcer. Le jour du maître d’école Balanov, 333, Alexandre-perspedive, je lui prouvai que la mort ne peut engendrer la vie, c’est-à-dire le bon exemple, c’est-à-dire la bonne
Russie, et il me ramena. Le jour des deux ébénistes, 11, impasse Pochina, qu’une potence en plus c’est une table, un lit et quatre chaises en moins, et ils me ramenèrent. Tous d’ailleurs tenaient beaucoup plus à sentir et à me faire sentir que ma vie leur appartenait, qu’à me tuer. Quand ils étaient bien mis, je les flattais, je tâchais de les dégoûter cent pour cent de ma personne. Ah! petit père, leur disais-je, je sais bien que mes otteils et mes oreilles t’appartiennent et que mes mains pourraient être ton verte à vodka. Alors, ils étaient dégoûtés et me ramenaient. Un jour, pour tire, ils désignèrent un sourd, je m’échappai juste au poteau. La dernière verste, je criais plus fort que si l’on m’égotgeait.
C’est ainsi qu’au matin, je fus réveillé, une main dans les mains de Lili, une autre comprimée dans les mains de Lieviné Lieven, par un vacarme. Protégés par le bruit de la machine à écrire, quelques prisonniers avaient comploté. Ils venaient de désarmer les gardes, et cherchaient maintenant à sortir pat le vestiaire. L’escouade de secours les avait refoulés en tirant en l'air. Il ne restait plus, barricadé derrière lestrade de l’ouvreuse, que le bon fou du doéteur Lipp, déchaîné, et qui tirait à vraies balles sut les hideux personnages dont le doéteur lui avait révélé les méfaits.
— Ahl égoïstes, criait-il, vous faites tuer les Arméniens!
Il rechargea son fusil.
— Ah! turbulents! vous avez fait massacrer les Roumains de Temesvar! : À
Il tira, puis monta debout sur la batricade.
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SIEGFRIED ET LE LIMOUSIN 21; — Ahl petits paresseux, vous ne payez pas le
Français! |
Ici, il tomba en avant, et je ne vis plus rien.
A Eur heutes, un officier pommadé vint chercher Lieven, qui affe@ait de croire, pour obtenir mon adresse à Paris, que je lui avais sauvé la vie, et qui nous quitta en cherchant par quoi il pourait bien dégoüûter son garde. À dix heures, ce fut mon tour.
Les nouvelles, d’après mon surveillant, n'étaient pas
bonnes. On disait que Zelten était tué. La vérité était que les armutiers téléphonaient à la police dès qu’un étudiant leur avait acheté un revolver. Mais le revolver nest pas le signe caractéristique des assassins d'hommes d’État : c’est le petit pain et la barre de chocolat que l’on trouve toujours dans leur poche; et les indications des boulangets sont plus précieuses, en révolution, que celles des armuriers. Zelten était sain et sauf. Il avait lu mon nom dans la liste des prisonniers et c'était lui qui m’appelait.
Il s’était logé à la Résidence. Pour atteindre, il fallait accomplir un chemin terrestre comparable à Îa
toute d’eau que je suivais avec Elsa pour le rejoindre
jadis aux bains Ungerer, par une série de couloirs à vitraux, par la grotte des Moules, la salle des Singes et
l'escalier en papier mâché. Puis, après les quatre.
salons des 6o panneaux des Nicbelungen, peints par Schnorr von Carolsfeld, la cour de la Pharmacie, la salle d’Hercule et le salon Blanc, j’arrivai enfin à la salle d’Or, salle du Trône, où je trouvai Zelten tout
seul, le col de son veston relevé, car il n’avait pas
dormi et il avait froid." Où était l’heureux temps où
après l’enfilade des cavernes, je le retrouvais tout nu, mais au soleill Il avait accroché la photographie de sa mère sur le dossier du trône. Deux jeunes filles travesties en pages noirs, — tout ce qu’il avait pu travestir de ses six millions de Bavarois, — apportaient des télégrammes pour lesquels le faéteur exigeait un reçu. Les maillots de ces dames ajoutaient encore à la tessemblance avec l’établissement de bain. Puis l’homme du train apporta lui-même un paquet recommandé.
Puis Zelten fut appelé au téléphone, il y avait erreut,
on demandait le café Stefanie. Tout cela tenait de la royauté et de la loge de concierge. Quand le nouveau roi m’aperçut, il vint me prendre les mains.
— L'opération est réussie, dit-il, mais le malade va mourir. J’aurai à choisir dans quelques heures un des quatre souterrains qui partent d’ici, car je me refuse absolument à revoir les Schnorr von Carolsfeld. Le premier m’amènera dans un orme creux de l'Englicher Garten, qu’on a eu d’ailleurs toutes les peines du monde à garder creux, car M. Grane, le journaliste américain, profite de la révolution pour faire plomber au ciment tous les beaux arbres qui sonnent vide. Le second est relativement moderne; il aboutit dans la gate de Ceinture à une des fosses de nettoyage des machines. À la machine est attelée un wagon spécial. Le troisième, au lac de Starnberg. Le quatrième est inutilisable, il donne dans une ptairie dont les foins sont coupés depuis hier. Que diraient les paysans de
voir émerger la tête du didtateur, tiré aux pieds par .
un garde? Je crois que je prendrai surtout le cinquième,
celui qui débouche par la gueule du métro Vavin, au milieu de la Rotonde. ,
Je lui dis qu’il avait bonne mine, je lui demandai s’il avait mangé. Ces questions eussent mieux convenu à un opéré de l’appendicite qu’à un tyran, mais il était aussi heureux de trouver quelqu’un à qui confier ses démêlés avec la royauté qu’une maîtresse de maison en villégiature qui aperçoit enfin, là-bas, nue sur la plage, l’âme sœur capable de comprendre ses démêlés avec sa bonne.
— Cher Jean, dit-il, tu arrives pour le plus beau tableau, pour l’abdication. Toute abdication, fût-ce d’un métier infime, prête à celui qui abdique une dignité comparable à celle du sacre. Songe à un maître d'école qui abdique, un boulanger qui abdiquel Veux-tu que j'abdique en ta faveur? Cela fera bien dans les cafés. Le malheur est que j’ai avec moi la nation et que je l’abandonne. Ne crois pas que les opiomanes, les cocaïinomanes et les morphinomanes aient été les seuls agents aétifs de mon soulèvement. Mais les grands peuples, à part peut-être la France, n’aiment être gouvernés et régis que nar ceux qui ne partagent point leurs soucis. Dès qu+ ï= dieu de la poésie et du romantisme agite soixante millions d’hom-
mes, comme l’Allemagne en ce moment, ils se donnent
corps et âme à des trafiquants en pétrole. Dès qu’un peuple est sauvagement pratique, comme l’américain, il élit, pour guider ses pas, les plus fumeux et ignorants idéologues que l’univers ait jamais connus. Chez vous, du moins, la sagesse est entretenue par le corps même
des fondionnaires. Du cantonnier au président de la
République, du plus infime traitement au plus élevé,
quatre millions de Français sont élevés ainsi à Pécole de la modération, de là liberté, et le percepteur et le receveur de l'enregistrement sont des prêtres de la sagesse. Avec quatre millions de brahmanes, un pays est’tranquille. Tous les excès sont commis en dehors de ce corps officiel qui est en Allemagne le seul inintelligent et le seul dominateur.. OR
On appottait une liasse de télégrammes.
— Lis-les toi-même, dit-il, cela t’amusera une minute. À TOP Fe
Je lus donc : : ee
— Paris-Rotonde. Offrons à nouveau tyran vœux les meilleurs. Retire couronne que Madeleine -et Claire embrassent front royal. — Bombay. Tagote refuse questute honoraire nouveau Sénat bavatois. — Moscou. Ofrdonnons Zelten relâcher doëteur Lipp avec camarade. Cas refus, brûlerons chaque heure un dessin original de Poussin que Zelten passe pour aimer, — Berlin. Forces gouvernement sont à’ deux kilomètres Munich. Une seule bourgade, Mittenwald, ville des luthiers, a pris parti Zelten. — New York, Tailleur Thomasini rappelle respeltueusement petite dette Excellence Zelten. Le:
On annonça le doëfteur Krumper, sénateur de l'opposition.
— Où l’avez-vous mis? dit Zelten.
— Il e$t dans la cour des Grottes, auprès du puits de Persée, ë
— Quand je sonnerai, amenez-le pat la salle Saint- George, la salle d’Hercule, la caverne de Nacre et la salle Blanche. Tu ne peux t’imaginer, cher Jean, ce que j'ai dû pâlir sur le plan de la Résidence. Tous
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les dédales qu’un roi doit connaître à l’intérieur de sa royauté, je n’ai pu atriver à les connaître qu’à l’intérieur même du château. Aucun de ces politiciens ne veut être vu des autres, et tous veulent m’atteindre. Je suis une châtelaine obligée de recevoir à la fois tous ses amis brouillés entre eux.
On annonça Siegfried von Kleïst.
— Ils’est déclaré contre moi, dit Zelten. IL se sent humilié, paraît-il, que la tragédie du pouvoir absolu tienne ses débats dans une âme aussi enfantine que la mienne. Je ne voudrais pas qu’il rencontrât Mueller, qui est dans la chambre papale.. Faites passer l'Ambassadeur Mueller dans la troisième Chambre de Charlotte, par la galerie des Petits Saints. Que le doéteur Krumper recule jusqu'aux Niebelungen par la salle Verte et l’escalier Dodu.
Mais les visiteurs se multipliaient, sinistre présage.
On annonça M. von Salem, chef du parti tyrolien. Zelten dut consulter son plan et se fâcha :
— Fourrez-le dans le Trésor! dit-il Tous ces gens-là viennent le revolver au poing. D’ailleurs qu’ils entrent tous! A part cependant le capucin Stobben, que vous évacuerez sur le jardin par la Trappe des blasons. Toi, Jean, reste.
Salem arriva le premier, car, familier du palais, il avait trouvé une traverse du xvi® siècle pour aller du Trésor à la salle Barberousse. Mueller, Krumper et Kleist entrèrent ensemble, avec le capucin qu’on avait dû mal aiguiller à quelque carrefour et, de peur de glisser sur ces parquets luisants, ils marchaient sut la pointe des pieds, comme les magistrats et le prêtre qui viennent réveiller un condamné.
é | RL LE sd SIFGFRIED ET LE:LIMOUSEN Kleist voulut parler, mais M. von Salem le pria de - lui céder son tour.
— C'est cela, dit Kleist, que M. von Salem parle ‘ en notre nom.
— Pas du tout, dit von Salem. Je tiens à parler d’abord pour moi-même. Je tiens à protester contre l'attente qu’on m’a imposée dans les salles du Trésor, réservées aux ministres étrangers. Depuis 1341, les Salem ont entrée direéte auprès des Wittelsbach. Si je devais attendre, ce ne pouvait être que dans la salle Gtenat. Mais jai peut que le comte von Zelten ne connaisse pas plus les chemins de la Résidence que les avenues du cœut allemand. : É
Zelten était allé prendre au dossier du ‘Trône le portrait de sa mère, et l’avait remis dans sa poche.
— Et puis? dit-il.
Il n’y avait aucune chaise ou fauteuil dans la pièce, et l’on ne pouvait guère s’accouder à la chèminée qui avait huit pieds de haut... J'étais sur le point de tomber de fatigue... Kleist s’avança : i
— De la part du Sénat et de la Chambre, dont je suis le mandataite, je demande à Zelten combien de minutes encore il entend prolonger cette plaisanétiens ;
— Le mandataire de qui? demanda Zelten.
— D'un pays que vous vous retirez le droit de dire vôtre, l’Allemagne. :
— Messieurs, dit Zelten, dans une heure j'aurai quitté le palais. Ce n’est pas vous qui m’en chassez, ni PAllemagne. Je persiste à croire que les vrais Allemands sont avec la paix, l'amour des arts et la fraternité. Ce qui m’en expulse, ce sont deux télégrammes
vote due ai hier dl nt. À noble élit f'et-4 dhntentt 1 à dt me dodde d
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