‹ Siegfried et le limousinChapitre 26 sur 47 · TRE ÉD 25. É « F É 5 È · texte numérisé non relu

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ÔSIEGFRIED ET LE LIMOUSIN ox

pout Berlin que voilà interceptés : le premier vient d'Amérique et est adressé à Wirth. Je vous le Lis : Si Zelten se maintient Munich, annulons contrat

pétrole. Le deuxième vient de Londres et est adressé à Stinnes : Si Zelten se maintient Munich annulons contrat Volga et provoquons hausse mark. Par contre, je n’ai intercepté aucun télégramme disant : — Si Zelten est roi, musiciens allemands refusent composer et jouer. — Si Zelten est président, philosophes allemands incapables penser et décorateurs feront grève. — Si Zelten est premier Consul, jeunes filles allemandes renieront jeunesse allemande, printemps alle-

mand refusera produire myrtilles et narcisses. Mais je n’insiste pas. Que le pétrole et la Volga pénètrent donc à flots par le puits de Persée et la fontaine Wittelsbach. J’ai traversé le pouvoir absolu comme aux enfers on traverse une ombre. Je ne l’ai exercé en somme que sur moi-même. Pendant quatre jours je me suis dévoué comme un esclave à ces deux petites

qualités que je me connaissais, le désintéressement, la franchise, et qui étaient devenues soudain une franchise et un désintéressement royaux... Je pars, sans avoir dormi ici, sans savoir ce qu'est le sommeil royal. Mais je veux vous conseiller, Messieurs, pout les autres exécutions, quand vous choisirez un mandataire à l’Allemagne, de le choisir Allemand. Monsieur Kleist n’est pas Allemand...

Kleist pâlissait. La transfusion de sang était commencée.

- — Monsieur de Kleist est étranger. Un ancien soldat à demandé hier à me parler. Il a vu apporter Kleist blessé dans sa chambre d’hôpital, et l’a entendu

se plaindre. Il ne se plaignait pas en allemand. Sa plaque d’identité, qui fut à dessein égarée, portait un” chiffre qui ne correspond à aucune formation allemande. À la suite de quelle amnésie vos amis Rathe-" nau, Harden et Scheidemann se sont introduits en” Allemagne, ce n’est pas à moi de vous le dire, ni les plaintes yeddish qu’ils ont poussées tout petits..." Adieu, messieurs.

Je voulus courir à Kleist, que les autres emme-" naient, mais je devais avoir dans ce palais antique, en plus de ma fatigue, le mal des musées. Étourdi, je tombai sur Zelten. Il me prit dans ses bras, chercha où m'étendre, et me hissa par l’estrade sur le trône.

— Repose-toi une minute, cher Jean, fit-il..

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