NOUVELLES MINES D'OR
Les citations de Hamboldt ont fait leur temps. On a si souvent répété les prédictions de Tillastre chambellan du roi de Prusse au sujet des mines mexicaines, qu'il était temps de trouver un autre prophète. On l'a trouvé. Selon les journaux anglais, Cecil Rhodes aurait dit, Tannée même de sa mort : « Les trois plus riches pays miniers du itionde sont : le Pérou, la Bolivie et le Mexique. Le Mexique est le plus riche des trois. Ma destinée ^m'a mené ailleurs, mais il faut bien que j'en croie les géologues et les experts : de leur avis unanime, le Mexique sera, un jour, le plus grand producteur d'or, d'argent et de cuivre da monde. Je ne verrai pas ce jour, mais beaucoup, parmi vous, le verront. »
Quand le grand promoteur du Transvaal parlait ainsi, le Mexique ne fournissait guère que de l'argent. Il est maintenant au second rang pour
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la production du cuivre et au cinquième pour celle de Tor ; mais ses récoltes d'or grossissent plutôt par le développement de ses mines d'argent, dont l'or est un sous-produit, que par l'exploitation de mines d'or proprement dites. Jusqu'à présent, la bonne tenue en profondeur des filons mexicains exclusivement aurifères, dont le type est le San Rafaël d'El Oro-Esperanza (État de Mexico), ne s'est affirmée que^ sur quelques points du pays, très éloignés les un^ des autres.
Une grande zone de production d'or, comme fut la Californie, à ses débuts, et comme sont, aujourd'hui, le Colorado, TAlaska, le Transvaal, l'Australie occidentale, n'a pas encore été trouvée au Mexique; mais de récentes découvertes nous font croire que cette zone se rencontrera dans la Sierra Madré, sur les confins des États de Ch?huahua, Sonora, Sinaloa etDurango.
Dans une des mines de Parral, Quebradillas, qui n'avait jamais produit que de l'argent, comme tous les gîtes de ce groupe, un filon purement aurifère . a été trouvé à 600 pieds de profondeur, accolé au filon principal.
A l'ouest de ParraU près du vieux mmeral àe^ Santa Barbara, exploité depuis 1560 pour l'argent, un nouveau camp s'est établi au pied du cerro de Buenavista, où de beaux gîles d'or sont exploités par des ingénieurs et des propriiHaires de Parral, MM. Johnston, Peterson, Pettit, BroderickCloete, l'éleveur bien connu, dont le cheval Paradoxe a
gagné notre grand prix, C. Cowell, de Monterey, etc.
La découverte a été faite dans un canon, où les deux sections d'un filon étaient visibles à droite et à gauche de Térosion, sur une grande hauteur. Le développement était facile. A chaque mètre d'avancement des deux galeries ouvertes, Tune en face de l'autre, au fond du ravin, les tonnes de minerai assurées, les backs^ se comptaient par centaines. Des galeries ont été ouvertes à plusieurs niveaux, au-dessus des premières, et reliées entre elles. Après trois ans de travaux préparatoires, 130.000 tonnes de minerais d'une once d'or, en moyenne, sont en vue dans la mine au nord du ravin, El Raya. Le tunnel inférieur, qui sera la galerie d'exploitation, a 580 mètres de longueur; la galerie la plus haute a 400 mètres.
Dans la mine du sud, la Descubridora, 5 galeries, de 100 à 200 mètres de longueur, sont superposées, Le filon s'élargit ei;i avant des travaux et sa teneur est actuellement, au front d'attaque de la galerie principale, de 3 onces d'or. Les usines de traitement ne sont pas encore installées. On se contente d'expédier à Monterrey une cinquantaine de tonnes par jour, au coût d'extraction et de transport de 28 dollars par tonne. L'eau et le bois sont à portée. Les propriétaires ont enfin décidé rétablissement d'un moulin, A la bonne heure! Voilà des gens auxquels on ne pourra faire le reproche habituel, d'atteler la charrue avant
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les bœufs, de construire l'usine avant de s'être assuré des minerais.
Au surplus, ce retard inusité est dû à la nature du gîte, où Tor est rebelle à ralmalgamation simple.. Après de longues études, on s'est enfin décidé à établir une usine d'une capacité de 100 tonnes par jour, sur les bases suivantes : broyage préparatoire par des rouleaux, concentration aux tables Wifleys, broyage plus fin avec des moulins Huntington, seconde concentration aux Frue-vanners ; cyanuration des tailings. Les concentrés seront agglomérés en briquettes, avec du cuivre, et fondus. Des minerais cuivreux et ferrugineux ont été trouvés heureusement à portée des mines.
Le nouveau camp est relié à la station de San José (du chemin de fer Parral-Durango) par une bonne route de 22 kilomètres.
Bel exemple de travail et d'étude patiente donné aux compagnies qui sèment des moulins, bientôt abandonnés, sur les montagnes de tous les pays aurifères.
Les richesses minières du Mexique ont été exploitées^ pendant trois siècles, très activement, mais par des procédés si primitifs que les ingénieurs modernes trouvent, ici, d'amples récoltes à faire, comme en un pays vierge. D'énormes quantités déminerais, que les anciens ne pouvaient traiter ni par la fonte facile, ni par l'amalgamation simple, sont en place, à la disposition des compagnies nouvelles, armées d'appareils et de systèmes nouveaux.
Voici, par exemple, une mine connue depuis les premiers temps de la conquête, San Francisco del Oro, près de Santa Barbara, l'ancienne capitale de la Nouvelle Biscaye (aujourd'hui l'État de Chihuahua). Les anciens mineurs ont exploité ses affleurements à ciel ouvert, par un tajOy une tranchée, de 8 kilomètres de long. Les minerais — des carbonates de plomb argentifère — étaient aisément fondus dans les petits fours castillans ; mais,
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au-dessous de la zone supérieure où s'était faite, au contact de Tair, une heureuse modification, les sulfures apparaissaient complexes, réfractaires à tous les traitements connus alors. La mine fut abandonnée.
Ce cas est très fréquent, au Mexique. Par exception, des sulfures simples se sont rencontrés et ont persisté en profondeur, à Pachuca, à Guanajuato, à Zacatecas et dans d'autres districts, où le travail des anciens n'a eu pour limite que le point où les eaux ne pouvaient être dominées ; mais, dans la plupart des sierras mexicaines, les gîtes de type complexe sont restés intacts. Dans les États de Mexico et de Guerrero, par exemple, des mantos ou filons-couches, d'une épaisseur de 5 à 6 mètres, recouverts seulement par 20 ou 3Ô mè* très d'alluvions, s'étendent sur des milliers d'hectares, comme des coulées de lave, et apparaissent aux flancs des .canons, où l'érosion faite par les eaux les a mis à découvert. Leur exploitation serait à peu près celle des carrières de pierres, très simple et peu coûteuse. Leur développement est tout fait, pour ainsi dire ; des millions de tonnes sont assurées. La seule étude à faire est celle du meilleur procédé de traitement, et c'est pourquoi nous devons suivre attentivement les travaux des compagnies qui exploitent des minerais du même type — et profiter de leur expérience.
La compagnie fondée à Londres, en 1903 pour Tachât et la reprise de San Francisco del Oro, est
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présidée par lord Denbigh et dirigée par M. James Hyslop.
Le filon, dont les parties hautes ont été rongées par les anciens, est presque perpendiculaire. 11 fallait, tout d'abord, s'assurer de sa teneur et de sa composition en profondeur. Plusieurs puits ont atteint déjà le niveau de 416 pieds au-dessous du tajo. Un tunnel de 2.067 pieds recoupera le gîte à 200 pieds plus bas et servira de sortie générale.
Le filon a une puissance moyenne de 14 pieds. Son toit et son mur sont solides; aucun boisage n'est nécessaire. D'ailleurs, la compagnie a acheté 2.500 hectares de terrains boisés, dans le voisinage.
L'extraction se fait, provisoirement, par les puits, au moyen d'ascenseurs à gazoline. L'eau n'apparaît pas encore dans les chantiers. Toutes les conditions d'exploitation sont favorables. Mais la question du traitement était difficile à résoudre, car il s'agissait de minerais très pauvres et très rebelles.
Le type qui domine à San Francisco del Oro est une combinaison de blende et de galène, dont voici l'analyse : 11 pour 100 de plomb, 23 pour 100 de zinc, 16 pour 100 de soufre, 7 pour 100 de fer, 18 pour 100 de silice, 8 pour 100 de chaux; 100 grammes d'argent et 2 grammes d'or.
Un autre type se rencontre accidentellement dans le filon, des carbonates en aimas, non plus
les carbonates simples que les anciens exploitaient dans le tajo^ mais des carbonates complexes : 22 pour 100 de plomb, 12 pour 100 de zinc, 9 pour 400 de fer, 34 pour 100 de silice, 4 pour 100 de chaux ; 800 grammes d'argent et 5 grammes d*or à la tonne.
Des feuilles d'argent natif se trouvent, parfois, incrustées dans ces amas ou renflements du filon, et jusque dans les épontes.
En somme, San Francisco del Oro peut être classé parmi les mines abondantes et pauvres, oii la plus stricte économie doit présider à l'exploitation, où toute faute d^administratioii, toute erreur de traitement est mortelle. Les mantos des États de Mexico et Guerrero, dont nous parlons plus haut, sont plus riches et moins complexes; mais la compagnie anglaise, là-bas, a voulu «jouer la difficulté. »
Ses minerais, de la bouche des puits, sont transportés, par un tramv^ay à câble de 2.600 mètres, à des grilles (grizzlies), où le fin est séparé du gros, puis, à des tables de triage. Le chargement et le transport sont organisés de telle sorte que l'atelier de classement peut recevoir 90 tonnes par heure, 1.000 tonnes par jour.
Le traitement définitif de tels minerais est impossible sur place. On se contente de faire une première concentration par Teau et une seconde par un procédé magnétique. Les shmes et les tailings sont mélangés à des minerais siUceux et lixiviés.
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Les concentrés sont expédiés èui'une des grandes fonderies, El Paso ou Monterrey.
Un raccord sera établi avec la station de Molinos, du chemin de fer Parral-Durango.
Nous souhaitons très sincèrement un grand succès à la compagnie anglaise. Si, dans de telles conditions, elle parvient à distribuer des dividendes à ses actionnaires, la preuve sera faite que d'immenses gisements, négligés jusqu'à présent, au Mexique, peuvent être exploités.
VELARDENA
On ne saurait trop répéter qu'au Mexique, ce pays sans grands gîtes de charbon, oii le déboisement est plus fâcheux qu'en aucun autre pays, tout procédé qui permet d'économiser le combustible doit être essayé. Nous croyons que Torganisation des chutes d'eau et l'exploitation du pétrole sauveraient les pins et les chênes et empêcheraient un désastreux changement du régime des eaux. Mais il faut faire crédit de quelques années aux électriciens et aux chercheurs de pétrole; il faut faire de la force avec le moins de bois possible, en attendant les forces qu'ils nous préparent.
Une des plus grandes compagnies du Mexique, la « Guggenheim Exploration », vient de donner un bel exemple pour l'économie du bois, dans une de ses installations minières et métallurgiques, à .Velardena. Velardena est l'ancien Cuencamé, un des vieux districts miniers de l'Etat de Durango.
On y va par un embranchement de 8 kilomètres, qui se détache de V International , à 65 kilomètres deTorreon. MM. Guggenheim y possèdent 3 groupes de mines distincts — aiu total, 1.000 hectares ou pertenencias : San Lorenzo, Copper Queen et Santa Maria.
A San Lorenzo, les filons sont faits de quartz argentifère, avec 5 ou 6 pour 100 de plomb et 5 grammes d'or. Ils sont donc du type dit siliceux. La compagnie les a recoupés par un tunnel de ,600 mètres, dans lequel un puits de 266 mètres ^ dessert l'exploitation, à 433 mètres au-dessous des affleurements. Ces filons sont étroits, mais très uniformes et persistants. L'un d'eux, que les antiguos avaient exploité, dans ses parties hautes, sur 1.000 mètres de lorfgueur, est maintenant développé en profondeur, sur une étendue de 1.600 mètres. Un tuyau de 10.000 mètres, en partie souterrain, y amène Tair comprimé. Aucun drainage n'a été nécessaire, jusqu'à présent. L'exploitation n'est pas commencée.
Le groupe Copper Queen, qu'un chemin de fer de 26 kilomètres relie à Velardena (l'usine centrale), a des filons cuivreux, avec 60 onces d'argent par tonne. Ils donneront des mattes très riches à la fonderie. Les travaux de développement sont activement poussés.
Le groupe Santa Maria est à Velardena même.
Ses deux filons, depuis longtemps célèbres pour les qualités d'adjuvants à la fonte de leurs mine-
VELARDEÎ^A 323
rais, sont au contact du calcaire et du porphyre, parallèles, séparés par un dyke d'origine éruptive. Les anciens mineure les ont exploités sur 1.600 mètres en longueur et 200 mètres en profondeur et se sont arrêtés quand, les parties oxydées étant épuisées^ il3 se sont trouvés en présence de la zone de bronce, des pyrites complexes. Après de longs essais, la compagnie a adopté le système de réduction (après concentration), au moyen d'appareils magnétiques. A Santa Maria, Feau surgit à 60 mètres ; elle sera dominée par 2 pompes électriques, déjà installées, d'une capacité totale de 4.000 litres par minute.
C'est pour fournir la force nécessaire à l'exploitation de ces trois groupes que la compagnie a adopté le procédé Loomis Petibone. L'usine à gaz de Velardena est la plus grande, au monde, qui soit destinée au travail de mines.
Le système consiste à convertir en gaz le charbon ou le bois dont on dispose. kgr. 75 de charbon ou 1 kgr. 25 de bois fournissent un chevalvapeur-heure. L'économie de combustible est donc de 66 pour 100, au moins.
A Velardena, on emploie le charbon, venu, par voie ferrée, des gîtes du Coahuila.
Le charbon est brûlé dans des générateurs en fer revêtus de briques. On détermine, par un courant d'air, la distillation renversée. Depuis plus de quinze ans, M. Riche, le véritable inventeur du procédé, fait marcher un moulin à blé, à Lisors,
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en Normandie. Il sera, sans doute, surpris d'apprendre qu'une des plus grandes usines du Mexique utilise sa découverte, sous un nom américain.
Le gaz chaud, sortant des générateurs, passe par les tubes d'une chaudière et produit de là vapeur pour les machines destinées à l'entretien du courant d'air (exhausters) dans les générateurs. Il entre ensuite dans un réceptacle (scrubber), où il. se refroidit et se purifie, en traversant des couches de coke et d'eau. Enfin, il est emmagasiné dans des gazomètres. -
A Velardena, il y a 3 unités, faites, chacune, de 2 générateurs, d'une chaudière tubulaire et d'un scrubber. Chaque unité fournit 1.000 chevaux à 4 machines Crossly (de Manchester) de 500 chevaux, qui font marcher des générateurs électriques à 600 volts. Une partie de la force électrique est employée, au même voltage, à Velardena, pour les ateliers, pompes, ascenseurs des puits de Santa Maria, etc. Une autre partie, à un voltage double, est envoyée à San Lorenzo/ et à Copper Queen, où, ramenée à 600 volts, elle sert aux appareils d'exploitation et au moteur de 300 chevaux pour le compresseur d'air.
Nous ne parlerons que pour mémoire des autres installations de Velardena, de la fonderie, des 25 perforatrices, des magasins, bureaux d'essai, maisons confortables pour les employés, maisons hygiéniques pour les 1.400 ouvriers, payés ttneet deux piastres et dont le nombre sera porté à
VELAROBNA
2.500, après la mise en marche de la fonderie. Nous avons voulu seulement montrer, par un exemple, qu'on peut économiser largement le combustible, le bois si précieux pour l'avenir du pays et si fâcheusement gaspillé par tant de compagnies, au Mexique.
On sait que les placers (alluvions aurifères) proviennent de filons brisés par les convulsion géologiques, réduits en miettes et entraînés en contrebas par les eaux. Le travail de broyage cfUe font nos moulins à or, à coups de pilons à vapeur, a été fait par la nature. L'or, extrait des gangues désagrégées, a été éparpillé sous forme de poudre, do paillettes ou de pépites.
Quand on parle de placers, le lecteur se figure un champ dor, une vallée où il suffit de vanner ou de laver le sable pour recueillir la poudre d'or. C'est là, en effet, un type de placer, le placer de surface, qui est à la merci du premier venu. Les récits des premiers temps californiens ont accrédité cette croyance que les placers sont les «mines des pauvres », et, de fait, un homme sans ressources, une femme même peuVent traiter la terre aurifère à la surface du sol. En Californie, les émigrants de 1848 Tout lavée d'abord dans des
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plats ou battéeSy puis à Taide d'un berceau ou rocker^ puis au long tom, puis au sluice, perfectionnant d'année en année les moyens de recouvrer Tor. Aujourd'hui^ les placers de surface californiens, bouleversés et appauvris, sont abandonnés à des Chinois qui lavent et relavent les débris et gagnent à ce métier un ou deux dollars par jour.
Au Mexique, on travaille depuis un siècle des placers de surface dans le district de TAltar (Sonora) et en Basse-Californie. Les chercheurs d'or mexicaine, les ^amèw5mo5, moins nombreux et moins actifs que ne Tétaient les pionniers américains, manquant d'eau pour laver les sables, n'ont pu, en un siècle, épuiser ces placers. Ils ne les ont même pas découverts tous. De temps en temps, les journaux annoncent la trouvaille de quelques pépites dans un ravin, trouvaille exagérée par une compagnie de transports ou par un tendero qui veut vendre ses marchandises à haut prix.
Dans ce genre de placer, le vrai mineur, l'ingénieur, le capitaliste n'ont rien à faire. Je veux parler de placers très différents, des placers souterrains, qui sont de vraies mines. Leur exploitation est facile et économique. Elle doit être précédée par la confection d'une carte et, quand cette carte est bien faite, une production régulière d'ouest assurée pour un nombre d'années déterminé.
Les placers souterrains ont été reconnus d'abord en Californie, puis en Australie, où ils ont été, pendant quarante ans, activement exploités. En
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Californie, le centre de cette industrie minière est la zone qui comprend les comtés de Plamas, Placer, Nevada y Sierra.
Les placers souterrains sont les lits d'anciennes rivières, de rivières de Tépoque pliocène, que des laves ou des alluvions modernes ont recouverts, formant au-dessus d'eux un pays d'aspect nouveau, avec ses collines, ses plaines, ses ri vières nouvelles. Il s'agit de retrouver ces anciens lits par des sondages et par des tranchées. Il s'agit de faire sur une carte le plan du pays enseveli, de reconstituer ces sortes de Pompeïs minières, où Tor, fixé sur place depuis des milliers d'années, à Tabri des eaux, se trouve à la fois concentré comme dans les filons et disponible comme dans les placers.
Sur quatre cents compagnies minières inscrites dans TEtat de Californie, deux cent cinquante exploitent des .placers souterrains {drift mines, gravel mines), et ce nombre teni à s'accroître, tandis que le nombre des compagnies exploitant des mines de quartz tend à diminuer. Voici pourquoi :
L'exploitation d'un placer souterrain exige un capital moindre que celle d'un (ilon, puisque l'usine de traitement n'est pas nécessaire et que la production est immédiate.
En second lieu, la reconnaissance du gîte est faite d'une façon plus sûre, puisque Ton suit en galerie le thalweg de Tancienne rivière sans risquer de le perdre comme on perd si souvent un
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filon. Un filon n'est qu'une fracture, due à un accident géologique; il peut^ p, un point quelconque, ea direction ouen profôndeXir, s'éparpiller, s'aplatir OQ disparaître ; on n'a de sécurité qu'autant qu'on Ta suivi dans tous les sens par des traçages coû- . teux. Tandis qu'une rivière pliocène a Tallure qu'ont nos rivières modernes : son débouché est loin de sa source; son lit ne disparaît pas brusquement.
Enfin — et c'est le principal avantage des placers pliocènes — l'étude de ces gîtes, leur exploitation déjà loogue en Australie et en Californie a fait ressortir « ce fait capital », signalé par MM. \Cumenge et Fuchs dans leur livre sur l'Or, « c'est que, en dehors des points exceptionnellement riches, qui sont les barres et les remous de l'ancienne rivière, la richesse moyenne est à peu près constante dans le cours d'un chenal. Aussi, lorsque l'exploitation a permis de déterminer cette richesse moyenne pour une partie du chenal, peut-on appliquer, au moins à titre provisoire, les mêmes chiffres aux parties encore inexploitées de ^ce chenal (1). »
Or, on sait à quels mécomptes sont exposés les mineurs d'or Qt combien les filons les plus riches sur tel point deviennent pauvres, quelques pieds plus loin, même au fameux Rand du Transwaal, qui passe pour le plus régulier des gîtes d'or. On
(i) Encyclopédie chimique. Tome V. L'Or, page 85.
voit quelle sécurité comparative offre lexploitation d'une rivière aurifère pliocène. Le dicton « Tout mineur d'or est un joueur y(, n'est pas exact en ce cas.
Quand la carte est faite, quand le lit de la rivière souterraine a été relevé sur tant de kilomètres de longueur, avec sa largeur moyenne et avec la hauteur moyenne de sa couche payante, quand on a traité un nombre raisonnable de tonnes de terre, prises dans le lit normal, on sait qu'on peut compter au total sur tant de tonnes contenant tant d'or. Une valeur marchande peut, dès lors, être attribuée à la propriété. On peut la découper en lots, la céder à plusieurs compagnies. Aussi, la découverte d'une vallée aurifère souterraine donne-t-elle lieu en Californie à. un prospect très actif et, après la confection de la carte, à des transactions très importantes.
Quelques chiffres relevés par MM. Cumenge et Fuchs donneront une idée de ce genre d'affaires.
Dans la a Bald Mountain Mine », du comté de Sierra (Californie), qui a été travaillée d'une manière systématique depuis 1872, et qui peut être considérée comme un type de placer souterrain, on a constaté que, sur 1.150 mètres environ de chenal exploité, la moyenne du rendement, par mètre courant de chenal, avait été de 8.i20 francs, l'exploitation ayant doqné, pour ces 1.150 mètres, un produit de 9.400.000 francs. Le rendement était, en moyenne, de 9 fr. 20 par tonne de gravier.
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A la « Mabel Mine », North Bloomfield, la teneur était de 6 francs par tonne.
D'une manière générale on estime que la richesse minimum d'une mine de gravier exploita,ble en Californie doit être voisine de 5 francs par tonne, soit 2 grammes d'or par mètre cube.
Le chenal travaillé dans le « Forest-Hill Divide » a produit 5 millions de francs par mille de longueur, soit 3. ISO francs par mètre courant de chenal.
Si Ton veut rapporter à Funité de superficie la richesse des chenaux exploités, on trouve qu'en Californie cette richesse varie de 250.000 francs à 1 million de francs par hectare, correspondant à un rendement de 25 à 100 francs par mètre carré de surface de chenal.
On a rencontré des cas isolés de richesses extraordinaires. C'est ainsi que Ton a conservé le souvenir de wagonnets (contenant 750 kilogrammes de gravier) ayant produit 50.000 francs chacun.
Les rivières pliocènes, comme les rivières modernes, avaient des affluents, des branchements avec îles donnant des lits doubles ou multiples; elles avaient des rapides, des chutes, de brusques tournants, si bien que, pour ne pas s'égarer dans la recherche souterraine du lit que Ton poursuit, on doit constamment entrevoir la possibilité de l'existence de l'un ou de l'autre de ces accidents.
La strate inférieure du gravier payant (pay
gravel), exploitable au moyen de galeries, est limitée, dans la plupart des Cas, al m. 50 ou 2 mètres. Mafs parfois des remplissages successifs ont eu lieu et une autre strate de gravier payant se présente à un niveau supérieur. Au « Paragon Claim », dans le comté de Placer, trois strates exploitables ont été découvertes dans le même chenal : la première d'une puissance de 2 mètres, sur le bedrock même; la seconde, aussi riche, 5 mètres plus haut, et la troisième, un peu moins riche, située 50 mètres plus haut encore.