LE MEXIQUE ET L'ARGENT
- Le Mexique actuel, pourvu de fonderies et de chemins de fer, exploite des mines que les Espagnols, aux temps coloniaux, tenaient pour inexploitables. Les anciens mineurs ne connaissaient guère que le traitement par le mercure. Pour les minerais rebelles à l'amalgamation, s'ils étaient très riches et très faciles à fondre, on improvisait sur les lieux un petit four castillan, suffisant pour la poche rencontrée, car des minerais de ce type exceptionnel ne se trouvaient guère qu'en poches*
Le prospecteur d'autrefois passait, sans s'arrêter, près dénormes affleurements dont il n'eût su que faire. La plus grande partie des richesses souterraines du pays n'étaient pas à sa portée.
En outre, lès sulfures amalgamables se transformaient, au niveau des eaux, en sulfures complexes et le traitement au patio devenant impossible, il fallait aller ailleurs.
On peut reprendre aujourd'hui ces mines aban-
données. On peut, grâce aux progrès de la métallurgie et des procédés d'extraction et de transport, exploiter une multitude de filons et d'amas qui n'avaient, jadis, aucune valeur. Le Mexique est donc entré dans une seconde jeunesse, plus vigoureuse^ et plus féconde que ne le fut sa première jeunesse, au temps des bonanzas espagnoles.
Le Mexique et les Etats-Unis fournissent ensemble, par parts à peu près égales, 70 pour 100 de l'argent produit annuellement dans le monde. Au Mexique, Tindustrie des mines d'argent a une vie indépendante ; elle est distincte de • toutes les autres industries, elle les domine, et Ton peut dire qu'elle est nationale par tradition. Aux États-Unis, au contraire, l'argent n'est plus, sauf en quelques mines très riches, qu'un sous-produit des mines de cuivre et d'or.
Le Mexique, lui, est voué à l'argent. Il est, par excellence, le pays de l'argent. Ses industries naissantes, ses cultures, ses banques, son commerce, ses chemins de fer ne vivent et ne prospèrent qu'avec l'aide des mines d'argent.
En 1884, le pays produisait 31 millions de piastres d'argent ; en 1894, 58 millions ; en 1903, 82 millions ; en 1906, 99 millions; et cette augmentation s'est faite malgré la baisse constante du métal, alors que toutes les nations, l'une après l'autre, adoptaient l'étalon d'or. Aucune mine mexicaine n'a été fermée par suite de la crise et
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plusieurs centaines de mines ont été ouvertes et développées en pleine crise. C'est donc que le Mexique peut produire l'argent à meilleur marché qu'aucun autre pays et qu'il supporterait, sans fléchir, une baisse nouvelle, une baisse qui mettrait définitivement hors de cause la plupart de ses concurrents. Pour des raisons analogues, la baisse sur les cotonnades, en 1873, n'a pas arrêté Fessor dès filatures anglaises, plus anciennes et mieux outillées que leurs rivales.
Si le Mexique l'emporte, dès maintenant, sur touè les pays argentifères, combien plus l'emportera-t-il, quand ses forces hydro-électriques, seront organisées et que des voies ferrées mettront en pleine valeur tous se^ minérales t Les embranchements de Zacatecas à Durango, de Pachuca à Tampico, du rio Balsas, la ligne de Guaymas à Guadalajara et celle de Topolobampo à Presidio del Nortè ouvriront aux mineurs des champs d'exploration à peu près neufs.
D'autre part, les progrès de la mécanique et de la métallurgie diminuent, chaque année, les frais d'extraction et de traitement. Les mineurs qui se plaignent, à Parral et ailleurs, des hauts prix exigés pour la fonte, oublient que les fonderies sont faites pour les minerais plombeux et les minerais très riches, et que des procédés plus pratiques peuvent être appliqués aux types siliceux, de teneurs' moyennes, qui sont ceux de Parral et de la plupart des mines du Mexique. A Guana-
juato, les compagnies nouvelles n'ont pas perdu leur temps à récriminer contre le ,« trust » ; elles ont essayé, avec succès, sur des minerais aussi rebelles à Famalgamaiion que le sont ceux de Parral, la méthode de la concentration et de la cyanuration combinées ; elles ont organisé la force électrique et elles assèchent leurs mines, trois fois plus profondes que celles de Parral, au coût de 64 centavos par tonne de minerai extrait. Il faut suivre l'exemple des mineurs de Guanajuato et des filateurs anglais ; il faut, à mesure que baisse la valeur du produit, rédliire les frais l^'exploitation et les frais généraux, perfectionner les procédés industriels, et augmenter la production. Toute baisse d'utie marchandise en détermine un plus grand emploi. Le Mexique fournira au monde, avant dix ans,, les deux tiers de l'argent dont le monde a besom et produira sa marchandise à si bon compte qu'un trust national pourra s'établir, pour régler les stocks et diriger les cours.
Si dans l'état actuel, dans Tétat de dispersion et de conflit des intérêts privés où nous sommes, une compagnie américaine — à vrai dire une seule maison, la maison Guggenheim — dispose du tiers de la production mondiale de l'argent, c'est qu'il est plus facile qu'on ne le croit de grouper les intéressés et de les faire agir dans un certain sens. Le gouvernement mexicain a su acquérir à propos le contrôle d'une partie du réseau ferré et, sans pousser trop loin son avantage, sans se faire en-
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trepreneur de transports, il a réussi à empêcher les combinaisons préparées à New- York. Une action du même ordre peut s'exercer sur une branche plus importante encore de Tactivité nationale, sur l'industrie des mines d'argent. Avant peu, quand le Mexique produira assez d'or, de cuivre, des bas métaux et de fibres pour régler les comptes de ses importations et les intérêts de sa dette extérieure sans ofiFrir de l'argent comme contre-valeur, un trust de l'argent pourra être formé, sous la direction, ou, pour mieux dire, sous le protectorat du g^ouvernement mexicain.
Un tel projet serait chimérique en tout autre pays. Ici seulement, il vaut la peine qu'on le discute. Réfléchissez qu'une contrée, quatre fois plus étendue que la France, est, dans son ensemble, un minerai, un terrain d'exploitation minière. Si l'on excepte la presqu'île du Yucatan, Tabasco et les savanes de Veracruz et du Tamaulipas, on peut dire que la prospection est possible, avec des chances de succès, du Texas au Guatemala et d'une mer à Tautre. La linea metallifera de Humboldt et de Saint-Clair-Duport, la ligne tirée du N.-O. au S.-E. en suivant la direction de la Veta Madré de Guanajuato, a 2.000 kilomètres de longueur. D'un côté, vers le N.-O., elle passe par Aguascalientes, Zacatecas, Fresnillo, Sombrerete, Durango, Guadalupe y Calvo, San José de Gracia, Choix et Hermosillo; de l'autre côté, vers le S.-E.,
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elle traverse les Etats si minéralisés deQueretaro, Mexico et Oaxaca.
A l'ouest de cette ligne sont : Minas Prietas, Quintera, Guadalupe de los Rc^yes, Copala, El Rosario, San Dinias, Guarisamey, Bolanos, les mines nouvelles d'Etzatlan et d'Ameca, la belle région qui s'étend entre Mascota et Colima, Angangueo, Tlalpujahua, El Oro, Temascaltepec, Sultepec, Zacualpan, Tasco, et le peloton embrouillé des veines de la Sierra Madré du Sud, dans le Guerrero etFOaxaca.
A Test d^ la ligne : Las Chispas, Pilares de Teras, Soyopa, la Trinidad, los Bronces, El Promontorio, Jésus Maria^ Pinos Altos, Palmarejo, Urique, Batopilas, Parral, Santa Barbara^ Guanacevi, Inde, Penoles, Velardena, Sombrerete, Nieves, Fresnillo^ Zacatecas, Catorce, Matehuala, Charc^s, San Pedro, Guadalcazar, El Doctor,- Zimapan, El Chico, Pachuca, Real del Monte.
Plus loin encore, à Test, une grande zone de rainerais plombeux complète la zone des minerais siliceux: Cuchillo Parado, Santa Eulalia, Naica, Almoloya, la Sierra Mojada, la Sierra Madré ' Orientale.
M. de Launay, Téminjent professeur de TEcole des Mines de Paris, a dessiné ce panorama grandiose, n nous transporte sur le bord du grand cercle d'effondrement, sorte de cratère démesuré, qui constitue rOcéan Pacifique. « Tout autour », dit-il, « de cette immense dépression marine, on
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voit une remarquable ceinture, une couronne de volcans, restes d'une activité éruptive qui a été plus intense, avant notre époque, dans la première partie de la période tertiaire. Là se sont développées, avec une abondance incomparable, les manifestations hydrothermales souterraines auxquelles on attribue la formation des filons. Assurément, de tels phénomènes avaient eu lieu déjà, à bien des reprises, pendant les âges antérieurs, et ont eu lieu, durant cette période même, dans d'autres régions du globe, mais jamais, ce semble, avec un développement pareil ; et, surtout, ces incrustations métallifères récentes de la Couronne Pacifique jouissent, par rapport à beaucoup d'autres, d'un privilège essentiel : elles semblent avoir subi, à un degré particulièrement favorable, Taction des forces érosives superficielles, qui ont pour résultat de raboter constamment notre planète, d'en détruire les saillies produites par les actions internes, de la niveler et de mettre à nu les filons renfermés dans ces saillies. Or, les zones superficielles présentent des veines émiettées, dispersées ; puis vient:, en profondeur, la zone rich^ régulière ; plus bas encore, les filons disparaissent ou se coincent, mais peuvent faire place à de grands amas intrusifs, d'un type tout différent. Il faut donc, pour qu'une région métallifère offre ses gisements dans les conditions les plus avantageuses, que l'érosion l'ait déjà entamée, sans atteindre cependant les filons jusqu'à leur racine: circons-
tances réalisées au Mexique et dans TOuèst Américain.
, « Nul pays n'a été aussi bien doté par la nature que le Mexique, où tout le territoire^ on peut le dire, appartient à la zone éruptive récente^ dont nous venons de signaler la richesse métallifère. Quand on examine la carte géologique de ce pays, on est frappé par la façon dont y flamboient, de tous côtés, les couleurs rouges ou orangées, par lesquelles on a l'habitude de figurer les roches éruptives tertiaires. Ce flamboiement semble l'image des innombrables gisements de métaux précieux, qui, figurés chacun avec une paillette du métal constituant, rendraient la carte minière du Mexique curieusement étincelante. »
Les richesses souterraines du Mexique, décrites par M. de Launay, s'offrent dans toutes les directions, à toutes les altitudes, sous toutes les formes.
La direction la plus fréquente est celle de la ligne de Humboldt, N.-O.-S.-E. ; par exception, la grande Veta Colorada de Parral est N.-S ; à Zacatecas, le filon de San Bernabé est E.-O. ; à Real del Monte se croisent les vespertinas (N. S.) et les /e^eVema5(E.-0.);à Zacualpan, les veines, dirigées en tous sens, forment un réseau.
Des mines sont au sommet des sierras : Zacatecas, Guanajuato, Pachuca, Zacualpan ; d'autres sur les plateaux, au pied des montagnes : Fresnillo, Ramos, Charcas, et, au cœur même de la Sierra Madré : Batopilas, Guadalupe y Calvo,
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San Dimas, Guarisamey, Panuco, Bolaftos. Guadalupe y Purisima, à Catorce, est à 3.000 mètres (f altitude; El Tajo, au Rosario, est au niveau de la mer. ^
L'argent du Mexique se présente sous, toutes les formes, avec toutes les couleurs, en minerais de fonte, decairo, de tonel^ Aq patio, de lixîviatîon, de cyanuration. Il s'o0re à toutes les expériences, et défend ses .profondes réserves par des combinaisons do^nt les générations de métallurgistes et de mineurs triomphent, chacune à son tour.
Tel est le beau champ d'action du trust futur, du trust national de l'argent.
« La géologie, une de ces pauvres petites sciences conjecturales... », disait Renan en haussant les épaules. Et il retournait à la philosophie et à rhistoire — autres sciences conjecturales.
Les géologues, du moins, voient et touchent; ils observent des faits. Ne pouvant les observer tous, ils se trompent — souvent; mais leurs erreurs sont rectifiées l'une après Fautre. En somme, la géologie est en progrès. On n'en pourrait dire autant des sciences spéculatives que lui préférait Renan.
Un beau champ d'études pour le géologue, c'est le Mexique, exploré maintenant dans tous les sens, pénétré jusqu'aux grandes profondeurs. Bien des théories basées sur des observations partielles et superficielles sont reconnues fausses. On s'aperçoit que le Mexique était peu connu et mal connu. Si M. de Launay venait ici, sans doute il modifierait quelques-unes des phrases citées plus haut :
« Un pays dont le sol géologique est, en général, aussi jeune que celui du Mexique... Le Mexique où tout le territoire, on peut le dire, appartient à la zone éruptive récente... oii les incrustations métallurgiques sont relativement ré-* centes, etc. »
C'est juger de loin.
Les granités de Sonora, par exemple, figurent, sur la carte de Dana, parmi les roches archéennes^ émergées, les premières en Amérique, avec les granités du Canada et de la Nevada. M. Edmond Fuchs, le regretté professeur de géologie à TEcole des Mines de Paris, me disait, au pied de la sierra de Bacoachi : « Regardez ces roches : ce sont les plus vieilles de notre planète — - les granités californiens. »
A Zâcatecas, contemplant, de la fenêtre du pullman-car, la célèbre Bufa, il s'écriait : « Voilà une montagne dont j'ai souvent parlé dans mon cours. Je ne suis pas fâché de lavoir. » 11 la voyait du pullman-^ar, malheureusement; peut-être, s'il en eût fait l'ascension, eût-il rectifié des erreurs accréditées. Les cours sont faits ; on ne les retouche guère; on n'en répare pas les parties inexactes ou faibles, et je crains qu'un élève de l'Ecole des Mines ne soit ajourné, s'il soutient, à l'examen, que le Mexique n'est pas très jeune.
Les roches archéennes de Sonora, on les trouve ailleurs, au Mexique, bien loin au sud et jusque dans le Michoacan et le Guerrero, avec leurs filons
caractéristiques, leur métallisation primaire intacte.
Autre fait : on a reconnu, depuis la frontière de rVrizona jusqu'au fleuve Yaqui, sur 130 lieues de longueur, des couches d'anthracite, formées pen-* iJant la période permo-carbonifère.
C'est à la même époque et à l'époque suivante, lîL première de l'ère secondaire, celle du trias, ([ti'ont eu lieu les émanations de cuivre. Or le i^uivre sera, peut-être, avant dix ans, le métal mexicain par excellence. Déjà, le Mexique est au second rang parmi les pays producteurs; il a iViurni, en 1906, 70.000 tonnes de cuivre; il en l<>urnira 100.000, quand seront prêtes les installiiTions nouvelles dans les Etats de Chiapas, Veracmz, Oaxaca, Puebla, Tamaulipas, Coahuila, \ Jiihuahua, Michoacan, Guerrero.
Et le plateau central? On tient peu de compte ih son. étendue et de l'importance de ses gîtes, ([iiand on affirme que tout le territoire, au Mexique, n[>[iartient à la zone éruptive récente,
t( Entre les deux océans (c'est D. Juste Sierra r|iii parle) deux murailles se dressent, en gradins Ligantesques, depuis les plages jusqu'aux régions (It^ la neige éternelle qu'on voit apparaître dans Trizur profond du ciel de TAnahuac, aux sommets «Uncelants du Popocatepetl, de Tlxtaoihuatl et de I Orizaba. A partir de l'inextricable nœud oro^al^^lique d'Oaxaca, ces deux murailles divergent, et i'** n'est plus un abîme qu'elles enserrent entre
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//j^ ; elles ; Tabirtie a été comblé par les dépôts géologiques; un haut plateau s'est formé, très étendu^ Je dominé, çà et là, par de beaux cirques volcaniques, je I comme celui de Mexico. Mais le plan général du 3. ' plateau se développe en une immense surface plane qui s'abaisse lentement vers le nord et va mourir dans les savanes désertes de la zone ultratropicale. »
Les deux murailles de soutènement sont le produit des grandes éruptions primaires et le plateau a été formé pendant Tëre secondaire, quand fut comblée la mer mexicaine intérieure, aux époques du trias et du lias. Lés boues marines durcies et stratifiées, les calcaires, commencent au kio Bravo, dans le Chihuahua, et affleurent, en beaucoup d'endroits, jusqu'à l'Etat de Mexico, où des éruptions relativement récentes les ont revêtues de matières volcaniques ; mais elles reparaissent sur les revers orientaux et méridionaux de cette plateforme, dans les cumbres de Maltrata, dans la vallée de'Las Balsas, dans les ravins de TCJaxaca.
On peut donc dire que le territoire du Mexique appartient, en grande partie, aux deux premières ères.
Sans doute, à Pachuca, à Guanajuato, dans les districts classiques du centre, « les manifestations - hydro-thermales souterraines auxquelles on attribue la formation des filons » ont eu lieu pendant l'ère tertiaire; mais dans d'autres districts, beaucoup plus nombreux, elles datent d'époques anté-
rieures. Par exemple, les amas de sulfures et de carbonates de plomb argentifère intercalés dans les couches du calcaire, à Sta Eulalia, à Naica, à Almoloya, résultent, à n'en pas douter, des émanations qui ont suivi les grandes éruptions primaires. On n'y peut noter aucune manifestation volcanique ultérieure.
A El Oro (Etat de Mexico), le district le plus développé et le mieux exploité qui soit au Mexique, Faction des éruptions tertiaires n'est qu'apparente.
Elles ont laissé leurs traces en coulées d'andésites.
Mais la formation recouverte par cette nappe, le country rock d'El Oro est un schiste calcaire, un des types de la série des sédiments marins dont est formé le grand plateau.
Le filon San Rafaël, qu'exploitent les compagnies El Oro et Esperanza, le filon voisin Descubridora, les filons de Dos Estrellas, tous les filons de la région sont dans ce schiste. Leur métallisation n'est pas due aux éruptions de Tère tertiaire, puisque le produit de ces éruptions, la nappe extérieure, l'andésite, est posée sur eux comme un couvercle, solide et massive à leur contact.
Au point où ils se heurtent à l'andésite, ils se terminent brusquement; ils n'ont eu aucune action sur elle ; elle n'a eu aucune action sur eux. Si leurs têtes sont oxydées, c'est qu'elles étaient affleurantes, avant la venue de la nappe superficielle, et celte oxydation est bien plus marquée
dans les gîtes que la nappe n'a pas recouverts.
Les éruptions tertiaires ont exercé, il est vrai, une action sur les gîtes du district : elles les ont disloqués. Dans les parties connues du San Rafaël, on compte jusqu'à neuf fautes, neuf fractures, marquées jusqu'à la surface du sol, à travers la nappe d'andésite. C'est donc après la venue de cette nappe que la dislocation s'est faite. On peut dire que le iilon le plus célèbre du Mexique actuel, le mieux exploité, le mieux connu, doit samétallisationaux éruptions anciennes et ses fautes aux éruptions récentes,
Nous pourrions citer bien d'autres exemples de gîtes du même type. Mieux on connaît le sol minier du Mexique, plus on l'exploite, et plus on reconnaît la haute antiquité de ses principales formations.
La jeunesse des filons du Mejçique, encore une théorie qui s'en va! « Il n'est que de vivre », a dit un philosophe, « on voit tout et le contraire de tout. »
^p^sia