CHAPITRE VIII — SIGER ET LES TROUBLES UNIVERSITAIRES
la surface de la terre. Certaines erreurs qui portent préjudice à la foi commencent de nouveau à pulluler ; et ici, le Pape fait manifestement allusion aux événements et à la condamnation de 1270. Il ordonne, en conséquence, à l'évêque de Paris, de faire rechercher par quelles personnes et dans quels lieux semblables erreurs ont été écrites ou professées et de lui faire un rapport fidèle sur ce sujet K
C'était, on le voit, une enquête que le Pape demandait officiellement à l'évêque de Paris. Elle devait, dans sa pensée, aboutir à une action de la papauté relativement aux personnes et aux doctrines suspectées. La condamnation du 7 mars suivant fut la conséquence de cette mise en mouvement de l'autorité ecclésiastique ; et nous allons commencer à assister à la suite des événements qui entraînèrent à leur ruine les deux principaux chefs de l'averroïsme parisien, Siger de Brabant et Boèce de Dacie.
* Episcopo Parisiensi. Relatio nimis implacida nostrum nupei turbavit auditum, amaricavit et animum, quod Parisius, ubi fons vivus sapientie salutaris habundanter hue usque scaturiit suos rivos limpidissimos fidem patefacientes catholicam usque ad terminos orbis terre diftundens, quidam errores in prcjudicium ejusdetn fidei de novo pullulasse dicuntur. Volumus itaque tibique auctoritate presentiur» districte precipiendo mandatnus quatinus diligenter facias inspici vel inquiri, a quibus personis et in quibus locis errores hujusmodi dicti sunt sive scripti, et que didiceris sive inveneris, conscripta fideliter nobis per tuum nuntium transmittere quamcitius non omittas. Chart. Univ. Paris., I, p. 541.